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Shabastet

  • : Danse et... danses!!!
  • : Blog sur la danse en général et l'opéra de paris en particulier rédigé par Valérie Beck, administratrice du forum danses pluriel
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 09:45

la-rue-copie-2.JPG 
Je  voudrais plutôt vous parler de la magie du spectacle en lui même... j'ai lu  Casse noisette à l'âge de  dix ans environs; ce conte écrit par Hoffmann est plus terrifiant qu'enchanteur ; il y a une violence tant de la part du monde des rats que de celle des enfants qui détruisent ou encore  des parents qui ne comprennent rien à rien!... quand on est enfant et qu'on lit cela, ça ne rassure guère sur l'état du monde... 
C'est vraiment cela qui me restait donc  du Roi des rats, titre du conte.
 
Mais dans cette version, il y a une ambiance étonnante. Revenons un instant sur les danses des parents : on y  j'y entend  les motifs musicaux qui parcourent les oeuvres de Schumann, comme les variations ABBEG, ou Carnaval, inspirées elles aussi par les bals évoqués dans les nouvelles des romantiques allemands ( Je pense au Flegeljahre de Jean Paul). Cultivé comme il l'était, Noureev a parfaitement su entremêler tous les fils proposés par Dumas, Hoffmann, Schumann, Tchaikovsky, Petipa, en y ajoutant sa propre sensibilité

 



clara-et-le-roi-des-rats.JPGC'est magique d'assister à Casse noisette un 25 décembre. De s'émerveiller  de l'arrivée des invités  dans la rue, où tombe la neige, qui veillent à ce que leurs enfants soient bien comme il faut, à l'ennui que ceux ci ressentent face aux amusements des grandes personnes. Toute la vie apportée par les enfants turbulents, dissipés, qui égaillent ce grand salon bourgeois de leurs, bagarres, disputes, rires, jeux est parfaitement restituée par les enfants de l'école de danse.
J'ai pu goûter le tapotement des petites pattes de rats sur le sol, le combat des courageux soldats de plomb contre ces vilains rats ( enfants de l'école de danse vraiment craquants dans leur costume!!) la charge du Casse noisette et de ses petits hussards  à cheval,  l'arrivée flamboyante et magistrale du roi des rats qui terrifie Clara. Ce sont d'ailleurs les rats qui arracheront la robe de petite fille de Clara alors qu'elle tente de défendre son Casse Noisette contre les dents acérés et les griffes du Roi, immense et terrifiant

Heureusement, le Prince apparait,   les fenêtres du salon s'ouvre sur   les flocons de neige qui tourbillonnent dans le grand parc endormi où les branches nues et noires des arbres étendent leur mélancolie et leurs regrets au dessus des  statues de pierre des anges  bienveillants. Noureev n'est pas un bon chorégraphe? il suffit de regarder cette scène des flocons pour se persuader du contraire; tout est simple mais féérique ; aussi bien les vibrations des mains, que cette façon que les danseuses ont d'enrouler et de dérouler le corps sur elles même, comme le fond les  tourbillons de neige... comme ceu   que Noureev a connu enfant en Russie. La neige qui danse, qui couvre tout....
Les costumes de Georgiadis recouverts de strass argentés évoquent parfaitement le miroitement du givre sous la lune d'hiver, quand  dans les nuits   glacées, mais claires,  les rayons lunaires argentent les paysages...
( hélas, ça ne se voit pas sur les écrans de télé, le miroitement des strass disparait)
La neige tombe à gros flocons.... s'élève alors  les voix flûtées des fils et des filles de Snegourotchka,  qui vibrent dans les rafales glacées du  vent  qui joue, danse, et emportent des tourbillons de neige...

C'est à ce moment qu'apparait le premier pas de deux entre le prince ( qui a les traits dans le rêve de clara de son oncle Drosselmeyer) et clara, jeune fille amoureuse...
clara-priince.JPG
Les pas de deux de casse noisette sont  les plus légers, les plus gracieux, les plus vifs que j'aie jamais vus!
Ils ont une couleur qui leur est propre. Comme les tourbillons de neige, ils emportent le prince et clara dans une danse en mouvement perpétuel, légère comme des flocons, où l'on ressent en tant que spectateur l'ivresse que procure les  sentiments amoureux : c'est frais, féérique,  poétique, plein d'une extase quasi printanière; les danseurs alternent les grandes arabesques, les sauts, les mouvements amples qui traduisent l'immensité de leurs sentiments, leur frénésie aussi,   avec des petits pas pleins de vie, raffinés, délicats et fragile comme le givre.
La partition livre des pages  aux grandes envolées lyriques, comme seuls les compositeurs russes savent en écrire sans crainte d'exprimer  leurs sentiments profonds. Tout est en accord.  Danseurs, spectateurs, musiciens, décors, tout le monde est emporté dans un même souffle qui, lorsque j'y pense, traduit complètement ce que je ressens le soir de Noel : tout est possible, tout est neuf, tout est magique, le monde est poésie et féérie ( ensuite, ce sentiment retombe plus ou moins!!!) Merci à Noureev d'avoir si bien su comprendre l'essence de la magie de Noël, lui, qui enfant, n'a connu que le froid, la misère et la faim...

Après ce pas de deux, défileront d'autres scènes : d'épouvantes, quand Clara voit horrifié son casse noisette, puis son oncle dévorés par les rats sous ses yeux, quand les grandes personnes viendront la tourmenter...
est ce la réminiscence de cette scène que raconte Noureev, lorsque son père l'avait emmené dans la forêt et l'y avait abondonné, ( en fait, il l'espionnait caché derrière un arbre)  pour voir s'il avait du courage, sachant que les loups n'étaient pas loin? Noureev évoquait cette scène avec beaucoup de haine, montrant par la la cruauté de certains adultes...
mais très vite, le prince a ses côtés lui montrera la poésie possible des choses : comme dans les contes de Hoffmann ou de Gautier, les figures de la tapisserie de sa chambre prendront vie
Là aussi, la vie de Noureev a servi de fil à la relecture de son Casse noisette. Il s'est toujours entouré d'oeuvres d'art, sa chambre en regorgeait, peut être lui aussi voyait il ses icônes russes s'animer dans sa chambre la nuit...

Puis viendront la grande valse des fleurs, magnifiquement interprétée ce soir là par l'opéra de Paris, et le sublime pas de deux final, plus grave, moins adolescent que le premier, mais d'une singulière et envoûtante beauté
La aussi, reparait le goût qu'avait Noureev pour le " grand siècle" de Louis XIV même si les costumes sont ici plus  "louis XV"... je ne peux m'empêcher de penser aussi à  Louis II de Bavière  qui avait ce même amour pour Louis XIV, d'où la galerie des glaces d'un de ses chateaux; les deux partagent la même démesure...belingard-Ould-Braham.JPG

La danseuse abandonne sa robe de petite fille ( ou plutôt la combinaison qu'elle avait dessous, puisque les rats la lui avaient arraché) pour revêtir un splendide tutu doré et un diadème qui rappelle les coiffes russes. Elle est parée de bijoux, elle devient femme, en quelques sortes, dans son rêve tout au moins... 

