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Shabastet

  • : Danse et... danses!!!
  • : Blog sur la danse en général et l'opéra de paris en particulier rédigé par Valérie Beck, administratrice du forum danses pluriel
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 19:05

Comme le forum Danser en France a été fermé cet été de façon si impromptue que je n'ai pas eu le temps de récupérer les emails des membres réguliers, je profite de mon blog pour annoncer la création d'un nouveau forum, animé par Elisabeth, Cams anciens membres de Danser en France et  de moi même, qui s'intitule Danses pluriel

 

Sa vocation : être un endroit où échanger sur les danses, tous styles confondus

 

 

Grands amateurs que nous sommes de l'opéra de Paris, de son ballet et de ses danseurs exceptionnels, la saison de l'ONP se taillera sans doute la part du lion

 

mais je tiens vraiment à une ouverte sur " toutes les danses dans tous les coins de France"

 

Vous êtes les bienvenus sur cette nouvelle plate-forme qui est un tout nouveau né

 

Peu de choses encore, peu d'articles, mais la passion qui anime chacun des participants permet déjà des échanges fort sympathiques!

 

Alors rejoignez nous vite à cette adresse :  forum danses pluriel   

 

 

A très bientôt!!!!

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 08:07

Sylvie_guillem_Massimo_Murru_penchee.JPGRevoir Manon cette année m’a fait prendre conscience du « manque Guillem »

Quel dommage que la Dame de la Bastille ne l’aime pas et ne l’ait donc pas invitée à venir danser une Manon à Paris, rôle que Sylvie danse encore sur scène (pas plus tard que l’an passé en Italie)

J’ai été bouleversée par l’interprétation de Ciaravolla et par le couple qu’elle forme avec Mathieu Ganio ; aimer Guillem ne remet nullement en doute, en cause cela, bien évidemment. Etre «  en manque » d’un artiste ne signifie pas que l’on n’aime moins les autres.

Ce qui est curieux, c’est que la Manon vue cette année m’a complètement remis en mémoire celle vue avec Guillem il y a plus de dix ans.

 

D’elle, je me rappelais nettement son sourire lorsqu’elle descend toute ingénue du carrosse de voyage,  son air de jeunesse, sa candeur – elle avait pourtant déjà 37 ans. Je me rappelais aussi son charme, l’incandescence de sa danse, la grâce de ses épaules, de ses pieds tellement musicaux ; enfin, je me rappelais avec une précision extraordinaire ses prises de risques constantes, son abandon à son personnage,  à son partenaire aussi, son engagement total. Son air mutin, sa sensualité teintée d’intelligence, cette façon d’être plusieurs filles à la fois, suivant qu’elle dansait avec son frère, avec Monsieur de GM ou avec son amoureux. Sylvie a un tel sens des nuances, des détails, du récit, des émotions, des sentiments qu’elle veut faire passer!

C’est presque irrationnel d’être envoûtée à ce point par ce qu’elle fait, et être bouleversée par ses interprétations, toujours justes, toujours habitées.

Cela me rappelle dans un autre genre ma découverte de la Callas en 1977 alors que je rangeais ma chambre. J’ai tout à coup entendu une voix comme jamais, ni belle ni laide, mais authentique ; et le personnage – Rosine du barbier de Seville – a surgi dans ma chambre. Je ne savais même pas que c’était la Callas qui passait à la radio et tout de suite, le coup de foudre, absolu et pour toujours.

 

J’ai souvent repensé à cet Eonagata que je n’ai pas aimé, et à chaque fois, c’est la même image qui revient : Guillem et sa plume, qui écrit, qui danse, qui se donne, et ces cinq minutes de grâce absolue me restent ancrées dans la tête avec une telle netteté dans les détails qu’au fond, eh bien oui, je l’avoue presque malgré moi,  je ne regrette pas d’avoir vu cet Eonagata. Pour elle. Pour ces cinq minutes hors du temps. Pour ce moment de grâce pure.

 

Kelucharan dont je parlais dans un précédent article pourrait dire la concernant : « Elle, elle dirait qu’elle danse, mais moi qui la regarde, je dirais qu’elle prie »

 

Elle viendra danser l’an prochain au TCE en juin. Mais c’est dans un ballet « narratif » que j’aimerais la revoir.

Elle y déploie non seulement sa technique sublime et intacte, — chose exceptionnelle à 47 ans - mais surtout, mais aussi son intelligence de la danse, sa grande finesse et compréhension psychologique des rôles. Cette interprète exceptionnelle  offre toujours une vision très  personnelle de ses rôles mais avec une telle compréhension qu'elle suscite l'adhésion immédiate.

 

Ah ! Revoir Sylvie dans Manon, ou le Lac…  

Je ne suis pas allée la voir cette année dans 6000 miles away. Les photos vues dans les magazines sont sublimes, mais j'avoue avoir de plus en plus de mal avec la danse abstraite...

Je ne sais donc pas si j'irai la voir l'an prochain dans " Sacred monster" avec Akram Khan

je crois que je vais acheter la video pour me décider si oui ou non....

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 07:48

393470DSC2523copie.jpg 

 

 

La nouvelle est tombée il y a quelques jours, pour le plus grand plaisir des «  fans » de Myriam, très nombreux, le 18 juin 2012, à la suite de la représentation de  la Fille Mal Gardée.

Après la nomination de Pagliero en avril, celle-ci me réjouit-elle davantage ?

 

Je n’en sais rien !

Actuellement, il n’y a personne chez les filles ou les garçons qui m’enthousiasme au point que j’attende leur nomination d’étoile.

 

J’aime de nombreuses danseuses — Abbagnato, Grinstajn, Hurel, Froustey –, mais aucune ne me fait ressentir ce petit pincement au cœur, que j’ai pu ressentir autrefois quand Karine Averty par exemple était première danseuse et qu’année après année, j’attendais qu’on la nomme étoile. Ah, Karine…. Je reverrai à l’infini sa Diane chasseresse dans Sylvia de Neumeier, l’un des derniers rôles où elle brilla….

 

 

Je n’ai jamais vu Myriam dans un rôle-titre, hormis en vidéo ; sa Marie – Casse noisette – est ravissante, elle a une technique parfaite….Mais il lui manque un petit grain de folie… belingard-Ould-Braham-copie-1.JPGMyriam est si sage dans sa façon de danser ! Si appliquée !

Certes, le seul souvenir que je garde d’elle où je l’avais adorée est suite en blanc de Serge Lifar

J’avais aimé la pureté de ses lignes, le moelleux de ses bras, et ce côté lisse, parfait, sous étroite surveillance ! Je l’ai aussi beaucoup aimée dans Genus de Evan Mcgregor,  pour les mêmes raisons de pureté de ligne, de perfection…

 

Ce que j’espère vraiment grâce à cette nomination, c’est qu’elle puisse, maintenant qu’elle n’a «  plus rien à prouver » - c’est cependant tout théorique, car être étoile est une charge lourde pour certains danseurs – faire apparaître tout son potentiel artistique sans redouter le faux pas !

Ahhhhh ! Si mon cher Noureev était là, il la bousculerait pour qu’elle mette à jour, quitte à souffrir un peu,  l’artiste qui pour l’instant semble vivre emprisonné en elle !

Il lui dirait « tombe, rate, mais vis ! »

 

Je pense que tous ceux qui ont adoré Platel doivent adorer Myriam, il y a entre elles deux une filiation spirituelle : elles sont travailleuses, leurs lignes sont pures, elles ne sont pas faites pour des répertoires contemporains, elles excellent vraiment techniquement en tant que ballerine.

 

Je souhaite de tout cœur à Myriam que je verrai le 11 juillet dans la Fille Mal gardée de très heureuses et riches années d’étoilat ! Je suis ravie à l'idée de la découvrir dans un rôle titre qui lui ira sans doute à merveille, car elle est pleine de fraîcheur, de jeunesse... et je pourrai ainsi poser un nouveau regard sur elle.

 

Mais, déjà une Ombre……

La prochaine saison artistique   n’offrira pas grand-chose à Myriam pour la  « nourrir »  (encore une expression de mon cher Noureev)   et je le regrette sincèrement…..  une Princesse Aurore, une Odette-Odile, une Tatiana l’aurait sûrement aidée à grandir en tant qu’étoile.    

