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Shabastet

  • : Danse et... danses!!!
  • : Blog sur la danse en général et l'opéra de paris en particulier rédigé par Valérie Beck, administratrice du forum danses pluriel
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 09:53

Roland Petit Opéra de paris oct 2010

 

 

Rendez-vous ouvrait cette courte soirée consacrée à Roland Petit

Bien vieillot, cette œuvre !

Toute la première partie est d’un barbant achevé, et même Nicolas Leriche n’arrivait pas à donner du relief à cette pièce datée où l’on entend à tire-larigot «  les enfants qui s’aiment » ou «  les feuilles mortes »

Et puis ELLE arrive ! Qui ? La Ciaravola !!! La voilà, la voilà, la voilà !!!

Ah, dire que je n’ai pas pu la voir dans la Dame aux Camélias !!!! (Blessée, elle a été remplacée par Moussin)

Elle m’a rappelé un peu Guillem !

Elle a des bras, des jambes d’un délié et d’une précision ! Une vraie liane !

Elle incarne une femme fatale (pas très originale chez Petit, il n’y a que cela et elles tuent toutes les hommes qui les aiment) et danse un pas de deux avec Nicolas Leriche qui suspend littéralement le temps. Pendant une dizaine de minutes, alors qu’on périssait d’ennui sur son siège, on est tout à coup transporté hors temps, dans un univers de beauté, de perfection, d’art, en un mot. Ce duo est celui du jeune homme naïf et de la mante religieuse, mais c’est aussi plus que cela, quand il est dansé par des artistes du vol de Leriche et Ciaravola

On ne se dit plus «  dommage que Nicolas danse ce navet », on ne se dit plus rien d’ailleurs, on voudrait juste que le moment ne s’arrête jamais !

Voilà, quand deux grands artistes habitent une œuvre, la magie de l’art est là ! Dans les techniques de yoga, on parle de Kumbhaka, la stupéfaction qui peut amener spontanément des arrêts de souffle (qui ouvre alors la porte sur des mondes spirituels) : c’est ce que j’ai ressenti hier !

 

photo_large_3451-20100824174240_rolandpetitleloup_inter.jpgSuivait le Loup !  (ici Kader Belarbi)

Une histoire un peu semblable à la bête et la belle, où une jeune fille est trahie par son fiancé  le jour de ses noces, s’éprend d’un loup qui a l’apparence dudit fiancé, découvre que c’est un loup, en a peur, puis est gagné par la pitié avant de l’aimer pour de bon, avant que celui-ci ne soit tué par les paysans haineux

 

Ce qui m’a gêné dans ce ballet, c’est que j’ai eu l’impression de voir notre Dame de Paris transposée en Loup ; on retrouve les mêmes mouvements de foule, des pas similaires pour la Bohémienne qui rappelle vraiment Esmeralda, et pleins de petites choses qui font que Petit m’horripile : ces mouvements de bras qui s’agitent, ces cortèges qui tournent dans un sens puis dans l’autre, ce côté bavard, cabaret, facile, coloré, et gesticulant : arggh ! je déteste !!!

Notre Loup était incarné par un Benjamin Pech bien fade, comme souvent

J’ai du mal à aimer sa danse ; j’ai un souvenir d’un Roméo à périr d’ennui, d’un oiseau de feu pas très volant, et pour le feu, on repassera,  et j’ai même oublié les autres rôles qu’il a dansé!

Le Loup  n’a de loup que de nom ; a-t-il pris le parti d’être un loup transformé en homme ou un homme qui se sait loup ? Je ne le sais pas moi-même ; a-t-il voulu dire que cet être était blessé et fragile ? Car il n’y a pas la moindre once d’énergie dans ce qu’il fait

En face de lui, un Duquenne bien comme il faut et tout aussi scolaire !!!

Seule Pujol sortait du lot ; mais difficile pour elle de donner un peu de vie à une pièce où les autres danseurs semblent empêtrés qui dans la technique, qui dans le personnage qu’il doit incarner

Le seul problème, c’est qu’en la voyant danser, j’ai pensé à Giselle, à Juliette, à Hurlevent dans lesquels  elle excelle, mais pas un seul moment je n’ai regardé son personnage

Je me disais sur mon siège : « Ah, Hurlevent, comme j’aimerais le revoir », ou bien,   « j’espère qu’elle dansera Juliette cette année », ou bien encore, «  dommage que l’opéra n’ait pas commencé sa saison avec Giselle comme l’an passé ! »

Bon, quand le Loup meurt et la jeune fille aussi, on est juste soulagé, car l’entracte arrive !

 

Après l’entracte venait le Jeune Homme et la mort

 

Je l’avais déjà vu deux fois sur scène avec Leriche et j’avais très peur de la comparaison

Stéphane Bullion incarnait ce jeune homme aux côtés d’Abbagnato qui dansait la mort

 

La musique commence, le jeune homme est allongé sur son lit… et puis il s’assoit, regarde sa montre, l’écoute, (marche-t-elle ?) et tout de suite, on est happé par l’histoire

Bullion donne à ce jeune homme une fragilité, une souffrance qui va au-delà de l’histoire qui se déroule sur scène

On sent que ce n’est pas seulement la fille et son retard qui le fait souffrir, mais c’est sa vie elle-même. On lui imagine une vie par delà le temps présent du ballet ; c’est rare, cela montre que Bullion a d’immenses qualités d’acteur, et sa façon bien à lui de s’emparer de ses rôles ; on dirait qu’il a été rôdé à la technique de Stanislavski !!

Sa danse nous entraîne dans son monde à lui ; on ressent une compassion immense nicolas_le_riche_la_mort_jump.jpg

En outre, Bullion s’arrange très bien avec toutes les difficultés techniques de l’œuvre : il y a les chaises, les tables, avec qui il faut danser et c’est périlleux, voire douloureux.

Dans le documentaire qui lui était consacré, Leriche disait à quel point on se faisait mal en dansant cette œuvre

 

Techniquement, c’est moins puissant qu’un Babillée, un Noureev ou un Leriche.

Mais c’est tellement habité !