Je reviens une fois encore sur la beauté de la danse offerte par M Ganio et D Gilbert
Il y a eu de grands moments de grâce dans ce qu'ils ont offert au public
Des moments où la beauté est telle que l'âme en est saisie
Les yogi tantrique disent que si l'âme est " frappée" suffisamment fort dans la contemplation en un instant de la beauté, la libération peut arriver
bon, je suppose qu'au préalable, l'individu aura fait moult méditation
mais ceci pour dire à quel point ils tiennent en estime le pouvoir de la beauté esthétique sur l'être humain
ce qui est traduit par la notion de " rasa" en sanskrit
c'est vraiment à cette rasa que j'ai goûté ce soir là, en voyant ce casse noisette de Noureev
Depuis j'ai exhumé ma vieille cassette VHS avec Maurin, Hilaire... je reviendrai en parler bientôt!!!
Pour finir, une belle image de M Ould Braham et de J Bélingard

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 10:03

karl-paquette-delphine-moussin.JPG Ne vous y méprenez pas! ce n'est pas une photo le soir de sa nomination, mais l'une lors du salut de la Belle au Bois Dormant, dans le rôle de l'Oiseau Bleu, où il m'avait enchanté...
Karl Paquette est un artiste émminement attachant - comme nombre de personnalités à l'opéra de Paris - que j'ai vu pour ainsi dire à chaque fois que je vais voir un spectacle : il est toujours là pour remplacer un danseur blessé, prendre un rôle à la derniète minute, rendre service en servant de partenaire à nombres de ballerine...

Danseur étoile au rabais?

Ah non, pas lui! il n'a peut être pas la flamboyance d'un Legris  d'un Hilaire ou d'un Leriche, mais un charisme extraordinaire!!! A chaque fois qu'on le voit danser, il marque profondément; on oublie peut être les autres mais lui pas! Il éclipse parfois   les solistes des les rôles titres de la soirée même si'l ne vient danser que quelques minutes sur scène, comme pour la danse arabe de Casse noisette!
Parmi les  très nombreux rôles ou je l'ai vu danser et où je l'ai vraiment adoré je cite de mémoire : le chef des gitans dans Don Quichotte, pour son panache, sa force, son charisme,  Basilio, dans Don Quichotte toujours, pour la grande qualité de son partenariat avec E Abbagnato,( il est vraiment attentif à ses partenaires)  et pour ses qualités d'acteur: capable de beaucoup d'humour et d'espiéglerie, il peut être très drôle! Mais il peut aussi tout à fait être à l'opposé, comme pour le rôle de  Kourbsky dans Ivan le Terrible, où, littéralement déchiré entre son devoir, son amour pour Anastasia, il   est un traitre qui force la compassion... dans ce rôle il allie la qualité technique de la danse à des sommets dans l'émotion! Je cite encore de mémoire  le marchand, dans le ballet les mirages de serge lifar,  pour son charisme, ce petit grain de folie qui manque à tant d'autres à l'opéra de Paris. Voilà le seul danseur  que j'ai retenu de cet ennuyeux ballet ( hormis Dupont dans l'ombre) Son oiseau bleu, dans la belle au bois dormant, est  l'un des plus poétique oiseaux bleus que j'ai vus, plein d'espiéglerie, d'élegance, formant un duo très vivant avec la princesse Florine/ Moussin.  Dans  l'oiseau de feu,  de béjart, il a ce soir là éclipsé N Leriche dans le rôle titre, lorsque l'oiseau renait à la fin du ballet : sa présence magnétique allait à merveille avec le propos de Béjart!
Ajoutons encore le fabuleux  précepteur du prince Siegfried dans le lac des cygnes aux  côtés de N Leriche et de Letestu où il devient Rothbart, le magicien, dans le songe du prince... le pas de trois final figure parmi mes plus bouleversants souvenirs artistiques :
Paquette sait aussi merveilleusement travailler avec les autres.... sans perdre aucunement son identité; cela aussi, c'est du grand art
Et puis enfin,  le rôle de Linton dans Hurlevent de Belarbi; la scène où le pauvre Linton superpose les gilets, robe de chambre et autre dans son grand manoir froid et vide, puisque Cathy est morte ou va mourir, reste aussi gravée dans ma mémoire; cette scène qui peut être un peu ridicule a été transcendée par son engagement artistique :  Karl Paquette est plus qu'un simple interprète, il est " créateur" puisqu'il insuffle à tous ces rôles ce petit quelque chose de plus qui vient de son âme...

voilà ce que j'écrivais pour Linton :
" Karl Paquette aussi a donné une consistance incroyable au pâle Edgar ; tout figé et un peu ridicule au début, débordant de bonnes et creuses manières, puis le personnage évolue, jusqu'à nous rendre palpable sa solitude et le vide de sa vie si lisse que Cathy n'a fait qu'effleurer

Il danse d'abord comme un pantin bien élèvé : ronds de jambe et ports de bras figés, il a un habit vert, peut être en velours bien ajusté, et des bas bien tirés dans ses souliers ( rien a voir avec le pull et la pantalon " grunge" et les pieds nus d'Heathcliff)puis il perd peu à peu son assurance, ses manières, jusqu'à ce solo halluciné où il enfile habit sur habit : il m'a bouleversée tant il a donné à son personnage, donc aux spectateurs... aucun de ses habits ne recouvrira le vide qui l'entoure, ni ne réchauffera le froid qui le dévore... et Joseph est là, complice, spectateur ou simple témoin? Karl Paquette évolue beaucoup et bien cette saison...!"


je l'ai encore vu tout récemment dans la danse arabe de Casse noisette où sa partenaire Pagliero était décevante par rapport à la sensualité apportée par Romberg, remplacée ce soir là.danse arabe 2 Le couple n'était pas harmonieux, mais lui, égal à lui même, avait cette présence forte et puissante.

On ne retient pas en premier lieu  de Paquette ses qualités techniques, sa virtuosité, même si ces dernières années ( depuis Ivan le Terrible) il a considérablement   affiné sa danse,  l'a rendu plus souple, plus fluide, beaucoup plus " propre"; ses sauts sont plus élégants et plus légers,  il a perdu une certaine " brusquerie: sa technique de danse est  devenue belle,affirmée, solide,  sans être   brillante.  En revanche, ses qualités artistiques, poétiques et humaines  et son immense talent d'acteur, cet art qu'il a de revêtir n'importe quel rôle forcent le respect, l'émotion, l'admiration. C'est un artiste merveilleux,comme il en existe beaucoup à l'opéra mais il a ce plus charismatique  qui signe les étoiles. Parce qu'il a une vraie personnalité!
 Sur scène,  c'est d'abord le personnage que l'on voit, que l'on ressent : sa technique  est mise au service de  ce personnage, ce qui, - comme pour Kourbsky - lui permet parfois des prouesses techniques surprenantes,  comme insufflés par le personnage lui même. Trop souvent à l'opéra, je vois  l'inverse : le danseur mise sur sa virtuosité pour donner corps au personnage ce qui ne réussit pas toujours! c'est un peu ce que j'ai ressenti par exemple pour la Clara de D Dorothée Gilbert, magnifique, mais on voit la virtuosité avant le personnage; ce n'est pas le cas avec Karl qui donne vraiment une âme à tous les personnages qu'il incarne.
Il a abordé quantité de rôles à l'opéra,  y compris les rôles du repertoire comme ce Drosselmeyer de Casse noisette sur lequel il a été nommé étoile.

Maintenant qu'il est étoile, il pourra approfondir la connaissance qu'il a déjà acquise des grands rôles du répertoire : il doit danser Armand, dans le ballet la Dame aux Camélias, de Neumeier que je ne me suis toujours pas décidée à aller voir parce que le piano seul  et Chopin accompagnent tout le ballet.... j'ai peur de m'ennuyer... mais s'il danse Armand, j'irai peut être si je trouve des places pour les dates qu'on lui donnera.

