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Shabastet

  • : Danse et... danses!!!
  • : Blog sur la danse en général et l'opéra de paris en particulier rédigé par Valérie Beck, administratrice du forum danses pluriel
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 20:08

Theophile_Gautier.jpgEn finissant d'écrire l'article, l'autre, jour, je me suis rendue compte que ma pensée n'avait pas été au bout de la réflexion qu'elle voulait tenir; qu'il manquait un élément; que le puzzle n'était pas complet

j'avais évoqué Noureev, Petitpa, les contes russes, Proust et Swann, Hitchcock... mais il manquait le principal, quelque chose qui m'était terriblement familier, mais sur lequel je n'arrivais plus à mettre ma pensée

et bien, j'ai eu la réponse la nuit

Ce film m'a remis en mémoire une nouvelle de Théophile Gautier, grand admirateur d'Hoffmann ( lequel Gautier s'est aussi interessé au ballet puisqu'il a écrit le livret de Giselle, ballet romantique et sublime et la Péri)

Cette nouvelle étrange est  très proche dans l'esprit de ce black Swan, puisque a aucun moment on ne sait si Onophrius est victime " du diable" ou bien s'il sombre dans la folie

Cette lente descente aux enfers, qui n'est pas dénuée d'humour - Gautier en est bourré-  met vraiment mise mal à l'aise, car l'on voit cet Onuphrius, plutôt sympathique, se morceler peu à peu, sombrer dans un marécage dont on ignore s'il est réel ou non...

En outre, le miroir joue un rôle capital dans la nouvelle...

Ah, ces chers auteurs romantiques! comme je les aime!!!

 

voici un résumé de cette nouvelle : ( source, Wikipédia)

 

Onuphrius est Jeune-France et romantique forcené. Les livres de légendes et de sorcellerie à la mode lui ont déjà faussé l'esprit; les contes d'Hoffmann achèvent de l'égarer. A-t-il flâné en allant voir sa maîtresse Jacintha ? Lorsqu'il lit l'heure tardive au cadran de l'église Saint-Paul, il imagine que l'esprit malin a poussé les aiguilles. S'est-il mis à peindre'? Il explique encore par la malignité du diable les menus incidents qui contrarient son travail. Joue-t-il aux dames? Il se figure qu'un doigt muni d'une griffe dérange l'ordonnance de ses pions. Son sommeil est troublé par des rêves cruels : il croit qu'on l'a enfermé vivant dans un cercueil, qu'on se dispose à le dépecer; il assiste au triomphe insolent d'un ami perfide qui lui a volé son dernier tableau, sa pièce de théâtre et sa maîtresse. Bientôt, il devient la victime des plus étranges hallucinations : un reflet sort de la glace où il se mirait et vient libérer ses idées bouillonnantes en lui faisant subir de force l'opération du trépan; puis, au cours d'une soirée, un dandy emprisonne dans une résille les vers de sa composition qu'il allait déclamer et lui enfourne dans la bouche, avec une spatule, une insipide mixture de poésie rococo; dans la rue, enfin, un carrosse lui passe sur le corps qui se brise en morceaux qui se ressoudent à quelque distance. La fièvre s'empare de lui et il sombre dans une folie incurable.

 

 

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 09:32

Black-Swan.jpgBlack Swan – Critique – Un très savant jeu de pistes

 

 

Tout a déjà été dit, écrit commenté sur ce film dont j’attendais la sortie depuis un an déjà ! Un an, c’est long : on guette les premières images, les premières vidéos, les premières informations… l’imagination a tout le temps de travailler

D’autant que ce titre, Black Swan, qui évoque le Cygne Noir et ses trente fouettés du Lac des cygnes ouvrait par lui-même la porte à un imaginaire fantastique. J’aime ce ballet, parce que j’aime les contes, j’aime l’infini beauté slave de la musique, j’aime le tragique, et j’ai longtemps été fascinée pour Louis II de Bavière…

 

Quand je lis de Martha Graham elle-même, qu’elle, la grande danseuse qui détestait le ballet, voulait se réincarner pour danser les 32 fouettés de ce rôle mythique !!!… voilà qui en dit long sur la fascination qu’exerce sur les danseuses ce personnage du cygne noir…

 

Qu’est ce que le cygne noir dans le ballet classique ?

L’ombre du cygne blanc, qui est une princesse victime d’un sortilège.

Le conte dit qu’un  prince découvre un jour une princesse cygne au bord d’un lac (notre inconscient) ; il  lui jure aussitôt un amour éternel afin de la libérer de l’emprise du  magicien – Rothbart –  mais celui-ci, rusé, crée alors son double, un cygne noir en tout point identique à la princesse -  pour piéger le Prince  en son château lors d’une fête pour ses 20 ans ; sa mère veut qu’il choisisse une femme parmi les princesses invitées ;  dès qu’il voit le Cygne noir entrer dans la salle de bal, le Prince croit reconnaître son cygne blanc et lui renouvelle son serment d’amour.

Alors le magicien lui révèle la supercherie. Le Prince part aussitôt à la recherche de son cher cygne blanc qui se tord de douleur au bord du lac mais il est trop tard : Rothbart soulève les vagues du Lac qui les emportent tous deux

C’est un conte russe : les Russes sont douées pour les histoires tragiques

 

Cette histoire de double est fascinant en elle-même.

Je relis d’ailleurs en ce moment Proust et je me dis : sacré Proust, tout comme Noureev, il a tout compris à cette histoire de double !

Si on lit «  un amour de Swan » à la lueur de ces explications, on comprend mieux pourquoi la femme qu’aime- ou croit aimer – Swan (encore un !) est double. Odette est son nom, et c’est aussi le prénom du cygne blanc dans le ballet. Ce n’est donc pas un hasard.

Tantôt il lui prête le doux visage  des Botticelli, tantôt, il en fait un être ricanant, pervers, qui se moque de lui avec Mr de Forcheville, cet être vulgaire et sans scrupule

C’est Swan lui-même qui modèle Odette en cygne blanc ou noir,  pour combler un vide dans sa vie : lettré, cultivé, fortuné, Swan est victime de l’ennui. Il a eu des femmes et des femmes, tant et plus. Il lui faut du piment. Odette, et son aigrette blanche sur la tête, arrive dans sa vie ; il n’en faudra pas plus pour que Swan s’empare de cette image et tour à tour la voit comme un ange de douceur ou un démon perfide. Sa vie ne connaît alors plus de repos, il en perd jusqu’à sa dignité,  mais à  la fin, comme «  dégrisé », il comprend qu’il a tout créée : Odette n’a été que comme un écran sur lequel il a projeté ses rêves d’amour, ses propres tortures mentales, ses moments – rares – de félicité.

