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Shabastet

  • : Danse et... danses!!!
  • : Blog sur la danse en général et l'opéra de paris en particulier rédigé par Valérie Beck, administratrice du forum danses pluriel
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 22:34

voici mon petit compte rendu posté sur danser en france


son de cloches légèrement différent avec moi!!!

si je suis ressorti complètement enthousiaste, c'est uniquement grâce à denis Matvienko

de mon point de vue, il porte le ballet de bout en bout, lui insuffle son âme, son énergie, sa passion, sa danse!

rien que pour cela, je suis ravie d'avoir vu Spartacus. Cet artiste - invité - dénote complètement avec le reste de la troupe!


maintenant le ballet!

sincèrement, j'ai trouvé les chorégraphies plutôt vieillotes et mal fichues par moment, à un point tel que le premier acte m'a fait périr d'ennui sauf lorsque Spartacus arrivait
le tout est naîf!

les chorégraphes hollywoodiens parfois ont été plus inspirées dans les danses orgiaques.

    Les queues des petits faunes qui sautillent... ou les bergers qui singent Maurice Chevalier et sa canne...
Bon j'exagère?
    Non, c'est juste que j'ai trouvé tout cela vraiment vieillot

    Mais il y a des moments plus réussis : notamment la scène ou Spartacus dans un dernier élan s'élance au nom de la liberté et se retrouve empalé sur les lances... moment extrêmement saisissant tant Matvienko s'investit dans son rôle.
    Ce Spartacus/matvienko m'a rappelé Burton/Marc Antoine dans Cléopatre, quand au matin tous l'ont abandonné et qu'il s'élance seul avec son petit cheval dans le grand désert...


    Je n'ai pas aimé du tout la frêle Lunkina - elle est extrêmement   longiligne  - personnellement, cette fragilité, ce manque de chair, j'ai du mal !je n'ai ressenti nulle émotion mais beaucoup d'ennui en la voyant danser....

j'ai nettement préféré Shipulina pour sa présence, même s'il est vrai qu'elle n'avait tendance à ne jouer que sur un seul registre, celui de la séduction

    Chapeau pour la scène au baton, ou elle doit imposer sa présence malgré les couples enlacés au sol qui se trémoussent sur scène pour simuler l'amour ( pas du meilleur goût non plus, ça fait diversion...)

quand à Crassus, je l'ai trouvé immature et fade, et sa perruque!!!
il avait du mal à donner de l'ampleur à son personnage; je n'y croyais vraiment pas...

oui, les costumes sont vieillots, et les Romains du premier acte, plutôt rigolos!

ensuite, le deuxième puis le troisième acte m'ont plus emportée - mais pas toujours!- et j'ai trouvé le corps de ballet parfois un peu brouillon, un peu fouillis

certes, il y a du plaisir à danser, tous se donnent à fond, mais quelque chose de brouillon quand même!

mais grands dieux! l'orchestre!!!

Katchaturian ne brille pas par sa finesse, mais alors servi par l'orchestre Colonne, c'est carrément de la fanfare de cirque!

le beau duo Spartacus/phrygia : gâché par des cordes décalées par rapport aux bois!
un massacre!
et ce n'est qu'un exemple

chacun jouait dans son coin, il n'y avait aucune nuance : tout à coup, un tuba braillait, puis le xylo se déchainait comme un fou, une vraie foire!

bon...

à tout prendre, je préfère mille fois Ivan le terrible, mais il faut dire qu'à l'opéra de Paris, il a été servi par des décors et des costumes magnifiques...

en fait, remis un peu au gout du jour avec des chorégraphies dénaisées, ce Spartacus me plairait beaucoup!!!!
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 21:09

albrecht : Nicolas leriche

Giselle : Laetitia Pujol

HIlarion : W Romoli

MYrtha : M A GIllot

pas de deux : Philbert/ Thibault

Bathilde : Natacha Quernet

Son père : R Wilk


 

 

 

 

 

 

 

Ce fut une perfection !.....

C'est la troisième fois que je vois cette distribution: la première en 2003, la seconde, en 2005 et j'en redemande encore !

Je me réjouis vraiment que ce soit cette distribution ( pour les rôles titres) qui soient captés, parce que N Leriche est vraiment au sommet de sa forme physique et artistique Et chose incroyable, jamais il n'a été aussi léger! Des receptions de sauts félins comme il sait les faire mais sans aucun bruit ! Bref, mais revenons au début Pourquoi une perfection? Parce qu'il y a une parfaite cohésion de bout en bout que ce soit le corps de ballet, les roles secondaires, ou les roles titres, on sent un formidable travail d'équipe!..... et cela, je ne l'ai pas toujours vu à l'opéra de Paris ces dernières années Il est vrai que c'est la troisième fois que cette même équipe est réunie, et peut être que le travail fait sur la scène a joué en la faveur de tous ces danseurs, pour rendre le tout vivant, naturel, beau, émouvant...

De l'art comme je l'aime de plus profond de mon être

Je n'ai pas vu Dupont avec Leriche donc ne pourrai comparer, mais le couple Pujol / Leriche est vraiment totalement en osmose

D'un bout à l'autre du ballet, on est emporté pour leur amour malheureux, tragique, et lors du grand pas de deux du second acte, j'étais bouleversé comme rarement

Comment Nicolas Leriche fait il au premier acte pour nuancer autant son personnage? séducteur, puis séduit, puis amoureux, puis complètement emabarassé lorsque sa fiancé arrive , mais le regrettant aussitôt, puis totalement dépassé par ce qui arrive :la mort de la petite paysanne dont il est vraiment tombé amoureux! Mille nuances de jeux nous montre qu'il est un prince mais qu'il ne voit pas en Giselle qu'une amourette de passage; que du plus profond de son être, il aspire à autre chose, et qu'il aime vraiment Giselle

au premier acte, Giselle est d'une fraicheur fantastique, réservée, mais espiègle, amoureuse et heureuse comme on l'est à cet âge quand on aime la première fois Mais ce qui est encore plus fabuleux : ce sont toutes les failles qu'on sent dans ce personnage : derrière sa joie se cache un mal être, une souffrance, comme si la folie guettait Elle surgit tout à coup sans prévenir : comme la scène de la marguerite ou on pressent ce qui engloutira la raison de Giselle le corps de ballet est impeccable! Enjoué, enlevé, il y a beaucoup de plaisir et de joie sur scène, techniquement ensemble, et ce bonheur est complètement communicatif

Hlarion/Romoli a beaucoup de présence, mais il campe un Hilarion traditionnel, brutal, jaloux, sans "nuance", qui fait peur! Très convaincant, même si j'avais beaucoup aimé les nuances apportées par Yann Bridard au personnage lors d'une autre saison

Et puis l'écuyer d'Albrecht est fantastique : bravo à S Elizabé qui rend son personnage totalement crédible, attachant Il est si protecteur face au prince, il incarne le bon sens absolu!

Encore à citer l'extraordinaire R Wilk qui se tire toujours avec maestria des petits rôles ( l'homme dans Sylvia par exemple) Là, ce prince en impose, on sent tout le poids qu'il peut faire peser sur sa cour, tout l'étau qui peut se resserer autour de ces gens

Sa fille Bathilde est une merveilleuse Bathilde ( même si j'ai encore en moi la vision de Laurence Laffon) princesse belle, à l'aise dans le monde qui est le sien, qui montre un interet à la fois sincère et un peu condescendant pour la petite paysanne

Pas de deux :

 E Thibault en super grande forme!!! techniquement impeccable ( je n'ai rien remarqué à la reception de ces sauts) mais je n'arrive à voir en lui un jeune marié, paysan de surcroit! mais sa technique est vraiment impressionnante Quand à A Philbert, très belle technique, grande grâce, mais quelque chose d'un peu trop précieux pour moi; un peu trop manièré. Il est difficile en peu de temps de faire exister un couple sur scène, et je n'ai pas trop cru à celui là, même si leur danse était vraiment techniquement irréprochable!!!