Il a trente trois ans, et à présent ( en tous cas je l'espère!) la liberté d'aborder de nouveaux rôles dans lequel il apportera son supplément d'âme!
 

je lui souhaite ici de tout coeur de très belles années en tant qu'étoile et le remercie pour toutes les émotions artistiques, poétiques et l'humour qu'il a donné à la spectatrice que je suis !!

------

NB : 6 ans plus tard, Karl Paquette m'enchante toujours autant ; par exemple, il a été un Armand bouleversant dans la Dame aux Camélias aux côtés de Ciaravola et s'est montré  princier, drôle et flamboyant dans le Paquita du 4 mai 2015

 

Un artiste qui aime profondément dans la danse classique qu'il sert de tout son coeur, avec une ferveur toute mystique.

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 21:49

compte rendu sur le forum danser en france de Cathy
les comptes rendus sont des instantanés que je partage avec d'autres forumeurs, je ne leur permets pas tout à fait la liberté de ton que je m'accorde ici!


Distribution : Ganio, Gilbert, soirée deu 25 décembreUn spectacle vraiment magique!

 

en voyant ce spectacle, une foule de remarque me sont venus à l'esprit ( que je garderai pour moi pour ne pas vous barber!!! :mrgreen: )
le jeu des panneaux qui délimite la rue, puis le salon de reception, puis le grand salon qui laissera place au parc enchanté sous la neige, qui se transformera en salon 18ème... tout ce travail sur l'espace scénique est fantastique.On a limpression que l'espace se prolonge hors scène : l'escalier qui monte probablement aux chambres, la descente ornée d'anges qui mène dans un parc qu'on imagine immense et plein de souvenirs, les miroirs qui agrandissent la salle de bal; tout cela est dû à ce cher Georgiadis que je ne finis pas de regretter... tout est beau, mais sobre, et créée déjà l'illusion théâtrale

Le premier acte a été très vivant : il y a plus de mime que de danse, mais les enfants, les rats ( craquants) dominé par leur magnifique roi à l'immense cape rouge flamboyante comme une langue de feu, les petits hussards à cheval menés au combat par un héroïque casse noisette ou les courageux soldats de plomb, tous nous entrainent dans l'enfance, faite d'ombres et de lumières.

côté grandes personnes, on était gâté aussi : l'irresistible grand père de F Roque m'a tiré un fou rire véritable ( je l'avais déjà beaucoup aimé dans des rôles comme Sancho Pança) et Luisa ( Zupserreguy) et Fritz ( Axel Ibot) incarnaient bien leurs personnages : des enfants, garnement au besoin quand Fritz mène son équipage de petits chevaux armés de trompettes! d'ailleurs tout le remue ménage fait par les enfants que les parents essaient de contenir est très réaliste, car cela ressemblait assez à ce que j'ai vécu récemment à la veillée de Noël! :mrgreen:

Magnifique poupée soldat ( de qui? )...dans le trio des automates! je ne sais pas qui dansait les deux autres poupées non plus

En revanche, et c'est là où j'ai été déçue, à aucun moment je n'ai vu Clara : j'adore D Gilbert, mais je ne trouve pas qu'elle interprète vraiment une enfant; elle a trop de brio pour ce rôle de gamine émerveillée par un pantin le soir de Noel. Quand à M Ganio, lui, est un oncle un peu absent...

Leur pas de deux, en revanche, était sublime, si on met de côté les personnages qu'ils avaient à incarner; à telle point que je me suis retrouvée en larmes... ils dégageaient ensemble une émotion, une poésie, un romantisme aussi vraiment magnfique; il y avait de belles envolées dans leur danse, comme un grand souffle qui se propageaint jusqu'aux spectateurs; c'était lyrique, c'était pur, c'était beau!
j'adore la scène des flocons de neige; je me retrouve comme une môme un jour de neige! la musique la aussi m'emporte, et dès que la fausse neige tombe sur la scène et sur les magnifiques tutus recouverts de strass ! je suis littéralement saisie d'admiration
les deux flocons solistes ( Pagliero et Braham) n'allaient pas trop ensemble; elles ne faisaient pas les pas à la même vitesse et étaient décalés
là aussi un détail, car franchement, la neige, les tutus, les strass, les anges, les arbres nus, la musique de Tchaikowski et le corps de ballet : que demander de plus? c'était féérique à souhait et j'aurais voulu que la scène dure plus longtemps!!

le second acte a été enlevé avec brio
je ne voudrais pas quelle en prenne ombrage, mais j'ai cru voir Noella Pontois danser :shock: en la personne de Miteki Kudo. Sa pastorale nous a offert une danse d'une beauté, d'une délicatesse, d'une grâce et surtout d'une musicalité : elle n'en faisait pas " trop" et tout était musical, ciselé, sûr, gracieux; elle était ravissante avec sa perruque ( pourtant difficile à porter je trouve) et tous les mouvements étaient graciles, mais les pointes étaient sûres, solides et précises et les pas aussi!
d'ailleurs les trois danseurs étaient très harmonieux ( Verdussen et Bodet )

pour la danse arabe que j'adore, je me suis ennuyée malgré la présence de Karl, qui n'avait pas l'envoutante sensualité de la video, et la beauté de Pagliero; belle danseuse, beaux bras; pourquoi alors le tout manquait-il cruellement de ce quelque chose de mystérieux et d'oriental" que j'aime tant dans la captation de 2006? est ce l'absence de Romberg qui apporte ce petit quelque chose de plus?
en fait, c'est cela, ça ne faisait pas oriental du tout, mais c''était " joli" à regarder

la valse des fleurs a été parfaite!!! dans ce passage qui me parait d'habitude toujours un peu longuet, le corps de ballet m'a emportée par sa brillance, sa virtuosité; les ensemble,superbes, rendaient la chorégraphie parfaitement lisible de bout en bout, un autre grand moment magique! on voyait bien les figures compliquées au sol qu'aimait Noureev, ses pas difficiles qui font que tout tourne au " fouillis" si ça n'est pas rigoureusement mis en place; trois groupes dansaient parfois des choses différentes sans que la structure de l'ensemble ne s'effondre
c'était une vraie merveille!

Reste à parler du grand pas de deux finali
superbement danser par Gilbert et ses ports de bras magnifique, et par Ganio vraiment inspiré, romantique, lyrique et poétique... mis " hors contexte" ce pas de deux est touchant, émouvant. Ils étaient étonnament ensemble comme si le reflet de l'un animait l'autre
malgré tout, comme je l'écrivais plus haut, il ne s'inscrivait pas vraiment lui non plus dans l'histoire... un peu comme si les deux protagonistes ne parvenaient pas tout à fait à interpréter leurs personnages

bref, une soirée comme j'aimerais en voir souvent!!! un beau cadeau pour le jour de Noel
d'ailleurs, dans le public, tout le monde était aux anges....

je regrette vraiment d'avoir raté il y a deux ans la distribution Pujol/leriche....
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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 09:30

extrait du forum danser en france, mes petits comptes rendus!


bon, fabuleuse soirée hier, je me rends compte que c'était la première, la troupe a eu droit à une belle ovation! :D

je ferai une critique en bonne et due forme un peu plus tard, juste mes impressions à chaud!

d'abord, je n'avais pas vu la compagnie depuis 1992. J'ai toujours eu une vraie passion pour Graham, et je me demandais si j'allais ête déçue ou pas...

