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Shabastet

  • : Danse et... danses!!!
  • : Blog sur la danse en général et l'opéra de paris en particulier rédigé par Valérie Beck, administratrice du forum danses pluriel
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

16 septembre 2006 6 16 /09 /septembre /2006 06:58

  Rodin a toujours aimé les femmes, qu'il immortalise dans la pierre, d'où émergent des corps nus, enlacés, à la sensualité débordante, un peu lourds parfois, mais merveilleusement sculptés et comme vivants.

Aussi, lorsqu'il découvre les danseuses khmères lors de leur passage à Paris en 1906, c'est une nouvelle révélation qui s'offre à lui. Il reçoit un vrai choc, profond, qui lui ouvre les portes de quelque chose qu'il a toujours poursuivi en sculptant et qu'il va cette fois fixer par le dessin.

Ces danseuses sont en France pour deux raisons. D'un part, Sisowath 1er vient d'être couronné roi du Cambodge, et en tant que souverain, il fait des visites officielles en France, d'autre part, la France est à l' apogée de sa puissance coloniale et organise des " expositions universelles". Celle de Marseille, en 1906,  consacre à l'Indochine sa plus grande section. Ces expositions sont un véritable outil de propagande pour la politique coloniale et attirent des millions de visiteurs.

 


 

 

 

pavillon du Cambodge à l'exposition universelle de 1931



 

 

 

Le roi s'est donc déplacé avec ses danseuses, a été reçu à Paris, puis s'en est retourné  à Marseille pour embarquer pour le Cambodge.

Rodin le sait, saute dans un train à sa suite sans papier, ni pinceaux ni rien, et va pendant six jours, dessiner  les Apsaras sur  tout ce qui lui tombe sous la main, y compris du papier de l'hotel où il est descendu.

 

Rodin et les petites danseuses khmères.

 

Il a déjà soixante six ans... cent cinquante dessins vont surgir de ses doigts... certains  à Paris se verront rajouter un peu d'aquarelle.

 


 

J'ai depuis longtemps des reproductions de ces danseuses cambodgiennes dans mon bureau. Ce ne sont autres que les Apsaras. A la cour, on ne les voyait pas comme des danseuses devant divertir le roi, mais comme des intermédiaires entre le roi et les divinités khmères. L'art rejoignait le spirituel et le sacré de la plus poétique des façons.

Voir toutes ses danseuses figées dans le mouvement, avec les bras en serpent révèle  non seulement toute la puissance de travail de Rodin, mais aussi une dimension poétique et aérienne de lui même, immense et touchante, que je lui soupçonnais ( on ne peut que le remarquer avec des oeuvres comme la Danaïde, ou encore l'expression des visages de ses bustes, si profondément humaine)   mais qui dans cette série s'exprime librement. Car la danse, et surtout la danse des Apsaras, est le plus immatériel des arts... le figer, c'est le réduire, c'est lui retirer sa raison d'être... mais Rodin l'a compris : en réalisant 150 dessins, c'est presque à une oeuvre cinématographique qu'il nous convie : le mouvement redevient réel... il n'est plus prisonnier d'un dessin, d'une pose, qui l'aurait réduit sauvagement. C'est l'ensemble qu'il faut voir plutôt qu'un dessin en particulier pour que la vie et la danse anime à nouveau ses corps immobiles.

Rodin dit être surtout touché par l'antique. " Ces danseuses ont fait vivre en moi l'antique, dit il, je suis un homme qui a donné toute sa vie à l'étude de la nature et dont les admirations constantes furent pour les oeuvres de l'antique; imaginez donc ce qu' a pu produire en moi un spectacle aussi complet qui me restituait  l'antique en me dévoilant du mystère." 

 

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25 août 2006 5 25 /08 /août /2006 07:02

 

Fanyda à Paris

Avant d'ouvrir son école à Grenoble, Fanyda a longtemps dansé à Paris. Elle est devenue danseuse " de fil en aiguille" en commençant la danse, puis en tombant amoureuse de la culture orientale au point que la danse devint une vraie passion. J'aime bien l'expression canadienne qui dit " tomber en amour". Je trouve qu'elle sied parfaitement à Fanyda et à son rapport à la danse orientale.

" Je me suis interessée à tout ce qui concernait l'Orient : son histoire, ses traditions, sa musique, sa culture. La danse orientale a fini par prendre beaucoup  de temps et à empiéter de façon considérable sur ma vie. Je mangeais danse orientale, je vivais danse orientale. La passion? oh bien plus que cela!..."

Je me souviens chez le percussionniste Hassan Abdelmalek, il y avait une immense photo d'elle accrochée au mur. Son nom lui-même est original, et, je ne pense pas me tromper, mais sonne parfaitement oriental, sans être vraiment d'origine orientale : choix élégant d'une femme qui se reconnaît dans la culture orientale sans "usurper" une identité.

Fanyda a dansé dans la compagnie de Mayodi avant de créer elle même sa compagnie a Paris. Elle se souvient d'ailleurs avec une profonde émotion de la réaction de ses danseuses lorsqu'elle leur a annoncé qu'elle quittait Paris. 

" Ce souvenir est a jamais gravé dans ma mémoire.  Ce moment où j'ai vu des larmes couler sur leurs joues restent un moment fort, intense, et inoubliable. Le fait de voir une telle émotion les envahir à ce point, m'a bouleversée à tout jamais. J'ai pris conscience à ce moment précis de la charge émotionnelle de nos relations."

Elle ajoute que des moments inoubliables, elle en a connu d'autres : " mon premier spectacle avec ma propre compagnie et mes propres chorégraphies, les tous premiers témoignages du public, les premiers pas de sa fille sur scène."

 

 

 

 

Danseuse de mère en fille?

Tiens! Sa fille se destinerait elle à devenir elle aussi danseuse orientale? Qu'en pense sa maman?