 

 

 

Dans la scène de la folie, Pujol semble complètement passer dans un autre monde; elle est déjà dans l'autre monde Les danseurs qui l'entourent semblent ne pas avoir leur place sur scène, et même quand il sont en mouvements, ils semblent décalés, tant elle parvient a faire exister cet autre monde, monde parallèle à ce moment là! ce monde parallèle, qui l'a happé et dont elle ne sortira plus... En même temps, elle ne surjoue pas, elle reste simple, très naturelle Ce sont des détails qui font la différence, un regard, un poignet, une façon de faire un pas! bref!

Comme toujours après le premier acte, je ne quitte pas mon siège, car il faut que je me remette!

Le second acte fut une perfection!!!

MAIS je n'ai pas aimé les éclairages de ???? impossible de trouver le nom

1) le ciel étoilé n'apparait pas! ( jadore voir ce ciel peint, étoilé, noir et brillant qui apparait au milieu des branches tordus des arbres :là rien!!!

2) il y a toujours ces auréoles jaunes sur les tutus : ça ne fait pas du tout clair de lune, mais tutus mal lavés!

3) la pénombre est trop forte, et gâche vraiment quelque chose Dommage!

Myrtha surgit!.... et voilà M A Gillot qui apparait ; j'ai d'abord cru qu'elle était tiré par des fils invisibles et en ai été étonnée!!! elle ne touchait pas le sol! j'aurais pu rester des heures à la regarder glisser ainsi, au milieu des arbres du cimetière.... en fait, si, et c'est en regardant ses pieds que j'ai vu son secret elle relache ses chevilles avec tant de maitrise que ses avances glissent, irréelles, sur le sol; avec cela une immobilité parfaite du buste ! elle incarne un fantôme hiératique, froid, blessé, pétri d'un amour propre froissé qui cache une souffrance enfouie Sublime! il n'y a qu'une chose qui m'a un peu gênée : ce sont ces jetés attitudes, ou les mouvements de la tête étaient très marqués, comme si elle cherchait la force dans ses épaules. Mais malgré cela, sans importance, peut être, son personnage existe vraiment de bout en bout et s'inscrit parfaitement dans la dramaturgie

Pujol est un fantôme plein de souffrances, d'amour et de pardon elle n'est peut être pas la plus parfaite Giselle sur le plan de l'immatérialité ( ce dont on parlait l'autre jour, cette sensation d'air) mais émotionnellement, c'est très profond; tout est intériorisé sans une fois de plus en faire trop

Avec Leriche, le couple est bouleversant; il peut enfin s'aimer dans ce monde de fantôme et partager pour quelques instants un amour qui leur a été impossible sur terre

petit détail j'avais devant moi deux adorables fillettes de 6 et 9 ans la petite de 6 n'a pas arreté de gigoter pendant tout le spectacle, parce qu'elle voulait comprendre et questionnait sa mère ou sa soeur, elle se hissait sur ses bras, passait d'un côté de l'autre pas grave, cela ne me genait pas et je me disais quelle chance elle à de voir cela si jeune mais pendant ce fameux pas de deux :elle n'a plus bougé pendant cinq longues minutes! elle etait happée par le couple! pétrifiée devant cette beauté

Il faut dire que le passage très lent ou Albrecht soulève Giselle et qui souvent se ralentit ( ce qui a été le cas, mais naturellement) a été ici un sommet invraissemblable d'émotion! c'est comme si tout à coup, tout s'était suspendu dans le temps : leriche pujol ont arrété le temps ! Cette fillette s'en souviendra longtemps!

et puis, Leriche, le plus bel Albrecht que j'aie vu ces dix dernières années, surtout hier! sa dernière variation était pleine de fougue et de desespoir, et comme l'avait dit Turlututu, sa série d'entrechat qui à la fin, loin de faiblir rebondit de plus en plus, dans " l'énergie du desespoir"!!!

idem pour les entrechats de Giselle lorsqu'elle recule : une frénésie, une vivacité, mais toujours musicale!! voilà l'ensemble des willis était parfait, et vraiment la nuit et les fantômes, le noir, le blanc, l'argent, c'est tout un univers magique et effrayant à la fois que je retrouve depuis trente longues années avec la même émotion merci à tous ces sublimes artistes pour ce moment d'exception!!!!

et bravo à toute l'équipe de danse, de costumiers et de décorateurs! un travail d'équipe parfait!!!

 

ps : le public je ne vais jamais voir de spectacle l'après midi la,je n'ai pas eu le choix j'avais les vamps derrière moi :

 -qu'il saute haut, ce petit jeune homme!

 -et t''as vu cette petite?

- oh, oui, elle est bien mignonne!

- c'est la petite de la télé?

 - oh, c'est seyant, ces petites jupes qui volent!

- et la musique!

-oui, ça me rappelle les valses de vienne etc, etc! d'ailleurs, pendant tout le premier acte, il y avait un petit brouhaha de voix et de commentaires .... les chut des uns et des autres n'y faisaient rien... là aussi, ce n'est pas très grave, sauf quand les vamps se sont mises à chanter en coeur pendant le second acte.... argh! !!!!!!

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 21:08

compte rendu écrit sur le forum de Cathy, danser en france


Je reviens sur la représentation du 10 novembre à 14h30avec Stéphane Bullion en Jason
Emilie Cozette en Médée
Alice Renavand en Creuse


Cette oeuvre à mi chemin entre l'onirisme et le drame permet plusieurs lectures de la part du spectateur...
les enfants endormis sur l'arbre, tous les sceaux suspendus et ceux qui délimitent l'espace, le sommeil qui est présent dès le début ( les enfants dorment et s'éveillent) et au milieu de l'oeuvre (Médée s'endort et ses enfants dorment sur elle), tout cela crée un climat étrange.

Peu d'élements de décors mais suffisamment et avec une lumière travaillée pour créer un espace scénique, poétique.

Des costumes sobres mais qui là aussi instaurent quelque chose de spécial, hors " temps"

La présence des enfants au début de l'oeuvre qui apporte leur candeur... et puis Médée Cozette arrive


Je ne l'avais pas vue danser depuis un moment et je dois dire qu'hier j'ai été plutôt séduite par sa Médée

Dès son entrée, se dégageait d'elle une grande force qui sied au personnage. On la sentait un peu tendue, un peu rigide, mais cela ne nuisait pas au personnage
Dans sa danse avec les enfants, on sentait Cozette très attentive à eux - trop car du coup, elle était légèrement décalée, et il n'y avait pas vraiment d'osmose entre eux) mais pas vraiment maternelle à ce moment du ballet

et puis Jason-Bullion la rejoint et là, enfin, elle s'est vraiment mise à danser
Sa danse est ample, vivante, puissante par moment, et le pas de deux dégageait une grande force
En voyant danser Jason-Médée, on sentait chez ces deux personnages un rapport plus fort qu'amoureux, comme deux amants qui s'aimeraient et se détesteraient à la fois, mais seraient liés par un rapport passionnel...
Bref, une grande tension dramatique se sentait déjà dans ce premier pas de deux.
Et puis Médée s'endort, Jason lui apporte ses enfants...

apparait Creuse-Alice Renavand...
J'ai toujours adoré Renavand, quoiqu'elle danse!
Mais là, le personnage de Créuse lui va fabuleusement bien : elle est tour à tour vive, sensuelle, espiègle, séductrice, avec une souplesse dans les mouvements qui contrastait merveilleusement bien avec l'entrée hiératique et pleine de force de Médee-Cozette.