Le niveau de la compagnie est excellent, malgré les problèmes traversés ces dix dernières années

Ensuite, les chorégraphies de Graham sont intemporelles, rendant bien niaise toute une partie de la danse contemporaine que j'ai pu voir ces trente dernières années

Au programme de ce 14 avril :

Errand into the maze, ou le mythe d'Ariane revisité avec intelligence par Graham
Il ne s'agit pas d'un ballet narratif mais des errances d'Ariane dans son propre labyrinthe
Simplement sublime : une liberté de mouvement rarement égalé à ce jour, deux interprètes vraiment puissamment convaincants, une scénographie lisible, un dispositif scénique aéré mais qui donne à l'espace scénique tout son sens : du grand art!

Même si j'ai beauocup aimé la chorégraphie de Gallota sur le même mythe, je dois dire que le propos de Graham est bien plus fort, dense, travaillé

Suivant Diversions of angel, que je connaissais déjà, et qui par certains aspects rappellent vraiment M Cunningham qui fut son élève; c'est interessant de voir comment Graham l'a nourri, et comment ensuite il a interprété le mouvement, la danse; la filiation est bien là, visible dans ce ballet, même si ensuite, il a pris un chemin radicalement différent
Une chorégraphie toute construite sur des équilibres terribles à tenir et des déséquilibres, le tout est aérien, vivant, esthétiquement très beau

Suivant lamentation variation, une petite chose insipide, creuse et pédante : mauvaise danse contemporaine, te voilà!!! :evil:

en revanche, les quelques extraits vidéos dansés par Graham elle même m'ont mis les larmes aux yeux. C'est boulerversant, je ne l'avais jamais vu par elle... je n'ose même pas imaginé ce que cela pouvait donner sur scène... j'en suis encore émue
Le moinde geste dans ce long tube de maille est un cri de souffrance... et ses yeux, sans en faire trop, tout passe...
J'aurais largement préfére voir toute la vidéo avec Graham, que le ballet

Après l'entracte suivait cave of the heart, inspiré du mythe de Médée ( vu cette fois ci récemment dans la chorégraphie de Prejlojcaj)
La aussi, le mythe devient abstraction: une danseuse représente le choeur, Médée porte une robe noire couverte de strass vert pour rappeler qu'elle est une sorcière, Créuse ressemble étonnament à celle de Prejlojcaj, le drame qui se noue montre la puissance destructrice et meurtrière de la jalousie, face au choeur impuissant.
Là aussi, une puissance créatrice étonnante... difficile de croire que la chorégraphie a déjà 60 ans....

Enfin, finale avec Mapple leaf rag, qui réunissait une grande partie de la compagnie, pièce pleine de vitalité qui montre l'excellence des danseurs!.... ensemble parfait! ( 'lONP pourrait parfois en prendre de la graine!)

voilà, je suis ressortie en ayant envie de voir les autres programmes, je vais voir!.... :D

plus d'infos donc sur cette soirée un peu plus tard! :D
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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 05:40

compte rendu écrit sur le forum danser en france de cathy


Re: Giselle - 24 septembre -12 octobre 2009

Messagede shana » Mer Sep 30, 2009 7:50 am

quelques notes sur l'ensemble, qui je le répète, était une sorte de perfection!

il faut dire que je n'étais pas allée à Garnier depuis raymonda ( donc décembre dernier!)

retrouver ce " niveau de danse" est toujours pour moi aussi stupéfiant, malgré mes trente ans d'opéra garnier! :shock:

Je vois cette Gisèle dans cette version ( décor de Benoist(?)) pour la troisième saison

j'avais vu les deux précédentes avec Pujol/Leriche/Gillot
Là, Dupont était nouvelle à mes yeux

ce qui m'a surtout frappé, ces que ces trois grands artistes mettent toute leur technique exclusivement au service de leur personnage, d'un bout à l'autre
Ainsi, MA Gillot a t'elle mûrie sa Myrtha, qui ne perd absolument rien de sa force, de sa souveraineté, comme une sorte de Perséphone, mais cette fois ci, elle a considéblement affiné ses mouvements rendant l'ensemble de son jeu moelleux, délicat, notamment dans les sauts
ainsi, ses " jetes attitudes" ( je ne sais pas comment on les appelle) où les années d'avant, elle mettait de la force dans les épaules ce qui donnait un petit sursaut vers l'avant, coulent tout seuls, comme si elle n'était que légèreté
elle arrive donc à la fois a avoir la puissance et la légèreté, et une flamboyance!!! :shock:
c'est impressionnant, elle semble n'^tre que vengeance et implacabilité tout en alliant virtuosité et " volatilité si je puis dire! du grand art, je n'avais jamais vu une myrtha comme elle, j'en ai vu de délicate, de puissance, mais les deux à la fois :shock:

le couple Leriche dupont est sublime :bravo:
avec Dupont, Nicolas est tout juvenile! on dirait un gamin amoureux!
quand à Aurélie, elle est d'une fraîcheur ! c'est en renversant dans son premier acte
pas d'esbrouffe là non plus, tout les pas servent le personnage, l'interprétation et c'est tout
je pensais en les voyant danser " ils ont gardé leur juvenilité de quand ils étaient momes, à l'école de danse"

car après tout, les protagonistes sont des enfants!

j'ai beaucoup aimé la folie de Giselle, Aurélie y a mis un abandon total sans en faire " des tonnes"
son jeu reste étonnant juste, sobre, mais tellement touchant!
elle a pris un tempo rapide pour le moment ou les mouvements se " cassent" qui rend bien toute la douleur qu'elle ressent

Albrecht éprouve alors un véritable chagrin et il ne sait plus quoi faire, lui aussi est touchant dans cette scène

j'ai bien aimé la bonne humeur contagieuse qui se dégage de Thibaut! il nous met en joie! :D et puis quel ballon!!
c'était techniquement parfait
après ce que j'avais lu sur Pagliero je m'attendais au pire, mais bon, j'ai été stupéfaite par son travail de jambes et de pieds, c'est assurément virtuose!
en revanche, sa présence scénique est pour l'instant " scolaire" je n'ai pas vu de personnage derrièr sa danse, contrairement à Thibaut qui a une extraordinaire présence et un petit côté cabotin que j'aime bien!!!

à noter le jeu de Béatrice Martel, délicieux en princesse " très high society" à la fois amusée et touchée par Giselle et qui prend souvent son père à témoin

l'écuyer, JC Guerri est vif, et très présent aussi sur scène pour ce rôle mimé par forcément évident

le Hilarion de Paul est un Hilarion classique, c'est l'homme simple, jaloux, qui lui aussi à la fin du premier acte s'en veut pour le drame qu'il a provoqué par jalousie; belle présence scénique pour lui aussi; il se dégage de son corps une grande force, un jalousie qui couve sans cesse, sauf à la fin de l'acte I

maintenant, une palme toute speciale pour ces demoiselles : bance, giezendanner, granier, levy, ranson, robert, fujii( elle brillait hier, lle etait pleine de charisme) vareiles, absolument parfaites en amies de giselle!!
d'habitude, ces petites danses en jupe rose m'ennuient un peu, mais là!!! j'ai écarquillé les yeux tant et plus : elles étaient non seulement parfaitement ensemble, mais témoignaient d'une joie à danser complètement contagieuse, c'est un pur bonheur de les voir en scène

tout le reste de la troupe était vivant, dansant... bref, un premier acte comme j'en ai rarement vu d'aussi abouti d'un bout à l'autre!!!

quand au second acte, je n'ai rien à dire, tellement il était abouti parfait d'un bout à l'autre!
tout était dansé sur le fil de l'émotion, sans pathos, c'était d'une justesse de ton absolu, et techniquement sublime