"Ma fille est venue seule à la danse orientale même s'il est certain qu'elle a été bercée par la musique orientale depuis sa tendre enfance. C'est elle qui a demandé à suivre les cours que je dispensais. Depuis deux ans, elle fait une heure de danse par semaine. Elle est très douée!

Mais je souhaite que la danse reste sa passion: ce métier et ce milieu dans lequel j'évolue est très difficile et l'égo y est surdimensionné. Comme toute maman qui se respecte, je souhaite lui épargner tout cela, mais si c'est ce quelle veut vraiment faire alors j'espère pouvoir la conseiller du mieux possible et mettre mon expérience à sa disposition. Je ne l'y encouragerai pas, mais bien sûr, je ne la découragerai pas!"

Cela me rappelle presque mot pour mot les propos de Noella Pontois, danseuse étoile, à propos de sa fille Miteki Kudo. Le métier de danseuse est un métier terriblement dificile, de par ce qu'il exige sur le plan du corps, déjà, mais aussi, pour tous les sacrifices qu'il exige sur le plan personnel.Les danseuses le savent très bien, qu'elles soient issues du monde classique ou oriental!

 

 

Un film en projet....

Fanyda se dit encore ouverte à beaucoup de styles, d'artistes chanteur, musicien ou danseuse. Elle aime particulièrement Naïma Akef, Oum Kalthoum... mais elle avoue aussi n'avoir jamais " été fan de quelqu'un en particulier".

Si elle regarde des dvd, ses choix se porteront sur les comédies musicales ou les films sur la danse, y compris Dirty Dancing ou Grease. Ces comédies la fascinent "de part leur complexité et leurs richesses : danse, chant, travail théâtral : l'écoute de l'autre, le travail de groupe"

Fanyda fourmille de projets, et on ne soupçonnerait pas l'existence de certains! Que le cinéma s'interesse à elle, et qu'il y ait un projet de film, voilà qui est formidable pour elle et la danse : " Je souhaite vivement que ce film montre une image positive de la danse orientale. Que ce film en montre toutes les facettes. j'espère qu'il reflètera davantage la beauté artistique de la danse, le travail acharné qu'il faut produire, plutôt que son image ravageuse même si elle existe. Je voudrais que la danse soit belle et vraie. Je suis très confiante en Abdel, le réalisateur. je sais qu'il a à coeur de montrer la danse orientale en tant qu'Art. Il adore et surtout respecte la danse orientale.

 


 

A quand une fédération, un diplôme?

Comme beaucoup de femmes lucides sur la danse orientale au nombre duquel je compte aussi Leila Hassan qui a toute mon affection, Fanyda s'exprime sur le besoin d'un diplôme, d'une fédération, mais reconnait que ces projets se heurtent à des problèmes difficiles à résoudre :

" A quand un diplôme, à quand une véritable reconnaissance? Je   dis mille fois oui à la création d'une fédération, ce serait idéal mais reconnue par qui, sur quels critères? Il y a là un débat qui n'aura jamais fin. Les professionnels ne s'entendant déjà pas entre eux, je suis très pessimiste quant à l'avenir reconnu de la danse orientale. La danse orientale a le succès qu'elle connait aujourd'hui... tant mieux... "

Je pense que Fanyda dansera longtemps, au vue de son énergie, de son punch, de sa passion, mais elle même s'explique :

"J'espère être suffisamment lucide pour arrêter quand il le faudra. Le pire moment de la vie d'un artiste c'est de tomber, d'un coup, du haut de l'échelle. Je veux quitter la scène et l'enseignement avec dignité."


 

Le plus étonnant....

Dans la longue interwiew que m'a adorablement accordée Fanyda, une chose m'a vraiment émue...

Elle confie : " J'adore aussi les musiques écossaises et irlandaises car elles me font voyager dans ces belles contrées sauvages où je rêve d'habiter et où j'habiterai très certainement..."

Je ne sais pas pourquoi, quand je lis ces lignes, je suis émue aux larmes... notre Orientale Fanyda a déjà la flamboyante chevelure des Irlandaises. je l'imagine sur les landes sauvages, cheveux au vent, comme une  héroïne de légende, vivant librement, au son de la harpe, ou bien des violons et des tambours, des flutes qui résonnent dans les pub plein de vie, de musique... 

Espérons alors qu'on pourra encore la voir danser, libre et heureuse, près d'un loch mystérieux, où sur la lande, en compagnie des Elfes malicieux....

 

 

 


 

 A lire : orientalement Fanyda (1)

 

site de Fanyda : www.fanyda@free.fr


Fanyda est en tournée nationale à partir de la rentrée!!!

Plus d'info et toutes les dates sur son site

Sera à Paris les 26 et 27 janvier!

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20 août 2006 7 20 /08 /août /2006 08:25

C'est tout à fait par hasard que j'ai vu Fanyda pour la première fois sur scène il y a plusieurs années. J'avais tout simplement suivi des amies qui faisaient de la danse orientale dans un petit théâtre que je ne connaissais pas. Je ne savais pas trop à quoi je devais m'attendre. J'avais vu à la TV des reportages sur la danse orientale en cabaret, et sincèrement, si j'avais bien aimé, je n'avais pas été transportée. Trop de paillettes, avais-je pensé.

Je ne sais plus très bien, six ou sept ans après, comment commençait le spectacle qui présentait plusieurs tableaux,  mais  la toute première apparition de Fanyda sur scène reste elle à tout jamais gravée dans ma mémoire. Elle portait  un costume rouge, magnifique, de très bon goût,  sa chevelure bouclée flamboyait. Elle dansa sur un solo de percussion avec vivacité, passion, énergie et sens musical très sûr. Le choc absolu!

Ce n'est pas sa technique, ou son charisme, immense, ou sa chorégraphie, ou quelque chose de précis qui me transportèrent le plus, mais l'impression qu'elle ne faisait qu'un avec la musique, et que le rythme résonnait dans son corps et mettait en mouvement les épaules, ou le buste, ou le bassin, ou tout autre partie de son corps d'une manière à la fois énergique, précise, fluide... car en tant que musicienne,  c'est toujours cela qui m'émeut le plus chez un danseur : sa faculté à ne faire qu'un avec la musique.

