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Shabastet

  • : Danse et... danses!!!
  • : Blog sur la danse en général et l'opéra de paris en particulier rédigé par Valérie Beck, administratrice du forum danses pluriel
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 21:29

image004.jpgCe ne sont pas les œuvres qui comptent, mais les interprètes ! C’était tellement vrai cet après midi à Garnier du 26 décembre 2010 !

Trois œuvres reliées par un fil invisible

 

Dans la première : trois filles  un garçon (Apollon musagète- 1928) – Ganio, Ould Braham, Daniel, et la sublime Osta

Dans la seconde : deux garçons- une fille ( O slozony- 2004) – Carbone, Bélingard, Zusperreguy

Dans la dernière : 16 garçons – 16 filles et un face à face : fille garçon ( Le Sacre- 1975)

 

On passe du poétique, à l’onirique, puis de l’onirique à l’hypnotique !

Qu’est ce qui relie ces œuvres ?

 

Une certaine épure: l’épure du langage, du style, de la grammaire utilisée ; presque une forme de minimalisme

Il ne s’agit plus de divertir le spectateur mais de le plonger dans un état de perception ou d’émotion bien particulier suivant les œuvres

Il faut donc laisser son mental au vestiaire et ouvrir son imaginaire, sa faculté à la contemplation ; inutile de chercher un sens, une narration

Il faut accepter d’être emmenée là où on n’a pas forcément envie d’aller

En ce sens, ce programme va crescendo

C’est qu’elle est douée, BL, pour créer ces fils subtils…..

 

Trois univers différents, trois émotionnels différents et un travail sur le féminin et le masculin

Dans la première, Balanchine simplifie le geste quand Stravinsky, lui,  simplifie sa musique, renonce à certains «  effets » Apollon mène la danse…. Mais la mène t’il vraiment ?

Dans la seconde, Trisha Brown crée un alphabet, base de son travail sur un texte polonais mis en musique par l’artiste underground Laurie Anderson (compagne de l’incroyable Lou Reed, ex leader du velvet underground) et nous emporte dans un univers onirique ou l’on perd soi même en tant que spectateur nos propres repères,quand on ne se perd pas soi même

Dans la troisième, Pina Bausch cherche dans un langage simplifié l’expression maximale des émotions : peur- angoisse- soumission et son refus ; on est «  hébété », sans pensée, mais toute viscère à vif !

 

Les œuvres sont toutes de petits bijoux mais pas forcément servies par les meilleurs interprètes

 

Ainsi Apollon Musagète, malgré des danseurs de qualité, oscille entre poésie et ennui

Poésie lorsque Claire Marie Osta – sublime – danse avec M Ganio qui n’a pas vraiment su ce qu’il voulait faire d’Apollon. Magnifique pas de deux ! quelle magie, tout à coup ! Ganio apparaît enfin et on est emporté hors du temps…

Ennui lorsque N Daniel et M Ould Braham s’emparent d’une œuvre qui, malgré leur qualité de danse évidente – devient scolaire….

 

C M Osta est décidément plus qu’une ballerine : c’est une artiste à part entière qui «  réveille » M ganio : dès le début de leur pas de deux, M Ganio gagne en présence, en poésie, en authenticité ; malheureusement, tout cela s’efface dès qu’il se retrouve seul en scène

 

 

L’œuvre en elle-même est épurée mais poétique ; il faut vraiment des interprètes de génie – Claire marie est de ceux là et M Ganio pourrait en être s’il se faisait confiance – pour donner de la vie à cette pièce

 

Suivait O Slozony/o Composite:

Je l’ai vu en 2004 avec Legris- Dupont- Leriche : un pur moment de bonheur !!! je rêvais de revoir cette œuvre depuis

La revoir avec Zusperreguy – Carbone et Belingard donne un tout autre résultat

La symbiose entre les trois artistes n’a pas pris ; les trois hésitent dans leur engagement comme s’ils craignaient mutuellement de se faire de l’ombre

Ce qui coulait de source en 2004 devient cahoteux

Tantôt l’œuvre devient vivante, intense, tantôt elle retombe dans le scolaire et le «  bien dansé » mais sans ce grain de folie que j’attends toujours de la part d’artistes de ce rang !

Bélingard, d’habitude si fougueux est tout sage, et Carbone semble redouter les faux pas

Zusperreguy tour à tour illumine la scène ou disparaît

Cette œuvre lunaire servie par une musique «  hypnotique «  - elle m’a plongée dans les mêmes états que lorsque je fais du yoga nidra- manque d’un petit «  grain de sel » pour la faire vraiment décoller

 

Enfin, chef d’œuvre absolu, magnifiquement rodée par la troupe de l’opéra : le Sacre de P BauschSacre-Bausch-Kudo-Romoli.jpg

Pour avoir analysé la partition dans tous les sens, décortiqué timbre et tonalité, j’ai une connnaissance  profonde, complète, académique de la partition – pas mal jouée du tout, d’ailleurs, bravo à l’orchestre

 

Et là ?

Adéquation totale entre la musique de Stravinsky et le propos de Pina

 

Béjart, Prejlocaj, Nijinsky peuvent se rhabiller !!!!

Pina a su écrire une œuvre «  économique » mais puissante

Cet après midi servie par des interprètes qui sont comme des poissons dans l’eau

Attention : talents !

Si je n’ai pas reconnu tous les danseurs je cite pêle mêle Abbagnato (le diable au corps ! quelle interprète ; elle est comme l’Isabelle de Hurlevent, totalement possédée !) Kudo ( sublime) Renavand, Muret, Bance, investies jusqu’à en mourir !

Côté garçons, pas mal non plus : Hoffalt, Romoli, Carbone ( plus rien à voir avec l’œuvre d’avant, là , il est totalement présent, il est à fond !!!! je le suivais et je me disais : le bougre, pourquoi faut il qu’il soit noyé dans le corps de ballet pour oser être lui-même ????)

 

L’œuvre, ?

On pourrait écrire une thèse dessus !