Leriche d'habitude un peu lourd dans ses receptions de sauts, était léger comme une plume sans rien perdre lui non plus de sa force
ses receptions étaient parfaites, malgré la puissance la fougue et l'élévation
il y avait un silence total pendant les pas de deux

il a effectivement changé la fin de sa variation aux entrechats, et j'aime tout autant car son personnage reste là tout entier,

j'ai bien aimé les deux willis ( Giezendanner, Granier) mais celle qui doit faire le tour en l'air reception 5ème a un rôle ingrat
je n'ai vu personne réussir ces receptions, à chaque fois l'un des pieds doit rectifier l'équilibre au sol; il faudrait changer ce pas!!!

quand au corps de ballet, rien à dire non plus

ah, les éclairages sont moins jaunes qu'il y a deux ans, et il y avait une belle ambiance lumineuse
il faut dire aussi que je n'ai pas vu la scène de la quatrième loge comme la dernière fois, mais du balcon ( ben oui, je n'ai pas eu le choix mais l'embaras!) et peut être du coup, voit on les lumières différemment?


l'orchestre : festival de fausse note, cuivres qui jouent comme à la fête de la bière en bavière, violons qui miaulent comme des chats
certes le chef à fait ce qu'il a pu, mais alors! les orchestres d'élèves de conservatoire font mieux
j'ai hué l'orchestre, et j'ai été rejointe par pas mal de gens finalement!!
et ma voisine de me dire " je ne suis pas musicienne, mais pourquoi sifflez vous
et je lui explique
elle ajoute, hilare, " ah, j'avais bien remarqué qu'il y avait des choses etranges dans cet orchestre!"

je trouve que des artistes de cet envergure meritent de la véritable musique, et pas cette médiocrite qui doit les perturber
si je devais danser sur ces fausses notes, je serai vraiment déconcentrée!!!
mieux vaut alors une bande son!!!!
bref!.... pour un premier ballet, quel merveille!
impossible de m'endormir ensuite!!! :mrgreen:
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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 05:38

  Isabelle Ciaravola a été nommée hier danseuse étoile, titre suprême de l'Opéra de Paris! Si il y a quelques temps encore, j'avais exprimée ma mauvaise humeur à propos de la nomination de Cozette ( et je n'ai toujours pas changé d'avis!) celle de Dorothée Gilbert m'avait enchantée!
Mais pour Isabelle Ciaravola, c'est un peu spécial : elle a 37 ans, il lui reste donc officiellement 5 ans seulement a danser au sein de l'opéra de Paris puisque la retraite pour les femmes a lieu à présent à 42 ans. Cinq courtes saisons qui lui permettront sans doute d'aborder certains rôles, mais c'est peu...! D'un autre côté, cette nomination, pourtant méritée, était inespérée!...

Il y a longtemps déjà qu'Isabelle danse des rôles de solistes. Ainsi ai je eu la joie de la voir dans le rôle de la Sylphide ou elle est simplement sublime! Toute en esprit, en légèreté, en espiéglerie au premier acte, mais sans minauder comme je l'ai vu parfois. Elle danse la mort de cette petite Sylphide et la perte de ces ailes  avec une émotion d'une sincérité   touchante, rendant ce conte romantique tout à coup authentique : la poésie brisée meurt sous nos yeux.
Elle a aussi interprété le role de Nikya dans la Bayadère avec un lyrisme époustouflant ( le ballet sera redonné l'an prochain, pour les amateurs de la Bayadère, il ne faut pas rater Isabelle!)
 L'an passé, elle a émue dans le rôle de la dame aux Camélias de Neumeier.
Cette année, elle a brillé dans le rôle de Garance des enfants du Paradis de José Martinez ( rôle créé pour elle) également dans l'Ange de la 3ème symphonie de Neumeier
Sa nomination a eu lieu pour le rôle de Tatiana, dans l'Eugène Onéguine de Cranko qui est actuellement donné à l'ONP. Son partenaire, M Heymann a été aussi nommé... mais je ne vais pas faire d'une pierre deux coups : non!  Un article par artiste!

Isabelle est une artiste d'exception. Morphologiquement, elle est longiligne, avec une ligne de jambes sublime qui met en valeur tous ses développés, battements et autre. Elle a une légéreté et une souplesse qu'a parfaitement mise en valeur Mcgregor dans Genus où elle a excellé.
Elle m'a aussi laissé un très fort souvenir dans la reine des Dryades à l'acte deux de Don quichotte! Developpés seconde parfait, poésie, lyrisme, technique sûre, grâce et charisme : un vrai régal!

Je souhaite donc de tout coeur à Isabelle Ciaravola de très belles années d'Etoile!
Et je salue en elle une très très grande artiste, l'une des plus grandes que je connaisse actuellement à l'ONP!
Mes sincères et admiratives félicitations!!!

photo Icare

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 04:00

critique addictionnelle écrite sur le forum danser en france de Cathy


j'étais à la première!
mon côté latin ( moi qui suis à moitié allemande!) a fait que j'ai pleuré pendant les dix premières minutes
je revoyais mon cher Noureev régler le ballet, 25 ans plus tôt
ils étaient tous là, les fantômes du passé, Noureev en tête, là, dans les cintres...
je n'avais pas ressenti une telle nostalgie, une telle émotion depuis longtemps!

j'ai passé une soirée très très émouvante, que je décrirais longuement demain

Bravo à MAG qui avait un trac terrible, elle cherche encore ses marques ( Martinez l'a bien recentrée dès le première pas de deux) et je pense que le 5 décembre, sa Raymonda va prendre son envol

Triple bravo à Dorothée et Nicolas, hyper populaires auprès d'un public qui les a ovationnés, à juste titre!

idem pour Joshua et Florian: ma foi, Legris Hilaire n'étaient pas loin!

et puis, Raymonda est MON ballet
de la danse comme j'aime : je me contrefiche de l'histoire, mais voir dans la même soirée, des hommages à Paul Taylor ( variation abderam) de la danse de caractère, de la danse classique, des espagnolades, de la danse mi gypsie, mi orientale, mi contemporaine, moi j'adore!!!!

une très belle et émouvante soirée
même que l'orchestre Colonne a fait des efforts!!!!

ah, j'en redemande!!!!

seule Cozette faisait tâche; j'ai failli le dire à Brigitte lefèvbre assise juste derrière moi....!
mais pourquoi l'avez vous nommée????? :cr:
festival de pieds en dedans, de bras qui se baladent n'importe comment, sans parler des fesses en arrière et du cou en avant

et mon mari, qui ne connait rien à la danse classique, me dit :" c'est pour être comique, que cette ballerine se tord comme cela dans tous les sens? " et il était sérieux!....

j'avais pris ces places pour voir Nicolas.... je ne l'ai pas regretté! hm, Raymonda a mon avis, ne l'oubliera pas de sitôt, celui là!!! des yeux!!! et une touche de féminité orientale!.... sans perdre pour autant toute sa méditerannéenne ( sic) virilité!!! oriental, quoi!

et que c'est bon de revoir MAG dans du classique qui lui va!!!!
quels beaux ports de bras, quelle belle technique!

oui, je reste fan!