En plus,  la connivence qu'elle installa d'emblée avec le public par ses regards, des petits gestes à son intention, des petits riens qui font toute la différence, prouvaient que Fanyda n'était pas enfermée dans sa bulle. Son espièglerie apportait en plus à sa danse une legereté, une fraicheur que je n'avais jamais vues encore, et que depuis, j'ai très peu rencontrées chez les danseuses orientales.

Fanyda s'explique la dessus : " Lorsque je danse sur scène, je suis toujours en absolue improvisation. Bien sûr, je connais parfaitement mes musiques car j'ai besoin de pouvoir  m'y plonger profondément,  mais mes interprétations varient immanquablement d'un spectacle à un autre. J'ai besoin de ressentir le public, d'être en osmose avec lui.  Mon corps doit être un instrument qui va éveiller l'oreille du spectateur. Je dois être en mesure de lui faire entendre un instrument auquel il  n'aurait peut-être pas prêté attention. Je veux aussi faire monter en lui l'émotion cachée au fond de son coeur."

 


 

Ainsi donc, voilà pourquoi pendant les solos de Fanyda, on a cette sensation d'entrer au coeur de la musique...

Après ce spectacle, je suis retournée voir Fanyda danser plusieurs fois. Au théâtre Adhyar, et au Trianon, où j'ai même entrainé des amies qui ont plus l'habitude de l'opéra de Paris que de la danse orientale!

C'est après l'avoir vue dans ce théâtre que j'ai eu envie de parler d'elle sur les différents forums de danse classique, car ce qu'elle présentait me paraissait digne d'être mentionnée sur Critical dance et de la contacter. Et là, j'ai été étonnée par sa gentillesse, sa disponibilité, ses réponses toujours rapides et élégantes aux mails que je lui adressais.

 

J'ai compris que comme la plupart des artistes qui m'inspirent au sens premier du terme, Fanyda possédait la générosité sur scène parce qu'elle la possédait dans la vie. D'ailleurs, dans ses spectacles, elle invite toujours des artistes : j'ai ainsi pu découvrir une artiste absolument fabuleuse qui s'appelle Melisdjane, qui m'a elle aussi éblouie.

Fanyda, pour ses spectacles, règle tout elle même : chorégraphie, mise en scène, choix des costumes, artistes invités ( au sens large du terme, puisque des dromadaires ont même été les guests de son spectacle à Trianon et au stade de France). Ce qui dénote une énergie prodigieuse et une passion absolue.

Cette passion de la danse, elle la partage non seulement avec son public, mais avec tous ceux et celles qui voient la danse orientale comme un art et désirent apprendre :

" Je partage ma passion et mes émotions avec le public, je transmets mon saoir à mes élèves au travers de mes cours. Je transmets mes connaissances également à des femmes qui font le voeu auprès de moi de vouloir enseigner ou danser de façon professionnelle. Je les bombarde de conseils. Je ne retiens aucune information. "

 Isia, qui est elle même danseuse et directrice de   compagnie, ne démentirait pas ses propos!

Quand à sa compagnie elle même, j'ai été étonné par la qualité du travail présenté : les danseuses étaient bien sûr parfaitement ensemble, mais aussi parfaitement à l'aise sur scène. Certaines irradiaient un plaisir immense, ce qui est toujours une joie pour le spectateur. Les numéros de percussions sont parmi les plus étonnants, car techniquement difficiles à maitriser et pourtant, il n'y parait rien...

J'ai hâte de revoir Fanyda et sa compagnie sur scène et de continuer cet hommage à une artiste qui  apporte beaucoup à la danse orientale en France, art encore si fragile, parfois aimé ou rejeté pour de mauvaises raisons et si peu reconnu...

" Le rejet et l'engouement de la danse orientale viennent de clichés installés dans les esprits et les mentalités qu'il est très difficile sinon impossible de changer ou de modifier. On en revient toujours au même dans le sens ou un certain public pense que la danse orientale est vulgaire, érotique et ne possède aucun atout artistique. Alors, dans ce sens, elle attire ou rebute selon ce qu'on en attend. Et puis beaucoup de personnes sont loin d'imaginer que la danse orientale est un art qui demande des années de pratique, de connaissance et d'expérience"

 


 

A suivre!.... Orientalement Fanyda : portrait ( 2)

A lire : le site de Fanyda

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13 août 2006 7 13 /08 /août /2006 08:13

 C'est Anna Pavlova. C'est ma photo préférée. Je l'ai découverte dans un de mes livres de danse lorsque j'étais enfant. J'ai vu la photo, et immédialement, je suis tombée amoureuse de la ballerine, bien que je ne l'ai vue ni danser, ni en costume de ballerine. Cela a été tout simplement un coup de foudre immédiat, absolu, sans que je sache quoi que ce soit sur elle.

Le plus étonnant dans l'histoire, c'est que, à chaque fois que  aujourd'hui encore j'entends " Anna Pavlova"  ou que je tombe sur l'une de ses photos, l'émotion de mon enfance est absolument intacte! Comme si un lien mystérieux me reliait à une partie de son âme. J'ai même un film sur elle en russe, auquel je ne comprends rien mais   dont pour rien au monde je ne voudrais me séparer...

Cette ballerine appartient au siècle révolu. J'ai pu tout de même voir une petite vidéo d'elle, filmée dans les années 1930, de qualité médiocre, mais qui rend tout de même hommage à sa délicatesse, à son immatérialité. Elle avait tout de même près de cinquante ans...

Elle est née en Russie en 1890, dans une famille modeste, et après avoir vu au théâtre Marinski " la Belle au Bois dormant" décida de devenir ballerine, bien que sa santé délicate soit en premier lieu un obstacle.