 

Quand à la jolie Abbagnato, j’étais heureuse de voir une danseuse aussi féminine qu’elle dans ce rôle qui incarne la garce parfaite

D’habitude, les danseuses que j’ai vues avaient une personnalité plus « yang » que « yin »

Gillot, Jeanmaire et Pietragalla font partie de ce groupe

 Mais Abbagnato elle, est délicieusement sensuelle, fine, séductrice, tout en incarnant la peste parfaite

 Le couple se renforce mutuellement, lui dans son mal de vivre (du coup, on lit plus que ce jeune homme joue avec la mort, qu’avec un amour qui tourne mal) et là aussi les 20 minutes passent à une vitesse incroyable !

 

Un moment d’émotion très fort, et un moment artistique très puissant ! Servi par l’envoûtante Passacaille de Bach

Ah, petit aparté ; c’est mon ancien directeur de conservatoire,   André Girard qui a eu l’idée de la passacaille de Bach pour ce jeune homme et qui a dirigé l’orchestre !

 


 

Voilà, cette soirée résume bien ce que je pense de Petit

 

- D’abord, il faut qu’il soit servi par des interprètes hors pair, totalement habités par leur personnage, sinon, ça ne fonctionne pas

- D’autre part, ce chorégraphe bavard, qui a un côté cabaret très prononcé, nous donne de temps en temps à goûter des moments chorégraphiques flamboyants !

       Par exemple, l’Arlésienne est à périr d’ennui, et puis hop, la farandole finale est un morceau d’anthologie ! (dansée par Legris ou par Bélingard, c’est d’une force !!!)

Son Notre dame de paris est long à mourir, mais tout à coup, il y a la variation d’Esméralda, ou bien le duo Quasimodo- Esméralda et là : «  O temps, suspend ton vol…. »

  Son Rendez vous est un navet, sauf quand le pas de deux final commence….

 

Un chorégraphe inégal donc, qui a beaucoup produit, s’est beaucoup redit, mais offre tout de même quelques unes des plus belles pages de danse du XXème

Sur l’heure et quart de spectacle, j’ai goûté très exactement une demi heure de danse…et trois quart d’heure d’ennui pur, où l’esprit vagabonde d’une idée à l’autre !

 Mais ça valait vraiment le coup de se prendre la pluie sur la tête une heure allée puis une heure retour en moto pour admirer des artistes que j’aime tant !

A noter que c’était le grand retour pour Ciaravolla, blessé depuis fin février, pour Abbagnato qui avait pris une année sabbatique, et pour Pujol qui n’avait pas dansé non plus la saison passée ( je ne me rappelle plus pourquoi !)

 

 

Je continue de penser que l’opéra de Paris n’est plus ce qu’il était du temps de Noureev

D’ailleurs, il suffisait de voir les décors revus au rabais du Jeune homme

Mais certains danseurs ont une personnalité tellement attachante, outre leur technique de danse fabuleuse

J’ai été gâtée car j’ai vu nombre de mes danseurs préférés hier !

Quand à Bullion que je n’avais vu que dans du Prejlocaj, je suis vraiment heureuse de l’avoir découvert hier dans ce fabuleux rôle qu’est le Jeune homme

Un artiste à part entière !

 

 


 

Voici un lien vers une de mes critiques de 2005  écrite sur un forum de danse et que j'ai reproduit ici; à l'époque, je n'avais pas encore ce blog où je me permets plus de liberté que sur les forum où j'essaie de rester plus neutre dans mes propos

 

Soirée Petit 2005   ( cliquez sur ce lien)

 


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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 09:06

Rudolf-Noureev-au-Centre-national-du-Costume-de-scene_mediu.jpg 

Bouleversant !

Il n’y a pas d’autres mots pour ce catalogue exclusivement consacré aux costumes des ballets de Noureev ; les costumes qu’il a portés, ou bien les costumes portés pour ces productions, par d’autres danseurs, et sur lesquels il avait un œil acéré !

 

Le plus émouvant, est sans doute le pantalon bouffant du Corsaire, reprisé un peu partout et dont Noureev ne voulait absolument pas se séparer. ( Il en avait un tout neuf qu’il n’a jamais porté !)

C’est avec ce costume qu’il avait dansé en URSS pour la première fois sa variation qui avait été bissée le jour du concours. Ce rôle du Corsaire sera un peu son «  aria di baule » - airs de valises que tout castra, véritable rock star avant l’heure,  trimbalait avec lui au 18ème -

C’est sans doute ce jour-là qu’il a pris son envol

Le pas de deux du Corsaire, qu’il dansera souvent – il y a une captation sur youtube avec M Fonteyn- le montre dans ce pantalon de harem vert, tout reprisé par lui même et par les danseuses qui l’entouraient et prenaient soin de lui.

À propos de ce fameux pas de deux, Noureev disait : «  Pour la première fois de ma vie, le public réclama un bis ; c’était pour le pas de deux du Corsaire ; je le dansais à nouveau et les applaudissements furent encore plus forts qu’avant ; c’était grisant ; comme danser me semblait facile, imprévisible, source d’inspiration dans ce temps-là. Je ne savais pas si je pourrais faire à nouveau le pas que je venais de réussir, mais je sentais que j’y mettais tout mon être… et que danser devenait un jeu de vie ou de mort : gagner ou mourir ; je ne savais jamais ce qui allait arriver. Je suis sûr que cette qualité de liberté et de prise de risque se communiquait au public et qu’il sentait voir quelque chose de nouveau ; tandis que pour moi, cela tenait du miracle »

 

Dès son arrivée à l’ouest, Noureev qui n’a que 23 ans sait déjà parfaitement ce qu’il veut ; il danse dans les ballets du marquis de Cuevas, mais n’y est pas heureux. Il lui déclare :

« Je lui dis que si les costumes étaient superbes, ils étaient aussi beaucoup trop compliqués et distrayaient l’attention du public de la danse ; je lui dis qu’il était terrible pour des artistes d’avoir à suffoquer sous des décors et des costumes somptueux et que c’était précisément ce qui arrivait dans son ballet ; dans la foulée, j’ajoutai que l’art se définit en usant de petits moyens pour exprimer de grands sentiments et de grandes idées, et non le contraire comme c’était le cas dans sa production ou d’énormes moyens ne servaient de support à aucune idée et à aucune atmosphère. Je lui dis que je considérais comme une grave faute de goût de costumer hommes et femmes de la même manière dans l’acte III. Je terminai en lui disant que j’avais quitté le théâtre avec un sentiment de malaise et malheureux de l’absence générale de profondeur émotionnelle et que notre art fugitif ne pouvait être significatif que par la grandeur humaine de ses créateurs et de ses interprètes. »