Mais on peut faire plus simple

Les émotions – la peur, l’angoisse, la soumission et son refus – sont palpables tout au long du ballet

Pina a su créer – comme pour Orphée d’ailleurs – un langage simple qui tient en la répétition d’un certain nombre de phrases chorégraphiques qui collent parfaitement à la musique

Martellement du sol avec le pied, - sol couvert de terre- jeux de bras preque primitifs, corps qui se relâchent vers le bas,  en différentes secousses, sauts qui tentent de s’en libérer pour mieux   retomber

 

L’art de Pina réside non seulement dans l’économie de moyens, mais dans la façon simple qu’elle a de suivre la musique : elle marque les accents, elle glisse sur le reste

Ainsi les accents des percussions retentissent dans les corps, qui oscillent, vibrent, martèlent, sont pris de spasmes

Mais le tout esthétiquement, reste beau… ça veut dire quoi ce mot dans ce context ?

Que la ligne des corps reste  lisible et fluide, que les mouvements des filles sont moelleux à souhait, que jamais les garçons ne dansent en force.

A la fluidité des corps fait  écho la fluidité des cordes de l’orchestre, comme si c'était les gestes des danseurs qui commandaient la musique et non l'inverse.   La polytonalité des bois et des cuivrent créent des lignes comme aléatoires sur la scène

  Pina a un sens  de l’espace   extraordinaire !

Tout se décentre, mais rien ne se mélange ; la lisibilité du propos est parfaite

Femmes et hommes s’opposent jusqu’à en créer un puissant malaise mais en même temps s’entremêlent, se cherchent, se fuient, se complètent, se repoussent,  se violentent mais parfois créent   ensemble une immense ronde où les couples s’apprivoisent pour un court moment

Le centre de la scène disparaît sans que l’ordre ne soit anarchie

 

Kudo, parfait dans le rôle de l’élue – les dix dernières minutes de l’œuvre, mais les autres tout aussi parfaits

L’œuvre doit être crevante à danser !

A un moment, l’orchestre se tait : on entend les respirations haletantes

 

Je n’ai pas cherché à donner un sens

J’ai simplement reçu les émotions, la fatigue des danseurs – à en pleurer, à en avoir la gorge nouée, à en sortir discrètement mon mouchoir, à en avoir le corps parcouru de spasmes, tout comme eux !

Jamais je n’ai senti des émotions passer directement des danseurs à ma propre personne aussi violemment !

Ce sacre : c’est une transfusion faite en direct des danseurs aux spectateurs

On est obligé de vivre ce qu’ils vivent, de ressentir ce qu’ils ressentent, la peur, la révolte, la fatigue, le «  je n’en peux plus, que tout s’achève ! »

 

Que dire de plus ?

Merci aux trente deux danseurs de ce Sacre…. Et à P Bausch

 


 

 Ce texte est un compte rendu rapide écrit d'une traite pour le forum " danser en france"

 je me propose dans les jours qui viennent d'approfondir ces trois oeuvres dans trois articles différents

j'en prépare les liens d'avance

 

Apollon Musagète - Balanchine ONP 26 décembre 2010

O Slozony O Composite Trisha Brown ONP 26 décembre 2010

Le sacre du printemps - Pina Bausch ONP 26 décembre 2010

 

Sur chacune de ces oeuvres, il y a tant à écrire et à ressentir!

 

 

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 19:30

pas de chance : Dorothée Gilbert est blessée, elle ne dansera pas le lac; du coup, Nicolas Leriche non plus! MOi qui voulais lui faire dédicacer le livre d'Anne Deniau!!

 

Agnes letestu et José martinez doivent récupérer les dates sauf que ... claquage au mollet pour Agnès!

Qui va donc remplacer la remplaçante de Dorothée????

 

il y a quatre ans, les cygnes avaient la grippe aviaire! il n'y avait plus que 22 cygnes sur les 28 de la chorégraphies... c'était d'un triste, ces lignes toutes rabougries

 

 

Cette année, les étoiles ne brillent pas, et les belles étoiles de Noel sont blessées... que reste t'il?

Les solides mais sans strass.... sans stress non plus

 

Vais je acccepter de voir Pagliero ou Cozette dans le lac? vais je revendre ma place?

 

et bien, j'irai quand même!

 

ne serait ce que pour les sublimes actes blancs du deuxième et du quatrième acte...

pour la magie des cygnes, pour la magie de l'âme slave qui souffle sur la partition ( que l'orchestre colonne massacrera sans doute!) pour Noureev, même si son âme a lui sera sans doute trahi...

 

En ce moment, je danse sans arrêt à la maison la variation d'Odette... enfin, j'essaie... pour moi, l'une des plus belles variations classiques avec celle de Giselle à l'acte 2

 

J'espère de toutes mes forces que Pujol remplacera la remplaçante de Gilbert....

 

Allez sur le site de D Gilbert, en page d'accueil vous la verrez danser la code du seconde acte : elle est belle!

ce n'est pas tout à fait le style de cygne que j'adore, mais elle est belle quand même!!!!

 

lac des cygnes, cru 2010 : à suivre!!!

 

à lire : lac des cygnes 2010 ONP, sur ce blog! ( dans opéra de paris!)

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 21:40

122255535_small.jpgLe lac des cygnes

 

 

Il sera donné à l’ONP à partir du 29 novembre et jusqu’au 4 janvier

J’ai réussi à avoir à «  l’arraché » une place pour voir Dorothée Gilbert et Nicolas Leriche

J’aurais tout aussi bien pu prendre des places pour voir Mathieu Ganio et Laetitia Pujol

Parmi les distributions proposées, ces deux-là sont celles qui me tentent le plus

Je ne désire pas voir Cozette, ni Pagliero, ni Letestu que j’ai déjà vue et qui est parfaite dans le rôle, ni MA Gillot que j’adore, mais que j’ai du mal à imaginer en cygne

Malheureusement, Ciaravola n'est pas assez remise de sa blessure pour danser le double rôle d'Odette-Odile, et c'est dommage car elle aurait sans doute fait un cygne blanc magnifique; pour le cygne noir, elle aurait eu l'intelligence de lui insuffler de l'esprit, j'en suis sûre!

Pour les hommes, c’est vite vu : Ganio ou Leriche, point !  J'aime bien Martinez quand il ne danse pas avec Letestu. Ils se refroidissent l'un l'autre...

 

Ganio a tout mon amour ; il est magnifique, sensible, poétique, et a prouvé l’an passé en dansant Casse Noisette qu’il était un danseur aux lignes parfaites et à l’immense sensibilité artistique

Si j’ai émis des réserves quant à son interprétation, il n’en reste pas moins pour moi une véritable étoile ; j’aimerais beaucoup voir ce qu’il donne dans le rôle ambigu de Siegfried

 

Dorothée Gilbert, elle, se range aux côtés des Pontois et des Loudières. Elle en a l'éclat, le brio, la virtuosité.

