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Shabastet

  • : Danse et... danses!!!
  • : Blog sur la danse en général et l'opéra de paris en particulier rédigé par Valérie Beck, administratrice du forum danses pluriel
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 15:12

 

Jérémie Bélingard vient d'être nommé danseur étoile...  à chaque fois que je l'ai vu danser, il m'a laissé un souvenir indélébile : il a une puissance dans sa danse magistrale. Il investit chaque rôle avec un engagement sur scène très rare. Il a une capacité à susciter chez le spectateur des émotions et des réfléxions profondes. Et il se dégage de lui quelque chose de très animal, parfois même de violent, rarement vu chez une étoile... en tout cas jusqu'ici... mais a t'il réellement l'étoffe d'une étoile?

 

  Du point de vue des défenseurs de la tradition classique,ce titre ne lui revenait pas de droit... pourquoi?

Sans entrer dans le débat - moi même me moque complètement qu'un danseur soit étoile ou pas - je remarque en tous cas ces dernières années un changement dans la façon de nommer les étoiles. C'est la directrice de la danse, qui propose - donc B Lefèvbre, - et le directeur de l'opéra qui donne son accord ou pas - G Mortier, qui laisse le champ libre à B Lefèvbre, puisque la danse... il s'en fiche!

 Ces derniers années, ont été nommés des danseurs et danseuses à forte personnalité, capables d'exceller dans le repertoire contemporain, ce qui autrefois, était assez rare. L'Etoile devait avant tout exceller dans le répertoire classique...  aujourd'hui, il semblerait que le tempérament artistique, l'engagement de l'artiste sur scène, sa puissance émotionnelle, passent avant la perfection technique, la virtuosité, la brillance, l'endurance physique, qu'on n'imagine même pas quand on essaie!

Personnellement, ma sensibilité assez proche d'une certaine danse contemporaine s'en réjouit... ainsi voir des ballets comme ceux de Prejlocaj, Malandain, Mats Ek, ou dans un genre plus néo classique, comme ceux de Béjart, Neumeir ou de Petit, ou encore les créations de Belarbi et de Leriche,  me nourrit tout autant que de voir les grands classiques du répertoire. C'est une autre approche du mouvement de la danse.  

 

Mais qu'est ce donc qu'une étoile? Un danseur ou une danseuse à la technique irréprochable, à l'endurance immense, et surtout au charisme gigantesque. Uner personnalité magnétique, qui connaît toutes les nuances de la technique classique et la maitrise impeccablement.

Une étoile brille sur scène plus que les autres, etse joue comme elle respire de toutes les difficultés techniques... une étoile est capable de rafraichir un rôle en lui apportant son intelligence, sa compréhension profonde du personnage qu'elle doit interpréter. Enfin, une étoile laisse baba d'admiration... sa réputation dépasse les frontières : elle brille sur toutes les scènes du monde, elle devient une référence... presque une icône...

Les dernières grandes étoiles féminines étaient, à mes yeux, M Loudières, et avant elle N Pontois...

Depuis si j'aime voir Pujol, ou Osta, ou M A Gillot dans certains rôles où elles excellent, je ne connais plus ce frémissement total lorsque je voyais Pontois, quel que soit le rôle... Ces nouvelles étoiles brillent mais pas forcément dans tous les rôles... et c'est cela que regrette les balletomanes : qu'il n'y ait plus actuellement ces êtres hors norme capables de s'approprier tous les rôles, qu'ils soient issus du répertoire classique ou contemporain...

Je ne suis effectivement pas sûre que Bélingard puisse être à la fois un fabuleux Désirée, ou Siegfried, ou Albrecht... mais un interprête extraordinaire de rôles plus contemporains, comme celui de Caligula, oui.

Car Bélingard   a une aura, une présence immense... et je le revoie encore, quatre ans plus tard, dans Phrase de Quatuor de Béjart, comme si c'était hier!

Pourquoi ce changement à l'opéra de Paris?