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 09:47

 La finale – meilleure danse 2012

 

 

L’émission débutait par une thématique imposée aux huit finalistes : faites votre cinéma ; les candidats s’affrontaient deux par deux — tirage au sort par huissier – et les téléspectateurs votaient.

 

Morgane et Nicolas ont ouvert le feu avec leur rock acrobatique vertigineux ; sans doute pas très facile pour eux de danser sur de la musique de film ; ils ont tenu compte des remarques précédentes du jury et ont intégré plus de pas de danse dans leur numéro que d’habitude ; ces superbes danseurs offrirent généreusement leurs portés périlleux, toujours extrêmement impressionnants à voir. Face à eux, Tatiana et Grichka, dans un montage superposant plusieurs musiques de film. Comme d’habitude, un show maîtrisé de bout en bout, plein d’énergie et de fraîcheur. Les derniers furent choisis.

 

Le meilleur était pourtant à venir avec les Hey Crew qui ont offert une prestation pleine d’humour, de créativité, d’énergie, d’un zeste de folie douce ; deux des garçons descendaient dans une soucoupe volante du haut des cintres, costumés comme de Funès et Villeret dans la Soupe aux choux ; vous rendez-vous compte que ces garçons arrivent à faire du hip-hop sur une sorte de bourrée musicale très année 70 ? C’était délirant ! Ce duo fut ensuite rejoint par le Joker de Batman ; et voilà notre trio formé - C’est sans compté sur l’intervention des Ghostbuster incarnés par deux autres danseurs. Cette chorégraphie très décalée, très bien écrite, inventive et maîtrisée elle aussi de bout en bout montrait en plus toute l’étendue du vocabulaire du groupe, où chacun apporte sa pierre à l’ensemble.

 

De leur côté, Iannis et Andréa, costumés comme Whoopi Golberg dans Sister Act, assurèrent parfaitement le « show ». Je suis toujours admirative de la rapidité d’exécution de leurs mouvements : c’est carré, sec, net, sans bavure et parfaitement synchrone. Les Hey Crew qui furent choisis.

 

 

Venaient ensuite les Vagabond Crew que j’ai trouvés ce soir-là très fouillis ; leur chorégraphie autour d’un lit, d’un enfant, j’ai eu beaucoup de mal à la suivre… face à eux, Soria et Mehdi ont offert une prestation très bien construite : ils ont dansé sur les musiques Pulp fiction et de la famille Adams. Toujours cette facilité a entraîné le spectateur dans leur univers ; la danse de Soria fut puissante, vertigineuse, de l’énergie à l’état pur. Parfaitement synchrone avec Mehdi, qui lui, apporte une poésie, une douceur étonnante à leur hip-hop, elle étonne par ce mélange de force masculine et  guerrière et de féminité ; il fallait voir le regard d’enfant de Redha à ce moment-là, où celui de Marie Agnès : on ne peut qu’ouvrir de grands yeux devant leur performance : la sensibilité à fleurs de peau de ces artistes irrigue littéralement tous leurs pas, tous leurs sauts acrobatiques.

Ils furent choisis, et d’ailleurs j’ai téléphoné pour eux !

 

Ensuite, Philippe le danseur classique m’a épatée : trois personnages, tous magnifiquement interprétés : le grand blond, le parrain, puis Slumdog Millionnaire.

Non seulement la technique est maîtrisée de bout en bout, mais en plus, Philippe fait vivre ses personnages sur scène ;   sa danse fluide,   « large », intégrait les difficultés techniques à son récit.

Face à lui, les Blazin bien pâlottes avec un mauvais choix : resservir le tango de Roxane version Moulin rouge, avec guêpière et compagnie, comme cela est fait sur tous les plateaux télés pour des variétés depuis 10 ans, ne les mettait vraiment pas en valeur, et au contraire, révélait leur limite

Ces filles formidables dans leur style « raga hall », parce qu’à leur énergie, à leur la joie de vivre, s’ajoute un petit grain de folie, devinrent banales avec leur chorégraphie « sexy » et plate, vu des centaines de fois déjà !  

 

 

Le second duel mit en face à face Tatiana et Grichka et les Hey Crew

 

Là, impossible de départager : la danse des premiers, d’une pureté absolue, très intense, créait un courant électrique qui se transmettait directement aux spectateurs : un véritable don de soi, une offrande. J’ai aimé ces mouvements puissants, tourbillonnants, cette danse tellement spirituelle, ces appels lancés à l’invisible, palpables,  terriblement envoûtants, même à travers l’écran. Pour la première fois, j’ai été remuée au plus profond de moi même par ce duo frère-sœur, dont je me contentais,  jusqu’à présent, d’admirer leur savoir-faire. Un grand frisson !

 

Quant au Hey Crew, ah, ces gars-là ont de l’imagination à revendre ; leur prestation ressembla à un grand rituel autour du feu ; c’était esthétiquement très beau, très fusionnel une fois encore ; tout en noir, leur danse très inspirée évolua entre de grandes vasques contenant du feu. L’un des danseurs cracha du feu. Capables de rapidité, d’accents, d’isolations, de vitesse, ces danseurs deviennent tout à coup lyriques,   poètes,   doux, nuancés. Leur vocabulaire chorégraphique crée des univers variés, riches, visuellement très différents les uns des autres. Ces danseurs accomplis se doublent de vrais chorégraphes, avec des idées à revendre.

Ils furent choisis

 

Soria et Mehdi revinrent ensuite avec une chorégraphie futuriste qui alternait la rapidité, la vitesse, avec des équilibres époustouflants ; les passages au sol exécutés avec virtuosité étaient étranges, beaux et bizarres. J'ai appelé plusieurs fois pour eux!

Face à eux, Philippe  fut bouleversant sur le quatuor la jeune fille et la mort de Schubert ; sa danse pleine de douleur, s’est déroulée comme une ode intense au désespoir qui précéde la mise à mort ; en un mot, puissant et bouleversant.

Il fut choisi

 

Vint donc l’heure de l’ultime duel : Philippe et les Hey Crew : ceux-ci choisirent pour finir la carte de la simplicité en dansant autour d’un banc, en pull marin rayé bleu et blanc sur Mistral gagnant ;  touchants et authentiques, ils créèrent encore une fois cette osmose que j’aime tant chez eux.  Leur danse vient du cœur ; c’est une offrande, un partage, profond, sincère.

Quant à Philippe, il ferma la danse avec une variation du répertoire classique truffée de difficultés, de sauts, de pirouettes, de petits pas…un feu d’artifice de tout ce que le vocabulaire classique offre de virtuosité !

 

Les Hey Crew furent vainqueurs

 

Quelle magnifique finale ! Il est impossible de voir autant de styles de danses en une seule et même soirée, servis par autant de talents, de danseurs virtuoses. Je vais conserver précieusement cette émission dont j’ai déjà revu quatre ou cinq fois certains passages…

 

Les Hey Crew feront donc la première partie de Barathi, et il n’est pas impossible que j’aille les voir, même si je hais le Bollywood !

 

Sincèrement, chacun dans son style méritait de gagner

 

Mes deux chouchous, les Hey Crew et Soria et Mehdi sont donc arrivés à la finale

Mais j’ai eu tellement de plaisir à voir les autres concurrents

 

 

Quelques mots de plus : l'humibilité des vagabonds crew : ils sont plusieurs fois champion du monde; c'est par ouverture d'esprit qu'ils sont venus faire ce concours; afin de rencontrer un autre public; je trouve leur démarche magnifique!

 

De même pour Philippe : je suis admirative : parvenir avec autant de simplicité à amener la danse classique en finale; la virtuosité seule n'aurait pas suffi : Philippe est charismatique

 

Même commentaire pour Morgane et Nicolas, fiers d'avoir amenés leur discipline - rock acrobatique - parfois jugé " ringard" en finale. ils ont rendu hommage à leur coach.

 

Quand aux Hey crew, ils affirment danser pour le plaisir pur du partage et on les croit volontiers, car c'est bien le coeur qui bat lorsqu'ils dansent

espérons que  le coeur restera le lien qui les unira longtemps encore!

 

Bravo à tous ces virtuoses de la danse !  Y aura-t-il une saison 3?

 

Les photos viendront plus tard!

 

-------

 

d'autres articles viendront compléter le portrait des différents danseurs qui m'ont marqué, au fur et à mesure, comme toujours, de mes humeurs!