Elle n'était pas, disent les témoignages, une grande technicienne, mais avait  une aura, une grâce, un quelque chose d'indéfinissable qui la rendit unique. Elle possédait une évanescence, une légereté, une délicatesse inégalées par les autres ballerines de la même époque. Mais on dit aussi, que lorsque la mode de la virtuosité technique fit rage, Pavlova s'essaya elle aussi aux pirouettes, fouettées, sauts en tout genre, mais qu'elle n'avait pas la puissance musculaire pour vraiment sublimer tous ces pas horriblement difficiles que requierent des qualités sportives plus que lyriques....

 


 

Les Ballets Russes et la mort du Cygne

Elle fera partie de l'aventure des Ballets Russes à Paris  et pour elle, la partition de Saint Saens, " le Cygne" sera chorégraphiée dans l'inoubliable mort du Cygne qui la rendit célèbre... par delà la mort. (Saint Saens a composé cette partition dans son humoristique " carnaval des animaux" en clin d'oeil à Tchaikowski... il n'a pas du tout pensé à un cygne mourant...)

  Dans les Ballets Russes, elle se distinguera surtout dans les chorégraphies aériennes, romantiques : les Sylphides, Giselle. 

La guerre et la révolution russe de 1917 la jeteront d'une certaine manière sur les routes, et il lui sera difficile, voir impossilbe de retourner en Russie .Elle finira par acheter une maison à Londres qui sera son port d'attache ( comme pour Sylvie Guillem!) et se mettra alors à silloner le monde. Les Etats Unis, mais aussi l'Asie du sud est, l'Inde...

 


 

Anna Pavlova et les danses classiques indiennes

L'Inde!!! Voilà quelque chose d'autre qui me lit à elle...son amour de l'Inde...

 elle est pour beaucoup dans la renaissance de la danse indienne au début du siècle. C'est elle qui encouragera les premiers et courageux danseurs indiens, qui, contre vents et marée, braveront leurs familles et leurs castes, et surtout le gouvernement anglais,  pour monter sur scène et faire renaitre la danse que les anglais avaient interdites : Pavlova encourage trois danseurs et dansera même avec l'un d'eux : Uday Shankar

Mais elle sera aussi l'alliée de Menaka, qui va rescussiter le kathak et de Rukmini Devi, qui elle, fera beaucoup pour le baratha natyam.

 Et cela aussi, lorsque je le découvris, me bouleversa. Comme si j'avais compris pourquoi Pavlova m'était d'une certaine façon aussi précieuse : amour fou de son métier de ballerine classique, passion pour l'art et la danse indienne, au point d'aider concrètement les danseurs de leurs pays à renouer avec leur propre culture, et puis chorégraphies dans un esprit " exotique" créées à partir de ses voyages.  Uday Shankar la vit à Londres, et tomba amoureux de sa danse; il ne dansait pas encore. Elle lui permettra de se faire une technique de danse, puis l'encouragera comme les autres, à renouer avec la culture de son pays. En 1924, ils sillonneront ensemble l'Europe et l'Amérique, avec les chorégraphies d'Anna Pavlova, Radha, et The Hindu Wedding, puis, après quatre ans, il créera ses propres chorégraphies et fondra dans la région de Calcutta un centre culturel.

 

 

Anna Pavlova, elle, s'éteindra dans un hôtel de la Haye, après avoir pris froid, à l'âge de cinquante ans, après des années et des années de représentations, de spectacles, parfois dans des conditions extrêmement précaires. Voici encore deux photos d'elle que j'adore. Lorsque je les regarde, je suis saisie de tendresse, d'admiration et de tristesse, sans que j'en connaisse la cause. Comme si j'avais perdu quelqu'un de précieux, une amie trop tôt disparue...

Inoubliable Anna Pavlova.... 

 

 


A lire sur mon site : les Ballets russes 1

A venir :

 

La renaissance de la danse indienne (1) : Rukmini Devi, Uday Shankar, Menaka

La renaissance de la danse indienne ( 2) : Kathak et baratha Natyam

 

Un petit cadeau : video d'anna pavlova :

Lien avec l'excellent site du cndp : portrait d'anna pavlova

 


 

 

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11 août 2006 5 11 /08 /août /2006 08:23

  Ils sont magnifiques à regarder... quand ils évoluent, c'est toujours sur la pointe des pieds, comme les danseuses classiques.

Les plus élégants ont même les pieds naturellement en dehors...

Côté souplesse, on peut la leur envier, même Sylvie Guillem!

Côté équilibre, même chose...

Pareil pour la vitesse... la grâce... et les sauts!

Ceux de Nijinsky à côté, ont l'air ridicules...

Et puis quel sens de la mise en scène! Quels merveilleux acteurs ils font parfois : minant la colère, la peur, l'étonnement, la jalousie, l'amour, la soumission, la passion, le mystère, l'absence, l'indifférence...

Les chats sont des danseurs nés!

C'est d'ailleurs amusant qu'ils y aient plus d'écrivains possédant un chat que de danseurs... peut être l'écrivain, si sédentaire, est il heureux d'avoir à ses côtés un baladin, un artiste de la scène, un nomade

 


 

Georges Balanchine les adorait lui aussi!

 

Les chats me consolent de tout...

 


 

Céline et son chat Bébert, Balanchine et l'un de ses chats

 

 

ces deux livres font partie de ma bibliothèque  : l'étonnant danse avec les chats, on des danseurs font vraiment danser leur chat, de la plus naturelle façon : en dansant eux mêmes, et le sensible livre d'Annie Duperey qui raconte combien les chats ont apporté de douceur dans leur vie

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1 août 2006 2 01 /08 /août /2006 08:37

 Il y a quelques temps, ( un peu plus de deux ans) Sylvie Guillem publiait ses propres autoportraits. Elle avait pris les choses en main, car n'aimait pas du tout ce que lui proposait le magazine Vogue : les photos n'étaient pas " elle" mais la vision que le photographe avait d'elle.