J’ai émis les mêmes réserves l’an passé sur son personnage de Clara – elle était trop éclatante, trop princesse, pas assez petite fille- mais sa danse est si belle !

Son partenariat avec Leriche devrait être superbe

 

Leriche, lui, je le connais et je l’adore ; je l’ai vu dans ce même rôle avec Letestu et Guillem.

Prince tout en tristesse, en souffrance, en féminité, en naïveté, avec une danse si modeste et si maitrisée tout à la fois!

Guillem reste d’ailleurs mon meilleur cygne, car une fois encore, elle bouleverse les codes

Son cygne noir est malicieux, facétieux, et pas seulement «  cygne fatal »

Et son cygne blanc est à pleurer ! Elle sait être lyrique sans être mièvre, languide, sans être mollassonne; et malgré sa grande taille, son cygne semble fragile, blessé...

 

Bref !! J’ai hâte !

 

En outre, la partition est tellement slave ; j’adore l’écouter, pour elle-même !

Certes, la partition sera massacrée une fois de plus par l’orchestre, mais qu’importe

J

e veux encore être emportée par la magie de son conte slave auquel mon cher Noureev a donné son âme

En créant le personnage du tuteur, il a installé une dimension nouvelle dans le ballet

Le Prince n’est plus ce nigaud qui prend un cygne pour une princesse, et confond le noir et le blanc, mais un être qui n’est pas en phase avec le monde réel, et essaie de s’en échapper, tel louis II de Bavière amoureux de Lohengrin. Il s'était fait construire une barque en forme de cygne, dans laquelle il se faisait promener sur un lac artificiel, dans un de ses nombreux châteaux. Lohengrin,  c'est le chevalier au cygne. Quand au dernier château qu'il habita, il s'appelait  Neueschwanstein ( nouvelle pierre du cygne) édifié sur un piton rocheux, tout près du lac du même nom dans lequel on retrouvera son cadavre...   Louis II était homosexuel

Je suis sûre que c’est son fantôme qui a inspiré Noureev…. Le Prince finit lui aussi dans le Lac, comme Louis II...

A noter que Proust aussi aimait le Lac des cygnes. Swan, c'est cygne en anglais. Du côté de chez Swan, c'est aller du côté du cygne. Quand à la cocotte qu’aime Swan, elle s’appelle Odette, nom du cygne dans le lac...

Quand Swan la rencontre la première fois près de l’opéra, elle porte une sorte d’aigrette, comme la coiffe que porte les danseuses pour ce rôle.

 

Parmi mes souvenirs, il y a Froustey, perdue dans le corps de ballet mais sublime. Je m'ennuie toujours pendant les actes 1 et III, mais la dernière fois, j'ai regardé Froustey, aux jumelles, danser dans le coprs de ballet, et c'était sublime!

Il y a aussi les quatre petits cygnes d’il y a quatre ans qui était superbes; parmi eux,  Gilbert et Froustey  ( encore elle!!!) dans ce sublime quatuor ( filmé dans le dvd opéra de paris)

 

Pauvre Froustey, qui devrait être promue première danseuse depuis longtemps, mais qui pour des raisons qui m’échappent, végète encore en tant que sujet…. cette année encore, elle a été refusée au poste de première danseuse....

 

Voilà, je vais essayer de trouver des places pas trop chères pour voir aussi Ganio- Pujol…

Sinon, j’espère que les répétiteurs ne donneront pas trop de froideur à ce Lac slave qui n’a plus grand-chose à voir avec celui qu’avait monté Noureev

Les cygnes avaient alors une autre allure ! Car Noureev n'hésitait pas  à mélanger quadrilles, coryphées, sujets... et puis tous les pas avaient un vrai sens... ce n'étaient pas que des formes vides....

A noter qu’il y a quelques années, victimes sans doute de la grippe aviaire, les 24 cygnes n’étaient plus que 18 sur scène … c’était un peu triste, ces lignes réduites, et ces figures faites tant bien que mal....

Pauvre opéra, même pas capable d’avoir des remplaçants sous le bras… à ce niveau là, quand même !!!

 

Bon, rendez vous au 27 décembre, pour mes impressions !!!

Ce sera sans doute le dernier lac parisien de Leriche, qui aura ses 39 ans au mois de janvier

Plus que trois petites années à danser…. Sniffff ! qui, après lui ?????

 

 

 

 

 

 

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 10:06

pietra-don-t-look-back.JPGoù comment voyager dans le temps!!!!

 

 

Hier soir, assez déçue de n’avoir pas pu pour l’instant obtenir de places pour le Lac dans l’unique distribution qui m’intéresse (Leriche Gilbert pour ne rien vous cacher), j’ai fouillé dans mes archives afin d’en extraire des captations vidéo datant un peu. Il faut dire que quand on regarde les distributions du Lac des Cygnes, il n’y a rien de très palpitant… le problème, c’est qu’actuellement, une fois Martinez puis Leriche partis, côté garçon, il ne reste plus grand monde, à part Mathieu Ganio qui, hélas,  est très fragile ; j’adore Belingard, mais pour le classique, même si ses interprétations sont fortes, habitées, la ligne n’est pas la plus pure… il suffit de regarder Casse noisette pour s’en rendre compte ; 5ème pas fermées, pieds pas toujours très « propres » équilibres parfois difficilement tenus. Certes, il donne à ce Prince une part très sensuelle, très féline assez inattendue dans un ballet classique et qui plus est, il investi totalement son personnage. Mais les pas n'atteignent pas la perfection qu'elles devraient avoir à ce niveau là…

 

Côté filles, et bien à mes yeux, Gilbert est bien la seule étoile digne de ce nom, à ranger à côté des Pontois, Loudière, Guérin, Guillem, Maurin, et même Pietra dans une certaine mesure, qui firent les beaux soirs des années 1980 à l’ONP. Elle danse avec une facilité déconcertante ! Non que les étoiles actuelles soient mauvaises, mais là aussi, elles sont aptes à danser tel ou tel répertoire, mais peuvent rarement tout danser; en outre, la plupart sont souvent blessées elles aussi.