Il est même amusant de voir que Odette va à Bayreuth écouter du Wagner – lien direct avec Louis II, et que tous deux se promènent souvent en calèche autour du Lac du bois de Boulogne

Intelligent, sensible Proust qui glisse ça et là des références à un ballet que de toutes évidences il aimait au point d’en avoir fait la colonne vertébrale invisible de cet amour de Swan !

 

Ce préambule un peu long parce que je trouve fascinant outre la dualité qui nous accompagne tous, et qui est si simplement symbolisé par le cygne blanc et noir du Lac des Cygnes,  de voir comment un conte peut alimenter l'imaginaire créatif d'un Noureev, d'un Proust, d'un Aronofsky...

Noureev, - et j’en ai parlé à propos du Lac des cygnes – avait si bien compris cela, qu’il s’était  éloigné du conte brut pour expliquer que tout cet imaginaire sortait uniquement de l’esprit du prince neurasthénique, sous l’emprise d’un tuteur malsain. Tout comme Louis II de Bavière, le prince Siegfried ne peut aimer une femme de chair et de sang ; il ne peut pas se marier ; il ne peut aimer qu’un être surnaturel qu’il l’emportera dans sa folie représenté par le Lac.

Le prince se meurt, a le spleen : lac, cygnes, pureté, amour éternel, tout sort de ses rêves. S’il meurt à la fin, c’est d’avoir refuser la réalité, et sa propre part d’ombre tout comme Louis II de Bavière, amoureux du chevalier au Cygne  - Lohengrin -   faisant ériger un immense château au bord du lac de Neueschwanstein : la pierre du cygne ; et qu’on retrouva noyé – assassinat, suicide ? – dans ce même Lac.black-swan-natalie-portman-nina.jpg

 

C’est donc avec un certain génie qu’Aronofsky explore toutes ces pistes : elles sont toutes là

Le désir de perfection de Nina, - comme pour Louis II, ou le Siegfried du ballet,  la mère maléfique – comme le tuteur de prince ou le confesseur de Louis II – son refus de sa part d’ombre, sa fascination pour elle, et sa folie.

Tout être qui refuse sa part d’ombre est voué à être dévorée par elle… d’une façon ou d’une autre…

Sur cette base que n’aurait pas reniée Jung, une histoire est crée : Nina va endosser pour la première fois un rôle de soliste et  des jalousies naissent au sein de la compagnie où elle danse ; elle va se sentir victime de la malveillance des autres et peu à peu sombrer.

 

Le génie d’Aronofsky est de reprendre tous ces éléments très  «  romantiques » et d’en faire une histoire moderne

Nina n’est pas de son temps ; quand on la voit avec son petit manteau rose dans le métro de New York, on a déjà peur pour elle ; on assistera tout au long du film à l’emprise que   « l’ombre refoulée d’elle-même »  - comme dirait Jung gagnera  peu à peu sur elle, jusqu’à sa mort, sur scène, en beau cygne blanc

 

Que dire de plus ? Ensuite tout est affaire de goût, et si dans l’ensemble j’ai été bouleversée par l’interprétation de Nathalie Portmann, j’ai un peu moins aimé une mise en scène  un peu « lourdaude » à certains passages du film, de même que j’ai trouvé grotesques la danseuse Beth ou le maître de ballet. Les traits sont appuyés au-delà du nécessaire…

Mais bon, le film est malgré tout si bien fait qu’on peut quand même goûter le reste.

Les passages que j’ai préférés ne sont pas ceux qui rappellent  en bien  moins réussis Psychose ou d’autres du même genre, mais des moments plus simples

Par exemple, lorsque  Nina, seule dans un grand Hall en marbre blanc, détaille une sculpture monumentale, inquiétante, qui représente une espèce d’ange ailé assez effrayant

 

Pendant les scènes de danse,  assez nombreuses – la caméra danse elle aussi et offre des perspectives jamais explorées ; on voit presque les choses comme si on dansait soi même. Le tourbillon brouille les choses, et on va même se percher sur l’épaule du partenaire de Nina pour voir les choses comme elle, - et chuter…

 

En outre, le personnage de Lily – rivale de Nina au sein de la compagnie – est magnifiquement exploité : tour à tour cajôleuse, amie, ennemie, on ne sait jamais si elle est vue à travers le regard de Nina, ou bien si elle joue ce rôle double elle aussi pour mieux destabiliser Nina. L’actrice la rend attachante car elle semble au fond sans calcul, mais en même temps, inquiétante car elle semble avoir plus «  d’un double fond »

Comme Nina qui se voit à l’infini dans les miroirs quand elle va essayer un costume, Lily présente un véritable kaléïdoscope d’elle-même sauf, qu’elle ne se perd pas en elle, comme Nina.black-swan-2.jpg

Les miroirs, très présent, sorte de petits «  lacs » disséminés ici et là sont exploités avec intelligence

Il y a celui en trois parties devant lequel s’entraine  Nina chez elle, ceux de la salle de bain, de sa chambre, de la salle de répétition, de la loge de Nina

Là aussi, petit clin d’œil au maître du suspend, Hitchcock et son magnifique Psycho

Voici un texte de  Lea Bendaly

« Dès son entrée dans la maison Lila est devenue sa projection(…) , et là elle a peur à première vue de ce qu’elle est devenue. Ensuite, rapidement elle se ressaisit et sa projection va maintenant, à partir de ce moment lui obéir. Mais voilà qu’Hitchcock choisit de la placer, dans ces deux plans consécutifs du miroir, entre deux miroirs, deux surfaces réfléchissantes. Elle est donc prise au piège. Même quand nous avons l’impression que sa projection va enfin lui obéir, voilà une autre qui apparaît à l’écran, une projection de son dos dans la glace à son insu. Elle ne peut pas voir cette projection, mais elle est là quand même. Donc alors qu’un premier dédoublement a cessé lorsqu’elle a vu sa projection, un autre s’est crée, mais du même type. L’esprit de la mère qui existe dans l’univers mental de Norman, s’est donc acharné à ce qu’il soit incarné par cette femme. »

 

Des citations, dès clins d’œil, tout comme Proust ou Noureev, Aronofsky en glisse des centaines dans son œuvre

J'ai la passion de ces êtres lettrés, cultivés,  dont les oeuvres fourmillent de références nombreuses et adroitement glissées de ça et de là, comme autant d’hommage à ceux qui les ont précédé, avec talent, avec génie

 

Black Swan, au-delà de ses imperfections, est une œuvre magistralement intelligente et belle à voir.