La  prodigieuse envie de se montrer vraiment lui donne  l'audace de   réaliser une série d'autoportraits  d'elle, nue et parfois grimançante. Cela, une fois encore, choqua beaucoup. Le Monde décide de l'interwiever, pour comprendre la démarche bizarre  d'une étoile, si belle sur scène, qui se prend en photo sans se travestir, sans maquillage, véritablement "à nu et sans fard". Comme si elle en avait assez " de faire rêver"

Singulière démarche, n'est ce pas, que celle de vouloir briser une image trop lisse d'une belle femme en tutu et diadème, dotée de jambes magnifiques, d'une silhouette altière et élégante, et d'en montrer toute la force, toute la puissance, toute l'androgynie, laissant résolument de côter paillettes, diadèmes, maquillage, costume qui embellissent mais travestissent aussi...

Sylvie s'explique : " je n'ai jamais pu me défaire de la certitude de n'être pas comprise ( ...) appréciée pour ce que je suis. (...) je n'ai jamais de contacts vrais ( ...)

quels aveux...!!! ainsi, pour rompre cette muraille, cette démarche   sera suivi par celle de la publication de son livre de photos qu'elle nomme " Invitation" . Un énorme livre,au dimension surréaliste, qu'on ne peut même pas ranger dans une bibliothèque normale. A t'elle donc peur qu'on oublie son livre sur le coin poussiéreux d'une étagère pour l'avoir doté de telles dimensions?

En tous cas, sous l'éclairage de ces aveux, ce titre, "invitation", s'éclaire!!! C'est comme un appel   à venir voir qui elle est vraiment, à partager un peu d'elle, à être comprise enfin!

Dans l'interwiev, elle revient aussi sur ses année de danse, défend aprement Claude Bessy qui est au coeur d'une polémique : la DASS a établi un constat alarmant du mauvais traitement que subissent les petits rats à l'école de danse : alimentation carencée, cas d'anorexie, blessures, etc...

Elle dit, non sans virulence mais aussi courage : " ceux qui sont poussés par les parents sont les plus malchanceux, mais ce n'est ni a faute de Claude Bessy, ni celle de l'institution. (...) L'école est là pour former les meilleures( ...) Personne ne peut nier que l'entrainement est dur, mais l'école hotelière, vous croyez qu'elle est facile?(...) si une fille commence à faire la montgolfière, il faut lui dire : " mademoiselle, ou vous perdez du poids ou vous ne pouvez pas rester"

cela à le mérite d'être clair : le coprs est l'outil, et il ne peut pas être " gros"!


 

 A propos de son départ de l'Opéra elle explique  : " je m'étais aperçue que je n'avais pas que des amis... j'étais en pleine bataille avec moi même, les autres, avec l'opéra de Paris. (...) Noureev voulait savoir où j'étais capable d'aller pour conquérir ma liberté. On y a vu un caprice de diva alors que je suis la discipline même! ( ...) 


 

Déjà, dans les années 1985, ce sentiment d'être incomprise... c'est peut être de ces multiples contradictions, révoltes, défis, que Sylvie tire sa force extraordinaire... de son désir de lutter pour être elle même et accepter comme elle est, qu'elle vivifie de cette énergie tous les personnages qu'elle incarne... et c'est peut être pour cela aussi que son rôle de Giselle m'a déplu :

car Giselle, dans le ballet romantique se soumet, accepte, pardonne.... Giselle est l'abandon même...

peut être Guillem lui a t'elle donné trop d'elle même, de sa propre force, de sa  passion et de sa révolte?... ce qui est en total désaccord avec la nature de Giselle qui meurt parce qu'elle ne peut supporter la vérité... et rejoint alors le royaume des Ombres...


 

 On comprend alors mieux que le Japon, la poterie qu'elle fait en silence, au milieu de Japonais avec qui elle n'échange pas de mots, mais avec qui elle se sent en confiance, en harmonie, la mette en paix avec elle même, au moins temporairement...

 

                            photo extraite du site de Sylvie guillem

 

 


 

A lire :

 

Sylvie Guillem : portrait

Sylvie Guillem : analyse

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30 juillet 2006 7 30 /07 /juillet /2006 08:37

 Voici le plus beau film qu'il m'ait été donné de voir sur le métier de danseur à l'opéra de Paris. Il est dû à Nils Tavernier ( le fils du père!) qui a eu l'exceptionnelle autorisation de suivre le ballet de l'opéra de paris dans sa tournée au Japon et dans son travail quotidien de cours, de répétition, de filage, de préparation. Réaliser en 2001, on voit les répétitions de Doux mensonges de Kyllian, du lac des cygnes, version Noureev, de la Sylphide, remontée par Pierre Lacotte, et de la 9ème symphonie par Béjart, qui cette année là était donnée à Bercy devant des milliers de gens.

Là où le film est fabuleux, c'est qu'il montre de tout près un travail quotidien passionné, réalisé par des athlètes qui sont artistes. Car le métier de danseur classique demande une énergie, une puissance, un sens de la perfection hors norme.

G Thesmard, coach et répétitrice, explique bien que l'école de danse de l'opéra de Paris où sont formés 90 pour cent des danseurs du ballet  "est une machine à broyer les faibles"...

sans commentaire, n'est ce pas?

Nils Tavernier offre plein de magnifiques portraits de danse, et donne la parole aux danseurs qui, d'habitude plutôt discrets, se confient volontiers à lui, car il a su gagner leur confiance... Romoli, Hilaire, Legris, Dupont, Lestetu, Osta, Laure Muret, Platel, A Lamoureux, N Pontois, M kudo et tant d'autres...  confient leurs joies, leurs peines, leurs souffrances physiques et morales, leurs amitiés, mais surtout, leur passion de danser.