 

 

Me voilà donc visionnant   un DVD  contenant  d’antiques   captations numérisées de Guillem au travail, Pietra dans Don’t look back, Guérin dans l’Arlésienne, et, magique, Leriche et Pietra dans Le Jeune homme et la mort…

 

Je suis restée fascinée pendant plus de deux heures, oubliant le temps…pietra-leriche-le-jeune-homme.JPG

 

 

En rangeant le DVD, j’ai ressenti une tristesse profonde. Il y a un tel gâchis de talents à l’opéra. Certes, des artistes, il y en a ; mais des étoiles, brillantes, étonnantes, qui nous font retenir notre souffle, qui «  décapent » les rôles classiques, et habitent totalement les autres… où sont-elles ?

Beaucoup d’étoiles aujourd’hui à l’opéra se blessent et restent éloignés de la scène un temps plus ou moins long ; lorsqu’elles reviennent, fragiles, elles doivent renoncer à certains rôles trop techniques… ou bien elles l’abordent mais sans pouvoir aller réellement au bout des exigences du rôle

 

Où sont les Belarbi, les Legris, les Hilaires toujours là, passant d’un James de la Sylphide à un Forsythe ? Endossant sans problème le rôle de Siegfried, puis dansant Mats Ek avec le même talent ?

Où sont les Pontois, les Guérin, qui même dans les pas les plus simples scintillaient de tous les feux ?

 

Tout cela, est le reflet de l’actuelle direction de la danse… sans aucun doute…  des talents, il y en a ; des artistes aussi… mais presque aucun parmi eux ne peut couvrir l’étendue des rôles, des répertoires, comme le faisaient les étoiles citées des années 80/ 90... et pourquoi autant de blessures?  

le-jeune-homme.JPGEn outre, certains danseurs portent le titre sans aucun scintillement sur leur diadème ou leur pourpoint. Même certains danseurs que j’aime beaucoup et qui sont étoilés depuis peu, montrent rapidement leurs limites dans certains rôle... on en est presque gêné pour eux...

 

Mon Dvd commençait avec Guillem au travail… je crois que le documentaire date de 1985 ; Guillem est sans doute la plus grande virtuose de son temps. Même aujourd’hui, à presque 46 ans, elle garde une technique époustouflante... elle a, des années durant, danser le classique comme le contemporain avec le mêm talent; certes, c'est un oiseau rare...

 

Suivaient le Jeune homme et la mort avec Leriche et Pietra : comme c’est bon de les revoir tous les deux ensemble : quelle connivence en scène ! Voilà deux artistes en état de grâce ; Leriche doit avoir à peu près   27 ans sur cette captation ;  depuis dix ans, il danse avec la même passion, le même talent, et un charisme immense. La Mort va comme un gant à une Pietra, étonnamment virile dans ce rôle,  qui s'oppose à un  Leriche fragile, féminin,  tout en déchirements et en souffrance.

 

Puis ensuite, pour le plaisir, j’ai juste revu le solo que  Carlson a écrit pour Pietra : don’t look back, sur des poèmes de Pessoa : sublime ! Là aussi, j’avais oublié le brio de Pietra à cette époque : son incroyable force, sa puissance, son ballon, la précision de ses pas ; certes, je ne l’ai jamais aimée dans le classique – elle le dansait de mon point de vue trop en force- mais ce soltaillé sur mesure et enregistré en 2000 est vraiment fascinant : tout y est : théâtrâlité, fluidité, virtuosité, personnages qui se dédoublent, Pietra explore toutes ses facettes. Personnellement, celles que je préfère ne sont pas celles qui montrent ses angoisses, ses errances, mais sa flamboyance : quand en noir et rouge, elle s’élève dans les grands jetés en tournant et traverse la scène, belle, forte, sublime, déployant des bras souples mais puissants ! Elle irradie la danse !

 

Enfin, le plus pur moment de la soirée, le pas de deux final de l'Arlésienne de Petit.

Ce ballet est à mourir d’ennui, sauf quand Legris et Guérin dansent les deux personnages solistes.

Je regardais Guérin exécuter des pas tellement simples mais avec une perfection, une modestie, une sensibilité, une aisance et surtout une présence magnifiques : il suffit qu'elle fasse un dégagé seconde et la danse est déjà là. Qu’est ce qu’il y a dans un dégagé seconde ? Rien : les deux jambes sont serrées, l’une quitte l’autre en glissant sur la pointe qui se tend, au sol, en ouverture puis revient. Guérin le fait et on est dans la douceur, la tristesse de son personnage qui ne pourra pas sauver Frédéri malgré son amour. Son dégagé dit tout du personnage...

 

 

Quand j’ai éteint ma télé, j’étais heureuse malgré l'imparfection de ces captations sur le plan technique.

Rien à voir avec les frissons qu’on peut ressentir avec une salle de spectacle ?

Et bien si : tant est immense le talent de ces danseurs qu’il en traverse l’écran et vient se planter en plein milieu de votre cœur…c'est cela, l'art : ce n'est pas divertir, émouvoir, c'est ouvrir le coeur et donner des ailes à l'âme qui s'ébroue, heureuse, puis prend son vol....

 

 

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 09:53

Roland Petit Opéra de paris oct 2010

 

 

Rendez-vous ouvrait cette courte soirée consacrée à Roland Petit

Bien vieillot, cette œuvre !

Toute la première partie est d’un barbant achevé, et même Nicolas Leriche n’arrivait pas à donner du relief à cette pièce datée où l’on entend à tire-larigot «  les enfants qui s’aiment » ou «  les feuilles mortes »

Et puis ELLE arrive ! Qui ? La Ciaravola !!! La voilà, la voilà, la voilà !!!

Ah, dire que je n’ai pas pu la voir dans la Dame aux Camélias !!!! (Blessée, elle a été remplacée par Moussin)

Elle m’a rappelé un peu Guillem !

Elle a des bras, des jambes d’un délié et d’une précision ! Une vraie liane !