 

 

A lire sur ce blog :

 

 

émission 2

émission 3

émission 4

émission 5

 

  

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 09:51

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La meilleure danse 2012: sélection pour la finale du 5 juin 2012

 

D’abord, un coup de grogne contre W9 via M6

Cette chaîne affiche un mépris pour les candidats et du coup pour le jury, car :

- Elle coupe des passages entiers de danse (les Blazin et Maxence et Flavie)

- Elle rediffuse à l’infini les mêmes interviews quatre fois de suite

- Elle met dix minutes de pub pour 1 minute de danse…

 

Il faut donc vraiment être très motivé pour regarder cette émission !

 

Hier soir, 5 juin, c’était donc la compétition pour la finale

 

Les participants devaient intégrer un pas imposé dans leur chorégraphie, pas découvert 45 minutes seulement avant leur passage en scène

 

Pour le duel Morgane et Nicolas (vice champion de France de rock acrobatique) et les 2 Mad (hip hop) il fallait intégrer un tombé coupé grand jeté

Le premier couple a été parfait dans sa prestation ; mon unique petit bémol,  c’est qu’ils restent vraiment dans le cadre de la danse acrobatique sans jamais s’en éloigner. Mais c’est un choix.

Nicolas fut victime de sa coiffure et de ses longs cheveux qui se prirent dans le costume de sa partenaire, mais il n’en a rien paru pendant leur passage.

Face à eux les 2 mad que je découvrais – je ne les avais pas vu lors des précédentes émissions – ils sont inventifs, bourrés d’énergie, et ont pris le pari risqué de tous faire la figure imposé en étoile, c’était d’ailleurs visuellement très graphique.

HEY-CREW_portrait_w858-copie-2.jpgAu rattrapage, ils ont créé une chorégraphie très amusante : chaque danseur incarnait un personnage dans une famille où un bébé vient de naître.  Dans ce groupe, champion de hip hop en Belgique, deux des garçons ont 12 et 15 ans, et il y a une fille. Ces «  mixité » montre bien l’esprit des 2 Mad chez qui « tous peuvent trouver leur place ». 

Suivaient les jolies Glamcats et les Heycrew qui devaient intégrer «  le » porté de Dirty dancing. (Celui que Jennifer mettra tant de temps à apprendre !)

Les filles ont été inventives en s’y prenant à deux pour porter la troisième ; les garçons masquèrent la difficulté en rajoutant un danseur qui passe sous le porté.

Franchement, en si peu de temps, les solutions trouvées m’ont épatée !

Comme à leur habitude, les filles dansèrent avec élégance,  leur petite touche sexy n’était pas trop appuyée, juste ce qu’il fallait

Mais les Heycrews leur étaient supérieurs en inventivité, en synchronicité, en harmonie. Et toujours cette incroyable fluidité entre eux, qui donne cette impression qu’un souffle unique les anime tous. Pour la première fois, ils n'ont pas été au rattrapage! Ils sautaient de joie, cela faisait plaisir à voir!

 

Le duel suivant mettait face à face le couple en talon Yanis-Andréa  et Fabian (flamenco contemporain) autour de la coupole, figure de hip hop à exécuter au sol

Bien que je ne sois pas « fan » des premiers, je dois dire que leur chorégraphie était bien faite, bien dansée, avec précision et énergie,  et plaisante à voir. Pour Fabien, contrairement au jury, je l’ai trouvé moins inspiré, mais sa prestation était émouvante, très investie.

 

Venaient ensuite les Vagabond crew et le couple de Hip hop Soria et Medhi, maquillés en clown. Le pas imposé était un tour piqué simple suivi d’un double. Pour les deux ignorant tout de la grammaire classique, c’était un vrai défi que chaque concurrent a relevé avec un certain panache, même si le pas n’était pas parfaitement exécuté

Les vagabond crew ont réalisé une danse virtuose, bourrée d’acrobaties toutes plus impressionnantes les unes que les autres ; presque le cirque de Pékin version hip hop ! en outre, ils sont d’une synchronicité à toute épreuve et ont une inventivité dans les pas qui est fascinante.

 

36668366.jpgQuant à Soria et Mehdi, l’art prime avant la performance, pourtant bien là ; l’émotion, profonde, sincère,  l’expression, la finesse, la sensibilité, la technique de haut vol, mais pas «  tape-à-l'œil » tout est au service de leur récit.

Comme chez les danseurs classiques, ils possèdent une très grande maîtrise technique, mais les difficultés ne sont pas théâtralisées : elles se fondent à leur univers bourré d’intelligence, d’émotion, de vie… le tout parait simple, facile, fluide, alors qu’il n’en est rien ; de leur danse, on retient l’émotion, toujours profonde, toujours immense. De très très grands artistes que j’aime profondément.

 

Les vagabond crew furent « repêchés » par le public au rattrapage.

 

Deux solos leur succédèrent : Philippe dans une variation magnifiquement dansée (flamme de Paris) et Haspop, le clown triste qui fait rire et qui crée à chaque passage des personnages absolument géniaux

Impossible de départager ces deux candidats-là : le jury l’a fait en choisissant Philippe, sans doute parce que la danse classique méritait une place en finale

Sur le plan du cœur, je préférais Haspop, et sa créativité ; j’aimais sa fragilité tournée en dérision, j’aimais le mime qui AGT-Haspop.jpgrendait ses personnages tellement touchants ; mais il faut reconnaître que Philippe est un superbe danseur classique. Le pas imposé était une figure de hip hop au sol, un «  friz » qui leur a posé problème à tous les deux, car le corps devait reposer sur les deux coudes, ce qui demande une grande souplesse que Haspop, modestement a confié ne pas avoir, il a donc montré comment il avait réalisé «  à demi «  la figure

 

Venaient ensuite Tatiana et Grichka qui bizarrement me laisse de glace, et les Boukanstyle qui avaient revêtu des tenues de pirates. Eux ont du faire avec un pas de rock acrobatique (un porté qui tourne)

Les Boukanstyles ont un vrai sens de la scène, du spectacle ; comme les proches des Boukanstyles qui commentaient leur passage dans les coulisses, j’ai trouvé maladroite les paroles de franco Dragone dire «  il faudra toujours des amuseurs comme vous » 

Dragone a d’ailleurs souvent plus un œil d’homme de spectacle que d’artiste ce qui fait que ses remarques toujours  justes, intéressantes, semblent un  peu froides, un peu distantes, comme s’il voulait garder un œil objectif sur le travail de chacun.

 

La production a coupé le passage de Maxence et des Blazin… ce qui est irrespectueux aussi bien pour les artistes que pour le jury, que pour les téléspectateurs !

 

La finale aura donc lieu le mardi 12 juin 2012 en direct, sur W9 à 20h50, en direct, les spectateurs pourront voter!

 

Voici les finalistes :

 

Morgane et Nicolas ( vice champion de France rock acrobatique) ;

Yanis et Andréa ( street dance)

Soria et Medhi ( hip hop abstract), - c'est leur premier concours ensemble, ils concourent habituellement séparément

les Vagabond Crew  ( double champions du monde au battle  of the year international)

Philippe ( danseur classique)

Tatiana et Grichka,danseurs professionnels contemporain-fusion

et les Blazin vice championnes du monde en dance hall…

Les Heycrews

 

Donc qu’on ne s’y trompe pas ; tous ces groupes, professionnels, ont l’habitude des compétitions et ce depuis plusieurs années. Cela se voit : professionnalisme, virtuosité, synchronicité…

Pour ma part, mon choix est fait parmi ceux qui restent : Soria et Mehdi sont depuis le début, mes préférés. SUivis de très très près par les Heycrews!

 

vous trouverez sur ce blog les comptes rendus des trois précédentes émissions; je n'ai malheureusement pas vu la première!

 

 

deuxième émision : quart de finale

troisième émission : demi finale 1

quatrième émission : demi finale 2

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 14:19

image_portrait_w858.jpgJ’ai regardé avec passion la deuxième partie des sélections pour les demi-finales de mardi dernier (29 mai). Je viens même de créer une catégorie puisque je vais suivre toutes les autres émissions ( encore deux ou trois?)