( Suite du compte rendu le lendemain)

Lac des cygnes a dit bien des choses que je ne vais pas redire! :D

effectivement, Nicolas est un Abderam merveilleux, aussi puissant et félin que Guizerix !
quitte à me répéter, j'ai choisi cette distribution surtout pour lui! :a:l :a:l :a:l
en fait, j'aurais adore voir dans la même soirée :
Dorothée Gilbert : Raymonda
Jean de Brienne : Mathieu Ganio
les amies, Ciaravolla et Nolwen Daniel, injustement pas assez distribué
et Abderam N Leriche, évidemment!!!

j'ajoute au beau résumé de Dorothée que je n'ai pas du tout aimé Romberg qui en fait beaucoup trop dans son rôle de Comtesse, elle surjoue
au troisième acte c'est elle qui danse le pas des Hongrois
Hof par contre est très bien en roi

L'orchestre Colonne n'a même pas massacré la partition, oh joie!!!!
il y a bien eu la petite flûte qui s'est emportée par un moment, et un ou deux couacs de cuivre, mais dans l'ensemble, ça restait relativement musical

Pour MAGillot, je vais détailler quelques variations ( sept variations, il y a, dixit Noureev à Florence Clerc qui devenait toute pâle rien que d'y penser! :mrgreen: )

sa première variation effectivement n'était pas la meilleure : c'est celle où elle entre et ramasse les roses
comme le disait Vulpian, c'est dur, car il faut passer du sol à l'attitude relevé, avec l'épaulement et tout, plus jouer...
on sent un trac terrible, techniquement tout est en place, mais le personnage n'est pas incarné

la variation lente de l'adage était très belle, et très soutenu, port de bras moelleux, mais on ne sait toujours pas qui est Raymonda; on a l'impression que MA hésite entre plusieurs interprétations du personnage

La variation rapide ( que Noureev danse dans le documentaire avec ses chaussures rouges) avait bien des qualités ; légère, poétique, bien soutenu, celle au voile était pleine de poésie et de douceur, même si le maniement du voile lui a causé quelques petits soucis

je l'ai beaucoup aimé dans le début de la claque où elle est impériale! quel port de tête, et quelle majeste
ses bras sont sublimes aussi, et elle est vraiment à ce moment là " elle même"
et je crois que c'est peut être cela qui n'allait pas, par rapport à l'interprétation du personnage car sur le plan de la danse, j'ai beaucoup aimé ce qu'elle a fait : c'est qu'il était difficile pour elle d'être " une petite princesse" qui devient ensuite une puissante Raymonda

du coup, je n'ai pas trop compris qui elle voulait être dans le premier acte

je pense que dans les deux prochaines représentations, MAG va mieux camper son personnage et que du coup, l'ensemble sera plus lisible

je ne suis pas d'accord avec vous Iléana, j'ai beaucoup aimé les pas de deux!
j'ai trouvé que Martinez aidait MA à se poser, à prendre ses repères sur scène, je les ai trouvés en harmonie, et je ne me suis pas ennuyée pendant ces pas de deux ( d'habitude, ils me barbent un peu)

Nicolas leriche : c'est fou comme la scène devient minuscule quand il danse! il occupait tout l'espace, tout à coup, on avait l'impression que le plateau de Garnier ( ah quelle bonne idée de l'avoir remonté là et pas à Bastill!) était trop petit pour lui
j'ia beaucoup aimé le pas de trois des garçons dans le rêve de Raymonda!

Quand à Dorothée Gilbert, son personnage est fabuleux : elle a une musicalité incroyable, pour la variation lente, elle a pris un tempo lent, qui lui permettait de montrer toute une facette de son personnage, elle a une présence sur scène incroyable, et oui, volait la vedette de tout le monde! ( sauf Nicolas) sa batterie est ciselée, elle est à la fois légère et puissante, elle va faire une magnifique raymonda, c'est sûr!!!


les pas de six, de quatre, de cinq, bref, sont toujours un régal pour les yeux!

enfin, le corps de ballet : quelques petits défauts de ci de la, mais la valse fantastique était très réussie!
quand je vois tous ces pas compliqués que les danseurs doivent enchainer non stop, je me dis : ils ont intêret à être en forme!!!

je suis contente que l'opéra ait gardé l'ancienne production!

je voudrais encore citer Wiart, et valastro, très bien en sarrasins
par un moment, la sarrasine a perdu les pompoms de ses basques, et hop, Valastro les a ramassés'air de rien ( mon mari n'a rien vu du tout!)quel présence d'esprit!
parler aussi de la belle espagnole de Bellet, christophe duquenne manquait un peu de feu!

je ne reviens pas sur Cozette, que sincèrement, j'étais contente de voir dans ce rôle après l'avoir aimé en Médée
mais les grosses lacunes de sa technique ressortaient hier d'autant plus cruellement qu'elle avait pour amie Dorothée.... quelle déception!

bref, je l'ai revu avec un grand plaisir et j'ai hâte de lire vos compte rendus sur les autres distributions!

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 22:36

petit compte rendu additionnel écrit pour danser en france


Je vais complèter un peu mon mini compte rendu d'hier, mais beaucoup de choses écrites par Iléana rejoignent mon sentiment, donc je ne ferai pas de doublons écrits !

Le défilé : émouvant, mais pas en ligne du tout, c'en était drôle! cela donnait un peu avant gout du " concert" de Jérôme Robbins!
ou bien un danseur sortait d'une ligne, ou bien trois danseurs étaient sur une ligne et trois autres un bon mètre derrière, les bras, n'étaient pas à la même hauteur, bref, une jolie et émouvante pagaille....


en Sol : c'est surtout la musique qui est magique! un moment un peu léger! Y brillaient comme cela a déjà été dit Laura Hecquet et Mathilde Froustey, sublimes toutes les deux
j'ai retrouvé avec plaisir MA Gillot que j'ai préféré dans Triades

Une pièce un peu légère, acidulée...

Triade alors là, je dis wouahhhh! j'avais vu les répétitions avec Belingard au journal de la culture d'arte, mais avec les éclairages, la mise en espace, la musique live, c'était vraiment un grand moment de danse avec des tensions fortes, de la virtuosité, des garçons extrêmement investis ( Bezard et Moreau) et des filles qui ont une présence ( MA impériale, puissante, Pujol, comme du vif argent, tout en nerfs) chacun a dansé avec autant de générosité que de virtuosité , les deux grands moments du ballet étant le duo entre les deux garçons et le finale époustouflant ( manège de grands jetés en l'air de MA Gillot, qui arrive, même une fois la jambe en l'air a la redresser encore plus vers le haut! et Pujol qui cisèle chacun de ses pas, avec des pirouettes qui s'enchainent à des fouettés qui se finissent par des vrilles virevoltantes d'une légèreté! :shock: )
mais la virtuosité n'était pas le seul ingrédient, il y avait l'ambiance générale ( rouge, noir, avec le sol où se dessinaient des sortes de rectangles fenêtres, qui changeaient, car les lumières changeaient habilement la mise en espace de la scène)
bref, j'ai été emporté au point d'oublier qu'on crève de chaud à l'amphithéâtre et qu'on est tout replié sur soi, les jambes qui gonflent, la gorge sèche, tout ça oublié par la magie de Triade!!!

In the night m'a réconcilié avec Benjamin Pech que je trouve toujours fade : il formait un duo avec Osta qui touchait au sublime ; un même souffle semblait les habiter tous deux; un pur moment de poésie; Bullion a été un très mauvais partenaire pour Letestu qui heureusement a du métier!
et puis Dupont Leriche.... la vie a tout à coup envahi la scène, comme si hop, ces deux la nous tiraient d'une douce rêverie...

la pianiste, pas top, scolaire!!!!

bon, ensuite, The concert : ah, j'adore ce ballet, je suis ressortie en joie!!!!

j'ai souligné les talents de comique de Gilbert, mais je peux aussi parler d'Alessio Carbone excellent en mari! d'ailleurs tout était vivant, drôle, bien enlevé, on sentait les danseurs heureux dans cette oeuvre, le spectacle des petites ballerines à la fois drôle et émouvant, et le finale en papillons.... imparable!

et là, mille bravos à la pianiste ! quel toucher, quel son! et un vrai sens de la scène ( Vessela Pelovska)

Citons pour finir la direction musicale de Koen Kessels qui a réussi à faire des miracles avec l'orchestre, y compris dans Ravel!
chapeau! c'est la première fois que j'entends l'orchestre sonner bien, sans lourdeur, avec poésie! bravo au chef! :bravo:

voilà, une soirée où on est heureux de retrouver l'ONP!..... :fou:! :a:l :hola!
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 22:36

je livre ici tel quel une réponse à un forumeur et mon petit compte rendu de la soirée, écrit sur le forum de danser en france!!