 

valbeck 12 mars 2011

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 08:38

caligula.jpgRevoir Caligula cinq ans après sa création et deux ans après sa reprise n'affadit pas l'oeuvre, bien au contraire; la connaissance d'une oeuvre rend plus critique, et se retrouver en quatrième loge de côté gomme tout le côté intime qu'on peut nouer avec les artistes : on ne voit pas les expressions, on ne ressent pas leur souffle, le travail musculaire est effacé. Toutes les conditions sont réunies pour savoir si l'oeuvre est capable d'envoûter, de saisir ou d'ennuyer

 

Si l'écriture chorégraphique tend parfois  à être un peu répétitive - je trouve que Leriche abuse  des départs en décalés ou une figure est reprise par un, puis deux  puis quatre danseurs par exemple- si elle est parfois un peu figée, elle n'en offre pas moins des moments qui emportent vraiment : telle cette scène d'orgie cruelle pleine d'énergie; tels les pas de deux avec Lune; tel le sublime passage avec Incitatus; tel le monologue de Chaera...

 

l'oeuvre est très lisible : on entre vraiment dans les méandres de l'esprit de cet empereur; dont on suit la complexité, on comprend ce qui n'est pas dit ou montré

les scènes de mime sont des fils qui relient les différentes saisons : on découvre les arrières cours et on observe ce qui se trame à l'insu de tous

 

Lune, Mnester, Chaera, Caesonia, Incitatus, tissent des liens avec Caligula qui reste emprisonné en son propre monde jusqu'à la fin

 

J'ai particulièrement aimé le Caligula de Mathier Ganio, artiste d'une très grande sensibilité

Son personnage  complexe à souhait, oscille entre maladie, folie, cruauté, despotisme, tendresse ; dès son entrée en scène, on comprend qu'il n'est pas "dans" ce monde; il est ailleurs. Il veut la Lune, elle viendra, il la brisera

Ganio donne à cet empereur un côté parfois lunaire, parfois enfantin

Sa tyrannie, sa cruauté sont guidées par la maladie, semble-t-il, et non pas  par une volonté, un désir propre d'être cruel ou tyrannique

Quand il est en scène, Ganio apporte avec lui tout un univers qu'il a du construire peu à peu, à force de connaître et de danser le rôle

Par rapport à 2005, tous ses gestes, ses pas ont un sens, voire plusieurs sens; tout est intelligent, pensé et nourri de cette magnifique sensibilité qui fait de Ganio un artiste très attachant

De fragile, il devient puissant en un instant; son duo avec Mnester au début de l'oeuvre montre toute l'instabilité d'un esprit dérangé et en même temps sa passion pour le théâtre

 

 

D'ailleurs, j'apprécie toujours autant le découpage de la scène : l'escalier qui délimite l'univers de Caligula, comme hors atteinte du monde, l'avant scène ou se déroule les scènes de mime, comme sur un bas relief, et l'espace central, sorte d'agora ou de forum, délimité par les colonnes orange qui rappelle à la fois les péristyles ou les temples

 

S'ajoute l'espace pour la projection video, mais de la quatrième loge, impossible de voir le haut de l'escalier ni la video... dommage!

 

Ce découpage de l'espace s'accorde à merveille avec le découpage en cycle - sur une journée? puisque Galienne dit qu'il a conçu ce Caligula comme une tragédie classique en cinq actes? - et les différents pans de la réalité propre à chaque groupe - les sénateurs, la lune, mnester, le cheval

 

Les plages électroacoustiques nous plongent dans un espace entre deux, un espace hors du temps, ou se joue le destin de Caligula

 

Bref : cette oeuvre parait encore plus riche, plus fouillée, plus travaillée, plus aboutie en un mot, cinq ans après sa création. Elle est loin de certaines oeuvres creuses et prétentieuses que j'ai vues récemment !

Elle intrigue, elle envoûte aussi! J'espère que Nicolas Leriche chorégraphiera d'autres oeuvres à l'avenir!

 


avec Ganio, Osta (lune)- Abbagnato ( Caesonia), Bezard( Incitatus), Houette( Chaera), Bullion ( Mnester)

 

 

Tous les danseurs étaient parfaits : Osta dans son côté évanescent, fluide, impalpable, Caesonia, à l'invers, dans son côté charnel, incarné, à la recherches de plaisirs lourds, Bézard, poétique à souhait, Houette, très présent aussi

Bullion était bien, mais je ne peux pas oublier l'inégable, sublime et regretté Hilaire dans le rôle de Mnester

 

D'autres articles - au moins trois - sont consacrés aux autres représentations de cette oeuvre dans les années passées sur ce blog!

je tacherai de les mettre en lien!

 

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 12:50

12771777-copie-1.jpgQu'il est calme, le cimetière orthodoxe où repose la dépouille de Noureev; qu'il est paisible, beau, avec tous les arbres plantés le long des tombes; celle de Noureev est vraiment sublime. J'y vais de temps à autre; je vais lui redire tous bas tout ce que je pense souvent lorsque je  me rappelle  la glorieuse époque de l'opéra de Paris ; je vais me souvenir de lui autrement, émerveillée par ce kilim de son ami Frigerio, façonné de milliers de mosaiques; quand on sait combien est long ce travail! il est sublime, de loin on dirait que le kilim est un vrai... Noureev les collectionnait, il en avait des centaines, certains, même pas dépliés sous son lit; celui là est à la fois très russe et très oriental; il doit adorer!

Des admirateurs américains étaient passés peu de temps avant moi et avaient laissé un petit mot (  sur de papier sec et lisible, d'où ma déduction, élémentaire mon cher Watson!)

Il est touchant qu'un homme qui a tellement tourbillonné dans le monde ait choisi cet endroit solitaire, tranquille...

C'est toujours le coeur ému et plein de tendresse que je vais me recueillir quelques instants sur cette tombe; je sais bien qu'il n'est pas là, mais sa dernière demeure terrestre me permet de garder ce fil ténu qui me relie a ce qu'il a été de son vivant

Le cimetière regorgeait de chant et de bruits d'oiseaux - des picverts, entre autres!-

Entre les pins, les cèdres et les grands bouleaux encore nus, on était presque dans l'autre monde. Cela me plait que les arbres veillent sur la sépulture de Noureev, tous peuplés d'oiseaux...