B Levfèvre elle même est issue de la danse contemporaine et donne cette coloration à l'opéra : c'est une ouverture. Mais il est vrai que les grands classiques sont peu à peu délaissés... Raymonda n'a pas été donné depuis 10 ans, et certains ballets ne sont plus dansés comme ils l'étaient à l'époque de Noureev ( qui lui aussi se moquait du titre pourvu qu'on ait le talent!)... il y a gain d'un côté, et appauvrissement de l'autre...

 


 

Qu'est ce que je pense de tout cela personnellement?

Je pense que ce n'est pas tant un problème de danseurs que de direction de la danse... J'aime l'ouverture apportée par M Lefevbre, mais je regrette énormément une personnalité comme celle de Noureev, ouvert au contemporain, mais fou amoureux du classique... je n'ai jamais retrouvé l'euphorie en allant voir un spectacle classique qui s'emparait de moi de son vivant : de l'émotion, oui, du plaisir, oui, mais ce moment de fête absolue hors du temps a disparu...

Il faut espérer que si changement de direction il y a, ce sera en faveur d'une personnalité qui a un grand respect pour les ballets du repertoire  : imaginez que du jour au lendemain on ferme au Louvre toute l'école classique, les Poussin, et autres pour ne garder que des oeuvres du 20ème! Car peu à peu, c'est un peu l'impression que l'on a : on garde les classiques, car ils font recette : on fait de l'argent, et moins d'art...

Car si j'aime profondément certains chorégraphes contemporains invités à Paris,  je crois aussi fermement en la vocation classique, en premier lieu de l'opéra de Paris... il ne faudrait pas qu'à force de ne plus les danser, les ballets finalement se perdent: car il n'y a de transmission qu'orale. Et un danseur qui n'est pas assez rôdé à un rôle ne pourra pas le transmettre avec force, éclat et talent!

On parle de Manuel Legris pour prendre la succession... ce serait sans doute un grand bienfait pour l'opéra car M Legris a tout dansé, et précisément, il a rayonné en véritable étoile! Autant Prince qu'excellent interprête d'oeuvre comme Sylvia ou Doux mensonges et bien d'autres encore...

 

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11 décembre 2006 1 11 /12 /décembre /2006 16:08

Oh, c'est rare que je tempête sur ce blog, mais là, je suis vraiment très très en colère... contre l'Opéra de Paris et sa politique de non-information intentionelle...

 

Le ballet Gisèle est programmé cette année pour Noël... j'aime profondément ce ballet, mais pas avec n'importe quel interprète : pour moi, ce qui fait la force d'un ballet, c'est déjà et avant tout les rôles titres eux mêmes... bien sûr tous les danseurs et danseuses étoiles ont une maitrise de la danse inconstestable... mais ne sont pas interchangeables, comme le répond l'Opéra lorsque les balletomanes s'insurgent contre la mise en ligne tardive des distributions... ce qui est le cas depuis pas mal d'années déjà...


Ce sont les danseurs qui font la force, la poésie, la beauté d'un ballet... et ces éléments, très subjectifs, varient d'un spectateur à un autre...

Et c'est pareil pour tous les arts. Par exemple le piano :j'aime et je destete Beethoven et ses sonates tour à tour en fonction de l'interprète...! car la vision change alors radicalement!

 le ballet peut se montrer sous des jours complètement différents : poétique, brillant, émouvant, sensible, mystérieux, et triste à mourir... ce ne sont pas les pas qui font la danse, mais je le répète ce qu'en font les danseurs!!

Et ce qui émeut Paul, peut ennuyer Pierre, n'est ce pas?

Tout cela pour vous dire quoi?

 Que  j'attends toujours que les distributions soient en ligne pour réserver ma place... le problème, c'est que je suis consciente du fait que souvent, la distribution d'un ballet est mise en ligne... lorsqu'il n'y a plus de place à louer...

Et je me retrouve sans billet...   cette fois ci, ma frustration est ENORME!!!!