Oui, Truitonne, on sait ce qu'on applaudit, on est pas tous des spectateurs débiles et ricanants!!! :mrgreen:

on peut apprécier l'univers d'un homme comme Mats Ek parce que précisément, il sait mettre en scène les horreurs, les vices, le sadisme d'une certaine humanité sans tomber dans l'effet. Je dis bien d'une certaine humanité, car le pire côtoie le meilleur sur notre Terre!
Le texte de Lorca a été écrit juste avant qu'il soit arr^té et exécuté par les les Franquistes. Il est noir, sombre, mais Mats Ek lui a apporté aussi de la lumière

dans Bernarda, il y a une vitalité, une incitation à la révolte qui côtoie l'oppression; a la fin, les filles de Bernarda se révolent et la quittent;
le message est clair : l'union fait la force!

par ailleurs, les moments de danse sombres côtoient les moments de danse où entre de la lumière ( ronde des filles sur lumière rouge, scène avec la domestique( Gillot) et le technicien

Quand à une sorte de, c'est une chose burlesque, étrange, et pleine d'une vitalité sauvage

Je dois dire que si j'ai préféré la maison de Bernada pour sa scénographie puissante, je n'ai eu aucune peine à entrer dans une sorte de.
La musique m'a emportée, mais j'ai beaucoup travaillé sur Gorecki quand jétais à la Sorbonne! il a d'ailleurs écrit des oeuvres plus " douces" comme la 3ème symphonie. Mais passons...
J'aime bien la frénésie qui se dégage d'une sorte de
Dans le geste du ballon qui éclate, vous voyez la mort d'un enfant en devenir, je vois un ballon qui éclate, rien de plus
et je crois que le monde est tel qu'on le voit; c''est nous qui lui donnons son sens et pas l'inverse


je n'ai pas le temps aujourd'hui encore de rédiger une grande critique,mais cela viendra :mrgreen:

par ailleurs, si j'ai écrit que Hurlevent et Mats Ek étaient les deux spectacles qui m'avaient le plus enthousiasmé ( sans parler de Pina Bausch, mais que je n'ai vu qu'à la télé) c'est parce que j'ai été privé deux fois de Casse noisette à cause des grèves,et que par ailleurs, Paquita m'ennuie, donc je ne suis pas allée le voir; peut être sinon, l'aurais je cité!!

mais je sais déjà que je me rattraperai l'année prochaine en allant voir deux ou trois distributions de Raymonda

A moi aussi, les grands classiques manquent! mais j'ai un amour égal pour les ballets plus contemporains; je voudrai juste ne pas avoir à choisir entre les deux, car " j'ai deux amours" et je refuse d'en choisir un contre l'autre! :mrgreen:
 
 

Messagede shana » Mer Mai 14, 2008 9:04 am

compte rendu du spectacle du 11 mai, à 14h 30


il est difficile face à deux oeuvres aussi magistrales de résumer ce que l'on a pu ressentir pendant un spectacle; aussi me bornerai-je à quelques réflexions sur ce qui m'a le plus marqué!

d'ailleurs mon enthousiasme est tel que j'ai écrit un petit article sur Manuel Legris sur mon blog ce matin. Voici l'article : http://shabastet.over-blog.com/article-19544381.html

je dois dire que lorsque j'ai lu dans le programme l'intrigue de la maison de Bernarda, je me suis dit " eh bien, cela va être gai!"

mais cette oeuvre a passé à la vitesse de la lumière : il faut dire qu'elle était servie par des interprêtes d'exception

résumons un peu : Bernarda, veuve, a cinq filles : Augustia, l'aînée et la " laide" qui seule aura une dot ( dansée par Laétitia Pujol qui de rôle en rôle m'emporte avec elle) la Bossue, dansée par Claire Marie Osta qui donne à ce rôle ingrat une couleur bien particulière
il y a aussi les deux jumelles dansées par B Martel je crois, mais je ne sais pas le nom de l'autre, car la distribution a changé, et je n'ai retenu que le nom de Martel : les deux danseuses, tout en étant aussi tyrannisées que leur soeurs par leur mère, ont créé une complicité extraordinaire
et puis il y a la cadette, jolie, dansée par Charlotte Ranson. Et enfin, l'incroyable M Legris en Bernarda. J'ai rarement vu à l'opéra un artiste près de son départ, qui à chaque rôle révèle quelque chose de nouveau sur lui,sans que la technique ne faiblisse.... dès son arrivée, cette Bernarda en impose!

cette veuve, tyrannique, autoritaire, despotique a une bonne, la sémillante MA Gillot, qui lui tient tête tant qu'elle peut mais très souvent se retrouve elle aussi écrasée par la figure autoritaire de Bernarda

De l'oeuvre de Garcia mats ek a tiré une scénographie intelligente et dépouillée tout à la fois. et d'une force! ça barde chez Bernarda!!! :mrgreen: Quelle est intense, pleine de rebondissements, et surtout terriblement humaine!
l'un des spectateurs me faisait remarquer en sortant, que lui aussi et ses soeurs se cachaient sous la table pour échapper à leur mère en furie!
c'est ce genre de détail que j'adore chez mats ek : c'est un homme de théâtre, cela se sent; au delà de la chorégraphie, il sait utiliser mille détails qui campent les personnages, leurs quotidiens, leurs relations

autre chose de très bien mené : l'évolution des personnages ou leur " double fond"

Ainsi, la mère tyrannique est elle une femme meurtrie : Legris donne a ce personnage un éventail d'émotions qui font que le coeur balance entre le dégout et une certaine pitié - sans que cela ne touche au grostesque- ce qui aurait pu être le cas avec la scène où elle/ il danse seins nus, avec la statue du christ amoureusement descendue de son crucifix

la soeur bossue qui toujours subit ses soeurs et ne cache pas une certaine méchanceté, revendique elle aussi un droit à la liberté, à montrer son corps : comme l'a fait remarqué quelqu'un C M Osta danse une variation étonnante avec un costume chair où apparaissent marqué le sexe et les seins; sans faire oublier ce costume étrange, elle donne à son personnage une détermination mêlée d'une sensibilité qui couve, et en demande qu'à s'exprimer

Il faudrait aussi parler de MA Gillot qui donne à son personnage une vitalité sans cesse brimée par Bernarda, qui apporte de la vie dans la maison, et qui créée une vraie complicité avec les soeurs

Bref, toutes ces soeurs ont tissé des liens palpables pour le spectateur qui va de la soumission à un inextinguible besoin de liberté ( scène où elles dansent toutes dans une lumière rouge, leur aspiration à vivre!)

mais le drame couve, car si Augustia est dotée et promise à un belâtre ( Bullion) c'est la cadette qui est séduite par lui, puis abandonnée ce qui la conduira au suicide qui marquera définitivement le départ des filles de la maison de bernarda; très beau duo entre Ranson et Bullion, meêm si l'absence de musique m'a manquée; mais ce que j'ai préférée c'est la variation de ranson dans sa petite robe bleue avec des fleurs : elle apporte tout à coup dans le bouquet noir de ses soeurs, une fraicheur, une vitalité, qui sont réjouissants pour ces soeurs et pour le spectateur. Ranson montre elle aussi de belles facettes de son talent et donne del' épaisseur à son personnage

cette pièce de mats ek, sombre mains non dénué de moments de répits, montre sous une austérité apparente une chorégraphie pleine de vie, qui raconte une histoire que l'on a envie de suivre....

bref, après cette pièce, j'attendais la seconde avec impatience

là, on change de registre ! et c'est vrai que la scène est allongée, ce qui fait que, comme j'étais au deuxième rang, j'avais les danseurs juste sous mon nez!

cette "une sorte de" est une oeuvre loufoque, bourrée d'énergie, avec des personnages de foire qui entrent, sortent, se croisent, se mêlent, se quittent
J'ai vu les ballons comme je les voyais enfants à la fête foraine.... on les gonfle, ils s'envolent, ils explosent!