 

 

En outre, dans ce livre magnifiquement illustré, on apprend que Noureev a bâti lui-même une fois pour toutes le patron de base de ses pourpoints. On voit aussi comment à partir d’un costume dessiné par une costumière, lui-même en simplifie la coupe, lui donne une sorte de côté incroyablement épuré, tout en lui donnant une élégance inimitable. Ce qui fait que quelle que soit ensuite la production dans laquelle il doit danser, il emmène les costumes qu’il préfère et danse avec, glissant au passage quelques conseils à ses partenaires, lorsqu’il trouve que leurs tutus sont  tristounets pour qu’elles rajoutent perles ou strass… ce que s’empressent de faire Thesmard ou Piollet qui encourent ensuite les foudres de leur opéra….

 

Enfin, ce livre montre avec quelle énergie il a œuvré pour que les productions qu’il a montées un peu partout dans le monde répondent exactement et précisément à la vision qu’il en avait.

Le livre, abondamment illustré est tout à la fois beau et émouvant, et ouvre une nouvelle porte sur cette personnalité excessive et attachante.

 

r_nureev_2.jpg

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 08:05

Roland Petit à l’opéra de Paris, sept/oct. 2010

 

 

Je ne suis pas une fan absolu de Roland Petit, je lui trouve même un côté ringard appuyé dans certaines de ses œuvres. Par exemple, Carmen, son ballet préféré que j'ai   revu il y a quelques années, et que j'avais trouvé démodé, tout comme   l’Arlésienne donné dans la même soirée. J'avais aimé ces oeuvres par le passé, mais elles vieillissent mal... en 1990, je me rappelle encore avoir vu Alessandra Ferri au côté de Belarbi dans Carmen; c'était sublime... le ballet, depuis, a perdu ses couleurs, comme une photo décolorée par le soleil

En fait, certains la plupart de ses ballets m’ennuient sauf  lorsqu’ils sont transcendés par des interprètes d'eexception : ainsi Leriche et Pietra dans le Jeune homme et la mort, ( Pietra est la meilleure interprète que j’ai vu dans ce ballet)  ou Bélingard dans le finale de l’Arlésienne m’ont-ils laissé d’impérissables souvenirs.

Il y a aussi une captation étonnante de Noureev dans le jeune homme ( film réalisé en studio avec Zizi Jeanmaire, assez fade)

J’aime aussi tout particulièrement Clavigo, sans doute en partie parce que la partition de Gabriel Yared ( entre autre compositeur de la musique du film l’Amant de JJ Annaud) est pleine de poésie, de sensibilité, et que une fois encore, c’était Nicolas Leriche qui incarnait le rôle titre.

En revanche, je n’aime pas du tout son  Notre Dame de Paris. Le seul passage du ballet qui me plait est la variation d’Esmeralda ( filmée avec la magnifique Isabelle Guérin) à mes yeux l'une des plus belles de R Petit, avec celle de l'étrangère, de Clavigo, dansé par l'inclassable MA Gillot

Je n’ai jamais non plus beaucoup apprécié Zizi Jeanmaire mais bon… enfin, quand je la voyais à la télé avec son " truc en plume" quelle horreur!!!!

Alors, pourquoi est ce que j’ai pris des places ?

En premier lieu, parce que j’ai trouvé des places à très bon prix ! Plus le temps passe, plus le prix des places de spectacles ou de concert atteint des sommes astronomiques ; je refuse de dépasser un certain prix même pour voir des artistes que j’adore ; j’ai renoncé ces derniers temps à bien des concerts ( supertremp, fleet woodmack, R Plant et bien d'autres! )au vue des sommes astronomiques demandées. A l’heure ou l’on parle de démocratisation de l’art, je ne comprends pas bien qu’on puisse demander plus de 120 euros pour entendre tel ou tel artiste sur scène...

La première catégorie à Garnier est passé de 105 francs en 1983 à 90 euros aujourd’hui ; mais mon salaire lui, n’a pas été multiplié par six !

Là, vingt euros, pas trop mal placé, c’est tout bon !

En second lieu, j’ai une tendresse particulière pour le Jeune Homme et la mort, qui sera dansé par S Bullion ;  c’est le directeur de mon ancien conservatoire, André Girard – un homme adorable qui aimait précisément que la musique soit partagée par le plus grand nombre-  qui a dirigé la première ! La fameuse passacaille de Bach (le ballet avait été réglé sur du jazz) : j’aurais enfin l’occasion de revoir ce tout jeune «  étoilé "que pour l’instant je n’ai vu que dans l’infâme Siddharta de Prejlocaj, ou dans le sublime Médée du même Prejlocaj où il était vraiment très bien.

Enfin, l’un des ballets est réglé sur une œuvre de Dutilleux, magnifique compositeur français trop méconnu… espérons juste que l’orchestre ne massacrera pas la partition

J’aurais aussi la chance ce soir là d'avoir Nicolas Leriche distribué dans la plus belle fille du monde au côté de Ciaravolla ( elle s'était blessée la veille de danser la dame aux camélias et avait été remplacée par la fragile D Moussin)

 

Ensuite, que verrai-je à l’opéra ? Je n’en sais encore rien car il est impossible d’avoir les distributions à l’avance ; je me vois mal aller voir Cozette dans le lac des cygnes ou dans roméo et juliette ; attendre les distributions signifient qu’on n’a plus le choix des places mais l’embaras, quand il en reste :des premières catégories, hors de prix et parfois très loin de la scène

Mais j’irai voir Rain de T de Keerksmaker, la soirée Mats Ek, ça c’est sûr… Pour les grands Noureev, je préfère ne pas les revoir que de les revoir trahis…

 

Et puis, j'ai déjà mes places pour voir S Guillem dans Eonnagata au côté de R Lepage; j'ai pris les places en juillet pour avoir le choix et un bon rapport qualité prix!

