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Shabastet

  • : Danse et... danses!!!
  • : Blog sur la danse en général et l'opéra de paris en particulier rédigé par Valérie Beck, administratrice du forum danses pluriel
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Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

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3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 09:02

 

Samedi 30 janvier2021 , la plateforme " l'opéra chez soi" a mis gracieusement en ligne le gala de l'opéra de Paris avec défilé.  Le mois précédent, il avait été possible de voir la Bayadère, dansé par trois couples différents, pour environ 12 euros. J'avais, quoique la plupart des solistes principaux ne m'aient pas particulièrement fait vibrer, passé un très bon moment. 

Quel contraste avec cette soirée : de l'ennui pur, hormis le défilé du ballet, qui rappelle tristement que les artistes, comme d'autres professions actuellement, ne peuvent plus exercer celles-ci dans des conditions normales. C'était émouvant de voir tous les danseurs et élèves de l'école, masqués, défiler au son de la tonitruante mais exaltante marche des Troyens de Berlioz, nous rappelant qu'ils attendent désespérément de pouvoir reprendre le chemin de la scène, ainsi que les techniciens de plateau, et tous les métiers liés à la scène et au spectacle. Les yeux sont si vivants qu'on reconnait les danseurs. Ah, le regard, cette fenêtre ouverte sur l'âme! Et bien l'âme de tous ces danseurs vibre  d'espoir et de passion. Elle est là, mais alors où est la danse?  Voilà le problème!

Le gala s'ouvrait par le  Grand pas classique  sur une musique d'Auber. Les  deux danseurs semblaient repasser  le concours de promotion de l'opéra de Paris : pas de poésie, pas de grâce, pas de style. Oui, les pas sont là, rien à dire, c'est propre, mais c'est à oublier d'office. On n'est peut être dans un mauvais jour? Alors on s'empresse d'aller revoir   Platel et Le Riche sur youtube, et de suite, les poils se hérissent sur la peau, les larmes viennent aux yeux, on est saisi d'un  frisson, d'un vertige, le souffle se suspend. Bon, on n'est  donc pas dans un " mauvais jour" puisque l'autre couple nous emporte... Alors ce sera mieux avec in the Night? 

Hélas non! je n'ai jamais connu un tel ennui en regardant ces pas de deux de J Robbins sur des musiques de Chopin qui a lui seul déjà nous boulerverse : hormis Mathieu Ganio, qui rayonne, et je tairai le nom des autres solistes, ceux-ci étaient scolaires, crispés, sans une once de poésie, de passion, sans ce grain de folie qui signe les prestations qui bouleversent;  alors oui, les pas sont faits, c'est bien dansé, mais où est la danse? L'une des solistes est sèche, l'autre semble ne pas comprendre ce qu'elle danse. Et ben dis-donc, quand je pense que sur le net on les compare à leurs ainées....

Quant au " vertiginous thrill of exactitude" de Forsythe, là encore, des danseurs " crispés" qui ne se lâchent pas en scène. On retorquera que danser devant une salle vide en étant filmé ne met pas dans les meilleures conditions pour s'abandonner à la danse... soit. Mais cela fait maintenant 5 ans que j'ai déserté l'opéra de Paris, parce que je m'y ennuie et ce spectacle m'a rappelé que tant qu'un vrai directeur passionné, généreux, avec un vrai charisme et une vraie dimension de directeur ne reprendra pas les rennes du ballet, celui-ci, malgré tous les immenses talents qui y sont, continuera à offrir des spectacles creux, sans âme! 

 

Et puis un gala avec une dizaine de couples ? C'est pour rire? Pas moyen d'en montrer un peu plus? Alors, oui, la loi sur la jauge au mètre carré, mais quand même : on fait venir tout le monde pour défilé on n'en fait danser que 10????

En comparaison, je me gave des spectacles que met en ligne sur youtube le Royal Ballet  pour une semaine : bayadère, coppelia, Giselle, Don Quichotte : à chaque fois, je passe des heures délicieuses voire inoubliables : alors, oui, le corps de ballet n'a pas l'élégance de celui de l'opéra de Paris, mais la DANSE est là, et les solistes , Acosta, Nunez, Muntagirov, n'ont pas leur équivalent à Paris  : brillants, virtuoses, passionnés, habités, poétiques, enflammés.... leur danse énivre, emporte, sublime notre journée.... 

Dis, opéra de Paris autrefois tant aimé, quand reviendras tu? Dis au moins le sais tu? Le temps, le temps qui passe ne se rattrape guère, le temps, le temps perdu, ne se rattrape plus....

 

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