Ainis, M A Gillot qui était encore premiere danseuse et qui depuis est devenue étoile dit :" Danser et aimer, je ne peux pas les mettre sur le même plan, parce que danser... ( elle cherche les mots) c'est encore plus fort qu'aimer....!"


 

 

le film est réalisé avec une grande sensibilité. De petits portraits de danseuses du corps de ballet montrent par instant la difficulté de " tenir" la scène. On les voit complètement essoufflées dans les coulisses, on voit les pieds abimes et pansés, la limite physique atteinte de garçons sortant de scène et mettant plusieurs minutes à récuperer leur souffle...

J'avais vu ce film magnifique en salle en 2001, plusieurs fois, en découvrant l'envers du décor, car la caméra se glisse discrètement dans les coulisses, entre les rangées de cygnes répétant, dans les loges, dans les ateliers de couture, de costumes...

 Et puis, on comprend mieux ce qui fait la richesse de l'opéra de Paris : non seulement ses danseurs exceptionnels, mais surtout l'ouverture à de très nombreux chorégraphes contemporains qui travaillent et créent pour l'opéra de Paris sur invitation. Ainsi la vocation du ballet de l'opéra de Paris est double : d'une part, conserver intact le répertoire ( les grands ballets, dont la transmission est purement orale, et se fait via les maitres de ballet, qui ont été danseurs et à leur tour transmettent, sont la mémoire de la danse, et d'autres parts,  participer à la création en danse.

Le film parle aussi de pleins de choses de la vie de tous les jours : comment être parent et concilier un métier aussi prenant, l'amitié au sein du ballet, avec des êtres qu'on connait depuis l'école de danse, le monde clos que cela représente, la rivalité, qui existe depuis l'école et dure, d'une certaine manière tout la carrière... mais avec tact, délicatesse, et surtout un profond respect des êtres humains que sont avant tout les danseurs.

Moment émouvant, on voit aussi le départ à la retraite de E Platel, (à 42 ans, pour les danseuses, qui entrent en général dans le corps de ballet vers 16 ans)...

 


 

 

Cette photo montre la sortie de scène des quatre grands cygnes, complètement essouflés, et la mise au point des quatre petits cygnes qui dansent bras croisés et qui essaient de trouver la meilleure position des bras et du corps pour ne pas se gener mutuellement tout en conservant un ensemble parfait...

Les coulisses sont un monde étrange qui grouillent de vie, de danseurs qui s'échauffent, se concentrent, récupèrent leur force, se font recoudre en quatrième vitesse un chausson qui lâche ou un tutu qui se dégraffe...

 j'ai acquis ce film en dvd, et c'est toujours un plaisir de voir les danseurs au travail. A chaque fois, je suis confondue d'admiration pour ces danseurs qui visent à la fois la perfection technique et artistique, et restent modestes la plupart du temps, car chaque matin, à la barre, ils refont le même travail que la veille et prennent conscience de tout ce qu'ils ont encore à acquérir pour maintenir ou ou accéder à la perfection.

Car comme le dit W Romoli, " lorsque le sens artistique commence vraiment à mûrir, le corps, lui, commence tout doucement à perdre sa force, sa puissance..."

Bref, tout près des étoiles... le titre est bien trouvé, car c'est vraiment un voyage au milieu d'elles que nous offre Nils Tavernier....

Merci à lui!


 DVD facilement disponible

A lire aussi : le ballet de l'opéra de Paris

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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 07:58

 

Suite aujourd'hui!

Je voudrais me plonger dans mes souvenirs de danse pour tenter d'expliquer l'originalité, le génie de Sylvie Guillem.

Sa technique époustouflante, sa souplesse phénoménale, seuls, sont déjà des points de repère, mais cela n'en ferait pas une artiste hors norme s'il n'y avait pas autre chose. Qu'est ce alors que cet autre chose?

Son intelligence!

Son intelligence mis au service de sa technique et de sa virtuosité!

Guillem ne danse pas les rôles simplement pour les incarner. A chaque fois, c'est un défi immense : elle réfléchit, elle écoute la musique, et au final, elle donne une vision du personnage totalement inattendu.

 


 

Ainsi, le rôle d'Aurore de la Belle au bois dormant. Ce rôle, je l'ai vu de très nombreuses fois par des danseuses exceptionnelles comme Noella POntois. Et bien,quand je vis Guillem le danser, j'ai été surprise, amusée, éblouié, émue, déroutée, emportée, au final.

Aurore est une princesse de 16 ans, qui refuse les princes choisis par ses parents, se pique pour accomplir la malédiction , s'endort 100 ans, est réveillé par un prince. 

Ce ballet énumère les moments virtuoses : l'entrée, pas évidente, puisque Aurore est attendue par tout le public depuis 30 minutes qui retient sou souffle dès qu'elle arrive,   le célèbre adage à la rose, au premier acte, tout en équilibres et en développé seconde, la cabalette, juste avant d'être piquée, pleine de retenue, de grâce, d'élégance, puis de vivacité ( succession de pas à s'en emmêler les jambes). Les variations de l'acte deux sont tout en poésie, puisque le prince va découvrir la princesse grâce à la Fee Lilas, dans une vision de rêve, et puis, la merveilleuse variation du troisième acte,  et les pas de deux, éblouissants! Le rôle d'Aurore est fabuleux pour une danseuse car il commence à l'adolescence et s'épanouit " femme".

Qu'en fait Guillem? A Bastille, la dernière fois, ( et dieu sait qu'elle a été critiquée) elle a revu : les tempi, (elle les a vraiment changé par rapport à ses collègues danseurs, notamment la fin de la caballet, dansé deux fois plus vite, ce qui exige une grande maitrise, une grande sureté, car déjà, dansé lentement, c'est " casse cou", mais là, cela relève de l'exploit. Et pourtant, seuls les balletomannes peuvent vraiment saisir à ce moment je pense, le défi relevé par Guillem, car elle le faisait sans effort, comme en s'amusant!