Du beau monde, une fois de plus ! J’ai pu découvrir des groupes ou danseurs que je ne connaissais pas  n’ayant pas vu la toute première émission

Je commencerai par le duel qui a opposé la belle Ingrid – danse classique/flamenco – au couple Grichka/Tatiana – danseurs contemporains

Le thème imposé était « un objet qui roule »

Ingrid avait choisi d’être une gitane qui dansait autour d’une immense boule où y lire l’avenir. Elle avait cette fois-ci intégré beaucoup de flamenco pour faire plaisir à F Dragone qui lui avait reproché de n’en avoir pas mis assez dans son 1er passage. Peine perdue ! Il n’a pas été touché. Je dois dire que j’avais moi aussi nettement préféré son premier solo en robe blanche métissant la danse classique et le flamenco. Ici, c’était moins inventif, et elle avait l’air moins convaincue elle-même par ce qu’elle faisait. Elle fut donc éliminée et revint danser sa propre histoire, celle de sa chute de plusieurs mètres de haut lors d’un numéro de danse dans un cirque – son partenaire l’ayant lâché. Son solo fut poignant. (D'ailleurs, MA Gillot avait les larmes aux yeux). Cette concurrente n’a pas été retenue, mais c’est vraiment une très belle artiste et j’espère qu’elle aura de très nombreuses occasions de monter sur scène pour y offrir son âme et sa beauté.

Grichka et Tatiana ont donc été sélectionnés. Je n’ai bizarrement absolument pas du tout été touchée par leur duo qui m’a prodigieusement ennuyée même si tout était très bien fait. Aucune émotion en les regardant, rien. L’art est ainsi. Être ou ne pas être touché ?

 

Dans le second duel, au cours duquel il fallait intégrer un tour de magie dans sa chorégraphie, les Glamcats (cabaret) étaient opposés à Joanna et Jérémy (danse de salon). Les premières ont amené sur scène une ambiance de cirque chic, beaucoup de glamour, pour un numéro très bien maîtrisé et très sexy sans vulgarité aucune. Les seconds m’ont séduite par la maîtrise de leur style de danse ; Jérémy est un incroyable danseur avec un travail de jambes très délié et virtuose, visuellement superbe à voir ; sa partenaire s’accorde bien avec lui. J’ai moins aimé ses petites cornes sur la tête – elle incarnait une diablesse qui apparaissait dans le salon du monsieur. Bizarrement, je n’arrive plus à me souvenir de leur second passage. En tout cas, de la belle danse, avec un très beau placement.

Ce sont les Glamcats qui furent sélectionnées.

 

Le duel suivant opposait d’une façon inégale les Diablesses – fillettes de 10 à 12 ans – à Morgane et Nicolas (rock acrobatique). Le thème imposait aux danseurs d’utiliser de la musique classique.

Le couple a été époustouflant : il y a une connivence entre les deux qui leur permet les figures les plus invraisemblables, avec des prises de risques énormes et pourtant tout est impeccable, le tout au rythme de la « trish trash polka » de Strauss. Le niveau était tel que les petites, aussi excellentes fussent-elles, ne pouvaient pas l’égaler

Et pourtant ces petites m’ont vraiment beaucoup plu cette fois-ci dans des chorégraphies crées véritablement pour des enfants, où la candeur est préservée. Je suis encore impressionnée par leur engagement, leur synchronisation, et leur niveau technique ; leur professeur doit les faire travailler avec rigueur, mais aussi avec beaucoup d’intelligence. Bravo à elles !

Morgane et Nicolas ont donc été sélectionnés.

 

Deux solos de garçons, l’un en classique de Philippe, à l’immense sensibilité et une très belle technique, l’autre de Lazaro, danseur cubain contemporain, à la grande aisance.

Le thème était « trois portes »

J’aurais personnellement adoré travailler sur ce genre de thématique, mais peu importe

L’un comme l’autre a offert une prestation très professionnelle, très en place, habitée, chacun dans son style. Avec une préférence toutefois pour la sensibilité de Philippe, qui donnait plus de lui-même, dansait moins pour lui que Lazaro.

Philippe a donc été sélectionné

 

J’ai retrouvé avec joie mes chers Boukanstyle, groupe afro – coupé décalé, à la bonne humeur contagieuse ! Face à eux, les Vagabond crew que je ne connaissais pas encore. La lumière était le thème

Les premiers ont opté pour un costume qui s’allumait dans le noir et ont offert une prestation très inspirée, inédite, originale et intrigante. Les seconds pour une de leurs chorégraphies bourrées d’énergie, dont ils ont le secret, avec de la peinture fluo sur le corps, y compris la bouche : vous imaginez ! leurs grands sourires brillaient dans le noir ! Toujours leur humour, toujours cette impression de ne pas se prendre au sérieux, toujours cette chaleur, cette danse qui vient du cœur, et cette maîtrise de « relâché » qui semble aller de soi.

Les premiers ont été sélectionnés, les seconds, repêchés ! Hourra !!! Pour leur repêchage, ils ont dansé leur rencontre. C’était chaleureux, humain, vivant, tout comme eux !

 

Et pour finir, les Urban Tribes, filles de Norvège (afro fusion) aux formes rondes, mais belles s’opposaient aux deuxURBAN-TRIBE_portrait_w858.jpg garçons qui avaient dansé en talons leur de leur premier passage. Le Car wash fut leur thème

J’ai adoré ce qu’en ont fait les Urban tribes : c’était drôle ! C’est très dur de faire rire quand on danse ; avec elles, on est hilare ! Elles ont un tempérament de feu, beaucoup d’énergie, et la distance qu’elles prennent avec elles-mêmes les rend très sympathiques.

Chorégraphiquement, elles arrivent à tenir le spectateur en haleine parce qu’elles montent d’intensité tout au long du passage (un peu comme les Boukanstyle)

Beaucoup moins sympathiques furent Yannis et Andréa, alors oui, on n’est pas la pour être sympa, mais bon…. Car on voit les groupes commenter leur adversaire. Cela donnait « oh, c’est vulgaire, que c’est pauvre chorégraphiquement » et un dédain !!!

Les premières notes de leur numéro m’ont ramené 20 ans en arrière, chez Mia Frye, lorsque l’on travaillait précisément sur cette chanson de Prince et que les 60 élèves de Mia dansaient à l’unisson, donnant toute leur âme, toute leur énergie, et moi avec !

Certes, très maîtrisée, leur street dance, mais il y a un truc qui ne passe pas….

Ils ont été sélectionnés ! Bye bye les Urban tribes….

 

S’ajoutent donc à cette liste : Soria et Mehdi (hip-hop), Les Blazin ( afro fusion) les deux enfants Flavie et Maxence,  les Hey Crew (hip-hop fusion), Fabian ( flamenco contemporain) et Haspop ( danses urbaines, fusion)

 

Les demi- finale commencent la semaine prochaine ( le 5 juin)

 

Moi, je regrette la petite Coline, les Very bad team ; les New Insane vont me manquer aussi, de même que Ingrid, ou encore John et Manu; et puis Mila, la belle et son magnifique partenaire Anthony et leur danse latine si racée!

 

Pour la suite, je n’ai pas une préférence, mais des préférences : Soria et Mehdi, les Boukanstyles, les Hey Crew, Fabian, Morgane et Nicolas. Mais je me rends compte que en fonction des thèmes, on peut changer d’avis sur les candidats, parfois de nouvelles facettes se révèlent, comme pour Fabian, par exemple.

A cette liste s'ajoutent les Boukanstyle, Yannis et Andréa, Tatiana et Grichka, Philippe, les Vagabond crew,  Morgane et Nicolas, les Glamcats, soit, sauf erreur de ma part, treize concurrents.

 

 

La conclusion du jour : pourquoi pas plus de danse à la télé comme quand j’étais adolescente !

 

à lire aussi sur ce blog le récit des précédents passages (2, 3 et 4 émissions)

 


La meilleure danse ( 1)

La meilleure danse ( 2)

La meilleure danse ( 3)

 

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 08:25

 

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 Le Centre national du costume, qui a ouvert ses portes en juin 2006 à Moulins et qui est le premier au monde à conserver les costumes de trois grands centres – la Comédie Française, l’Opéra de Paris et la Bibliothèque de France, propose du 16 juin ou 31 décembre une exposition autour du ballet La Source.