Tu ne reposes sûrement pas en paix, cher Noureev... tu dois danser sous d'autres cieux!

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 19:49

 

141826-b-la-danse-le-ballet-de-l-opera-de-paris.jpg« La danse  le ballet de l’opéra de Paris » est un drôle de documentaire. Son nom déjà est un attrape-nigaud! Tout comme l'image du DVD ( extraite de Casse-Noisette) qui n'est absolument pas représentative de ce film.

C’est une « ballade » dans l’opéra de Paris, des sous-sols aux toits, mais sans paroles

Il n’y a pas d’explication, pas d’interview, comme dans le très beau « tout près des étoiles » de Niels Tavernier

Là, non…

Le réalisateur se promène, et filme, semble-t-il au petit bonheur la chance, tout ce qui tombe sous sa caméra : un bout de répétition, une teinturière en train de préparer sa mixture maison, l’apiculteur qui soigne ses ruches, B Lefevbre en pleine réunion (et en plein show dirait-on !) un inconnu qui va à la cantine, les pompiers qui nourrissent les poissons du lac souterrain, un balayeur qui nettoie les loges désertes, un syndicaliste qui présente la nouvelle retraite… et ainsi de suite.

 

Au début, on est tout heureux ; on a l’impression d’être une petite souris qui se promène en douce dans ce temple de la danse… on  réalise le rêve de toujours : savoir ce qui se passe à l’opéra, partout ! On espionne, on se glisse ici et là, des ateliers aux studios de répétitions, des endroits secrets aux toits…

 

Et puis très vite, on se lasse… Les plans se superposent aux plans, sans lien, sans commentaire. Tout devient gris, froid, identique, impersonnel… fade, en un mot…

 

J’ai beau, cette année là, avoir vu presque toute la saison et être donc capable d’identifier quasiment tout le monde – danseurs, répétiteurs, chorégraphes, administration –  l’exercice devient vite lassant, et, c’est triste à dire, inhumain…

 

Ce documentaire ne documente pas : il  frustre… il rend terne un lieu magique, un lieu mythique

 

Passer des répétitions de Mats Ek à Wayne Mc Grégor aux soirées Arop  (Brigitte Lefevbre se trompe  d'ailleurs de nom!)  puis de Petipa  au nettoyage des loges, et enfin de Noureev à la cantine, le tout sans un seul mot, sans aucune envie de créer des liens, crée un ennui mortel...

 

Au fond, c’est sans doute cela qu’a voulu faire Wiesemann ; briser la magie, montrer le fonctionnement quasi routinier de cette grande maison, démystifier le temple de la danse

 

Il y réussit fort bien !

 

Alors ?

 

J’ai quand même acheté ce DVD. J’avais vu le film à sa sortie au cinéma et au bout de deux heures, j'avais failli quitter la salle…   quelques moments de danse cependant - du reste, fort rares - m'avaient "réveillée" tandis que je somnolais à demi dans mon confortable fauteuil de cinéma… Ces petits moments durent à eux tous peut être 20 minutes ( soit le 9ème du documentaire !)   mais ces perles disséminées ça et là, je voulais les revoir, les retrouver, m’en nourrir encore une fois…

D'abord, il y a Nicolas Leriche en répétition ; d'ailleurs, Nicolas est-il jamais en répétition? dès qu'il danse, tout se sublime...  on est immédiatement face à l'art…. cet artiste n'apparait qu'une misérable minute, mais alors! O temps suspend ton souffle!!!!  cela rend d'autant plus insipide la suite... car tous à l'opéra n'ont pas l'immense talent d'un Leriche. Cette petite minute est une véritable petite pétite d'or...

 

 

Ensuite, il y a Manuel Legris qui "braille"dans la maison de Bernarda… un petit souvenir d’un grand moment à l’opéra. Legris est fabuleux dans le rôle de cette mère, qui fait régner la terreur dans sa demeure en pleine Espagne dictotoriale. Lorca qui a écrit ce texte sera d'ailleurs éliminé par le régime  très peu de temps après. Revoir Legris,  là, comme ça, juste quelques instants, entouré de Pujol, Osta, Gillot... c’est un petit délice.

Comme l’est ce  pas de  deux de Casse-Noisette répété sur scène Leriche et Pujol…quelle fraîcheur!

Un peu plus loin, la magique Delphine Moussin assassine ses propres enfants dans le terrible Médée de Prejlocaj…

 

Ces quelques moments furtifs,   ces instants de danse  valent l’achat du DVD… ce n’est pas si souvent qu’une émotion, sans fard, est captée sur le vif et livrée telle quelle au spectateur.

 

Mais pour les non amateurs, ce film est à fuir. Aucun sous titre ne permet d’identifier ni les ballets, ni les danseurs, ni rien ni personne… il n’y a pas de chapitrage. Il n’y a aucune interview, je le répète, aucun commentaire… une image toute nue…

 

Voici un petit aide mémoire que je complèterai lorsque je l’aurai revu une seconde fois car dans le DVD il n’y a aucun chapitre, aucun moyen de se repérer :

 

 


cette année-là était :

Paquita-Lacotte, 

Casse-Noisette- Noureev,

Médée- Prejlocaj,

La maison de Bernarda- Mats Ek,

Genus- Wayne Mcgregor,

Roméo et Juliette-Sasha Waltz

Orphée et Eurydice – Pina Bausch

 

Les maîtres de ballet :

Hilaire fait répéter Cozette le rôle de Médée de Prejlocaj ; sur scène c’est Moussin qui le danse

Lacotte et Thesmard font travailler Letestu et échangent des points de vue contraire d’un ton très fairplay !

Clotilde Vayer fait répéter le corps de ballet dans Casse Noisette

Patrice Bart et Hilaire font répéter Paquita sur scène ( on voit entre autre Heymann, Froustey qui «  risque de manquer de place », Renavand

 

Les chorégraphes Mats Ek, Mcgrégor sont présents pour les répétitions

Pour Pina Bausch, c’est une assistante…

 

Les  larges extraits de Genus   sont répétés avec Pech et Gillot sous l’œil vigilant du chorégraphe Mcgrégor

   

 

 La danseuse qui « a trop à danser sur Paquita » est l’adorable Laure Muret

On voit aussi Aurélie Dupont et H Moreau dans Roméo et Juliette…

 

Plus de détails prochainement

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 21:14

AVT_Philip-K-Dick_3923-copie-1.jpg  Je ne suis pas une grande lectrice; j'ai beaucoup lu lorsque j'étais au lycée puis à l'université, ensuite, et bien, j'ai souvent délaissé la littérature pour des ouvrages techniques de danse, de yoga, de musique...