 

Distributions du 1er octobre

1 octobre 2010 à 19h30
Rendez-Vous (Le)
LA PLUS BELLE FILLE DU MONDE Isabelle Ciaravola
LE JEUNE HOMME Nicolas Le Riche
Loup (Le)
LA JEUNE FILLE Laetitia Pujol
LE LOUP Benjamin Pech
LA BOHEMIENNE Amandine Albisson
LE JEUNE HOMME Christophe Duquenne
Jeune Homme et la Mort (Le)
Le jeune Homme Stéphane Bullion
La Mort Eleonora Abbagnato

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 10:33

Noureev, Roméo et Juliette  

romeo_juliette_noureev.jpg 

 

Hier, en regardant la magnifique captation  de ce ballet chorégraphié par Noureev avec dans les rôles titres Loudières, Legris, Jude, Averty, Delanoé et Romoli pour ne citer qu’eux, je me suis  dit avec tristesse que le Roméo qui sera présenté la  saison prochaine à l’opéra de Paris n’aura plus grand-chose à voir avec l’original

Certes, ce ne sont pas les bons danseurs qui manqueront – Pujol est extraordinaire dans le rôle-titre, Leriche y a brillé, - je ne sais pas s’il voudra réendosser le rôle aux nombreux portés - de même Ganio pourrait y faire des merveilles, sans parler de Dorothée Gilbert aussi

 

Non, si cette future saison ne me tire que des pensées nostalgiques, c’est parce que Noureev lui-même ne sera plus là pour tout régler, et que dix sept ans après, les danseurs qu’il avait formés ne sont plus là non plus insufflé son esprit à cette chorégraphie longue, difficile, mais pleine d’émotions.

 

Ah, me direz-vous, il faut bien que les choses changent un jour !

 

Oui, si elles ne perdent pas en qualité…

 

Pour la captation, aussi belle soit-elle, certaines choses avaient déjà été changées par rapport à la production de 1984 et la reprise de 1991

Par exemple, la chambre ne s’ouvrait plus sur le ciel bleu immense de Vérone… ce sont ces petits détails qui font que peu à peu la magie s’évente comme un parfum dans un flacon, gardé trop longtemps.

 

Par le passé, j’ai vu bien des danseurs et danseuses se fondrent dans les personnages avec un talent qui arrachait les larmes : Guillem et Hilaire, dans leur jeunesse, étaient simplement Roméo et Juliette ; ils sont inoubliables. Vingt ans après, je m’en rappelle encore. Pujol y a montré à la fois sa virtuosité technique et ses qualités de tragédienne ; elle m’a bouleversée ! Leriche a apporté sa poésie, son engagement total d’artiste inspiré ; un Roméo sublime !

Dans les rôles secondaires Romoli se révélait une « teigne » en Tybalt,  tandis que Delanoé campait le plus délicieux et facétieux des Mercutio

Voilà pour les souvenirs

 

J’en ai d’autres, moins brillant : un Hilaire épuisé, en juillet, ayant remplacé tous ses collègues blessés,  et affichant une mine fatiguée et des pas approximatifs, une Letestu- Juliette,  ennuyeuse à mourir, exibant une technique sans la moindre once d’émotion,  un Thibault- Mercutio qui en fait dix fois trop et qui ne fait rire que lui-même ! à oublier !

 

La dernière fois que j’ai vu ce petit bijou, j’étais triste : il y a une scène très  belle qui ne rend bien que si tout est parfaitement en place ; c’est une danse de divertissement,  vraiment  poétique, pendant laquelle des jongleurs dansent avec des drapeaux ; lorsque ceux-ci sont maniés avec la même énergie, faite de ralentis, d’accélérés, de vrilles inattendues, on devient alors comme un enfant : on admire la magie des grands tissus flottant le long des hampes, on se perd dans la contemplation des drapeaux qui se déploient, tourbillonnent, s’élèvent puis s’abaissent tous ensemble. C’était tout à fait dans  l’esprit de Noureev de mêler ainsi différents styles de danse.

Ce soir là, ce n’était pas le cas : les danseurs agitaient leur drapeau n’importe comment, aucun d’entre eux n’était ensemble ; le comble c’est que quelques uns  ont même eux des fous rires sur scène à cause de leur «  raté ». C’était pathétique !

 

Année après année, les pas restent, mais l’esprit, la magie s’envolent…Tout ce qui avait un sens avec Noureev devient figé, vide…

Tout ce qui faisait la force de ce ballet tiré de Shakespeare n’est plus qu’ un divertissement creux, sans âme…

 

En outre, comment faire la saison prochaine pour choisir sa distribution, vue que celle-ci parait quand toutes les places sont déjà vendues ?

 

Pour en revenir à la captation elle-même, j’étais heureuse de revoir Charles Jude, extraordinaire dans le rôle de Tybalt. Dès son entrée en scène – et sur le dvd – on ne voit plus que lui ! Il faisait partie des danseurs qui avait à la fois une forte personnalité, une maitrise technique, et un sens artistique prodigieux.  La rencontre avec Noureev lui a permis d’aller au bout de ce potentiel déjà riche !

 

J’ai assisté à l’une de ces dernières scènes, dans le rôle d’Albrecht, de Giselle

Si la Giselle ne m’avait pas trop emballée –Elisabeth ¨Platel que j’ai toujours trouvée sèche, scolaire, trop appliquée - Jude s’était révélé un prince émouvant au délà des mots…

 

  A suivre!!!

 

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 10:33

 

 

Voilà donc trois mois que j’ai commencé les cours d’Odissi ; et plus je comprends le sens des mouvements, plus je suis en «  amour » de cette danse.

J’aborde la toute première pièce du répertoire qui s’appelle Mangalacharan   et qui est une prière au Dieu Jagannath, à la Terre, à son guru, et au Ciel.