 

 

Un ballet oublié


Cette oeuvre créée le 12 novembre 1866 sur une musique de Delibes et de Minkus – trottait depuis quelque temps déjà dans la tête de JG Bart ancien danseur étoile de l’opéra de Paris, lorsque B. Lefevre, la directrice de la danse,  lui donna l’occasion concrète d’en re-créer la chorégraphie, avec l'aide de  Marc Olivier Dupin qui a assuré la réalisation.

Il ne restait pas grand-chose du ballet de 1866 : quelques dessins, ou illustrations : JG Bart eut donc toute latitude pour donner vie à une création totalement originale.

 

Une oeuvre entre tradition et modernité

 

Autour  de lui s’est rapidement rassemblée une équipe de grands talents : tout d'abord, C Hervieu Léger pour le conseiller dans la dramaturgie, puis Éric Ruf pour les décors, et Christian Lacroix pour les costumes. Ce dernier a déjà travaillé à plusieurs reprises pour les théâtres et pour l’Opéra de Paris. Annie Deniau – l’auteure du magnifique livre sur N. Leriche – fut invitée à réaliser un reportage photos depuis la conception du ballet jusqu’à sa présentation sur la scène. La plupart de ses photos illustrent le catalogue de l’exposition.

C'est la première fois à l’opéra qu’un ballet du 19ème est créé  sans aucune référence à la chorégraphie originale. Pour tous les artistes, il s’agissait de présenter une œuvre d’aujourd'hui, mais en hommage au passé. Tradition et modernité devaient cohabiter dans la fluidité. JG Bart était tout désigné pour utiliser le langage classique qu’il connaît si bien et qu’il aime, en ajoutant des pas faussement empruntés à la danse de caractère comme c’était si souvent le cas dans les grands ballets du 19ème.

Sans doute est-ce la raison pour laquelle le résultat final est conforme aux espérances des créateurs. Eric Ruf , Christian Lacroix et JG Bart  ont su insuffler ce qu’il fallait de modernité à cette oeuvre collective pour l’inscrire dans le  21ème  tout en gardant une esthétique très proche de celles des ballets néo-classiques du 19ème. Par exemple, les cordages qui délimitent l’espace et évoquent la forêt, ont été inspiré à  Eric Ruf par ce qui restait du rideau de l’ ancien opéra qui a brûlé : la référence au passé est là, mais les décors sont résolument contemporains. À cette équipe artistique s’est ajoutée Dominique Brugières aux lumières, qui a réalisé un travail exceptionnel.

  Christian Lacroix a très souvent collaboré à des oeuvres théâtrales. Il est passé maître dans l'art de créer des costumes  colorés, gais, vivants, qui emportent  pour le spectateur dans un monde poétique, où l'oeil se délecte de la richesse de son imagination, toujours au service de l'histoire à raconter.


        Christian Lacroix réinvente l'orientalisme 


Christian Lacroix s’exprime ainsi :

« J’avais envie de donner l’impression que ces costumes, comme le ballet, avaient été sortis d’un long sommeil, dans les-Nymphes.JPGleur fraîcheur et leur mémoire, avec des aspects rustiques contrastant avec l’opulence des brocarts, des ornements, des bijoux »

 

Les Nymphes, vêtues de longs tutus romantiques aux jupes d’organza japonais - le tissu le plus léger du monde qui flotte autour d’elles au moindre mouvement, accentuant toute l’irréalité des personnages - sont coiffées de très délicates coiffures ornées de strass Swarowski. Un partenariat, mis en place depuis quelques années avec les ateliers Swarowski, spécialisés dans la création de cristaux, a resserré ses liens plus précisément sur cette œuvre.

Les odalisques, parées de pantalons et de tuniques taillés dans des saris anciens, côtoient des Caucasiens aux grands et somptueux manteaux. Leurs compagnes portent des robes colorées, composées de riches brocards, qui rappellent les vêtements traditionnels. Nous sommes au cœur du travail de Christian Lacroix qui réinvente l’orientalisme. Cette esthétique a soufflé sur les ballets du 19ème, influencés par la découverte des cultures « exotiques » parfois imaginaires, qu’ont décrites Hugo ou Nerval, qu’ont peintes Delacroix, Fromentin ou Gérôme,   ou qu’a mises en musique Félicien David. Ici, l’orientalisme est un peu russe, et son le coloris rappelle davantage un Borodine qu’un Delibes ou un Minkus. C’est ce qui rend l’œuvre particulièrement originale.

 

les-Odalisques.JPGPar ailleurs, C Lacroix s’inspire aussi d’une très riche iconographie qui sera en partie présentée au public de l’exposition, ainsi que des costumes ethniques prêtés par le musée du quai Branly. Une fois dessinés, les costumes ont ensuite été créés dans les différents ateliers de couture de l’opéra Garnier, répartis entre l’atelier du  « flou » - les jupes des tutus par exemple – l’atelier tailleur, pour les costumes plus masculins, l’atelier décoration pour les bijoux, les accessoires, les teintures, les patines,  et l’atelier modiste pour les coiffes, les chapeaux.  Tout est réalisé à la main, à l’opéra, comme dans les plus grandes maisons de couture. Il est amusant de savoir que des mannequins capables de prendre des positions de danseurs ont été spécialement créés pour réaliser ces costumes par Daniel Cendron, artiste plasticien spécialiste de la fabrication de faux corps.)

 

L’exposition est comme un grand voyage qui plonge le spectateur des ateliers jusqu’à la scène. Les maquettes des décors sont visibles elles aussi – Eric Ruf les a créés dans sa loge à la Comédie Française.

Elle est complétée par  des projections videos à l'auditorium, des ateliers de pratique, un centre de documentation où l'on peut trouver de nombreux ouvrages sur les costumes et leur histoire.

 

 

A lire prochainement  sur ce blog : La Source, de JG Bart : hommage ou  nostalgie?

 

 


 

 

 

Informations pratiques :

 

 CNCS :  Quartier Villars- Route de Montily - 03000 Moulins

TEl : O4 70 20 76 20

 

ou www.cncs.fr

 

 

les-Caucasiens.JPG

 

 

 

les-caucasiennes.JPG

 

 


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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 09:04

 

La Meilleure danse 2012 : demi-finale

 

 

BLAZIN_portrait_w858.jpgDe beaux moments de danse, une fois de plus, dans ce quatrième volet du concours initialement organisé par M6 et qui a « déménagé » en cours de route vers W9…

Une partie du  public a fui  l’émission à cause de la publicité qui prend la quasi-totalité de la première heure  pour quatre minutes de danse seulement.

Je suppose qu’il ne reste à présent devant leur poste que les « mordus » de danse, tous styles confondus !

 

Dix groupes ou solistes s’affrontaient, et comme toujours, par duo autour d’un thème imposé : magie,  fantasme, car wash, M Jackson, escalier, lit. Les candidats avaient quatre jours pour créer une chorégraphie. Il semble que certains ont leur propre chorégraphe comme les deux enfants ou les New insane.

Ayant pris l’émission en cours de route, je n’ai pas vu le premier passage, mais j’ai découvert au repêchage,  Massilia Force, groupe familial de hip hop marseillais : deux adultes et deux enfants, dont le plus jeune,  5 ans,   est déjà très à l’aise avec son corps et les déplacements. C’était une belle prestation de danse, avec ce qu’il faut d’énergie et de professionnalisme dans la synchronisation.

 

Le premier duo – John et Manu- a mis en scène l’ombre d’un  homme âgé qui se met à danser, lui  restituant ainsi sa jeunesse. Tout aussi poétique et créatif était leur second passage, intégrant  un landau. J’ai particulièrement aimé leur mouvement de bras très rapides, et parfaitement synchronisés. Ces garçons débordent d’imagination et de sensibilité. Leur chorégraphie sont de véritables petites histoires qui   mêlent simplicité, maîtrise et talent. Ils ont été évincés au premier « tour » par Soria et Mehdi, sublissimes dans leur duo très sensuel et toujours aussi synchro même dans les sauts arrière… impressionnant de perfection et de beauté, avec des émotions puissantes…

 

Le second thème – le car wash, opposait les New Insane aux Blazin.  Peps, féminité, humour, glamour sans vulgarité, la chorégraphie des premières offrait beaucoup d’inventivité et comme toujours une synchronisation parfaite et c’est celle que j’ai préférée, pour cette touche d’élégance et la construction de l’ensemble qui m’a séduite.