Elle incarne une femme fatale (pas très originale chez Petit, il n’y a que cela et elles tuent toutes les hommes qui les aiment) et danse un pas de deux avec Nicolas Leriche qui suspend littéralement le temps. Pendant une dizaine de minutes, alors qu’on périssait d’ennui sur son siège, on est tout à coup transporté hors temps, dans un univers de beauté, de perfection, d’art, en un mot. Ce duo est celui du jeune homme naïf et de la mante religieuse, mais c’est aussi plus que cela, quand il est dansé par des artistes du vol de Leriche et Ciaravola

On ne se dit plus «  dommage que Nicolas danse ce navet », on ne se dit plus rien d’ailleurs, on voudrait juste que le moment ne s’arrête jamais !

Voilà, quand deux grands artistes habitent une œuvre, la magie de l’art est là ! Dans les techniques de yoga, on parle de Kumbhaka, la stupéfaction qui peut amener spontanément des arrêts de souffle (qui ouvre alors la porte sur des mondes spirituels) : c’est ce que j’ai ressenti hier !

 

photo_large_3451-20100824174240_rolandpetitleloup_inter.jpgSuivait le Loup !  (ici Kader Belarbi)

Une histoire un peu semblable à la bête et la belle, où une jeune fille est trahie par son fiancé  le jour de ses noces, s’éprend d’un loup qui a l’apparence dudit fiancé, découvre que c’est un loup, en a peur, puis est gagné par la pitié avant de l’aimer pour de bon, avant que celui-ci ne soit tué par les paysans haineux

 

Ce qui m’a gêné dans ce ballet, c’est que j’ai eu l’impression de voir notre Dame de Paris transposée en Loup ; on retrouve les mêmes mouvements de foule, des pas similaires pour la Bohémienne qui rappelle vraiment Esmeralda, et pleins de petites choses qui font que Petit m’horripile : ces mouvements de bras qui s’agitent, ces cortèges qui tournent dans un sens puis dans l’autre, ce côté bavard, cabaret, facile, coloré, et gesticulant : arggh ! je déteste !!!

Notre Loup était incarné par un Benjamin Pech bien fade, comme souvent

J’ai du mal à aimer sa danse ; j’ai un souvenir d’un Roméo à périr d’ennui, d’un oiseau de feu pas très volant, et pour le feu, on repassera,  et j’ai même oublié les autres rôles qu’il a dansé!

Le Loup  n’a de loup que de nom ; a-t-il pris le parti d’être un loup transformé en homme ou un homme qui se sait loup ? Je ne le sais pas moi-même ; a-t-il voulu dire que cet être était blessé et fragile ? Car il n’y a pas la moindre once d’énergie dans ce qu’il fait

En face de lui, un Duquenne bien comme il faut et tout aussi scolaire !!!

Seule Pujol sortait du lot ; mais difficile pour elle de donner un peu de vie à une pièce où les autres danseurs semblent empêtrés qui dans la technique, qui dans le personnage qu’il doit incarner

Le seul problème, c’est qu’en la voyant danser, j’ai pensé à Giselle, à Juliette, à Hurlevent dans lesquels  elle excelle, mais pas un seul moment je n’ai regardé son personnage

Je me disais sur mon siège : « Ah, Hurlevent, comme j’aimerais le revoir », ou bien,   « j’espère qu’elle dansera Juliette cette année », ou bien encore, «  dommage que l’opéra n’ait pas commencé sa saison avec Giselle comme l’an passé ! »

Bon, quand le Loup meurt et la jeune fille aussi, on est juste soulagé, car l’entracte arrive !

 

Après l’entracte venait le Jeune Homme et la mort

 

Je l’avais déjà vu deux fois sur scène avec Leriche et j’avais très peur de la comparaison

Stéphane Bullion incarnait ce jeune homme aux côtés d’Abbagnato qui dansait la mort

 

La musique commence, le jeune homme est allongé sur son lit… et puis il s’assoit, regarde sa montre, l’écoute, (marche-t-elle ?) et tout de suite, on est happé par l’histoire

Bullion donne à ce jeune homme une fragilité, une souffrance qui va au-delà de l’histoire qui se déroule sur scène

On sent que ce n’est pas seulement la fille et son retard qui le fait souffrir, mais c’est sa vie elle-même. On lui imagine une vie par delà le temps présent du ballet ; c’est rare, cela montre que Bullion a d’immenses qualités d’acteur, et sa façon bien à lui de s’emparer de ses rôles ; on dirait qu’il a été rôdé à la technique de Stanislavski !!

Sa danse nous entraîne dans son monde à lui ; on ressent une compassion immense nicolas_le_riche_la_mort_jump.jpg

En outre, Bullion s’arrange très bien avec toutes les difficultés techniques de l’œuvre : il y a les chaises, les tables, avec qui il faut danser et c’est périlleux, voire douloureux.

Dans le documentaire qui lui était consacré, Leriche disait à quel point on se faisait mal en dansant cette œuvre

 

Techniquement, c’est moins puissant qu’un Babillée, un Noureev ou un Leriche.

Mais c’est tellement habité !

 

Quand à la jolie Abbagnato, j’étais heureuse de voir une danseuse aussi féminine qu’elle dans ce rôle qui incarne la garce parfaite

D’habitude, les danseuses que j’ai vues avaient une personnalité plus « yang » que « yin »

Gillot, Jeanmaire et Pietragalla font partie de ce groupe

 Mais Abbagnato elle, est délicieusement sensuelle, fine, séductrice, tout en incarnant la peste parfaite

 Le couple se renforce mutuellement, lui dans son mal de vivre (du coup, on lit plus que ce jeune homme joue avec la mort, qu’avec un amour qui tourne mal) et là aussi les 20 minutes passent à une vitesse incroyable !

 

Un moment d’émotion très fort, et un moment artistique très puissant ! Servi par l’envoûtante Passacaille de Bach

Ah, petit aparté ; c’est mon ancien directeur de conservatoire,   André Girard qui a eu l’idée de la passacaille de Bach pour ce jeune homme et qui a dirigé l’orchestre !

 


 

Voilà, cette soirée résume bien ce que je pense de Petit

 

- D’abord, il faut qu’il soit servi par des interprètes hors pair, totalement habités par leur personnage, sinon, ça ne fonctionne pas

- D’autre part, ce chorégraphe bavard, qui a un côté cabaret très prononcé, nous donne de temps en temps à goûter des moments chorégraphiques flamboyants !

       Par exemple, l’Arlésienne est à périr d’ennui, et puis hop, la farandole finale est un morceau d’anthologie ! (dansée par Legris ou par Bélingard, c’est d’une force !!!)