Elle a aussi changé  des accessoires,  et la conception du personnage :

outre à certains moments, un tempo excessivement rapide et inattendu, elle n'a pas voulu    de bouquet de fleurs tendu par maléfique et dans lequel serait dissimulé le fuseau, comme le voulait Noureev,  mais un fuseau, tout court!

Quand au personnage, elle incarne comme le veut le rôle , la lègéreté, la grâce, la fraicheur, mais pas "l'innocence ou inexpérience d'une jeune princesse ( une peu niaise)" l'espièglerie ( ce que je n'avais jamais jamais vu dans le rôle!) et aussi assurance : Aurore, vu par Guillem,  sait déjà ce qu'elle veut!

  Du jamais vu non plus, car souvent les danseuses interprètent Aurore comme une jeune fille un peu timide, qui s'en remet encore à ses parents : et c'était merveilleux, car le rôle d'Aurore, irrigué par une pensée puissante et  intelligente, une technique sûre, une interprétation originale, en était tout vivifié, tout rafraichit!

 Quand Guillem se donne tout entière à un rôle, c'est inoubliable, et toutes les autres interprétations qu'on a vu ne palissent pas en comparaison, mais s'éclairent autrement!

 

Même chose pour sa conception du cygne noir : toutes les danseuses le dansent " maléfique". Le cygne noir est perfide et séduit "mauvaisement" le prince.

Pas avec Guillem : son cygne noir est facétieux, séduisant dans la légereté, et se joue avec délice et ironie de ce prince perdu dans ses rêves : et ça fonctionne à merveille!

Guillem dit deux choses :

" les grands rôles du répertoire classique vont avoir besoin de danseurs sacrément intelligents dans les décénies à venir s'ils ne veulent pas finir aux oubliettes!"

et " quand vous finissez par trouvez Giselle sotte, quand vous en avez assez de danser une cruche sur l'épaule comme Nikya, il faut alors aller voir ailleurs!"

Ce qu'elle fit : Béjart, dans sissi impératrice anarchique, lui offre un rôle d'impératrice un peu folle, qui danse aux confins de la névrose. Tout commence en crinoline, et s'achève dans le drame.

 


 

Puissant et magnifique!

Là, j'ai hate de la découvrir dans les pièces de Maliphant, chorégraphe de génie qui mèle capoéira, yoga, art martial, techniques de danses au pluriel...

Elle va encore me surprendre, et à coup sûr, m'emporter!

Merci à elle!

 


 

a venir :

Sylvie Guillem ( 3)  livre, dvd, articles, ou cassette video sur Sylvie Guillem

Guillem vu par elle même

Guillem et Rudolph Noureev.

 


 

A lire : Sylvie Guillem ( Portrait)
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23 juillet 2006 7 23 /07 /juillet /2006 08:28

Prima Ballerina asboluta....

Nul n'est besoin de présenter Sylvie Guillem, l'une des danseuses classiques les plus célèbres, voir les plus populaires de notre époque...

Aujourd'hui encore, à quarante ans passés dont trente uniquement dédiés à danser, elle parcourt le monde entier et se produit sur toutes les scènes du monde, ses préférences allant au Japon, à Londres,où elle vit, à l'Italie... à Paris, mais presque plus jamais à l'opéra dont elle claqua la porte il y a longtemps déjà.

Sylvie Guillem est un cas unique dans la danse.

Elle a commencé par une formation de gymnaste... un hasard l'a conduite à faire un stage de danse à l'opéra de Paris... ce qui scella son destin.

Très vite, elle gravit tous les échelons de cette structure hyper hierarchisée : à 19 ans, elle était sujet... Noureev dirigeait alors la compagnie de l'Opéra. Il avait bien vu qu'elle était hors norme : technique magnifique, que peu de danseurs possèdent, puissance, grâce, musicalité, précision extrême des pieds, ampleurs des sauts, perfection des fouettés, petits pas exécutés à la perfection ce que sa grande taille devrait lui interdire, et puis, ligne extraordinaire : exactement celle de Sissi : 40 kilos pour un mètre soixante dix. Elle n'a pas l'air maigre, tant son corps est longiligne, avec des jambes extrêmement longues et un bassin très étroit, ce qui lui donne cette capacité visuellement bluffante de lever la jambe à 180 degré...

cette " excentricité" technique lui vaut les foudre d'une partie de la critique, mais l'admiration béate d'un public ébahi par ce qu'il ne peut faire...

Bref, Noureev lui confie alors un rôle d'étoile : le cygne, et le soir même, la nomme étoile... pied de nez à la hiérarchie de l'opéra, qui aurait voulu qu'elle passe d'abord le concours de promotion pour être première danseuse... et reconnaissance d'un talent hors norme...

 


 

Quand j'ai appris sa nomination d'étoile, je n'ai pas été contente du tout. J'attendais que ma favorite d'alors, Karine Averty, soit nommée...  dans les rôles qu'elle avait dansés ( en tant que soliste) elle ne m'avait pas emballée... elle avait dansé la reine des dryades, sans soulever mon admiration plus que cela; je n'aimais pas son style, je la trouvais trop grande... trop moderne, en fait, pas assez ballerine classique.

Et puis, il y eu un reportage sur elle à la télé ( être étoile à 19 ans, c'est tellement rare!) et là, je la découvris vraiment... dès que je le pus, j'allais la voir danser : je m'en rappelle encore, c'était dans Raymonda... ce qui m'étonna le plus alors, ce fut le silence qui régna dans la salle pendant ses solos :  on aurait cru que plus personne ne respirait... jamais je n'avais vu personne se jouer des difficultés techniques avec tant d'aisance, sans jamais sembler souffrir de l'effort physique, et rester aussi musicale, même dans les passages les plus compliqués...