J'ai été ravie de revoir danser N Daniel aux côtés de N Leriche : quelle complicité entre eux!
de même pour M Kudo, toujours lumineuse en scène!

mais ce qui ici m'a emportée, c'est la générosité de toute la troupe qui sert l'oeuvre de mats ek avec une conviction qui fait plaisir à voir!

dans le programme, mats ek dit qu'il se réfère un peu à Magritte, à Ensor... il y a de toutes façons une touche dada, dans cette oeuvre

en voici une petite définition :
Ce mouvement a mis en avant l'esprit d'enfance, le jeu avec les convenances et les conventions, le rejet de la raison et de la logique, l'extravagance, la dérision et l'humour. Ses artistes se voulaient irrespectueux, extravagants,



c'est tout à fait ainsi que j'ai reçu cette oeuvre, et non " au pied de la lettre"

j'y ai vu du jeu, une grande farce, le tout emporté par le clavecin énervant comme un moustique enfermé sous une toile de tente qui zozoille toute la nuit!!!

bravo à tous les artistes :merci :bravo: :a:l :hola! et merci à mats ek!!!! :fou:! :bisou:
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 22:36



 
Ah, retrouver l'opéra de Paris! Quelle joie!
Et je voulais absolument revoir le défilé, vu pour la première fois en 1993
c'est la première fois que je le voyais à garnier, où, pour la circonstance, comme dans l'âge heureux, la scène est ouverte sur le foyer où les glaces démultiplient à l'infini les 142 danseurs de l'école et du ballet...


 Le défilé : émouvant, mais pas en ligne du tout, c'en était drôle! cela donnait un peu avant gout du " concert" de Jérôme Robbins! ou bien un danseur sortait d'une ligne, ou bien trois danseurs étaient sur une ligne et trois autres un bon mètre derrière, les bras, n'étaient pas à la même hauteur, bref, une jolie et émouvante pagaille....  émouvant, car voir les tous jeunes petits rats cotoyer les plus anciens.... et puis parce que c'est Leriche qui a clos la marche.... le voilà qui se retrouve, depuis les départs de Bélarbi, Hilaire, Legris, la plus ancienne étoile....

en Sol : c'est surtout la musique qui est magique! un moment un peu léger! Y brillaient  Laura Hecquet et Mathilde Froustey, sublimes toutes les deux. Mathilde a tout d'une future étoile et sa joie à danser est communicative... elle est vraiment pour moi dans la continuité d'une Noella Pontois...
J'ai retrouvé avec plaisir MA Gillot que j'ai préféré dans Triades.
 Une pièce un peu légère, acidulée... où les danseurs en costume rayé évoquent la mer, l'été, le bord de mer, l'insouciance...

Puis venait la création de B Millepied : Triade Alors là, je dis wouahhhh!
j'avais vu les répétitions avec Belingard au journal de la culture d'arte, mais avec les éclairages, la mise en espace, la musique live, c'était vraiment un grand moment de danse avec des tensions fortes, de la virtuosité, des garçons extrêmement investis ( Bezard et Moreau) et des filles qui ont une présence renversante : MA impériale, puissante; Pujol, comme du vif argent, tout en nerfs, les deux filles extremement virtuoses... Chacun a dansé avec autant de générosité que de virtuosité, et avec ses trippes aussi, ce qui fait du bien à l'ONP. Les deux grands moments du ballet était le duo entre les deux garçons et le finale époustouflant ( manège de grands jetés en l'air de MA Gillot, qui arrive, même une fois la jambe en l'air a la redresser encore plus vers le haut! et Pujol qui cisèle chacun de ses pas, avec des pirouettes qui s'enchainent à des fouettés qui se finissent par des vrilles virevoltantes d'une légèreté! ) La virtuosité n'était pas le seul ingrédient, il y avait l'ambiance générale ( rouge, noir, avec le sol où se dessinaient des sortes de rectangles fenêtres, qui changeaient, car les lumières changeaient habilement la mise en espace de la scène)

Bref, j'ai été emportée au point d'oublier qu'on crève de chaud à l'amphithéâtre et qu'on est tout replié sur soi, les jambes qui gonflent, la gorge sèche, tout ça oublié par la magie de Triade!!! Bravo aux artistes et à Millepied qui portent bien son nom!


In the night m'a réconcilié avec Benjamin Pech que je trouve toujours fade : il formait un duo avec Osta qui touchait au sublime ; un même souffle semblait les habiter tous deux; un pur moment de poésie; Bullion a été un très mauvais partenaire pour Letestu qui heureusement a du métier! et puis Dupont Leriche.... la vie a tout à coup envahi la scène, comme si hop, ces deux la nous tiraient d'une douce rêverie... la pianiste, pas top, scolaire!!!!

Enuiste, The concert : ah, j'adore ce ballet, je suis ressortie en joie!!!!  " les petites misères de chacun" est le sous titre
C'est un ballet où des petites scènes s'enchainent les unes aux autres : des gens écoutent un concert dans un parc : quelqu'un mange et gêne tout le monde, deux amies papotent, une ballerine tombe amoureuse de la musique et du piano, un mari a accompagné là de mauvaise grace sa femme mais lit son journal.... puis se suivent d'autres épisodes, tous frais, poétiques, drôles et pleins de vie...
Dorothé Gilbert a des talents de comique exceptionnels! Elle a mis de la gaité, de la fantaisie dans cette oeuvre! Elle m'a rappelé Loudières, que j'avais vue dans le même rôle. Et puis quelle ligne, quelle facilité quand elle danse! Alessio Carbone  est tout aussi drôle excellent en mari!
d'ailleurs tout était vivant, drôle, bien enlevé, on sentait les danseurs heureux dans cette oeuvre, ils s'amusaient autant que les spectateurs :  les petites ballerines qui dansent et se trompent étaient  à la fois drôles et émouvantes,  le finale des papillons.... imparable!  pleins de poésie et de burlesque, mais un burlesque spirituel! et là, mille bravos à la pianiste ! quel toucher, quel son! et un vrai sens de la scène ( Vessela Pelovska)

Voilà le propre des chorégraphes américains : ils peuvent passer du plus pur classique à Broadway sans la moindre culpabilité... c'était un bel hommage rendu au talent de Robbins, père de West side story....

Citons pour finir la direction musicale de Koen Kessels qui a réussi à faire des miracles avec l'orchestre, y compris dans Ravel! chapeau! c'est la première fois que j'entends l'orchestre sonner bien, sans lourdeur, avec poésie! bravo au chef! voilà, une soirée où on est heureux de retrouver l'ONP!.....

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