Son Notre dame de paris est long à mourir, mais tout à coup, il y a la variation d’Esméralda, ou bien le duo Quasimodo- Esméralda et là : «  O temps, suspend ton vol…. »

  Son Rendez vous est un navet, sauf quand le pas de deux final commence….

 

Un chorégraphe inégal donc, qui a beaucoup produit, s’est beaucoup redit, mais offre tout de même quelques unes des plus belles pages de danse du XXème

Sur l’heure et quart de spectacle, j’ai goûté très exactement une demi heure de danse…et trois quart d’heure d’ennui pur, où l’esprit vagabonde d’une idée à l’autre !

 Mais ça valait vraiment le coup de se prendre la pluie sur la tête une heure allée puis une heure retour en moto pour admirer des artistes que j’aime tant !

A noter que c’était le grand retour pour Ciaravolla, blessé depuis fin février, pour Abbagnato qui avait pris une année sabbatique, et pour Pujol qui n’avait pas dansé non plus la saison passée ( je ne me rappelle plus pourquoi !)

 

 

Je continue de penser que l’opéra de Paris n’est plus ce qu’il était du temps de Noureev

D’ailleurs, il suffisait de voir les décors revus au rabais du Jeune homme

Mais certains danseurs ont une personnalité tellement attachante, outre leur technique de danse fabuleuse

J’ai été gâtée car j’ai vu nombre de mes danseurs préférés hier !

Quand à Bullion que je n’avais vu que dans du Prejlocaj, je suis vraiment heureuse de l’avoir découvert hier dans ce fabuleux rôle qu’est le Jeune homme

Un artiste à part entière !

 

 


 

Voici un lien vers une de mes critiques de 2005  écrite sur un forum de danse et que j'ai reproduit ici; à l'époque, je n'avais pas encore ce blog où je me permets plus de liberté que sur les forum où j'essaie de rester plus neutre dans mes propos

 

Soirée Petit 2005   ( cliquez sur ce lien)

 


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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 08:05

Roland Petit à l’opéra de Paris, sept/oct. 2010

 

 

Je ne suis pas une fan absolu de Roland Petit, je lui trouve même un côté ringard appuyé dans certaines de ses œuvres. Par exemple, Carmen, son ballet préféré que j'ai   revu il y a quelques années, et que j'avais trouvé démodé, tout comme   l’Arlésienne donné dans la même soirée. J'avais aimé ces oeuvres par le passé, mais elles vieillissent mal... en 1990, je me rappelle encore avoir vu Alessandra Ferri au côté de Belarbi dans Carmen; c'était sublime... le ballet, depuis, a perdu ses couleurs, comme une photo décolorée par le soleil

En fait, certains la plupart de ses ballets m’ennuient sauf  lorsqu’ils sont transcendés par des interprètes d'eexception : ainsi Leriche et Pietra dans le Jeune homme et la mort, ( Pietra est la meilleure interprète que j’ai vu dans ce ballet)  ou Bélingard dans le finale de l’Arlésienne m’ont-ils laissé d’impérissables souvenirs.

Il y a aussi une captation étonnante de Noureev dans le jeune homme ( film réalisé en studio avec Zizi Jeanmaire, assez fade)

J’aime aussi tout particulièrement Clavigo, sans doute en partie parce que la partition de Gabriel Yared ( entre autre compositeur de la musique du film l’Amant de JJ Annaud) est pleine de poésie, de sensibilité, et que une fois encore, c’était Nicolas Leriche qui incarnait le rôle titre.

En revanche, je n’aime pas du tout son  Notre Dame de Paris. Le seul passage du ballet qui me plait est la variation d’Esmeralda ( filmée avec la magnifique Isabelle Guérin) à mes yeux l'une des plus belles de R Petit, avec celle de l'étrangère, de Clavigo, dansé par l'inclassable MA Gillot

Je n’ai jamais non plus beaucoup apprécié Zizi Jeanmaire mais bon… enfin, quand je la voyais à la télé avec son " truc en plume" quelle horreur!!!!

Alors, pourquoi est ce que j’ai pris des places ?

En premier lieu, parce que j’ai trouvé des places à très bon prix ! Plus le temps passe, plus le prix des places de spectacles ou de concert atteint des sommes astronomiques ; je refuse de dépasser un certain prix même pour voir des artistes que j’adore ; j’ai renoncé ces derniers temps à bien des concerts ( supertremp, fleet woodmack, R Plant et bien d'autres! )au vue des sommes astronomiques demandées. A l’heure ou l’on parle de démocratisation de l’art, je ne comprends pas bien qu’on puisse demander plus de 120 euros pour entendre tel ou tel artiste sur scène...

La première catégorie à Garnier est passé de 105 francs en 1983 à 90 euros aujourd’hui ; mais mon salaire lui, n’a pas été multiplié par six !

Là, vingt euros, pas trop mal placé, c’est tout bon !

En second lieu, j’ai une tendresse particulière pour le Jeune Homme et la mort, qui sera dansé par S Bullion ;  c’est le directeur de mon ancien conservatoire, André Girard – un homme adorable qui aimait précisément que la musique soit partagée par le plus grand nombre-  qui a dirigé la première ! La fameuse passacaille de Bach (le ballet avait été réglé sur du jazz) : j’aurais enfin l’occasion de revoir ce tout jeune «  étoilé "que pour l’instant je n’ai vu que dans l’infâme Siddharta de Prejlocaj, ou dans le sublime Médée du même Prejlocaj où il était vraiment très bien.

Enfin, l’un des ballets est réglé sur une œuvre de Dutilleux, magnifique compositeur français trop méconnu… espérons juste que l’orchestre ne massacrera pas la partition

J’aurais aussi la chance ce soir là d'avoir Nicolas Leriche distribué dans la plus belle fille du monde au côté de Ciaravolla ( elle s'était blessée la veille de danser la dame aux camélias et avait été remplacée par la fragile D Moussin)

 

Ensuite, que verrai-je à l’opéra ? Je n’en sais encore rien car il est impossible d’avoir les distributions à l’avance ; je me vois mal aller voir Cozette dans le lac des cygnes ou dans roméo et juliette ; attendre les distributions signifient qu’on n’a plus le choix des places mais l’embaras, quand il en reste :des premières catégories, hors de prix et parfois très loin de la scène

Mais j’irai voir Rain de T de Keerksmaker, la soirée Mats Ek, ça c’est sûr… Pour les grands Noureev, je préfère ne pas les revoir que de les revoir trahis…

 

Et puis, j'ai déjà mes places pour voir S Guillem dans Eonnagata au côté de R Lepage; j'ai pris les places en juillet pour avoir le choix et un bon rapport qualité prix!