Au vue de sa puissance de séduction, le duo contraste la aussi bien avec le premier : on est dans un rapport amoureux différent, plus basé sur les sens semble-t-il.

et puis Médée s'eveille. Mais en fait, n'est elle pas en train de rêver? N'est ce pas son rêve qu'on voit sur scène?
Et la, tout va basculer

Le pas de trois a été magistral : les trois danseurs étaient en symbiose et le point culminant du ballet a vraiment été ce moment de danse, nerveux, précis, tumultueux, douloureux, où l'on sent bien que Médée n'aura pas le dessus, tant Créuse est sûre d'elle.

PUis Cozette bascule dans la folie : elle a eu un soucis avec sa robe qui ne s'est pas décrochée, et très très habilement a su tirer partie de ce morceau de tissus qui pendait, qui l'entravait dans ses mouvements comme si c'était fait exprès.Bravo!

Cozette, dramatiquement parlant, a incarné une femme qui perd tout repère et n'est plus maitresse d'elle même, ne sait plus ce qu'elle fait.
La toute fin du tableau, lorsqu'après la mort de ses enfants, elle danse la ronde que ses enfants dansaient, seule, en soufflant sur sa main, on sent que déjà, elle comprend que l'irreversible s'est produit et qu'elle ne trouvera plus la paix


J'ai donc trouvé pour la première fois depuis que je la vois sur scène depuis sa nomination, des qualités d'actrice à Cozette : elle a gagné en présence, artistiquement elle a mûri. Il y avait des petites maladresses, mais le personnage l'a emporté sur les imperfections, et c'est cela que je demande à une danseuse.

En face d'elle Bullion incarne un Jason implacable, presque froid, mais qui se réchauffe au contact de Creuse, et qui est plein d'amour quand il est avec les enfants

Quand à Renavand ! :a:l

La musique de Mauro Lanza passe de l'onirisme du début, avec les sons cristallins, au drame à la fin de l'oeuvre. La partie centrale semble hors temps, avec ses sons étirés, tenus, dans un registre aigu

Bref, Médée reste une oeuvre dramatique puissante, convaincante, où le spectateur participe activement à ce qui se déroule sur scène.
On est encore dans le domaine de "l'humain"

Venait ensuite l'attendu Genus servi par une brochette de talents : Cozette remplaçait cependant Lestestu.

Très sincèrement, j'ai été emballée les dix premières minutes, lors du trio Bélingard/ Phavorin/ Pech

M Heyman m'a littéralement scotchée sur mon siège : quel talent!


imaginez un mélange de danse classique et smurf où tout se désarticule...
c'est assez inhabituel ces mouvements de vague, du buste, des épaules, qu'on trouve habituellement dans les danses de rue; ces mouvements qui glissent sur tout le corps sont associés à une technique classique. c'est surprenant! On voit que l'être humain est autre chose!

Et puis très vite, c'est retombé comme un soufflet : vous le sortez du four, vous faites " ah" et dix minutes après le beau soufflet est tout raplapla

C'est l'exacte impression de ce que j'ai ressenti

passée la surprise du langage de Mcgregor bouillonant d'idées, je me suis reprise et je me suis dit : " après?"

Où veut en venir ce monsieur? les danseurs font leurs solos/ duos/ trio et autres les uns après les autres, rivalisant de contorsion, d'agilité, de précision, de force, de virtuosité, mais ensuite?

ensuite, on est lassé par les néons, par la video ridicule, par la vacuité du propos, par la musique qui oscille entre les quatre saisons mal digérées, et la mauvaise musique répétitive des années 70, sans parler des " boum boum" et le tout piétine dans un univers totalement vide

Est ce son propos? la force du langage suffit elle à faire une oeuvre quand celle ci est mal ficelée?

Ce n'est pas le petit cours de science nath expres sur écran qui permet de donner du sens à cette chose creuse
Les danseurs prennnent énormément de plaisir à le danser : soit!

mais pour le spectateur, quel ennui!

les quinze dernières minutes, j'ai vraiment pensé à autre chose, protégeant mes yeux qui larmoyaient des néons agressifs...

bref, je comprends qu'on puisse trouver plaisir à voir les danseurs dans cette pièce, car ils excellent, mais la pièce en elle même qui dure quand même quarante minutes manque d'air...

J'en suis moi même navrée :( , après avoir lu de la part des danseurs tant d'enthouisiasme...
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 21:07
compte rendu additionnel écrit sur le forum de Cathy, danser en france

Quelques mots de plus, pour cette première représentation!


j'étais pour la première fois de ma vie, au deuxième rang, je voulais voir mes deux idoles de près!

c'est vrai que près, on perd la vision d'ensemble, mais vraiment, on se rend compte de pleins de petites choses émouvantes : notamment le souffle des danseurs!


quelques points simplement :

pour moi, la dramaturgie fonctionne toujours aussi bien! j'ai toujours autant de plaisir à suivre les passions des différents protagonistes!
j'ai découvert quelques nouvelles têtes, notamment dans le corps de ballet
Martin Chaix n'était pas là, snif!!!

Mais il y avait la beauté de Alica renavand, et le plaisir de Charline G. à danser : elle était époustouflante, en gros godillots et jupe paysanne! quelle magnifique artiste elle aussi!

les grands absents pour moi : karl paquette en Edgar, qui m'avait arraché les larmes
la première fois que j'avais vu la scène des vêtements superposés, j'avais presque ri;c'était JG bart qui la dansait
puis je l'avais revu par Paquette et j'avais été bouleversée

là, j'ai revu JG Bart, qui a une danse incroyablement impeccable, mais je n'ai rien ressenti!
pourtant, quelle magnifique maitrise des pas! sa danse est bien en relation avec son personnage, engoncé dans les règles de sa caste, mais il me manque ce petit côté " fragile, desespéré" qu'avait Paquette, cette faille apparente sous le masque de la bienséance

Romoli aussi m'a manqué : certes, Stéphane Bullion donne une version de Hindley plus " grand seigneur déchu" , plus lisse, moins môme teigneux qui n'accepte pas Heathcliff,
néammoins, ses pas de deux avec Nicolas sont impressionnants de hargne, de violence!

Nolwen Daniel campe une Isabelle très interessante, et la aussi ses pas de deux avec N Leriche fonctionnent bien : on comprend exactement ce qui se passe, ce que les protagonistes nous racontent
mais j'ai l'impression que cette artiste se bride elle même; j'ai l'impression qu'elle peut aller encore plus loin! et pourtant, c'était déjà intense, mais il y a quelque chose en elle qui semble se retenir
ou bien trac de la première?

évidemment, je regrette Eléonora, mais là, plus par passion personnelle!

d'ailleurs, la lisibilité du ballet est totale cette saison : on comprend, on suit, on est happé par l'histoire qui nous emporte

bref, si l'on rajoute la beauté de la lumière, un orchestre plutôt bien dirigé pour une fois, un engagement de la part des danseurs, on ne peut que se montrer comblé...
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 21:06

Avec Nicolas Leriche : Albrecht

Laétitia Pujol : Giselle

M A Gillot : Myrtha

W Romoli : Hilarion

 


 

J'ai vu ce ballet sur scène une bonne dizaine de fois : j'ai vu danser l'inoubliable Pontois, plusieurs fois,  Thesmard, Platel, Clerc, et Loudières...  et depuis ces dernières saisons, je retourne le voir dans la distribution Leriche/ Pujol

En 2003, lorsque j'ai vu que Pujol serait la Giselle de Leriche, je n'étais pas ravie; je trouvais que cette danseuse était une parfaite technicienne mais quelle manquait cruellement de sens artistique...