Puis j'allais la voir régulièrement, tant qu'elle resta à l'opéra : inoubliable Roméo et Juliette. Plus jamais depuis, je ne l'ai vu danser ainsi!!! mais elle ne pouvait y rester longtemps. Sylvie Guillem travaille très vite et le rythme de l'opéra était trop lent pour elle. Elle finit par partir.

 

Quelle déception pour le monde de la danse, de savoir que dorénavant, il faudrait attendre ses passages à Paris pour la voir danser...

L'un d'eux reste gravé dans ma mémoire à tout jamais : elle dansa au théâtre des champs Elysées Boléro, la Luna, tous de deux Béjart, un pas de deux créé pour elle par Forsythe, In the Middle, et puis Sissi, impératrice anarchique, solo de quarante minutes réglé pour elle par Béjart....

inoubliable... Sylvie, à partir de là, compris que le monde du ballet classique lui permettait aussi de danser tout ce qu'elle aurait envie de danser... elle travailla alors avec tous les grands chorégraphes d'aujourd'hui. Certains, comme Bejart, Forsythe, Mats Ek, et aujourd'hui Maliphan, réglèrent des chorégraphies pour elle.

 


 


 

 

 

 

Je n'aime pas tout chez Sylvie... je ne suis pas une groupie transie d'admiration... c'est un peu comme la Callas. C'est ma chanteuse d'opéra préférée, mais je n'aime pas tous ses rôles. Dans certains, elle m'horripile!

Ainsi, sa Carmen ( chorégraphie de  Mats Ek) ne pas du tout plu, je n'y ai vu qu'une démonstration technique, la saison dernière au Chatelet. Ainsi sa Giselle, que je trouve à mille lieues de ma vision de ce personnage...  bref, parfois Guillem m'insupporte!

Mais je retourne toujours la voir danser, car je suis sûre d'être toujours étonnée, surprise avec elle...

C'est justement ce qu'une partie de la critique lui reproche : s'emparer d'un rôle et le faire sien. Ce dont se défendait Sylvie il y a une dizaine d'années : " non, je ne mets pas ma griffe sur un rôle, mais je le danse comme je le sens au plus profond de moi".

" Sylvie Guillem ne respecte pas la tradition, " disent les critiques..

 -La tradition???!!!!! se revolte Sylvie, pour qui la tradition est la mort de la danse.

Cela demande un courage énorme car il lui faut aller au bout de ce qu'elle croit, même quand dans les vestiaires, entre deux actes, on vient lui dire que ça ne va pas... que ce qu'elle fait n'est pas dans le style, qu'elle bafoue   la tradition ... elle doit resister à une grande pression d'êtres qui la critiquent, qui voudraient la ramener vers plus de mesure...

A Paris, Ghislaine Thesmard reste son coach... elle corrige techniquement ce qui doit l'être, mais surtout, elle la laisse être elle même... 

Ce qui la ressource le plus, c'est de faire de la poterie près d'un maitre zen au Japon. Aucun mot n'est echangé, dit elle, mais il se passe une foule de choses.

Elle dit encore que sur scène, elle se sent libre...

Bref, Sylvie Guillem est une artiste hors du commun.

Elle sera à Paris, au Champs elysées, cet hiver, dans des chorégraphies du génial russel Maliphan...

j'y serai aussi!!!!

( à suivre)

 


 

 a venir : Sylvie Guillem ( suite)

russel Maliphan

site officiel de Sylvie Guillem : www.sylvieguillem.com

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7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 18:12

Al C'est mon dernier article avant un moment, et je compte bien écrire un compte rendu sur la formidable soirée Alvin Ailey que j'ai vue hier, 6 juillet!

C'était une soirée fabuleuse, comme toujours avec cette compagnie, et j'ai eu un énorme coup de coeur pour une artiste fabuleuse qui s'appelle Dwana Adiaha Smallwood. Elle a été sensationnelle, et mes mots ne rendront pas hommage à son immense talent, et surtout son immense " expressivité, générosité, énergie, élégance, beauté!"

Dwana hier a dansé d'une manière sublime :elle a tout donné!

Non seulement, elle déborde d'énergie, mais celle ci est toujours gérée avec une beauté stupéfiante. Elle portait cette longue robe blanche à volant que toutes les interprêtes de Cry ont portée, Judith Jamisson la première, celle pour qui Alvin Ailey lui même régla la chorégraphie.

Dwana occupe toute la scène quoiqu'elle fasse, et à ce moment, je me suis rappelée la phrase de Martha Graham : le centre de la scène, c'est là où je suis!

C'est littéralement ce qui s'est passé avec cette artiste : on ne peut pas la quitter du regard une seconde, on ne pense à rien, on la suit, subjuguée et on partage chacune des émotions qui la traverse : souffrance, haine, peine, chagrin, espoir, amour, résignation, hostilité...

Le solo est très long, près de vingt minutes, et elle a finit fraiche comme une rose!

Ses bras, ses doigts sont pleins d'energie, de force, de vie, mais sans tomber dans quelque excès que ce soit : non, tout est au service de l'art, de l'expressivité, de la beauté!

Et pourtant, la cadence des mouvements, excessivement rapide, pourrait transformer ce solo en frénésie un peu hystérique!

Pas avec Dwana qui a une écoute magnifiquement musicale : tout tombe parfaitement avec la musique, comme si c'était son corps qui la générait, et non l'inverse!

Dwana est un phénomène, une artiste exceptionnelle. Elle est dans la compagnie depuis 1995... elle en est l'âme, en partie!

Quand à Cry, voici ce qu'écrit Alvin Ailey : " ce ballet est dédié à toutes les femmes et plus spécialement à nos mères"

et Judith Jamisson, pour qui il a été créé dit :" cette femme représente toutes celles qui ont vécu  les horreurs de l'esclavage, enduré la souffrance lié à la perte d'êtres chers,  et surmontés des épreuves et des obstacles hors du commun"

Voici le beau visage de Dwana :


A venir : compte rendu de la soirée du 6 juillet

A lire sur ce blog : Alvin Ailey à Paris.

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