 

Distributions du 1er octobre

1 octobre 2010 à 19h30
Rendez-Vous (Le)
LA PLUS BELLE FILLE DU MONDE Isabelle Ciaravola
LE JEUNE HOMME Nicolas Le Riche
Loup (Le)
LA JEUNE FILLE Laetitia Pujol
LE LOUP Benjamin Pech
LA BOHEMIENNE Amandine Albisson
LE JEUNE HOMME Christophe Duquenne
Jeune Homme et la Mort (Le)
Le jeune Homme Stéphane Bullion
La Mort Eleonora Abbagnato

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 19:01

S’attaquer à un parcours initiatique tient toujours du challenge

On peut narrer une vie humaine, mais une vie qui tend vers la quête mystique, ce n’est pas si facile !

 

Preljocaj voulait raconter la vie du Bouddha juste avant son éveil…. D’où le nom, Siddartha, comme le roman éponyme de H. Hesse

 

Ce Siddharta n’a de Siddharta que le nom

Sans le petit livret explicatif, je n’aurais au final pas compris grand-chose, et j’aurais pu tout aussi bien croire qu’il s’agissait de l’histoire de n’importe qui…

Un quidam   s’ennuie malgré son palais doré, part sur les routes, mais ne renonce  pas aux   plaisirs de la vie

 

Le propos de Prejlocaj est parfois même très naïf !

 

Au début de l’œuvre, des hommes cagoulés façon play mobiles, se roulent au sol, et répètent à l’infini les mêmes gestes

Au dessus d’eux, une grosse boule se balance, nimbée de fumigènes

Esthétiquement c’est très joli, mais très vite, on se dit «  bon après, ces hommes en cagoule, que veulent ils ? »

 

Sur le programme, il est expliqué : ce sont les maux : « douleurs, angoisses, violence »

 

Ben dites donc, ils sont drôlement sages, les play mobiles, car en fait de douleur et d’angoisse, on n’en voit guère !!! 

La douleur naît plutôt de la partition assez insupportable à écouter!!!

Elle va du couinement des cuivres ou grognement des percussions, en passant par des petits solos de guitare électrique minable, mal raccordée à l'ampli et qui ne sont guère plus évoluées que ceux de mon voisin de 14 ans!...

Et pourtant, j’ai écouté de la musique contemporaine au kilomètre pendant des années  (Ohanna, Prodominès, Amy, Kurtag, Ligeti, Sapin, Fénelon,  pour ne citer qu’eux… !)

Les hommes en noir du Hurlevent de Belarbi étaient bien plus inquiétants, je trouve, on les sentait menaçants

Là, on les sent plutôt encombrés par leur casque….

 

Puis, on se retrouve dans le Palais de Siddartha

Commence une brochette de  lieux communs inimaginables

De grands canapés dorés avec scènes sensuelles dessus (et du rouge, bien sûr, ) un roi au milieu, emberlificoté dans une espèce de portant :   c’est le père de Siddartha, qui veut l’initier à la politique ( c’est le programme qui le dit !)

 

Mais Siddharta, ça ne l’interesse pas la politique, il préfère retrouver sa femme dans sa chambre, se livrer à quelques coquineries très kama sutra, avant de partir au matin avec son cousin Ananda dans la forêt !!!

 

 

Avant, on aura eu droit à une scène très sage de désolation dans un village qui subit une épidémie

Les play mobiles noirs du début   triturent dans tous les sens mais très sagement quand même, des corps en blanc : c’est plat et convenu, sans surprise et surtout interminable...

 

La scène dans la forêt ou Siddartha et son cousin s’en vont est visuellement intéressante, comme chaque début de tableau d’ailleurs l’œil est captivé par la nouveauté, par la lumière, par les accessoires...

Mais très vite, la danse s’essouffle et on sombre dans l’ennui

 

Même l’arrivée de l’éveil – très évanescente claire marie Osta – n’apporte ni émotion, ni véritable poésie, c’est beau mais c’est froid. L'éveil s’envole dans les cintres, comme les Sylphides, pour que Siddhartha ne l'attrape pas et mes voisins de derrière éclatent de rire!.... bon.... effet raté, c'est sûr....

 

Et le ballet continue de faire défiler les 16 tableaux, l’un après l’autre, en alternant scène de groupes très sages et duo ou solo qui s'enlisent dans un vocabulaire pas ininteressant mais moins inspiré que ce à quoi Preljocaj nous a habitué.... 

Au final, on aurait pu voir n’importe quoi d’autre…

 

Les idées présentées semblent être un condensé de ce qui a   déjà été exploités par d'autres avant lui : ainsi,  Gallota il y a vingt ans avait fait de Don Juan un «  rockeur échevelé » qui sautait partout sur sons de guitare électrique!

Puis il avait répété son geste avec Nosfératu, un vampire échevelé ! ( pour le rôle, le beau Martinez avait une perruque de longs cheveux noirs, hyper sexy !!!)

(Petit aparté :  j’adore certaines chorégraphies de Gallota, comme les variations d’Ulysse ou Docteur Labus, ou même son Icare, mais d’autres m’ont moins séduite ! il en est ainsi de tous les chorégraphes ! c’est normal ! et cette fois ci Prejlocaj, non, je ne peux pas entrer dans son univers)

 

Je garde de ce Siddharta une impression de  «  beaucoup d’agitation pour rien » doublé d’un « beaucoup de bruit pour rien !!!! »

 

Certes à l’opéra, les danseurs sont exceptionnels : Belingard, Moreau, Osta, Renavand, Lamoureux, Zusperreguy sont extraordinaires et font tout ce qu’ils peuvent pour donner du sens à ce qu’ils dansent

 

Mais les personnages n’existent pas, et ils peinent à amener le spectateur dans l’œuvre

 

J’aurais préféré comme pour Médée une œuvre d’une demi heure, avec quatre ou cinq personnages mieux construits, plus approfondis, au lieu d’être tout juste esquissés ; car on ne sait rien de sa femme, si ce n’est qu’elle aime les parties de jambes en l’air, rien de son cousin, sinon qu’il le suit dans la forêt, rien de son père, si ce n’est qu’il est le roi, et ainsi de suite….

 moins de moyens pour  une plus grande concentration dramatique : oui

 

Là, on a l’impression que Prejlocaj a écrit à la ligne pour étirer son propos sur 1h 40 quand 35 minutes, 40 peut être auraient suffi !