Et ce fut le choc : l'une des plus belles Giselle! J'ai fini en larmes et bien décidée à revoir ce couple s'il  dansait de nouveau ensemble... ce qui fut le cas, la saison suivante!

Du coup, cette année, lorsque j'ai vu que pour Noël, le ballet serait donné une fois encore avec ce même couple, j'étais bien décidée à y retourner... j'ai failli ne pas avoir de places ( lire Colère contre l'opéra de Paris) mais ma ténacité a finalement payé ( et la chance aussi!)

J'ai assisté, comme l'an dernier pour le Lac des Cygnes, a une représentation qui frise la perfection...

Nicolas Leriche est mon danseur préféré à l'opéra de Paris, parce que de tous, il est le plus généreux sur scène, se mettant sans cesse en danger pour offrir une danse où l'émotion l'emportera sur la perfection technique : il n'en manque pas ( puissance, intensité, félinité, présence, charisme, élévation des sauts...) mais c'est toujours la sensibilité, l'émotion, l'interprétation qu'il privilégie avant la poudre aux yeux, ( comme Noureev, en fait)  ce qui fait que tous les rôles dont il s'empare vivent longtemps dans la mémoire du spectateur; pour moi, il est comme les " anciens" les Noureev, les Vassiliev,  ceux qui ont une personnalité riche, profonde, qu'ils transmettent à leur rôle. D'autres à l'opéra ont une danse plus " noble" mais m'ennuient davantage...

Nicolas Leriche a été nommé danseur étoile sur ce rôle... et on ne peut qu'être émue, marquée par ce personnage de Prince, qui séduit une jeune paysanne par ennui peut être, puis tombe vraiment amoureux, la trahit malgré lui, asiste impuissant à sa mort, s'en prend à Hilarion, qu'il rend responsable,  mais réalise aussitôt sa méprise : il a   lui aussi sa part de responsabilité dans la mort de la petite, s'en repend, et au second acte, vêtu d'une longue cape noire et portant des lys blancs, il vit enfin son amour   tandis que Giselle   déjà fantôme,lui offre son pardon...    lorque le jour se lève, il se demande si finalement, il n'a pas rêvé tout cela,  s'il n' a pas été le jouet d'une hallucination... c'est Nicolas Leriche qui construit son personnage ainsi, car dansé par d'autres, il peut être beaucoup plus " basique".

Leriche donne à son personne une telle intensité que son jeu est lisible, limpide sans être caricatural; on comprend tout ce que ressent ce prince, pris entre devoir et amour, ennui et quête du bonheur, remords et volonté de faire aimer, même dans la mort...

J'ai lu quelque part, sur un forum : " quel intêret de sauter trente fois sur soi même pour implorer le pardon de Myrtha?"

Cette personne faisait référence à la série d'entrechats 6  tout à la fin du ballet... le danseur à  le choix  : il peut faire une diagonale de sauts, puis quelques entrechats 6, ou bien rien d'autre que cette série d'entrechats, ce qu'à choisit Leriche

Mais là aussi, ces sauts répétés prennent tout leur sens lorsque c'est lui qui les danse : on y voit non pas une supplication bêbête d'un garçon apeuré,  mais le paroxysme de tout ce qu'il a vécu avant et qui explose dans ses sauts : son amour, son désespoir, sa quête du pardon, sa volonté d'aller au bout de son amour, quitte à en mourir.... et Leriche nous dit tout cela... rien qu'avec cette série d'entrechats... du grand art, n'est ce pas?

D'autant que loin de faiblir, cette série d'entrechats, gagne en puissance, en élévation, reste parfaitement musicale, jusqu'au dernier, emportant le spectateur dans une émotion qui lui serre la gorge...

 


 

 L'opéra a pris le parti de reprendre les décors d'Alexandre Benois de 1926 ... décor peint, mais si poétique!!! J'adore voir les branches nues et noirs des arbres, se tordrent dans un ciel étoile au dessus des tombes...

Si l'acte un fut magnifique de simplicité, de danse limpide et lumineuse, où l'amour de Giselle et d'Albrecht, simple et frais,   qui illumine la scène,  sombre tout à coup dans le drame... le second  acte,lui, atteint le sublime :  de tout le répertoire classique, à mes yeux, c'est le plus beau :

  les Willis   légères et désincarnées à souhait, animées d'un même souffle, glissaient dans la nuit, irréelles, froides, cruelles, et irresistibles...précises dans les gestes, leurs pieds d'acier sous leurs longs tutus blancs exécutaient tous ensemble ces rites étranges qui condamnent à mort qui les voix. Leurs bras fluides et mouvants s'ouvraient en corole par dessus leur tête, souple comme les lys déposés sur la tombe de Giselle :  sur elles régne l'implacable Myrtha, dansée par une MA Gillot hiératique et mystérieuse qui en impose.

comme je l'ai écrit dans mon compte rendu sur le forum danser en France de C Schemm, ce qui a fait la parfaite réussite de ce spectacle tient à la cohésion de l'ensemble, les artistes étaient tous en osmose... je me réjouis de sa sortie en video dans quelques mois... en attendant, ne rater pas la retransmission de ce ballet sur France 3, le 1er janvier à 23h30!!!

lire aussi : à quoi tient la réussite d'un spectacle .

 


A lire sur ce blog :

 mon compte rendu complet sur cette soirée

Giselle, ballet romantique

Giselle, esthétique d'un ballet

Giselle, point de repère technique

La willis, conte gothique par Shana

forum de Cathy Schemm et site dédié à l'opéra de Paris :

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 20:49

Le mandarin Merveilleux, Boléro,

compte rendu écrit sur le forum danser en france de Cathy


Soirée du 19 juin (première)

Tout d'abord, commençons par la déception : celle de n'avoir vu que trois oeuvres, dont la dernière très courte...

Béjart avait prévu une création qui n'a pas été possible pour des raisons d'emploi du temps.
J'ai regrette que à la place de la création, ne soit pas repris Phrase de quatuor (certes, il y aurait eu deux pierre henry la même soirée, mais qu’importe ! d'autant plus que le compositeur était dans la salle!) ou alors, l'oiseau de feu, dont j'adore la partition ...

La soirée s'ouvrait sur le fantastique Man darin Merveilleux qui est du Béjart théâtralisé dans le sens le plus réussi du terme!

Trois danseurs d'exception pour le servir :
Romoli en chef des truands, Carbone en fausse fille, Belarbi en Mandarin !

Béjart a créé un langage chorégraphique pour chacun des trois. Ces trois silhouettes qui s'animent pendant tout le ballet utilisent la fragilité, la souplesse, la délicatesse pour le Mandarin, le cabaret berlinois des années 20 pour la fausse fille et la force, la brutalité rageuse pour le truand.
Ces trois personnages tissent des ensemble, dansent des solos, s'unissent pour des pas de deux lascifs ou sauvages.

Chapeau bas à Alessio Carbone qui offre une silhouette tout en contradiction avec sa danse. On ne pense pas une seconde que c'est une femme quand on le voit, mais dès qu'il danse, il en devient une!
et de ce contraste nait quelque chose de très glauque que n'aurait pas renié " Berlin les années 20"
Carbone, de plus, a un visage d'une expressivité fantastique : on lit sur son visage la malice, la méchanceté, la luxure, la vengeance, la détresse, la colère, l'inquiétude... toutes les émotions marquent ce visage.
sa danse est précise, forte, masculine et sensuelle tout à la fois, parfaitement équivoque.
A ses côtés, c'est Belarbi qui semble le plus « féminin » des deux. Le plus vulnérable. Sa gestuelle est douce, délicate, avec des gestes des poignets et des doigts très asiatiques. Il bouge comme un chat, surtout au sol, il semble léger, aérien, quand la fausse fille est tellement charnelle, incarnée.