Car Leriche/Pujol forment pour moi le couple idéal dans ce ballet qui est, en plus, mon préféré!

Et quelle est la réponse de l'opéra pour justifier la non mise en ligne des distributions?

" Nos danseurs sont tous d'excellents danseurs, c'est une compagnie que vous venez vous, par un nom!"

Ah : le problème est là!!!!!!! L'opéra dit non à la starification de ces danseurs!

Dommage : car cela drainerait vers lui un public autre que celui qu'il attire ces vingt dernières années...  Mais de cela l'Opéra s'en fout : tant qu'il remplit ses salles...!!!

 

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1 mai 2006 1 01 /05 /mai /2006 11:26

    Le ballet de l'opéra de Paris comporte environ 146 danseurs.

c'est l'une des rares compagnies de danse classique aussi importante subventionnée par l'état.Il n'y a que quatre autres compagnies classiques en France : Lyon, Bordeaux, Marseille, et le ballet du Rhin, petite compagnie

Pour entrer dans le corps de ballet, les danseurs doivent passer un concours d'entrée. La plupart sont issus de l'école de danse:

chaque année, 20 enfants sur 150 qui se présentent, entrent dans l'école de danse en 6 ème division. Ils ont entre 9 et 11 ans. Pendant six années, ils vont travailler la danse trois heures par jour.  A la fin de chaque année, ils passent un concours pour entrer dans la division supérieure. En première division, sur les 20 enfants acceptés six à sept années plus tôt, il n'en reste  que quatre ou cinq. Seuls, l'un ou deux d'entre eux entreront dans le corps de ballet.

C'est pour cela qu'à école de danse une formation en jazz et en danse contemporaine est proposée, afin que ces jeunes ne se retrouvent pas complètement démunis face à un pays qui ne s'interesse pas à la danse classique. Ils pourront alors intégrer des compagnie de danse contemporaine, assez nombreuses en France, ou danser d'autres styles de danse. Ils ont de 16 à 17 ans, et doivent parfois s'expatrier pour trouver du travail comme danseurs.

Dans le corps de ballet, les jeunes danseurs qui ont réussi le concours entrent à l'essai pour une période de 6 mois à un an. Puis ils passent quadrille. C'est le plus petit grade. Car chaque corps correspond a un grade, comme à l'Armée!

chaque année a lieu un concours :

Le concours permet de passer éventuellement dans le grade supérieur comme suit : coryphée

puis sujet

puis premier danseur.

Les sujets peuvent danser en soliste, les premiers danseurs ont des rôles de solites. Les quadrilles et coryphées font des danses d'ensemble sans danser en solo.

Mais certains restent au plus petit grade toute leur carrière. La sélection est très dure.Les danseurs sont sans cesse en compétition.

Devenir étoile reste une exception. C'est le directeur de la danse qui propose  la nomination qui parfois est refusé par le directeur de l'opéra...

Une étoile, outre qu'elle a une technique exceptionnelle, possède bien  d'autres qualités. En voici quelques unes :

  1.  1) endurance exceptionnelle sur le plan physique. Une étoile est capable d'assumer une charge de travail énorme, d'apprendre ses rôles en temps records, et d'être toujours quasiment au sommet de sa forme et de son art chaque soir!sans faille, sans erreur.

certains danseurs possèdent une technique d'exception mais physiquement sont moins endurants. ce n'en sont pas moins des sportifs de haut niveau, du coup, il leur manque ce petit quelque chose pour accéder au titre supprême.

  • 2) outre ces qualités sportives, l'étoile a un sens artistique exceptionnel et est capable, tout en respectant la tradition, de mettre quelque chose d'unique, de bien à elle sur chaque rôle. 
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  • 3) enfin, l'étoile a un charisme exceptionnel; même quand elle ne danse pas, on ne voit qu'elle sur scène...

Un danseur entre dans le corps de ballet vers 16 ans, sa carrière s'arrête en général vers 42 ans... il quitte la danse encore en toute possession de son art. car la danse classique ne tolère que la perfection....

 

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