 

Jagan-natha signifie « seigneur de l’univers » ; c’est l’un des avatars de Vishnu, qui est le dieu tutélaire de l’Orissa

En fait, c’est l’une des manifestations de l’énergie de l’univers : Brahmâ crée, Vishnu met en place, et Shiva détruit… le tout en dansant

Cette triade indienne explique simplement mais d’une façon compréhensible par tous que l’univers a été créé « un jour »,   est actuellement en « existence  et création » et reviendra tôt ou tard à sa forme première

On retrouve cette philosophie de façon complète dans le yoga à travers la notion de   bindu,  point qui peut se contracter à l’infini ou « s’expandre » à l’infinijaganat2.jpg

 

Mais revenons à l’Odissi :

Cette prière permet de se « relier » à l’univers, à la Terre, au guru, aux Dieux ; on invoque Ganesh qui retire tous les obstacles, on honore l’assemblée s’il y en a une.

 

La notion de Guru est parfois mal comprise en Occident ; ce nom sanskrit signifie à l’origine «  celui qui dissipe les ténèbres »  ( Gu-ténèbres/ Ru – lumière)

 

Ce qu’ont en fait tant les Indiens (avec les Ashrams) que les Occidents  au XXème siècle, avec l’apparition d’Ashram plus ou moins «  folkloriques » est une déviation du sens premier

Dans la forme de yoga que je pratique, le «  guru » est un passeur ; autrefois, il y a bien longtemps, dans l’Inde du Nord, avant l’arrivée des Aryens et de leurs castes,  il n’y avait ni disciple (chela) ni guru, ni ashram, mais des passeurs de connaissances qui transmettaient leur savoir à qui les demandaient ; cette transmission se faisait de « guru » à individu, sans notion aucun de «  collectivité » ; en remerciement, le «  chela » pouvait aider le «  guru » ou échanger sous forme de troc ce qu’il avait à donner ; il n’y avait aucun impératif de  « service », de «  chela corvéable à merci »  le mot aujourd’hui sous-entend bien des choses que ne contient pas ce mot sanskrit

 

 

La première pièce s’appelle donc Maganlacharam

 

Elle débute par une marche, les mains en corolle portant l’offrande de fleurs

Dès la marche, le corps ondule, son poids passe d’un pied sur l’autre en Tribangha. Le déhanché se marque tantôt  à droite ou à gauche, tandis que le buste va dans le sens opposé et que la tête suit le mouvement. Cette marche est suivie d’une frappe de pied, puis commence la salutation elle-même.

 

Les mains utilisent plusieurs mudra pendant cette salutation : tripataka, anjali, chaturrah, etc…

 

Outre le travail de cette première pièce qui permet de s’imprégner de l’esprit de la danse Odissi, je continue à apprendre mes exercices ; d’ici le prochain cours, je devrais avoir fini l’apprentissage de base qui restera, comme pour les gammes, le travail à répéter quotidiennement si possible

 

 

Voici une video; la chorégraphie est dansée ici par Sujata Mohapatra  :  http://www.youtube.com/watch?v=1wX5yHh6DHc

 

Je me repasse en boucle cette video... ! 

 

 valbeck, 27 juin 2010

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 20:07

 

Nul n'est besoin semble-t-il, de présenter Salomé. " Ah oui, celle qui vampe Hérode à la demande de sa mère Hérodiade et embrasse sur la bouche Saint Jean Baptiste décapité!...."

Et méconnue : " Oui, elle danse avec sept voiles qu'elle quitte un à un pour séduire le vieux et incestueux Hérode...."

Vrai? Faux? Que Salomé dansa -t-elle à ce fameux banquet d'anniversaire?

Pourquoi réclamer la tête de Jean le Baptiste?

Quelles danses lui offrent-on aujourd'hui?

 

 


 

Ce qui me donne envie d'écrire sur Salomé, c'est que ce personnage réel mais devenu archétypal, est l'objet de tous les délires humains possibles, avec des interprétations qui vont des gnostiques aux lacaniens, en passant par toutes les interprétations ésotériques  imaginables.

La littérature s'en est emparée, de même que la peinture et chaque siècle présente sa vision de Salomé...

Le pire, dans l'histoire, c'est que son nom n'apparait nulle part, pas même dans les récits de l'historien romain Josephe Flavius qui écrivit beaucoup sur cette époque...

Alors?   Alors rédécouvrez ou découvrez qui était Salomé en lisant l'article dont la première partie sera publié aujourd'hui... les autres au fil des jours!

 

 

 

 

à lire sur ce blog :

Salomé et les évangiles

Salomé, de l'histoire au mythe

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 19:01

S’attaquer à un parcours initiatique tient toujours du challenge

On peut narrer une vie humaine, mais une vie qui tend vers la quête mystique, ce n’est pas si facile !

 

Preljocaj voulait raconter la vie du Bouddha juste avant son éveil…. D’où le nom, Siddartha, comme le roman éponyme de H. Hesse

 

Ce Siddharta n’a de Siddharta que le nom

Sans le petit livret explicatif, je n’aurais au final pas compris grand-chose, et j’aurais pu tout aussi bien croire qu’il s’agissait de l’histoire de n’importe qui…

Un quidam   s’ennuie malgré son palais doré, part sur les routes, mais ne renonce  pas aux   plaisirs de la vie

 

Le propos de Prejlocaj est parfois même très naïf !

 

Au début de l’œuvre, des hommes cagoulés façon play mobiles, se roulent au sol, et répètent à l’infini les mêmes gestes

Au dessus d’eux, une grosse boule se balance, nimbée de fumigènes

Esthétiquement c’est très joli, mais très vite, on se dit «  bon après, ces hommes en cagoule, que veulent ils ? »

 

Sur le programme, il est expliqué : ce sont les maux : « douleurs, angoisses, violence »

 

Ben dites donc, ils sont drôlement sages, les play mobiles, car en fait de douleur et d’angoisse, on n’en voit guère !!! 

La douleur naît plutôt de la partition assez insupportable à écouter!!!

Elle va du couinement des cuivres ou grognement des percussions, en passant par des petits solos de guitare électrique minable, mal raccordée à l'ampli et qui ne sont guère plus évoluées que ceux de mon voisin de 14 ans!...

Et pourtant, j’ai écouté de la musique contemporaine au kilomètre pendant des années  (Ohanna, Prodominès, Amy, Kurtag, Ligeti, Sapin, Fénelon,  pour ne citer qu’eux… !)