Mais j'ai toujours fait une exception pour la science fiction...

Je ne suis pas non plus une grande connaisseuse, non, plutôt une lectrice épisodique

la preuve en est que j'ai mis du temps à découvrir Philippe K Dick, l'auteur de Blade runner, minority report, confession d'un barjo, total recal, tant de titres qui m'étaient tout à fait familiers dans le monde du cinéma, mais parfaitement inconnus dans le monde de la littérature.

 

Je lis assez régulièrement   Asimov, Poul Anderson, que j'adore pour ses univers poétiques, Damasio, Dan Simmons, Priest, Orwell, Wells, F Herbert, Bradbury, A C Clarke, - l'un de ceux que je relis très volontiers, -Huxley, Matheson. ( ah, Matheson, on dévore ses livres en une nuit et on ne dort plus ensuite pendant plusieurs mois!!!...)  mais Philippe K Dick, jusqu'à l'année dernière, m'était quasiment inconnu; il est en passe de devenir mon auteur de SF favori. 

 

Ses livres sont étranges, tout comme lui, tout comme sa vie; il oscille entre une sorte de mysticisme bizaroïde, et le déni de toute forme de mysticisme;  les choses ne sont jamais ce qu'on croit qu'elles sont; la puissance du mental dirige tout et les humains en sont souvent les jouets.

Le monde dans lequel évoluent ses personnages font cohabiter le futur et le passé, dans les deux sens du terme... parfois les deux se superposent, parfois l'un finit par recouvrir l'autre... 

Les héros mènent des enquêtes ou des quêtes comme dans les vieux polars, et sont à la fois abusés, désabusés, mais maîtres, au final d'une situation qui n'est pas ce qu'on croit qu'elle était

 

Dans la foulée, je viens de lire Blade runner, un roman tout simplement génial, très loin du film fascinant et superbe de Ridley Scott... mais tout aussi prenant, tout aussi poétique, et même   "romantique", d'une certaine façon...

Decker, dans son désir de posséder un animal électrique ( car il n'y a plus d'animaux vivants sur la Terre depuis longtemps à de rares exceptions près, et ceci ont une côté argus très précise) est tellement touchant... un livre envoûtant, émouvant et qui n'a nulle part son pareil

Et puis Ubik... Ubik rend fou quand on le lit; on ne sait plus où est la réalité; d'ailleurs, existe-t-elle? n'est-elle pas qu'une fabrication de l'égo?

j''ai aussi dévoré le recueil de nouvelles qui comportent Minority report... nouvelle très sobre, qui ne développe rien, qui vous met tous les échevaux en mains, et à vous de vous débrouillez avec...

 

Philippe K Dick n'a pas son pareil pour décrire des univers de misère dans lequel l'être humain mène une quête, comme les chevaliers du Graal... en ressort-il magnifié? Non... plus humain, alors? Non plus... la réponse est dans un " ailleurs" que je n'ai jamais rencontré chez aucun autre auteur...

 

 

Quand on connaît un peu la biographie de Philippe K Dick, addict aux drogues, dialoguant avec Dieu, se trouvant sans cesse persécuté par la CIA, alcoolique, vivant dans la misère,  on est d'autant plus touché...

 

 Oh, je ne suis qu'une humble lectrice, pas très savante, qui est tout juste sur le seuil de ce monde qui rappelle tellement, dans un autre genre, le monde que je découvre dans ma pratique du yoga nidra... les passerelles sont souvent là où on ne les attend pas... K Dick, à sa façon, connaît ses états entre deux qu'on explore dans le nidra... il en a fait ces oeuvres étonnantes, qui vous mènent à leur guisé par le bout du nez et vous mettent dans un drôle d'état...

 

Du coup, les Matrix, Inception et autres prennent un sacré coup dans l'aile... ils ne sont que de vagues édulcorés - malgré toute la technologie qui est mise en oeuvre pour ces oeuvres - des créations de Philippe K Dick, un auteur, que, décidément, j'aime profondément.

Et puis, vous avez vu? Son chat à la même tête que lui!

C'est peut être un chat électrique?

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 22:02

erick-labb-.jpg

Quand trois génies se rencontrent, c’est tout l’un ou tout l’autre !

1 : Ou bien ils parviennent à s’entendre,

2 : ou bien ils se gênent et comme chacun à peur de faire de l’ombre à l’autre, tout le monde se rapetisse, encore et encore…

 

Pour Eonagata, cochez la case 2 s’il vous plaît !

 

et pourtant, elle est belle cette photo, Non?

 

J’attendais ce spectacle, non pas avec impatience, mais avec une infinie curiosité… aborder le thème du masculin féminin avec des personnalités telles que ces trois génies-là ! de quoi vous faire espérer un spectacle plein d’émotion, de trouvailles !

J’avais vu la bande-annonce sur le site du Sadlers qui en deux minutes, vous présentait un spectacle riche en rebondissements, en rythme, en couleurs

J’avais vu le «  on the edge » qui fait la part belle à cette création

J’avais vu la face cachée de la lune, film plein de sensibilité du talentueux R Lepage qui est scénariste, acteur — (s) car il joue deux rôles, lui et son frère — et metteur en scène

Enfin, j’avais vu le spectacle présenté il y a trois ans aux Champs-Élysées avec Russel Maliphant et Guillem qui m’avait émue ; je revois encore leur duo, je revois encore le solo de Russel sur un émouvant morceau de violoncelle

 

De quoi se dire : avec trois talents pareils, je vais voir quelque chose d’inédit, d’inventif, de troublant, d’émouvant !

Et bien, que nenni !

 

Du vent, du vent et du vent !

Un soufflé qui retombe vide, creux et vous fait quitter la table la faim au ventre !

 

Et pourtant, il y  avait tant à faire !