Mais les Blazin, véritable tornade d’énergie et de joie de vivre, les ont battues.
Il faut reconnaître qu’elles ont le chic pour trouver des enchaînements inédits, comme lorsque en équilibre sur un pied, l’une derrière l’autre tenant le pied levé de la fille devant elle, elles font une vrille parfaitement synchronisée : wouahh !

Le deuxième passage des New Insane, sur le thème de la balance et du dictat de la maigreur imposée aux danseuses, était plus banal et traité de façon  bien moins fine… dommage.

 

Puis venait Nicolas, le jeune danseur de claquettes qui a construit tout seul sa chorégraphie sur M Jackson. CommeLa-meilleure-danse-2012-on-a-deja-croise-ces-candidats-quel.jpg toujours, j’ai été touchée par sa grâce à la Billy Elliot : ça n’est pas encore complètement maîtrisé, mais il a tout pour devenir le bel artiste qu’il promet d’être ! Au «  repêchage », Nicolas a dansé «  classique » pointes aux pieds,  sur la musique du Lac des cygnes, devant un miroir «  que j’ai longtemps fui car j’avais du mal à accepter mon image, les autres se moquant sans cesse de moi ; et puis j’ai décidé de faire face pour progresser » ; toute sa sensibilité était à fleur de peau. Un moment d’art, de grâce qui m’a beaucoup touchée. 

 

Face à lui, et à l’opposé,  deux enfants sans plus d’enfance qui ont pourtant devancé Nicolas. Une fillette trop maquillée et un garçonnet qui ne l’est plus : leur rock acrobatique était le produit de deux petits singes savants, sans âme. A oublier.

 

Heureusement, venaient ensuite les Hey Crew qui ont dansé sur un escalier double ; ces cinq garçons – hip-hop – ont l’art de créer une histoire, une atmosphère, une ambiance avec peu de choses. Il y a entre eux une harmonie fabuleuse, une osmose ; il se passe toujours quelque chose qui fascine, qui happe littéralement le spectateur. Lors du repêchage, leur chorégraphie très originale, utilisait de la peinture de différentes couleurs dans laquelle ils trempaient les mains pour peindre un mur : cette  belle trouvaille pour dire leur groupe se construit grâce à la personnalité et au talent de tous, a emporté les suffrages du public.

 

L’escalier n’a pas vraiment été exploité par Fabian, le danseur de flamenco contemporain qui m’avait tant exaspérée lors d’une émission précédente, et qui là, a dévoilé une autre facette de lui-même : la fragilité. Il a dansé avec une jupe à la traîne interminable utilisée en flamenco. Il s’agit  par un énergique et subtil travail de jambes, de faire passer la traîne d’un côté ou de l’autre du corps sans se prendre les pieds dedans,   tout en  donnant beaucoup  de noblesse, de fierté. Ce qu’a parfaitement réussi Fabian tout en montant sur les marches des escaliers. Les torsions du buste,  des bras,   les balancements de la traîne étaient plein d’une douleur contenue. C’était beau et émouvant et j’ai adoré ! Cela m’a rappelé l’un des derniers passages de Cristina Hoyas dans ce même genre de jupe.  

 

 

Le thème du lit réunissait Princesse Malinba et Haspop. La princesse a offert une danse ethnique dont elle a le secret, mais elle a révélé qu’elle ne savait pas construire une chorégraphie et créer une histoire ; elle est  danseuse et   il lui aurait sans doute fallu son propre chorégraphe pour mettre en scène ses idées – comme c’était le cas pour les deux enfants et les New Insane.

La prestation d’Haspop était bourrée d’idées, mais j’avais préféré l’univers de son premier passage, plus poétique, plus tendre.

 

Pour clore ce compte rendu, j’ajouterai que les interventions du jury, toujours respectueux, enrichissent vraiment l’émission : de  temps en temps, l’un ou l’autre se lève, demande aux candidats d’essayer ceci ou cela, leur suggère des idées, ou leur propose d’improviser sur tel ou tel thème

Pour Nicolas par exemple – dans sa chorégraphie a un moment donné il dansait entre deux tonneaux de métal sur lesquels il tapait – le jury lui a demandé de refaire le passage avec plus de puissance, sans timidité : et hop ! ça fonctionne et ça devient vivant

 

Il a été demandé à Fabian d’allonger encore plus les bras dans les cambrés arrière et dans les torsions : c’était assez spectaculaire

 

Pour Haspop, Dragone l’a « peinturluré » pour créer une sorte de clown triste afin de rendre son personnage plus théâtral…

 

Ces petits moments mettent en lumière ce qu'un regard extérieur professionnel apporte à un artiste : l' univers s'enrichit et permet aux artistes d’aller encore plus loin avec eux mêmes.

 

 

A lire sur ce blog

 

La  meilleure danse 2012 : émission 2

 

La meilleure danse 2012 : émission 3

  

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 10:09

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Je crois que c’est ce mot qui, pour moi, exprime le mieux ce qu’était cette étoile à mes yeux. L’âge fatidique de 42 ans (qu’elle aura dans quelques semaines) la met à la « retraite » en tant qu’étoile de l’opéra de Paris.

Tout le monde s’accorde à dire que c’est dommage, qu’elle est en pleine possession de sa technique, et que son artistique est sublime. Espérons qu’elle sera « invitée » lors de la prochaine saison et surtout, qu’elle continuera à danser sur d’autres scènes que celles de l’opéra. On ne peut pas l’imaginer s’arrêter maintenant, tant elle a encore à apporter à la danse, aux rôles qu’elle endosse.  Sylvie Guillem (47 ans) lui soufflera peut-être quelques conseils pour poursuivre sa carrière quelques années, même si ça n’est plus à l’opéra ?

 

Je me rappelle nettement chacun de ses rôles vus au cours de ces douze dernières années. (C'est à dire depuis que je suis retournée à l'opéra, après que je l'ai fui à la mort de Noureev) J’ai envie, à travers la galerie de personnages que je vais évoquer, de rendre hommage à une artiste vraiment à part, qui a toujours montré une grande discrétion et beaucoup d’humilité

 

J’étais frustrée l’an dernier, de ne pas pouvoir voir sa Juliette, car elle a été retirée des distributions sans que l’on sache pourquoi… j’aurais aimé la découvrir dans ce rôle qu’elle aurait sûrement rendu attachant, émouvant, plein de poésie, de lyrisme, de force et de grâce.

 

La première fois que j’ai vu Clairerarie, c’était dans le documentaire consacré à Nicolas Leriche. Elle était alors sujet, et elle dansait un pas de deux à la Flèche d’or sur une musique de Ravel avec son mari. Je me rappelle très bien ce passage, vu il y a plus de quinze ans. Elle y affichait une liberté de ton qui m’avait plu. Avec ses cheveux mi longs bouclés, sa robe à jupe évasée, elle incarnait la jeunesse, la grâce et une certaine « impertinence » voulue par la chorégraphie. « Voilà une danseuse différente des autres », m’étais-je dit devant mon écran.

Par la suite, j’ai pu la revoir dans de très nombreux rôles où elle m’a chaque fois profondément marquée

 

Elle avait su donner à Marie (Clavigo) une fragilité exceptionnelle et un lyrisme puissant. Je revois trèsclairemarie_osta_-_photo_anne_deniau_-_caligula_400x0.jpg nettement son solo dans la chambre, juste avant le « cauchemar ». Sa Marie se laisse séduire, souffre, meurt. Le spectateur vit chacune de ses émotions avec elle, jusqu’au bout. Ses duos avec Clavigo étaient intenses, pleins de profondeur. Il nous reste à la fin du ballet, l’image d’une jeune fille romantique brisée, partie trop tôt.

 

Dans la Maison de Bernarda de Mats Ek, elle est une sœur bossue bouleversante. On peut toucher du cœur l’âme de cette fille rejetée et mal aimée. Elle est poignante. Dans le solo où elle apparaît dans un académique chair avec le sexe et les seins marqués, son héroïne montre toute sa richesse intérieure, tout son moi profond. Pendant ce solo où elle est nue, elle offre son âme au spectateur, elle la met à nu. Aujourd’hui encore je me rappelle l’intensité de son interprétation, à la fois d’une grande force, mais pleine de souffrances, et de cette envie de dire qui elle est vraiment. 