Les hommes en noir du Hurlevent de Belarbi étaient bien plus inquiétants, je trouve, on les sentait menaçants

Là, on les sent plutôt encombrés par leur casque….

 

Puis, on se retrouve dans le Palais de Siddartha

Commence une brochette de  lieux communs inimaginables

De grands canapés dorés avec scènes sensuelles dessus (et du rouge, bien sûr, ) un roi au milieu, emberlificoté dans une espèce de portant :   c’est le père de Siddartha, qui veut l’initier à la politique ( c’est le programme qui le dit !)

 

Mais Siddharta, ça ne l’interesse pas la politique, il préfère retrouver sa femme dans sa chambre, se livrer à quelques coquineries très kama sutra, avant de partir au matin avec son cousin Ananda dans la forêt !!!

 

 

Avant, on aura eu droit à une scène très sage de désolation dans un village qui subit une épidémie

Les play mobiles noirs du début   triturent dans tous les sens mais très sagement quand même, des corps en blanc : c’est plat et convenu, sans surprise et surtout interminable...

 

La scène dans la forêt ou Siddartha et son cousin s’en vont est visuellement intéressante, comme chaque début de tableau d’ailleurs l’œil est captivé par la nouveauté, par la lumière, par les accessoires...

Mais très vite, la danse s’essouffle et on sombre dans l’ennui

 

Même l’arrivée de l’éveil – très évanescente claire marie Osta – n’apporte ni émotion, ni véritable poésie, c’est beau mais c’est froid. L'éveil s’envole dans les cintres, comme les Sylphides, pour que Siddhartha ne l'attrape pas et mes voisins de derrière éclatent de rire!.... bon.... effet raté, c'est sûr....

 

Et le ballet continue de faire défiler les 16 tableaux, l’un après l’autre, en alternant scène de groupes très sages et duo ou solo qui s'enlisent dans un vocabulaire pas ininteressant mais moins inspiré que ce à quoi Preljocaj nous a habitué.... 

Au final, on aurait pu voir n’importe quoi d’autre…

 

Les idées présentées semblent être un condensé de ce qui a   déjà été exploités par d'autres avant lui : ainsi,  Gallota il y a vingt ans avait fait de Don Juan un «  rockeur échevelé » qui sautait partout sur sons de guitare électrique!

Puis il avait répété son geste avec Nosfératu, un vampire échevelé ! ( pour le rôle, le beau Martinez avait une perruque de longs cheveux noirs, hyper sexy !!!)

(Petit aparté :  j’adore certaines chorégraphies de Gallota, comme les variations d’Ulysse ou Docteur Labus, ou même son Icare, mais d’autres m’ont moins séduite ! il en est ainsi de tous les chorégraphes ! c’est normal ! et cette fois ci Prejlocaj, non, je ne peux pas entrer dans son univers)

 

Je garde de ce Siddharta une impression de  «  beaucoup d’agitation pour rien » doublé d’un « beaucoup de bruit pour rien !!!! »

 

Certes à l’opéra, les danseurs sont exceptionnels : Belingard, Moreau, Osta, Renavand, Lamoureux, Zusperreguy sont extraordinaires et font tout ce qu’ils peuvent pour donner du sens à ce qu’ils dansent

 

Mais les personnages n’existent pas, et ils peinent à amener le spectateur dans l’œuvre

 

J’aurais préféré comme pour Médée une œuvre d’une demi heure, avec quatre ou cinq personnages mieux construits, plus approfondis, au lieu d’être tout juste esquissés ; car on ne sait rien de sa femme, si ce n’est qu’elle aime les parties de jambes en l’air, rien de son cousin, sinon qu’il le suit dans la forêt, rien de son père, si ce n’est qu’il est le roi, et ainsi de suite….

 moins de moyens pour  une plus grande concentration dramatique : oui

 

Là, on a l’impression que Prejlocaj a écrit à la ligne pour étirer son propos sur 1h 40 quand 35 minutes, 40 peut être auraient suffi !

 

Du coup, les danseurs  font tout ce qu’ils peuvent pour sauver de l’ennui une pièce creuse, vide,  sans y parvenir....

 

tant pis!!!! après une soirée ratée ( La dame aux camélias) une après midi ratée!....

 

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 07:42

 
 
 
Jusqu’à l’année 2000, je n’ai eu que mépris pour la danse orientale. Non seulement, je ne la voyais pas comme un art, mais je détestais ce qu’elle représentait. Les  danseuses orientales que je croisais dans les centres de danse parlaient de «  sensualité » quand nous chez Mia ou ailleurs, parlions d’émotion,  d’énergie, de vie.
La danse orientale n’était alors à mes yeux qu’un divertissement de restaurant, de cabaret, mais sûrement pas un art.
 
Aussi, lorsque pour la première fois, en pleine répétition avec Mia Frye, j’entendis à l’étage au dessous de la musique orientale très belle et émouvante, la curiosité fut plus forte que tout : je profitais d’une pause et j’allais voir.
 
 
Zoubida El Bachir
 
 
Je découvris l’univers de Zoubida El Bachir et je suis heureuse de lui rendre hommage aujourd’hui. Elle faisait répéter ses danseuses et son style – danse égyptienne – était une pure merveille de grâce, de féminité, d’émotion. Rien de vulgaire, mais un univers poétique très subtil. Rien de suggestif, pas de sensualité un peu lourde, mais chaque danseuse a son cours dégageait une féminité magnifique. Mon regard sur la danse orientale   changea du tout au tout ce jour là : j'avais vu un des plus beaux aspects de la danse orientale.
 
 Un peu plus tard, je pris quelques cours avec Zoubida, et ce fut le coup de foudre. j'adorais ses musiques, comme j’adorais celles que j’entendais chez Mia. ( Du rap et du funk, à l'époque)
 
J’appris notamment chez elle une chorégraphie qui s’appelle Raqs al gamat, ce qui veut dire danse dans le désert, sur un titre éponyme de Farid el Atrache, et j’étais folle de cette chorégraphie au voile. Je la danse encore pour le plaisir aujourd'hui. Zoudiba   utilise les voiles avec beaucoup de grâce, d’art, d’inventivité, de douceur. C’est toujours dans cet esprit de grâce unique que j’utilise les voiles aujourd’hui.
 