Quand à Romoli, sa danse est rude, brutale à souhait, « carrée », âpre, et offre un contraste étonnant avec la fausse fille et le Mandarin.
Cela à l’air tout simple quand on l’écrit, mais quand on voit l’ensemble, c’est fantastique, ces trois styles chorégraphiques, qui permettent à chaque personnage de camper son univers, son être et qui donne tout son sens à la partition.

En revanche, le corps de ballet m’a déçue : ils n’étaient pas ensemble, rendaient la chorégraphie confuse, fouillie. Tout manquait de force, il n’y avait plus le côté bas fond qui m’avait tant saisie il y a quatre ans… où sont passés les magnifiques accélérés? le travail en fugue? les tours en l'air exécuté comme par un seul danseur, le travail au sol, aussi?
Mais peut être cela évoluera t-il au fil des représentations ?

Suivait Variation pour une porte et un soupir, de Pierre Henry
Là, place à l’improvisation ! le sous titre est : ballet ou le chorégraphe n’a pas sa place ! ( c’est toute une époque n’est ce pas, qui me rappelle celle où les proviseurs, sur leurs bureaux, avaient des cendriers où il était écrit : il est interdit d’interdire !)

Les danseurs chaque soir tirent au sort un numéro, de 1 à 7 qui leur donne une place dans le découpage du ballet. Puis il s’assoit sur une chaise et n’interviennent que quand c’est à eux !Ils ont une trame a respecter mais improvisent quand au reste.
Ainsi, balancement sera dansé par 1, grincement par 2 et 7 ( par exemple) sommeil, personne ne dansera et restera assis sur sa chaise, mort, par tous !

Je me suis bien amusée, et les danseurs aussi je pense
Il n’y avait que mes chouchous :
En tête, Gil Isoart, Alice Renavand ( ah Nosferatu !!!) W Romoli, K Belarbi, JC Duré, S Romberg, J Belingard.
Ils dansaient en étant vraiment reliés les uns aux autres, c’est à dire que les mouvements de l’un pouvait influer la danse de l’autre à la faveur d’un contact par exemple; ils ont pris vraiment du plaisir, c’était visible, rendant drôle la musique…. Vous n’entendrez plus jamais de la même façon le grincement de votre vieillle porte de cuisine, promis… peut être même aurez vous envie d’improvisez chez vous !
bref un moment ludique où Isoart, Renavand en tête nous ont offert des variations exceptionnelles!
Belarbi a fait un beau streap tease aussi...!



Et puis BOLÉRO !!!!

Ah, Boléro !
J’adore sa musique hypnotique, j’adore cette montée en puissance du rythme qui s’empare de tout l’orchestre !quand on y pense, c'est tout de même fou : deux phrases qui pourraient nous abrutir, un rythme qui ne variera pas : et la magie opère, comme un rite, comme une célébration commune.

Voilà donc Nicolas Leriche sur la table ; tous les garçons assis en cercle sur des chaises ( encore !) les premières mesures commencent. Un bras se lève, puis un autre, puis le corps commence à osciller.
Mais Nicolas est pétrifié par le trac ! Je ne reconnais pas du tout sa danse, ni sa façon d’être en scène… je ne l’ai jamais vu ainsi ! Les premiers gestes ont l’air un peu scolaires ! bigre, un moment de doute surgit en moi. Leriche ne sera pas à la hauteur de Boléro?
Mais je fais confiance à la musique et j’ai raison !
Peu à peu elle s’empare de lui, le trac s’en va, et surgit sa félinité que j’aime tant ! Les déhanchés s’accentuent, le buste gagne en souplesse, les bras en amplitude, la fluidité revient, et le moment de grâce nait tout d’un coup, vers la cinquième minute, quand on sent que le plaisir de danser revient, celui aussi de s'abandonner à l'émotion musicale. Peu à peu sa danse policée, bien dressée devient plus sauvage, plus abrupte, donne l'impression que l'instinct a pris le pas sur la " tête"!

Pendant ce temps, les garçons se levent tour à tour : d’abord deux, puis six, puis dix. Ils répetent à l’infini des gestes simples qu’on pourrait imiter et qui collent parfaitement à la musique ( bravo à E Hoff, décidément, celui là aussi je le trouve plein de charisme !) Le corps se balancent, les bras, cassés, sont souples, les bassins font des cercles lascifs mais précis comme des danseuses orientales !

c'est fou là encore comme Boléro est à la fois féminin et masculin, d'om "l'interchangeabilité" du rôle principal : Féminin par le côté oriental, érotique de la danse : déhanchement, bras serpent, balancement, qui n'ont rien de viril, mais masculine par la force, l'énergie qui se dégage peu à peu de l'ensemble. c'est étonnant de voir qu'à un mol balancement fait place une pause " façon sirtaki" précise, incisive, virile!
Le tout sur un décor simple : table rouge, fond noir, chaise noir, pantalons noirs…
Boléro est érotique, sensuel et la montée en puissance de la musique gagne tous les corps tandis que sur la table, danse le danseur totalement habité par elle.
et je me sens soulevée par des vagues de plus en plus haute, je suis emportée, avalée par la musique et la danse; je me noie, me dilue en Boléro!

Dès les dernières notes, la moitié de la salle est debout et applaudit à tout rompre bientpot imitée par l'autre moitié!!!

Béjart vient saluer, blessé au pied ou à la jambe, visiblement fatigué.

Et déjà, il faut partir!
je me dis que chez Alvin Ailey ils auraient remis la musique et hop; ils auraient redansé les dernières mesures de boléro... c'est ce que j'aimerais qu'il se passe....
mais non, il faut rentrer chez soi....

bon, je guette, des fois que des places pas trop chères soient remises à la vente...
J' Y RETOURNE!!!!!!! :shock:
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 20:36

compte rendu écrit sur le site de Cathy, danser en france/le forum


albrecht : Nicolas leriche
Giselle : Laetitia Pujol
HIlarion : W Romoli
MYrtha : M A GIllot

pas de deux : Philbert/ Thibault
Bathilde : Natacha Quernet
Son père : R Wilk


Ce fut une perfection !..... :pros!