 Clairemarie a toujours insufflé à ces personnages une profondeur, beaucoup de personnalité, d’intelligence ; elle a construit ses rôles avec une attention, une compréhension   personnelle, subtile, qui révèle une artiste très sensibilité – mais sans aucun pathos – chez qui la grande poésie épouse une imagination débordante.

 

À cette liste de rôles inoubliables, ajoutons sa Lune dans Caligula : comment fait-elle pour rendre aussi évanescente, impalpable ce fantasme convoité par Caligula, qui l’attire hors du  ciel pour mieux la briser ? Ses ports de bras, souples, sa grâce, sa présence irréelle, tout charme Caligula, amoureux d’elle à la folie. Là encore, je m’étonne d’avoir des pans entiers de « vidéos » dans ma mémoire que je peux me repasser à loisir ! Chacun des passages de cette artiste s’est gravé, comme sur un film sur lequel le temps n’a pas de prise. Lorsque je me plonge dans ces souvenirs de danse, tout est intact !

Pourtant, pas de technique à la Zakharova ou à la Guillem ! Une apparence presque frêle sur scène. Mais une intelligence, une compréhension des personnages qu’elle sait rendre uniques ! Et puis une part d’enfance, toujours disponible, de fraîcheur.

 

Je n’oublierai pas non plus son duo dans Appartement. Cette année, son interprétation était plus « cinglante »  que les années passées. Animée d’un grand feu intérieur, elle a donné à ces quelques minutes de duo autour de la cuisinière une intensité encore jamais égalée, malgré le répondant un peu mou de son partenaire (Bélingard au lieu de Belarbi). Son énergie, sa force y étaient totalement déployées dans toute leur puissance.

 

Ajoutons pour compléter cette galerie de personnages tellement attachants, la Ballerine dans Pétrouchka. Là aussi, je suis confondue d’étonnement de revoir très précisément le travail de ses petits pieds qui forgeaient chaque note de la partition comme des colliers de perle ; je revois sans peine son visage, ses expressions, ses grands yeux, sa délicatesse. Sa ballerine enfantine, candide, irréelle et humaine tout à la fois était  tellement attachante !

 

Je l’aurai vu encore cette année dans Tatiana (Onéguine) où elle donne à son personnage beaucoup de personnalité, de fragilité, de détermination, et de poésie. Là encore, une conception intelligente du rôle : cette Tatiana est déjà très affirmée dès les premières minutes du ballet ; on sent qu’elle a beaucoup lu et compris beaucoup de choses toute seule ; qu’elle porte un regard distant sur le monde,  et que son amour pour Onéguine va venir perturber sa vie à tout jamais.

 

Elle fut aussi le plus joli Cupidon jamais vu dans Don Quichotte ; une précision musicale dans ces variations, avec tout ce qu’il faut de léger, de virevoltant, de précis, de ciselé, d’enjoué, de vivant… Ses mouvements de tête d’une incroyable vivacité et si musicaux, synchronisés avec les coudes, les jambes rappelaient les pinsons qui chantent et sautillent gaiement dans les jardins.

 

828e7039a5509877aa0e83b101f8ba4247ccaf07.jpgA l’opposé, le magnifique premier pas de deux de In the night de Robbins. Impossible de décrire son lyrisme, le moelleux de ses bras et de son buste, l’abandon de ses poses, mais toute en retenue, et sa grâce. Et sa profonde compréhension de la musique, du monde nocturne et romantique.

 

Bouleversante dans la Petite danseuse de Degas, il  n’est pas excessif de dire qu’elle a sauvé à elle toute seule ce mauvais ballet ; là encore, elle insuffle à cette adolescente dominée par une mère diabolique ce qu’il faut de candeur, d’espoir, d’admiration, de jeunesse. Par un regard, un port de tête, elle exprime toutes les nuances et les contradictions du personnage. Sa petite danseuse est un trésor : émouvante au-delà des mots, on suit toutes les péripéties du ballet parce qu’on s’est profondément attachée à elle, et qu’on veut l’accompagner, ne pas la perdre.

 

 

Encore un rôle qui montre à quel point Clairemarie sait être une interprète d’exception : l’Eveil dans un autre mauvais ballet : Siddharta. Elle donne de la consistance à un personnage superficiel, créé par un chorégraphe qui n’a jamais dû se pencher en profondeur sur la spiritualité – ou en tous cas, qui n’en a gardé que l’aspect «  tape à l’œil ».

 

Dans Apollon Musagete, elle est une muse hors : voilà ce que j'ai écrit sur elle" Clairemarie est une interprête de génie qui réveille l'ensemble; elle se révèle bien plus qu'une ballerine : une artiste à part entière (...) dès qu'elle n'est plus sur scène, l'oeuvre retombe dans l'ennui.

 


Je finirai avec sa Carmen : très sincèrement, je ne peux pas dire que j’adhère vraiment à ce qu’elle a fait de ce personnage, le tirant plus du côté du léger, que du fatal! C'est un choix!

Mais l’autre jour, j’ai montré un extrait vidéo à mes élèves : la mort de Carmen -  Nous avions travaillé sur la scène de la manufacture version Rosi (opéra) et version Saura (flamenco). Ils voulaient tous voir comment Carmen mourrait. J’ai tout de suite pensé à elle. Je leur ai lu le texte de Mérimée puis montré l’extrait correspondant. Certains élèves ont été profondément marqués par son interprétation. (Et pourtant des adolescents de banlieue !) Voilà la magie d’Osta !

Cette artiste va beaucoup manquer à l’opéra. Clairemarie est un mélange étonnant d’enfance, d’intelligence, de poésie, d’émotions à vif mais retenues, sur le fil. Elle s’est emparée de tous ces personnages avec son cœur, mettant sa technique   à « leur service », avec toujours une grande simplicité, mais aussi tellement de finesse, de subtilité et surtout de profondeur.   

J’ai eu plaisir ce matin à me remémorer tous ces fabuleux souvenirs. Je n’ai pas vu sa Manon, mais en lisant les articles des uns et des autres, il est clair qu’elle a aussi apporté beaucoup à ce personnage.

 

Ce petit article est un hommage à une artiste qui a profondément marqué la spectatrice passionnée que je suis. Je n'ai commenté que les personnages vu sur scène. Je n'ai pas vu tous ses rôles

Voici sur le site " danser" sa fiche complète : Clairemarie Osta

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 09:45

 

Je suis perplexe face à la nouvelle saison "ballet"  2012-2013 qui s’annonce à l’opéra de Paris

La précédente offrait deux ballets néo-classiques (Onéguine et Manon), deux « Noureev » (Bayadère et Cendrillon), un ballet « classique » relégué en fin de saison (la fille mal gardée) et une création qui a fait parler beaucoup d’elle : La Source du danseur étoile JG Bart

A côté de ses œuvres « narratives » des ballets plus abstraits tel  le Phèdre de Lifar, l’Orphée  et Eurydice de Pina Bausch et le très dépouillé Roméo et Juliette de Sasha Waltz (chorégraphe contemporaine)

Pour compléter le tout, une soirée Robbins/ Mats Ek (avec dance at gathering et appartement) une compagnie invitée dans un répertoire romantique (Royal ballet du Danemark avec Napoli) et le Tokyo ballet dans une œuvre de Béjart ( Kabuki)

Il était encore assez facile de trouver son bonheur, même si de part sa programmation, les spectateurs ont pu constater un grand « trou » de deux mois et demi entre le dernier Onéguine, et la première de Mats Ek qui tombait à peu près en même temps que Bayadère :  

 

Mais cette saison, B Lefèvre révèle à quel point elle n'aime pas " le ballet" D'ailleurs, je conseille à l'opéra de paris de cesser de mettre l'onglet ballet sur son site : comme c'est ringard! il faut mettre danse!