 
 
Grâce, élégance, féminité.
 
 
Grâce à Zoudiba, j’ai poussé la porte qui s’ouvre sur le Proche et le Moyen orient… et ce fut le vrai coup de foudre. Depuis je me suis mise aux sagattes, au tabla et j'ai lu beaucoup d'ouvrages sur la musique arabe.
 
Par la suite, j’ai dansé avec des danseuses qui toujours recherchaient la poésie, la féminité, la grâce, comme Kamellia.  Cet aspect de la danse orientale me touche énormément. Kamellia utilise les voiles dans le même esprit que Zoubida.
 
Ces danseuses cherchent vraiment une expression très subtile de la danse orientale : elles sont profondément musiciennes, dans  le sens où elles adorent la musique orientale et montrent un goût sûr : elles n'utilisent pas forcément les variétés à la mode, comme le font un peu trop à mon goût les Belly dancer superstar, hormis Rachel Brice, par exemple, mais les musiques à mi chemin entre la tradition savante arabe, et la musique populaire.
 
Les costumes sont toujours élégants, comme l'est leur danse; elles veillent à ce que la postion du corps soit toujours harmonieuse : pas de fesses en arrrière, ni de décolleté vertigineux exploité dans les tremblements du buste, ni de huit ou d'ondulations trop suggestifs.
 
Zoubida ne voulait pas entendre parler de cabaret, un peu comme Leila Haddad, mais Kamellia danse dans les cabarets : aujourd'hui, j'ai révisé mon jugement :  le cabaret n'est pas un obstacle à l'art : c'est plutôt l'attitude de la danseuse et ce qu'elle offre qui vont mettre les limites.
Après tout, j'ai bien commencé une modeste carrière d'auteur compositeur interprète au Café chantant de la rue Bichat....
 
Grâce à elles deux, j'ai appris à aimer la danse orientale. C'est kamellia qui m'a fait découvrir Samia Gamal.
Je les préfère mille fois aux égéries actuelles telle que Dina. D'aucuns diront que Dina est une militante qui fait de la résistance féministe dans son pays... je ne suis pas convaincue du tout... et cette forme d'expression dansée me donne la nausée...
 
  
 

A lire  sur ce blog : Samia Gamal
           Le cycle de Salomé.

 
 
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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 19:55

A-snap-of-odissi-dance.JPG  Voilà, c'est fait, j'ai pris mon premier cours particulier d'odissi avec une jeune danseuse ( française) que je trouve extrêmement talentueuse
 Quand elle eut compris que je voulais VRAIMENT apprendre, même s'il fallait mettre le temps ( dix ans ne me font pas peur!!!) elle a été ravie
J'ai donc appris aujourd'hui le BA ba
car je ne veux pas apprendre du décoratif, ou de l'Odissi prêt à consommer! non!!!

Pour commencer, cette danse de l'Inde du Nord est a été victime de la même  malveillance anglaise qui l'a interdite,  tout comme le baratha natyam : les Anglais assimilaient les danseuses à des prostituées; ils interdirent donc la danse trouvée trop sensuelle pendant plus d'un siècle et demi jusqu'à ce qu'en 1950 un mouvement nationaliste s'empare de la danse pour en faire un acte de résistance et de revendication nationale

la danse odissi a elle aussi été reconstituée entièrement d'après les scultpures des temples ( comme celui de Chiddambaram) ( tout comme le baratha qui l'a été à partir de traites écrits et de scultpures)
Ce lieu est considéré comme un point important de la planète "ou tout danse et tout est danse"
Nandikeçavara, grand sage indien a écrit " la bouche émet le chant, la danse en esquisse le sens, le regard 'lanime de sentiments, les pieds en marquent la mesure.
La où vont les mains va le regard, la où se trouve le regard se fixe l'esprit, là où il y a l'esprit, s'installent les sentiments, là où règnent les sentiments jaillit le rasa"

Le rasa, grande notion indienne qui est la saveur mais d'ordre divin, c'est aussi le but ultime de la danse classique indienne dont la
sion spirituelle ne peut être dissociée ni du corps ni de l'esthétique que celui ci crée
Comme pour le yoga que je pratique, le corps est L'outil qui permet d'accéder à des dimensions autres...

mais avant cela, il faut apprendre!!!!

Pour commencer, deux positions de base : le tribhangha ( photo ci dessous) et le ChoukaTribangha.JPG
Le tribangha demande un plié profond,  digne de la danse classique ; l'autre pied repose sur la demi pointe à partir d'une " quatrième", puis on décale le buste du côté de la jambe pliée,  à partir de la taille, et la tête elle aussi se décale à partir du cou; trois points de décalage
une main repose sur la taille, poignet cassé, l'autre sur la cuisse

ça a l'air simple, mais pour arriver à la fois à la stabilité et à la douceur toute féminine de cette pose....


la deuxième posture est un Chouka, les pieds sont ouverts de la largeur d'une seconde de danse classique, et les cuisses sont très très pliées, les pieds complètement ouverts, puis les avant  bras se plient au niveau des coudes, les bras, eux étant dans le prolongement des épaules qui sont très détendues

chouka.JPGla posture est virile, pleine de force!

a partir de ces deux postures de base découlent toute la danse indienne

Aujourd'hui je n'ai travaillé que cela sur des rythmes scandées vocalement par mon professeur  ( rythme en quatre temps)
j'ai appris à plier, a frapper les pieds sans décaler le bassin, a passer d'une posture à une autre dans décaler les épaules, bref... et à sauter sans changer le niveau de mon corps...

cela demande une concentration de toute épreuve

et puis quelques mudras de base ( il y en a 28; soit faite à une seule main ( la demi lune, le lotus, le serpent, le guetteur, etc, soit à deux mains : le poisson, la tortue, etc)
cela demande une isolation de chaque doigt pour passer d'un mudra à l'autre!!!

comme le baratha, l'Odissi peut e^tre purement technique, ou narratif, ou les deux à la fois
pour l'odissi, la narration tourne beaucoup autour du Dieu Krisha, et du printemps

mais avant tout, on offre une prière à ganesh

tout comme pour mes cours de sanskrit, ou on commençe aussi par une prière à ganesh