 

En ressortant du spectacle, je me suis dit : « Guillem s’est fait toute petite devant Lepage, elle n’a pas osé affirmer qu’elle est danseuse, avant tout, et quelle danseuse ! Elle a voulu lui prouver qu’elle pouvait aborder d’autres arts de la scène, qu’elle pouvait être actrice, chanter,  mais elle se trompe. Lepage s’est laissé convaincre de “danser ” alors qu’il est avant tout un homme de théâtre ; il aurait dû écouter son bon sens premier qui lui avait dit «  Non, ne te lance pas dans une telle aventure ! » et Maliphant n’a pas non plus osé dire “je m’occupe de tout ce qui est combat, bâton, épées, laissez-moi faire et j’assume aussi des parties dansées”

 

Du coup, personne ne trouve sa place !!! Chacun s’excuse devant l’autre, on nivelle « par le bas» pour que tout le monde y arrive (à danser, à chanter, à dire un texte, à manier des éventails, des sabres, des bâtons…)

Lepage prouve qu’il ne sait pas «  bouger», Guillem, qu’elle n’est pas une actrice, Maliphant qu’il vaut mieux que cela

 

 

 

L’œuvre commence par un solo de Lepage muni de deux épées : à coup de flash, et de musique tonitruante, il danse au milieu de fumigènes «  On dirait Goldorak ! » me dit mon compagnon. Moi, je cache les yeux, car je me prends les flashs en pleine figure et je suis à moitié aveuglée ! Puis tout s’arrête, et Guillem vient se planter sur la scène pour nous raconter la vie du Chevalier d’Eon ; ça dure au moins cinq minutes, le texte est plat, naïf, et  on se dit «  Erreur de mise en scène d’un débutant ! »

C’est d’un ennui !

Suit une scène aux éventails : Si Maliphant  les exploite assez bien, quoique sans grande originalité, Lepage peine avec son grand éventail rouge,  il est empoté comme tout et puis quoi ? Quel sens donner à cette scène ? Pour justifier le titre ? Pour évoquer les Onagatas, ces rôles féminins tenus par des hommes dans le théâtre Kabuki ? Pour en avoir vu, je sais qu’on est fasciné ! Là, on est juste embêté pour Lepage qui s’en tire comme un manche ! À ce niveau-là….

Vient la scène sur les tables

Trois tables, les danseurs se roulent dessus et tournent autour !

Bon !

Si Guillem à la grâce d’un félin, si elle s’amuse vraiment à glisser comme dans la pub pour un produit d’entretien qui fait briller les tables, les deux autres peinent derrière ! Ils sont balourds.

Est-ce que ces failles sont exploitées, ce pourrait être intéressant ? Non ! On se dit juste : “Ils ne sont pas très synchro, tous !" et on compare.

 Et ainsi de suite….

Nombreuses sont les scènes ou on chante, ou on parle, ou on se bat aux bâtons, mais on fait tout doucement, on ne frappe pas trop fort, des fois qu’on se fasse mal ! Et surtout, on ne tourne pas trop vite, pour que Lepage puisse suivre…

 

Je me disais au fond de mon fauteuil

«  Pourquoi ne pas avoir confié la danse à Guillem, les arts martiaux (scène aux bâtons ou avec un sabre) à Maliphant qui manie cela avec virtuosité et un récit à Lepage au lieu de ce méli-mélo sans queue ni tête !

 

Bien sûr, Guillem est toujours magique ! Fascinante, charismatique, et tellement belle ! Quand elle est seule sur scène, on revit ! Et on se dit «  pourquoi se limite-t-elle comme cela ? Que veut-elle prouver ? » Elle est tellement sublime lorsqu’elle écrit à sa mère !  Dans ce solo, la colère bouillonne, et puis elle explose tout à coup! L'émotion naît, on est emporté !

De même, lorsqu’ elle danse en kimono blanc et fluide à grandes manches. C’est beau, on est envoûté ! On pourrait la suivre pendant des heures… mais non, tout s’arrête et ça se remet à parler, sans âme ni émotion…

 

Car d’émotion, il n’y en a quasiment pas dans cet Eonagata qui mêle Japon, mythe sur l’androgyne, et chevalier d’Eon, sans lien véritable, sans souffle profond qui conduise le spectacle de bout en bout. Celui-ci  juxtapose les scènes les unes après les autres en suivant plus ou moins la vie du chevalier, tout en incorporant deci delà des éléments japonisants : un kimono, une poupée-geisha, un tambour, des éventails…

 

A un moment, un panier – de ceux que l’on mettait sous les robes - est jeté sur Guillem-Eon ; voilà une occasion magnifique de jouer avec ; de s’enfermer dedans, de ramper, de sortir un bras, ou de s’emmêler dans ses mailles, que sais-je ! Il faut tirer parti de cet accessoire pour faire avancer l’histoire

Et bien non : Guillem met cinq minutes à l’enfiler ; elle n’arrive pas à passer les épaules, mais ans que ce soit «  voulu» elle semble juste ce soir-là avoir du mal avec cet accessoire, et nous, spectateurs, on commence à être habitué à voir tout le monde peiner avec tout. Mais alors ?   ? Est ce fait exprès ?

Impossible de donner un sens à la scène ! On est juste frustré comme on l’est par cette immense poupée en kimono qui agite les bras et parle comme au théâtre de Guignol sans qu’il se passe vraiment quelque chose !

 

 

Vient tout à la fin du spectacle - après une bonne heure et quart, quand même- la scène au miroir; c'est émouvant, enfin! Cette fois-ci les trois « performers » sont à égalité ; on est touché, on veut en voir plus…

 

Voilà, c’est ça, Eonagata !  Le masculin-féminin n'y est pas vraiment exploité : il y aurait eu tant à faire!

Bon, les artistes se sont «  plantés»

Ça arrive, je ne leur en veux pas ; j'en veux plus au battage médiatique qui veut nous faire croire à une oeuvre géniale; non, c'est juste une oeuvre ratée....

Malgré tout, je suis quand même contente d’avoir vu Guillem-la- magnétique !

J’étais tout près de la scène, c’était fascinant de la suivre quand elle dansait, tellement belle, tellement elle ! Pourquoi s’est-elle faite si petite ???

 

Elle prépare actuellement un solo de vingt minutes avec Mats Ek qui a déjà réalisé Wet Woman… il sera donné aux Champs-Élysées l’an prochain… avec quoi d’autres ? Mystère

Mais j’y serai !

Oui, résolument, j’aime Guillem !


 

 

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Rubrique Guillem : voir les articles

et aussi :

  

On the Edge et autres nouvelles

Guillem Maliphant Théâtre des champs-élysées

 

 

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 22:02

Alors, la suite?