Cette directrice  déclare pourtant « que cette année fête le bicentenaire de l’opéra, et qu’il y aura beaucoup de choses variées » Son sens de la fête, tout relatif, doit enchanter le théâtre de la ville et drainera sans doute une partie de ce public vers l’amphithéâtre…

 

Voici la saison :

En danse contemporaine : Trisha Brown, Cherkaoui, Merce Cunningham, Prejlocaj (avec son hideux hélicopter et son infâme Eldorado) et une création de MA Gillot « sous apparence »

À leur côté les néo classiques Kylian et Forsythe et Balanchine

 

Pour compléter le tout,  un Neumeier avec sa 3ème symphonie et non un de ses ballets narratifs

Histoire de dire qu’on ne l’oublie pas, une soirée Petit,   avec le Loup, Rendez vous et Carmen,

Histoire de dire qu’il est passé par là, un seul «  Noureev » avec Don quichotte

La reprise de Signe de Carlson

Et relégué au début de l’été 2013, la Sylphide de Lacotte

 

En fait, presque toutes ces œuvres me plaisent à des degrés divers et variés, mais mises bout à bout dans une même saison, bigre !

L’opéra de fera pas trop de dépense côté décors et costumes !

 

Pour que la saison soit plus équilibrée, il aurait fallu un autre grand classique – la belle au bois dormant par exemple que l’on n’a pas vu depuis plusieurs années ! – il aurait aussi fallu que la Sylphide, ce chef-d'œuvre romantique ait été donné plus tôt dans la saison

Et puis, il manque comme l’an passé un ballet narratif comme ceux de Mc Millan, ou Neumeier, ou Cranko, ou l’un des leurs…

 

Où est l’intérêt de reprogrammer pour la troisième fois dans un laps de temps court O Slozony ? Ou Signes ? Ou encore Rendez vous ?

 

Noureev disait qu’il fallait «  nourrir » les danseurs. Je trouve cette nourriture bien « light »; elle me laisse sur ma faim et elle laissera sans doute les danseurs sur la leur

 

Lefèvre déclarait « les danseuses veulent toutes faire Carmen »

Comme on les comprend : c’est la seule héroïne à interpréter cette année, à part la Sylphide ou Kitri qui est « à part »

 

 

Mais détaillons un peu

 

La saison s’ouvre avec Balanchine  (Agon, sérénade, le fils prodigue) - Bon, pourquoi pas ? Je n’ai jamais vraiment été emballée par ce chorégraphe abstrait ; en général, au bout de vingt minutes, je commence à m’ennuyer ; bien sûr, il y a toujours des soirées servies par des interprètes exceptionnels, qui transforment le temps lui-même,  mais voir toute une soirée où le sujet de l’œuvre est la danse elle-même dans tout son dépouillement… je ne prendrais des places que s’il en reste des pas trop chères, une fois la distribution connue ! L’Apollon musagète d’il y a une ou deux saisons m’a laissé un sentiment très mitigé – Et même le Palais de cristal ou Joyaux ne m’ont pas laissé des souvenirs impérissalbes.

 

Ensuite, aie ! Cunningham/ Gillot

Cunningham, disons le, me barbe profondément ! Pourtant le bonhomme était sympathique comme tout !

Déjà que j’aurai dû me passer de danse « narrative » en septembre, me plonger dans cet univers cérébralement intéressant, mais visuellement rasoir !

C’est d’ailleurs amusant ; pour avoir travaillé avec quelques chorégraphes de la scène contemporaine actuelle (Philippe Ménard, Kubilai Khan investigation) j’ai fait le constat suivant : danser contemporain peut être grisant, mais voir le résultat ennuyeux comme tout !

 

Si je trouve des places pas trop chères ( 12 euros, quoi !) j’irai voir la création de Gillot et prévoirai un livre pendant le Cunnigham : je poserai là un acte créatif d’une très haute intensité. Mentalement, mon acte sera un acte de danse intégré à la soirée : la scène se prolongera jusque dans ma loge où sera la vraie vie, qui sera la vraie danse. Toute seule dans ma loge de côté, quatrième niveau, place à visibilité réduite, je m’intégrerais à la chorégraphie, créant un « happening » dans la mouvance   XX siècle  de l’art qui refuse les codes bourgeois, le beau, l’ordonné, et anonyme, je  participerai au spectacle, déplaçant ainsi le spectacle de la scène vers la salle ! Quel talent j’aurai alors ! Sans bouger, immobile – je poserai mentalement un acte de non-danse ; ce sera si puissant,  que Jérôme Bel me demandera de non créer avec lui  mon oeuvre à Avignon,  et la saison suivante, le théâtre de la ville m’invitera pour redonner ma non-danse qui s’intitulera « chaise pensante à six pieds »

J’aurai bien sûr pris soin d’enregistrer les toux de mes voisins ce soir-là et d’en faire un montage que la technique rendra ensuite aléatoire, pour que mon acte de non-danse sur ma chaise recrée la rencontre fortuite des hasards croises comme dans la vraie vie, car l’art, c’est de la vie fausse, chacun le sait

 

Il me faudra sans doute plusieurs semaines pour m’en remettre, mais ouf, Don Quichotte pointe son nez pour 26 représentations !

Bon !  Nous serons déjà en décembre !

 

Gageons que les pauvres danseurs qui n’auront rien dansé d’aussi technique depuis leur passage à New York cet été vont tous se blesser à qui mieux mieux, et ce sera à nouveau le jeu des chaises musicales, A remplace B blessé, qui remplaçait C blessé, qui remplaçait D blessé, etc… avec un peu de chance, je pourrai peut être dégoter une place pour Ganio/ Gilbert ?  Il m’étonnerait que Leriche reprenne le rôle de Basilio, et sur un rôle aussi technique, qui d’autre à part Ganio ? (Il a d’ailleurs été nommé sur ce rôle !) Je suis preneuse aussi de Pujol ou de Renavand en Kitri ! pour les garçons ???

 

Comme il y aura 26 représentations, des danseurs premiers danseurs ou sujets, seront peut être sur les rôles-titres.

Ce que j’aime dans ce ballet, c’est qu’il permet aussi de découvrir beaucoup de danseurs/seuses dans des rôles secondaires merveilleux : les deux amies, la reine des dryades, cupidon, la demoiselle d’honneur, le chef des gitans, et les rôles comiques aussi !

Sur youtube, traine une version avec Guillem/ Letestu/Osta absolument sublime dans l’acte du rêve de Don Quichotte !

Et j’ai encore le souvenir de Ciaravola  et Guillem en reine des dryades ! O Temps, suspends ton vol!!!!

 

Après retour vers l’abstrait avec Forsythe – que j’adore - et Trisha Brown

Bon, j’attendrais les distributions, car le Slozony m’avait émerveillée la première fois avec Dupont/legris/ Leriche

Revu par la suite avec d’autres interprètes, ce n’était plus du tout pareil ; toute la magie s’était enfuie

Idem pour Forsythe – Si Ciaravola danse In the middle, je serai là, sinon, et bien, je m’en passerai !

 

Je zapperai sans vergogne la compagnie Prejlocaj (dans Eldorado, les danseurs se roulent sur les tables pendant une heure….)  arte avait consacré toute une soirée à mettre en images les gros egos des deux artistes : Stockhausen et Prejlocaj; juste indigestes!

 

Je me débrouillerai pour prendre des places pour voir Ciaravola en Carmen ! Mais pourquoi ne pas avoir repris le Jeune Homme plutôt que rendez-vous, si longuet ? (Mis à part le pas de deux final !) Quand au Loup… je ne suis pas fan non plus…

 

J’attendrais les distributions pour Kaguyahine de Kylian  et la troisième symphonie ( Malher) de Neumeier !

 

Sauf si Leriche danse le Faune, je n’irai pas à la soirée «  fourre tout » où sont réunis Béjart/ Cherkaoui/ Robbins, Nijinsky  (l’oiseau de feu, le Faune, l’après-midi d’un faune, et la création de Cherkaoui sur Boléro) - Mon dernier Faune version Robbins avec Cozette m'a paru interminable!!!! On a déjà eu droit il y a dix ans au Faune ( Nijinsky) et Faune ( Robbins) et ça n'est pas une bonne idée... !

 

Viendra l’été : ce sera le moment de casser ma tire lire pour voir la Sylphide de Ganio/Ciaravola (en espérant qu’ils la redansent ensemble)  et le tonique Signes de Carlson (mais la aussi, en attendant les distributions, car revue la dernière fois sans Belarbi et sans Gillot, ce n’était plus aussi magique !)

 

Ce sera la fin de la saison…  

 

Ah, on devrait retrouver la belle Eleonora Abbagnato... !

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