C'est la troisième fois que je vois cette distribution: la première en 2003, la seconde, en 2005 et j'en redemande encore !
Je me réjouis vraiment que ce soit cette distribution ( pour les rôles titres) qui soient captés, parce que N Leriche est vraiment au sommet de sa forme physique et artistique

Et chose incroyable, jamais il n'a été aussi léger! Des receptions de sauts félins comme il sait les faire mais sans aucun bruit ! :shock:


Bref, mais revenons au début :D
Pourquoi une perfection?
Parce qu'il y a une parfaite cohésion de bout en bout
que ce soit le corps de ballet, les roles secondaires, ou les roles titres, on sent un formidable travail d'équipe!.....

et cela, je ne l'ai pas toujours vu à l'opéra de Paris ces dernières années

Il est vrai que c'est la troisième fois que cette même équipe est réunie, et peut être que le travail fait sur la scène a joué en la faveur de tous ces danseurs, pour rendre le tout vivant, naturel, beau, émouvant...
De l'art comme je l'aime de plus profond de mon être


Je n'ai pas vu Dupont avec Leriche donc ne pourrai comparer, mais le couple Pujol / Leriche est vraiment totalement en osmose

D'un bout à l'autre du ballet, on est emporté pour leur amour malheureux, tragique, et lors du grand pas de deux du second acte, j'étais bouleversé comme rarement

Comment Nicolas Leriche fait il au premier acte pour nuancer autant son personnage?
séducteur, puis séduit, puis amoureux, puis complètement emabarassé lorsque sa fiancé arrive , mais le regrettant aussitôt, puis totalement dépassé par ce qui arrive :la mort de la petite paysanne dont il est vraiment tombé amoureux!
Mille nuances de jeux nous montre qu'il est un prince mais qu'il ne voit pas en Giselle qu'une amourette de passage; que du plus profond de son être, il aspire à autre chose, et qu'il aime vraiment

Giselle au premier acte est d'une fraicheur fantastique, réservée, mais espiègle, amoureuse et heureuse comme on l'est à cet âge quand on aime la première fois
Mais ce qui est encore plus fabuleux : ce sont toutes les failles qu'on sent dans ce personnage : derrière sa joie se cache un mal être, une souffrance, comme si la folie guettait
Elle surgit tout à coup sans prévenir : comme la scène de la marguerite ou on pressent ce qui engloutira la raison de Giselle

le corps de ballet est impeccable! Enjoué, enlevé, il y a beaucoup de plaisir et de joie sur scène, techniquement ensemble, et ce bonheur est complètement communicatif

Hlarion/Romoli a beaucoup de présence, mais il campe un Hilarion traditionnel, brutal, jaloux, sans "nuance", qui fait peur!

Très convaincant, même si j'avais beaucoup aimé les nuances apportées par Yann Bridard au personnage lors d'une autre saison

Et puis l'écuyer d'Albrecht est fantastique : bravo à S Elizabé qui rend son personnage totalement crédible, attachant
Il est si protecteur face au prince, il incarne le bon sens absolu!

Encore à citer l'extraordinaire R Wilk qui se tire toujours avec maestria des petits rôles ( l'homme dans Sylvia par exemple)
Là, ce prince en impose, on sent tout le poids qu'il peut faire peser sur sa cour, tout l'étau qui peut se resserer autour de ces gens
Sa fille Bathilde est une merveilleuse Bathilde ( même si j'ai encore en moi la vision de Laurence Laffon) princesse belle, à l'aise dans le monde qui est le sien, qui montre un interet à la fois sincère et un peu condescendant pour la petite paysanne

Pas de deux

E Thibault
en super grande forme!!!
techniquement impeccable ( je n'ai rien remarqué à la reception de ces sauts) mais je n'arrive à voir en lui un jeune marié, paysan de surcroit!
mais sa technique est vraiment impressionnante

Quand à A Philbert, très belle technique, grande grâce, mais quelque chose d'un peu trop précieux pour moi; un peu trop manièré.

Il est difficile en peu de temps de faire exister un couple sur scène, et je n'ai pas trop cru à celui là, même si leur danse était vraiment techniquement irréprochable!!!

Dans la scène de la folie, Pujol semble complètement passer dans un autre monde; elle est déjà dans l'autre monde
Les danseurs qui l'entourent semblent ne pas avoir leur place sur scène, et même quand il sont en mouvements, ils semblent décalés, tant elle parvient a faire exister cet autre monde, monde parallèle à ce moment là!
ce monde parallèle, qui l'a happé et dont elle ne sortira plus...

En même temps, elle ne surjoue pas, elle reste simple, très naturelle
Ce sont des détails qui font la différence, un regard, un poignet, une façon de faire un pas!

bref!

Comme toujours après le premier acte, je ne quitte pas mon siège, car il faut que je me remette!

Le second acte fut une perfection!!!


MAIS je n'ai pas aimé les éclairages de ???? impossible de trouver le nom
1) le ciel étoilé n'apparait pas! ( jadore voir ce ciel peint, étoilé, noir et brillant qui apparait au milieu des branches tordus des arbres :là rien!!!
2) il y a toujours ces auréoles jaunes sur les tutus : ça ne fait pas du tout clair de lune, mais tutus mal lavés!
3) la pénombre est trop forte, et gâche vraiment quelque chose

Dommage!


Myrtha surgit!....
et voilà M A Gillot qui apparait
; j'ai d'abord cru qu'elle était tiré par des fils invisibles et en ai été étonnée!!! :shock: elle ne touchait pas le sol! j'aurais pu rester des heures à la regarder glisser ainsi, au milieu des arbres du cimetière....
en fait, si, et c'est en regardant ses pieds que j'ai vu son secret
elle relache ses chevilles avec tant de maitrise que ses avances glissent, irréelles, sur le sol; avec cela une immobilité parfaite du buste !
elle incarne un fantôme hiératique, froid, blessé, pétri d'un amour propre froissé qui cache une souffrance enfouie
Sublime!
il n'y a qu'une chose qui m'a un peu gênée : ce sont ces jetés attitudes, ou les mouvements de la tête étaient très marqués, comme si elle cherchait la force dans ses épaules.
Mais malgré cela, sans importance, peut être, son personnage existe vraiment de bout en bout et s'inscrit parfaitement dans la dramaturgie

Pujol est un fantôme plein de souffrances, d'amour et de pardon
elle n'est peut être pas la plus parfaite Giselle sur le plan de l'immatérialité ( ce dont on parlait l'autre jour, cette sensation d'air) mais émotionnellement, c'est très profond; tout est intériorisé sans une fois de plus en faire trop

Avec Leriche, le couple est bouleversant; il peut enfin s'aimer dans ce monde de fantôme et partager pour quelques instants un amour qui leur a été impossible sur terre

petit détail

j'avais devant moi deux adorables fillettes de 6 et 9 ans
la petite de 6 n'a pas arreté de gigoter pendant tout le spectacle, parce qu'elle voulait comprendre et questionnait sa mère ou sa soeur, elle se hissait sur ses bras, passait d'un côté de l'autre
pas grave, cela ne me genait pas et je me disais quelle chance elle à de voir cela si jeune :D

mais pendant ce fameux pas de deux :elle n'a plus bougé pendant cinq longues minutes!
elle etait happée par le couple! pétrifiée devant cette beauté :shock:

Il faut dire que le passage très lent ou Albrecht soulève Giselle et qui souvent se ralentit ( ce qui a été le cas, mais naturellement) a été ici un sommet invraissemblable d'émotion! c'est comme si tout à coup, tout s'était suspendu dans le temps : leriche pujol ont arrété le temps !
Cette fillette s'en souviendra longtemps!

et puis, Leriche, le plus bel Albrecht que j'aie vu ces dix dernières années, surtout hier! :a:l
sa dernière variation était pleine de fougue et de desespoir, et comme l'avait dit Turlututu, sa série d'entrechat qui à la fin, loin de faiblir rebondit de plus en plus, dans " l'énergie du desespoir"!!! :shock:
idem pour les entrechats de Giselle lorsqu'elle recule : une frénésie, une vivacité, mais toujours musicale!!

voilà
l'ensemble des willis était parfait, et vraiment la nuit et les fantômes, le noir, le blanc, l'argent, c'est tout un univers magique et effrayant à la fois que je retrouve depuis trente longues années avec la même émotion

merci à tous ces sublimes artistes pour ce moment d'exception!!!!
et bravo à toute l'équipe de danse, de costumiers et de décorateurs!
un travail d'équipe parfait!!! :a:l

ps : le public

je ne vais jamais voir de spectacle l'après midi
la,je n'ai pas eu le choix

j'avais les vamps derrière moi :
-qu'il saute haut, ce petit jeune homme!
-et t''as vu cette petite?
- oh, oui, elle est bien mignonne!
- c'est la petite de la télé?
- oh, c'est seyant, ces petites jupes qui volent!
- et la musique!
-oui, ça me rappelle les valses de vienne

etc, etc!

d'ailleurs, pendant tout le premier acte, il y avait un petit brouhaha de voix et de commentaires .... :roll:
les chut des uns et des autres n'y faisaient rien...
là aussi, ce n'est pas très grave, sauf quand les vamps se sont mises à chanter en coeur pendant le second acte.... :roll:

argh! !!!!!! :shock:
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 20:30

compte rendu écrit sur  le forum du site de cathy, danser en france


J'ai toujours beaucoup aimé JC Gallota
déjà à l'époque de son groupe de recherche, Emile Dubois, j'adorais son travail
j'ai aimé Docteur Labus, Dom Juan, les Variations d ' Ulysse et d'autres...