 

Je n'ai donc pas vu le Lac, - place revendue - pas plus que Paquita ( je n'aime pas! je trouve l'histoire tellement bête, et tous ces petits pas classiques, c'est d'un ennui!) et j'ai raté le Parzifal de Neumeier à l'opéra cette saison parce que toutes les places assez bon marché sont parties en un temps record; il ne restait plus que des places à 89 euros...

 

 

la suite de la saison?

Alléchante... quoique ... tout dépendra de qui dansera quoi, comme toujours!!!

 

Bien évidemment, le 3 janvier, jour d'ouverture de réservation par  internet, je travaillais

Je me suis donc connectée le soir en rentrant du travail pour avoir les places meilleurs rapport qualité prix!

Il ne restait déjà plus grand choix pour nombre de dates! j'ai passé deux heures à chercher les places meilleur rapport qualité prix, écumant tout le site date par date, catégorie par catégorie!

 

J'ai pu me procurer

 

Deux places pour Roméo et Juliette, le 17 avril

Qui dansera? Mystère!

bon, si c'est Cozette et Paquette, je revends mes places, bien sûr!

 

Le magnifique ballet de Noureev serait magnifiquement servie par la Juliette de Pujol ( je rêve de la revoir) ou celle de Gilbert

Il m'étonnerait beaucoup que Aurélie Dupont puisse danser ce rôle après sa maternité ( le bébé n'est pas encore né)

 

Pour le reste : Ciaravola? pourquoi pas! pour le lyrisme, la poésie, elle serait superbe!

 

Moussin est partie ( sans adieux, vengeance personnelle de la chef!) comme c'est triste!

 

Letestu veut danser le rôle à nouveau : je l'avais détestée!  , sur scène, elle n'est pas du tout crédible pendant tout le premier acte, où Juliette n'a que 14 ans; elle danse comme une femme accomplie et pas comme une jeune fille, presque encore une enfant qui joue à la poupée; ensuite, au bal, elle est froide comme le marbre , donc une fois morte... bon 

J'aimerais beaucoup y voir Osta... mais le dansera t'elle?

ce sera la suprise

 

Côté garçon????

Je ne pense pas que Leriche reprenne le rôle; reste Ganio, Martinez, Heymann, Pech que j'ai déjà vu et que j'ai détesté,

ce danseur, je ne sais pas pourquoi, me fait penser à un pélican.... j'en ai des fous rires quand je le vois sur scène

Il y a un moment où dans la chorégraphie, Roméo saute en arrière tellement il souffre

le pauvre Pech avait peur de sauter, de s'élancer, cela faisait pitié à voir...

 

quand à Karl Paquette : le rôle est très technique, donc....

 

Ensuite, j'ai pris des places pour la géniale maison de Bernarda de Mats ek

je veux absolument revoir ce petit bijou

Même commentaire pour les distributions

Il serait question que Belarbi ou Martinez dansent Bernarda ( un rôle de femme)

j'espère que je verrai Belarbi!!!

de toutes façons cette chorégraphie, comme appartement, est inoubliable

j'avais eu la chance de le voir dansé par Legris, Gillot, Osta, Pujol... c'était fabuleux!

 

Et puis, O, surprise, Rain de Keerksmaeker

 

C'est une pièce créée  en 2001 sur une musique de Steeve Reich pour 18 instruments

J'en ai beaucoup parlé à mes élèves cette année!

et de la chorégraphie et de la musique!

J'aime beaucoup cette chorégraphe belge qui a une exigence particulière avec la danse

elle sait faire naître la poésie la où on ne l'attend pas! son travail n'est pas séduisant mais envoûtant

il vous happe malgré vous!

 

et enfin, j'ai eu deux places gratuites pour une répétition ( celle précisément de Mats ek, chouette!)

 

Je n'ai pas pris de place pour Coppélia : celles qui restaient étaient trop chères!

 

j'ai acheté des quatrièmre catégories, places d' assez bon rapport qualité prix  et j'ai même réussi à dégoter dans cette catégorie un quatrième rang pour Roméo, certes complètement de côté, mais très près de la scène!

que reste-t'il ensuite à voir?

 

Les Enfants du paradis!  et puis ensuite, c'est fini pour la saison!!!

 

ça ne fait pas lourd en ballet classique quand même! un paquita, un coppélia, et deux Noureev dont un massacré ( le lac) triple sniff!

 

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 20:54

 maurin26.jpg

 

Dis quand reviendras tu?

Dis au moins le sais tu?

le temps, le temps qui passe

ne se rattrape guère

Le temps le temps perdu

Ne se rattrape plus

 

(Barbara)

 

 

 

 

 

 

 

18 ans déjà, que l'opéra de paris se passe toi!

Comment fait-il?

Il ne fait pas!

Il faiblit, te trahit, même s'il ne t'oublie pas!

Les jeunes danseurs étouffent sous le poids de la hierarchie

Les vieux danseurs, peu à peu, s'en vont... Il ne reste que Le Riche pour " y croire encore"...

 

Il n'y a plus ton oeil pour donner sa lumière, pour donner l'envie d'exister de toute son âme sur scène, sans ennui mais avec passion... pour prendre des risques, et tant pis pour la chute, si le pas était beau!!! ( tiens, on dirait Cyrano!)

 

Disparus Belarbi, Maurin et puis Legris,

Hilaire, Loudières, Guérin!

Disparus Guillem et Averty

 

 

Leurs ombres ne hantent plus les plateaux de Bastille et de Garnier... heureusement, il reste quelques archives... mais les images ne sont que des images, sans chair, sans sang, sans tripes toutes chaudes et vibrantes... sans muscles, sans tendons... sans souffle, et sans sueur....

 

Les nouveaux danseurs, talentueux, n'ont qu'eux mêmes à qui faire confiance

Et seuls, sans un tigre pour les mener, ils sont fragiles, ils doutent, se blessent et se brisent...

Pauvre Lac des cygnes, transformé en lac des guignes... tant de blessés... si peu d'étoiles...

 Même si le corps de ballet a fait ce qu'il a pu, il était froid, sans émotion, sans âme... le comble pour un ballet " slave"...

 

Tu n'es  plus là pour   insuffler aux danseurs ta passion, ta démesure, ton amour fou de la danse et du travail fait avec maîtrise dans les moindres détails...  tu n'es plus là pour rajuster un tutu, redorer un petit bout de décor mal fait, rajouter quelques strass sur un pourpoint, retailer un justeaucourt trop long, étirer un collant pas assez tendu, donner ta flamme à tout les danseurs qui se la passent sans cesse entre eux...tant pis si les horaires de répétition explosent, tant pis si les danseurs n'en peuvent plus... le spectacle sera inoubliable!!!