Ganesh est le Dieu qui retire tous les obstacles, qui aide à l'étude, qui donne la stabilité... il est aimé dans toute l'inde

j'adore ces cours d'odissi et pourtant , je vais autant " souffrir" que lorsque j'ai commencé le piano classique; avant de jouer le repertoire, que d'exercices, encore et encore, des heures et des années, l'une après l'autre... aujourd'hui, je joue ce que je veux, mais cela m'a pris... 15 ans....

en faisant du natha yoga, du sanskrit et de l'odissi, j'ai l'impression de renouer avec l'essence même de mon être...

j'ai ressenti tellement d'émotion et de vibrations pendant ce premier cours!!! comme si tout à coup, je me disais " oui, c'est cela que je cherche!"

je vais travailler dur car je veux d'ici quelques mois aborder le début du répertoire

il faut un an pour assimiler les postures et être à l'aise dedans!!! mais la patience est une de mes grandes qualités, ainsi que la ténacité... et puis ganesh m'aidera!!!



Val: 28 mars 2010

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 20:56

 pourquoi tournent ils ?
 
 
Rumi et le soufisme.
 
 
On appelle soufi les hommes qui ont renoncé aux richesses du monde et portent la tunique de laine. Ce sont des ascètes. Ils font partie de la confrérie mawlanya qui fut fondée par Jalal Uddin Rumi, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs et poète mystique de génie qui inflença toute la littérature persanne de son époque. Son père l'appela « Nawlana » qui littéralement veut dire « notre maître » tant l'enfant, spirituellement, était précoce.   
 
 
Rumi nait en Afghanistan en 1207, dans une famille très lettrée (son père est appelé le sultan des savants) mais doit fuir  très jeune avec sa famille, son pays envahi par Gengis Khan. Ils se réfugient en Turquie.  Rumi, au gré de ses voyages et de ses expériences de vie devient tout à la fois poète, alchimiste et un mystique de grande renommée.
 
 
 
 
La rencontre qui changea sa vie
 
 
 
 
 
Il rencontre en la personne de Shams de Tabriz un maître qui lui permet d'entrevoir des vérités supérieures. Shams est un errant, un mystique, qui s'adonne à la danse, à la musique, comme moyen d'accès à Dieu. Pour lui, l'expérience mystique de fusion avec Dieu ne naît  pas dans l'étude des livres : on dit même qu'il est illétré.  Il enseigne la danse et l'abandon à Rumi pour d'accéder à une conscience spirituelle autre.  Rumi et Shams passent de longues années ensemble. Mais un jour, Shams trouve la mort, assassiné, dit-on par les disciples de Rumi, jaloux de la relation exclusive que cet errant et ascète entretient avec Rumi qui les délaisse. Rumi en conçoit un chagrin profond.
 
 
 La fusion avec Dieu 
 
 
On raconte que Rumi, encore triste de la perte de son ami et maître, Shams de Tabriz, marche un matin dans le souk. Il entend à chaque pas Dieu lui dire : «  je suis toi, tu es moi » Des marteaux frappent des feuilles de métal précieux, et voici que sur cette musique , Rumi saisi par une vague d'émotion, lève les bras et se met à tourner sur lui-même. Les passants s'arrêtent pour le regarder. Rumi danse longtemps et les ouvriers ne cessent de frapper les feuilles que lorsqu'il s'arrête enfin : « Je viens de m'unir à Dieu » dit-il tout simplement
.
 
La technique du Sama'
 
 
 
 
Est-ce ainsi que naît le Sama', cette audition spirituelle sur laquelle dansent les derviches, suivant l'enseignement de Rumi .
Etymologiquement, le mot veut dire audition. C'est une technique d'expérimentation physique et que spirituelle. L'ascète accepte de se laisser prendre pendant le Sama' par l'état qui s'empare de lui.
La danse consiste à tourner sur soi même un pied plat, un sur demi pointe qui reçoit régulièrement une impulsion, tandis que les bras sont de part et d'autre du corps, la paume  droite tournée vers le ciel pour recevoir, l'autre vers la terre pour redonner, selon le schéma de l'arbre cosmique. La tête est penchée sur une épaule et le buste, souple, qui se balance doucement sur un axe vertical. L'équilibre se crée grâce au souffle.
Se fondre dans la matière en mouvement est leur seul désir.
 
 
 
La musique 
 
 
La musique est constituée d'un ensemble de ney,(flûtes), de qanum, (cithare sur table), de rebab, (parent du violon mais à « six coins » comme le voulait Rumi pour incarner les quatre points cardinaux plus le Nadir et le  zénith), de tanbur et de dafs, percussions.
 
Le cheikh, chef des musiciens, qui enseigne l'Islam et les principes du soufisme, est appelé samazân. C'est lui qui coordonne le tournoiement de tous les derviches, pour que chacun, tout en s'abandonnant à leur état propre, soient tout de même reliés entre eux, telles les étoiles dans le cosmos, dansant autour du soleil.
 
 
le tournoiement comme principe de vie de l'univers
 
 
 
Ce tournoiement est vu comme principe de vie : mouvement des planètes, cycle du temps, circulation du sang, etc.
Ce tournoiement conduit à une fusion du corps avec le reste de l'univers et non pas à sa disparition. La frontière que l'oeil voit disparait.
 
Ce n'est pas sans me rappeler les calligraphies de maître Deshimaru, qui d'une certaine façon, revient au même résultat : c'est à dire qu'il y a aussi fusion de la matière et de l'anti matière...
 
 

Article rédigé en partie d'après Françoise Grund, "danses de la terre" et les liens internet ci dessous.

liens :

avec la biographie de Rumi

http://hpml2.free.fr/rumi.htm

 

http://www.fraternet.com/magazine/etr_1406.htm

avec le soufisme

http://www.oasisfle.com/culture_oasisfle/djalel_ud_din_rumi.HTM

 

avec l'oeuvre poétique de Rumi

http://decitre.fr/service/search/fiche_detail/-/ean-9782020560887/index.dhtml

 

 

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