Son Nosferatu a un parfum bien à lui que je garderai longtemps en mémoire
Oh, rien à voir avec une histoire de vampire qu'on nous raconterait pour nous terroriser, non.
Ce n'est pas narratif, mais il se dégage de cette oeuvre une atmosphère pesante, sombre, où pourtant des moments de pure poésie scintillent tout à coup, comme une arrivée d'air frais

Le décor, réduit, présente dans les cintres une sorte de grand puits d'où vient la lumière, souvent sombre, parfois orangée
La scène est encadrée par de grands piliers de béton
et c'est dans ce no man's land souterrain qu'ont lieu les rencontres du monde d'en bas...


Sur quatre pièces de Dusapin, certaines un peu conventionnelles, d'autres très inspirées, s'organisent des duos, des solos, des quatuors, des scènes de groupe
Les danseurs ont d'abord travaille dans le silence avant de travailler en musique
cela se sent et c'est très bien; car il y a tout un travail qui se fait sur une pulsation interne et collective qui anime la danse d'une façon assez organique. comme si tous ces corps n'appartenaient qu'à un seul être aux multiples incarnations

La musique et la danse oblige a un état d'éveil; les yeux doivent s'habituer à la scène peu éclairéeainsi, par contraste, la chevelure de Juliette Gernez, les bras d'Alice Renavan, la peau de Mitéki Kudo scintillent comme sous un clair de lune...

les corps se tendent, s'agitent, sont frénétiques, enchainent des figures à une vitesse hallucinante, puis c'est le repos, le temps suspendu, le temps d'un duo où tout s'arrête.
Magnifique travail de rythme de la part des danseurs!
J'ai particulièrement aimé, outre Martinez, Kudo, Isoart, le couple Renavand/ Young qui crèvent, eux aussi la scène. Le langage de gallota leur va comme un gant!
Renavant a acquis une toute récente maturité sur scène, elle irradie! Je l'ai toujours adoré, mais là, elle acquiert vraiment du poids en scène...

Pendant tout le spectacle, les questions se pressent sans qu'on puisse s'attarder sur aucune; le temps presse, quelque chose se passe qui ne durera pas, alors on attend, on s'attend à quelque chose...mais la frénésie nous gagne... à quoi assiste t'on? qu'est ce qui se trame dans ces sous sols?

Nosferatu
est le genre d'oeuvre qui laisse le spectateur dans un état étrange sans que l'on sache à quoi on a assisté
un peu comme le grand Meaulne quand je le lisais : impossible à chaque fois de me rappeler l'histoire, mais bien l'état dans le quel le livre m'avait plongé
c'est pareil pour nosfératu
c'est sombre, comme par une nuit sans lune, et pourtant quelque chose se trame et s'incarne sous nos yeux, sans qu'on puisse soulever un coin du voile....
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 20:22

petit compte rendu écrit sur le forum de Cathy, danser en france dont je suis modératrice



La première chose qui m'a étonnée a été la laideur des costumes et des décors du premier acte
Ces tons délavés, ces grands pans de murs façon béton.... :roll:
et puis le premier acte a commencé... très bien dansé mais quel ennui...
heureusement, une petite surprise m'attendait. J'étais assise au premier rang mais complètement sur le côté, juste devant les timbales et les cuivres graves ( tuba trombonne... d'ailleurs Mr le Tuba, vous avez bien rigolé....)
et là, juste devant il y avait Mathilde Froustey qui se trouvait de ce côté.
Je l'adore et quel régal de la regarder danser... c'est ci facile pour elle!
j'ai pu observer ses expressions, sa technique, sa légéreté, son bonheur de danser, et sa beauté....

Le Prince n'a pas grand chose à faire, mais dès que Nicolas s'est mis à danser, ça y était, je retrouvais ce qui fait que j'aime la danse classique; tout est devenu vivant, humain...
Karl Paquette affirme une très belle présence sur scène, et leur pas de deux a été le sommet de ce premier acte.
Il s'opérait une vraie magie entre els deux danseurs qui se confirma au second acte
Nicolas, prince qui a le "mal de vivre" et qui obeit aux injonctions de cet imposant précepteur... qui semble si peu en harmonie, en accord avec le monde qui l'entoure et qui l'ennuie... a danse la variation qu'on pourrait appelé " la mélancolie" avec la sensibilité qui le caractérise, une grande sobriété, l'émotion étant "sur le fil"

Le second acte

Je m'attendais à tout mais pas à cela! je trouve toujours Letestu froide, mauvaise actrice... technique sublime mais manque d'âme...

Et là.... j'ai vu le plus beau cygne blanc de ma vie! même ma Guillem adorée fut oubliée

Odette arrive : frémissement des pieds, mouvements de la tête quand elle lisse ses plumes très expressifs, précision, grâce, fluidité, féminité, douceur, tendresse, detresse, bras on ne peut plus souples...
je n'avais jamais vu cette danseuse faire oublier sa technique à ce point. On en voit plus qu'une princesse cygne, d'une grâce à couper le souffle, d'une tristesse à pleurer soi même, d'une beauté et d'une irréalité renversante, d'une expressivité immense
j'avais une grande attente, connaissant la chorégraphie par coeur. et cet artiste a été au délà de mon attente...
et cette expressive douceur... j'ai commencé à larmoyer et cela n'a fait que s'amplifier avec le duo de l'acte 2!
et puis ce cygne d'abord effrayé qui essaie de fuir, qui semble si fragile...
mon Dieu, quel osmose entre le couple! on n'entendait plus un bruit dans la salle, il se passait vraiment quelque chose d'extraordinairement magique et beau à cet instant... Le prince fond d'amour, et on le sent à ce moment aussi vulnérable que le cygne. Les serments furent douloureux à voir, car on n'avait l'impression que ces deux êtres étaient aussi perdus l'un que l'autre, et que leur amour n'allait pas suffir à les protéger...
comment ont 'ils fait pour se rendre aussi vulnérables? c'est le mystère de l'art...
bref, dès le pas de deux finis, il y a eu un soulèvement collectif dans la salle d'applaudissement et de bravos hurlés, comme une grande vague collective... ça transporte ( je ne suis jamais la dernière à crier mon enthousiasme non plus!!!! 8)

on a déjà beaucoup parlé des quatre petits cygnes... mais c'est vrai : une perfection!!!! mon Dieu... ces mouvements de tête qui peuvent avoir l'air si bêtes étaient " très danses russes". Un jeu de miroir entre ces danseuses, parfaitemet immatérielles!!!
et les cygnes!!!!! bien sûr, on repense à Doisneau en ce disant... dur à vivre, peut être, mais quel résultat, quel magie!!!! les danseuses étaient parfaites, désolée d'avoir un vocabulaire si pauvres ce matin... mais voir toutes ces danseuses animées d'un seul et même souffle, nous offrir un spectacle de cette précision et de cette magie!!!!

quand au pas de trois avec Paquette!!! Les trois artistes étaient en état de grâce!!! Je trouve toujours le rôle de Rothbart   grotesque, mais là, il prenait toute sa mesure!!! ce magicien devient réel, et pas une attraction ratée d'un ballet conte de fée... de plus, l'intelligence de Noureev fait que tout de suite, on comprend que ce monde imaginaire n'est peut être que le rêve eveillé peuplé de beauté et de cauchemard d'un prince fragile et apeuré... ah Noureev, vous êtes vivant quand on danse vos ballets... c'est si vrai, et j'ai beaucoup pensé à vous hier soir.... vous nous manquez toujours.....