 

Dans le monde, je sais que je ne suis pas seule à penser à toi, aujourd'hui... c'était hier, que tu quittais notre planète

Mais il ne se passe pas un jour sans que je pense à toi

Noureev... 18 ans sont trop courts pour oublier tout ce que tu nous a donné...

 

je te remercie, cette fois encore, malgré mon coeur qui te regrette tant! ah, tu as brûlé ta vie... tu as brûle ton âme comme disent les Slaves...

 

J'irai bientôt à Sainte Geneviève déposer sur ta tombe ces lys blancs que tu aimais tant!

 

 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 09:59

eleonoraEléonora Abbagnato

 

 

Voilà l’une des grandes artistes de l’opéra de Paris !

Elle est d’origine italienne – de la Sicile, pour être précise, et a intégré l’école de l’opéra en cours de parcours… elle explique que cela a été un vrai sacrifice d’être coupée de sa famille, de la Sicile, d’être à Paris… c’est une artiste singulière, vraiment à part dans le monde de l’opéra.

Je ne peux pas en faire un portrait complet, car je ne l’ai pas vue dans tout le répertoire qu’elle interprète, mais chacune de ses apparitions   reste marquée à tout jamais dans ma mémoire.

Si sa technique était moins fragile, sans doute serait-elle étoile ; artistiquement, en revanche, c’est une artiste époustouflante qui s’abandonne complètement à ses rôles. Elle a une façon de se donner sur scène unique, un quelque chose que les autres n’ont pas, une manière de se mettre en danger… on dirait toujours qu’elle danse comme si c’était la dernière fois… comme si sa vie en dépendait. Elle danse avec une sorte d'instinct, ce qui est unique à l'opéra. Non qu'elle n'ait pas une très belle technique - sans être virtuose, mais elle a un côté " animal". En ce sens, elle est à l'opposée de danseuse comme Sylvie Guillem qui met sa technique exceptionnelle au service de son intelligence, de la compréhension de ses rôles; je ne sous entend pas bien évidemment que Eléonora danse "comme ça, sans réfléchir" mais c'est ce qui ressort de sa personnalité. On oublie le travail en amant, on voit un être danser de toute son âme...

 

Très récemment, je l’ai vue dans le Sacre de Pina Bausch, elle était dans le corps de ballet, mais elle crevait la scène…    dommage qu’il ait été si difficile d’avoir des places pas trop chères pour ces représentations, car j’aurais beaucoup aimé la voir interpréter l’Elue.

En octobre, c’est dans le rôle de la Mort  - du Jeune homme et la mort - qu’elle m’a impressionnée. Techniquement, ses trépignements lors de son entrée en scène, sa beauté, sa sensualité mêlée à une cruauté raffinée en font l’une des plus belles interprètes de ce rôle.

 

Ce qui est curieux, c’est que Eléonora est très médiatisée, notamment dans la presse italienne ; elle a un côté star, diva, «  look at me »  un peu irritant parfois !  

Sur scène, tout cela disparaît, elle est simplement une très grande artiste au service de son art

 

C’est dans le rôle de Kitri que j’ai été le moins emballée… j’ai l’impression que ce sont les rôles dramatiques qui lui vont le mieux

Comme l’Anastasia de Ivan le Terrible – qu’on peut voir en DVD au côté du magistral N Leriche ; je regarde très très souvent sa variation où elle attend le retour d’Ivan… elle y est sublime, une fois encore, d’abandon, de lyrisme. Un grand souffle traverse sa variation de bout en bout

 

Voilà deux autres rôles où elle a excellé : Celui de Sylvia qu’elle a dansé au côté de Nicolas Leriche ; j’ai préféré son interprétation à celle d’Aurélie Dupont, sans doute plus sûre dans sa technique, mais qui n’a pas – ou n’avait pas il y a quatre ans - ce registre «  drame » à ses cordes. Le pas de deux final  entre Aminta et Sylvia est tout simplement déchirant ; on est là, impuissant, à regarder deux êtres faits l’un pour l’autre se séparer pour toujours… la jeunesse passée est enfuie, la solitude, glacée, se referme sur Aminta… il n’y a plus de retour possible, et pourtant, l’amour palpable, tisse un fil invisible entre ces deux êtres… Nicolas et Eléonora dansent ces deux personnages d’une façon attachante mais surtout poignante… parce qu’ils le font  tous deux de toute leur âme…

Ce qui fait qu’on ferme les yeux sans soucis sur les deux ou trois imperfections techniques d’Eleonora – comme ses sauts de chat à l’italienne qu’elle ne réussit pas très bien – tant le reste est émouvant au-delà des mots

Car c’est son point fort : transmettre directement ses émotions au spectateur, et faire que celui-ci ressenteivan le terrible 1 comme par empathie tout ce qu’elle traverse sur la scène

Enfin, deux mots sur son Isabelle dans Hurlevent – une fois encore dansé aux  côtés de Nicolas Leriche

Dans la chorégraphie de Belarbi, Isabelle dans à un moment donné les deux pieds noués par son collant, pendant que Heathcliff la maltraite

Eleonora réussit ce tour de force prodigieux qu’on la plaint, qu’on a une immense compassion pour elle, mais en plus, qu’on comprend l’amour qu’elle voue à Heathcliff… et qu’elle est prête, après avoir renoncé à sa vie dorée dans son manoir, à mourir pour cet amour…

Je ne serai pas triste du tout qu’elle ne devienne jamais étoile, tant qu’elle sera distribuée de façon intelligente dans des rôles qui lui vont à merveille et qu’elle danse avec passion

Je préfère continuer à la voir première danseuse talentueuse, qu’étoile qui ne fait pas face…

Quoi qu'il en soit, peu importe les titres. L’opéra a dans cette danseuse un vrai trésor dont, j’espère il prendra soin…

En 2002, lors d’un reportage sur  «  l’école des étoiles » elle se disait non prête à assumer le titre…

Puis elle est partie en 2009 pour un congé sabbatique d’une année, elle m’a manquée ainsi qu’à nombre de balletomanes…

Je suis ravie de son retour à l’opéra et  je me réjouis de la voir donner à ses rôles son âme tout entière.

 

valbeck 29/12/2010

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