Du coup, le troisième acte.... :roll: retrouver les robes tabliers des danses napolitaines, la fadeur des costumes hongrois, les robes bizarres des espagnoles :roll: non, ce n'est pas ma tasse thé!!! c'étati très bien dansé mais pour moi, d'un total ennui.... même si Mathilde a parfaitement bien dansé la danse napolitaine... :wink:

Le cygne noir on sent que Letestu a beaucoup pensé à ce personnage; elle essaie de faire d'Odette une femme très complice de Rothbart, qui va se jouer du prince et s'en délecte à l'avance; magnifique technique, belle présence, mais il manque ce petit quelque chose qui signe :shock: les grands cygnes noirs, et la Guillem reste pour moi la référence!

Bref et acte 4 alors là.... retour de l'émotion pure et indicible.... c'est le moment de préciser les progrès immenses de Karl Paquette; je l'ai toujours beaucoup apprécié mais là : technique et corps affiné, moins de lourdeurs dans la réception des sauts, plus d'amplitude, présence qui s'affirme, brio, précision des receptions, pas de bavure des pieds....vraiment, j'ai vu un danseur prendre un nouvel envol ce soir. Paquette avait déjà une belle dimension artistique, maintenant, il devient un danseur précis, à la technique qui brille....
une fois encore le trio est parfaitement en harmonie; Leriche et Letestu ( les portés, extraordinaires, d'une hauteur, d'une amplitude et d'une facilité) forment vraiment un couple déchirant... et leur fin tire les larmes....

L'orchestre... je m'attendais au pire surtout en me trouvant où j'étais, mais vraiment, j'ai été surprise aussi... j'étais le nez sur les musiciens j'entendais surtout la section cuivres- percussions, mais l'équilibre n'était pas rompu avec les bois et les cordes comme souvent, où chaque famille joue un peu pour soi....

bref, la plus belle soirée classique depuis longtemps!!!!
:D

Un infini merci aux danseurs....
et plus particulièrement à Letestu... j'attends avec impatience le DVD, pour la revoir danser.... :shock: :shock:

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 20:20

  L'évènement est de taille... c'était l'an dernier l'anniversaire de la naissance de Serge Lifar mais l'opéra, résolument, n'avait rien fait... malgré les réclamations en tout genre de milliers de balletomanes qui aiment S Lifar, aucune soirée n'avait été donnée...

M Dominique Delouche avait sorti un film qui s'appelle "Apollon Musagète" mais cela était resté très confidentiel...

Donc cette année, l'opéra décide enfin de donner deux des très nombreux ballets de Lifar, le magnifique " suite en blanc" et le bouleversant "Mirage"

 


 

Mais qui est Serge Lifar?

 

 

 

Lifar est russe, il est venu à Paris à l'époque des ballets russes, puis est resté en France après leur dissolution. Il s'établit donc à l'opéra de  Paris en 1929. C'était un danseur aux qualités physiques très particulières : lyrisme, puissance, présence...

Mais c'est surtout un chorégraphie novateur, qui travaille avec les artistes de son temps. Il serait prétentieux de définir en quelques mots le style Lifar, si particulier. Disons simplement en quelques mots, que ce chorégraphe qui maitrise parfaitement le vocabulaire classique et le respecte, l'enrichit à sa manière et innove aussi. Ainsi, il utilise la 6ème position ( pieds parallèles), les décalés, c'est à dire que le corps se dévie de son axe, ( il peut appliquer cela à toutes les positions)... et puis tous les mouvements sont travaillés en longueur, comme pour atteindre l'infini, cela leur donne un délié, une poésie aérienne, qui ressort beaucoup dans les Mirages par exemple.

 

chauviré en position pied parellèle, position très lifarienne

On en veut toujours beaucoup à S Lifar, de ne pas avoir fui Paris pendant l'Occupation, et d'avoir continuer à créer...

Lui dira simplement qu'il ne voulait pas abandonner la danse et ses danseurs...

Voilà en quelques mots.

En 1990, l'Opéra avait donné plusieurs soirées Lifar qui comprenait : Icare, Ishtar, Roméo et Juliette, Suite en blanc, Mirages...

 

 


 

Legris et Loudière en répétition, dans le magnifique film de D Delouche, " comme les Oiseaux"

 

J'ai été bouleversée par Mirages...  homme   fuit son ombre, croit trouver le bonheur éternel dans les joies fugitives de ce monde, et se retrouve à la fin du ballet face à son ombre qui sort d'un coffre : sa solitude

I Chauviré qui a créé le rôle ( et d'autres de Lifar) explique qu'au départ l'Ombre n'avait pas un très grand rôle et que peu à peu il s'est étoffé. Elle dit encore que dès les premières notes, il se passe quelque chose de bizarre et de très fort sur le plateau... que tout le monde peut ressentir...

J'ai eu la chance il y a seize ans de voir E Maurin, émouvante au delà des mots,   et puis la sublime K Averty dans le rôle de la  femme. J Y Lormeau dansait le jeune homme...  I Guérin dansait Ishtar... seize ans après, la soirée entière est intacte...

 

Dans les films de D Delouche, ce qui est magnifique, c'est que l'on voit la transmission   directe des ballets: les étoiles qui ont brillé sur scène dans le passé transmettent le rôle à leur tour à d'autres étoiles et ainsi de suite...

Sur la photo, on voit Atanasoff, Chauviré, faire répéter Legris et Loudière... tout est étudié :la technique, mais aussi le style, l'esprit du ballet : rien n'est laissé au hasard, et c'est tellement beau de voir que bien souvent, au dela de la technique pure que ces artistes de 70 ans ou plus n'ont plus, il reste l'esprit, l'âme du ballet, et la connaissance parfaite du " texte"...

La danse, art éphémère qui est ainsi transmise par le geste, par l'exemple, par le corps, auquel rien ne peut se substituer....

 


 

En plus de Suite en Blanc et de Mirage, sera donné l'envol d'Icare de T Malandain: mais un autre article y sera consacré...

Si vous le pouvez, ne ratez pas cette soirée...

 


 

les films dominique delouche sont distribués par Doriane. Un coffret de 4 dvd regroupant huit films est sorti : Maia, Katia et Volodia, Y Chauviré, Vyrouboba, S Peretti, Violette Verdi et Balanchine, et puis Loudière et A Markova... tous reposent sur la transmission de ballets, de styles, auxquels les danseurs ont consacré leur vie entière...

Merci à lui pour toutes ces merveilles....

 


 

Soirée Lifar Malandain, à l'affiche de l'opéra de Paris du 10 au 28 octobre; prix des places de 10 à 80 euros

place à l'amphithéatre à 20 euros de bonne qualité ( celles que je prends)

plus d'info ici : http://www.operadeparis.fr/Saison0607/Spectacle.asp?Id=992

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