 

Du coup, les danseurs  font tout ce qu’ils peuvent pour sauver de l’ennui une pièce creuse, vide,  sans y parvenir....

 

tant pis!!!! après une soirée ratée ( La dame aux camélias) une après midi ratée!....

 

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 12:49

Dans les rôles titres : karl paquette, Delphine Moussin, Mathias Heyman, Pagliero, Hurel, Laure Muret, Laurent Novis


Vous savez, parfois vous achetez des ingrédients chers, vous vous lancez dans une recette compliquée, et le plat est fade....
c'est exactement ce qui s'est passé le 1er mars, avec cette distribution notamment

Une histoire célèbre, la musique de Chopin, des robes magnifiques, des danseurs talentueux et puis au final, rien, trois heures d'ennui ( je me suis surprise plus d'une fois à penser a des choses qui n'avaient plus rien a voir avec le spectacle, je m'en étais totalement absentée!.... ça ne m'était encore jamais arrivé!)

J'avais choisi cette date pour voir Isabelle Ciaravola, mais hélas, elle était blessée et a donc été remplacée par Delphine Moussin que j'aime énormément ( je l'avais adorée notamment dans Anastasia, dans Ivan le Terrible)

Est ce par ce que les danseurs ont eu peu de temps pour répéter ensemble que la magie n'a pas eu lieu?
est ce que le ballet en lui même est bavard? ( Ce qui m'a semblé!)

Je ne saurais dire....

En revanche, je cite trois artistes que j'ai vraiment eu plaisir à voir sur scène

La magnifique Mathilde Froustey : même " planquée" dans le corps de ballet, on ne voit qu'elle : elle sera étoile un jour, c'est une évidence! elle a tout et surtout un charisme hallucinant!

Le magique Mathias Heymann, vraiment ! poésie et technique se fondent en lui!  je l'ai raté dans le Spectre à la rose cette année, quel dommage! ( quatre heures coincée dans ma voiture! arghhhh!)

et puis la sémillante Laure Muret, belle présence scénique, comme toujours, plaisir de danser évident!

Pour les autres, et bien, comme je le disais chacun a raconté son histoire de son côté sans que l'on comprenne ce qu'ils racontaient ensemble....

Trois heures, c'est long, dans ces conditions!!!

Cela fait partie de mes soirées ratées à l'opéra, mais finalement, il n'y en a pas eu tant que cela car la plupart du temps je choisis mes distributions

a noter que Dorothée Gilbert aussi avait renoncé à danser Manon....

bon, j'en suis venue à me redire une fois encore : ce ne sont pas les chorégraphes qui font les oeuvres, mais bien les interprètes! c'est la même chose en musique
confier le plus beau Ravel a un pianiste bourrin, il ne se passera pas grand chose! même si la technique est là!

Non, il faut autre chose pour qu'une oeuvre prenne vie; il faut ce petit plus qu'on peut appeler âme, si l'on veut!!!

Il n'y avait pas d'âme ce 1er mars!....
 

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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 09:45

la-rue-copie-2.JPG 
Je  voudrais plutôt vous parler de la magie du spectacle en lui même... j'ai lu  Casse noisette à l'âge de  dix ans environs; ce conte écrit par Hoffmann est plus terrifiant qu'enchanteur ; il y a une violence tant de la part du monde des rats que de celle des enfants qui détruisent ou encore  des parents qui ne comprennent rien à rien!... quand on est enfant et qu'on lit cela, ça ne rassure guère sur l'état du monde... 
C'est vraiment cela qui me restait donc  du Roi des rats, titre du conte.
 
Mais dans cette version, il y a une ambiance étonnante. Revenons un instant sur les danses des parents : on y  j'y entend  les motifs musicaux qui parcourent les oeuvres de Schumann, comme les variations ABBEG, ou Carnaval, inspirées elles aussi par les bals évoqués dans les nouvelles des romantiques allemands ( Je pense au Flegeljahre de Jean Paul). Cultivé comme il l'était, Noureev a parfaitement su entremêler tous les fils proposés par Dumas, Hoffmann, Schumann, Tchaikovsky, Petipa, en y ajoutant sa propre sensibilité

 



clara-et-le-roi-des-rats.JPGC'est magique d'assister à Casse noisette un 25 décembre. De s'émerveiller  de l'arrivée des invités  dans la rue, où tombe la neige, qui veillent à ce que leurs enfants soient bien comme il faut, à l'ennui que ceux ci ressentent face aux amusements des grandes personnes. Toute la vie apportée par les enfants turbulents, dissipés, qui égaillent ce grand salon bourgeois de leurs, bagarres, disputes, rires, jeux est parfaitement restituée par les enfants de l'école de danse.
J'ai pu goûter le tapotement des petites pattes de rats sur le sol, le combat des courageux soldats de plomb contre ces vilains rats ( enfants de l'école de danse vraiment craquants dans leur costume!!) la charge du Casse noisette et de ses petits hussards  à cheval,  l'arrivée flamboyante et magistrale du roi des rats qui terrifie Clara. Ce sont d'ailleurs les rats qui arracheront la robe de petite fille de Clara alors qu'elle tente de défendre son Casse Noisette contre les dents acérés et les griffes du Roi, immense et terrifiant

Heureusement, le Prince apparait,   les fenêtres du salon s'ouvre sur   les flocons de neige qui tourbillonnent dans le grand parc endormi où les branches nues et noires des arbres étendent leur mélancolie et leurs regrets au dessus des  statues de pierre des anges  bienveillants. Noureev n'est pas un bon chorégraphe? il suffit de regarder cette scène des flocons pour se persuader du contraire; tout est simple mais féérique ; aussi bien les vibrations des mains, que cette façon que les danseuses ont d'enrouler et de dérouler le corps sur elles même, comme le fond les  tourbillons de neige... comme ceu   que Noureev a connu enfant en Russie. La neige qui danse, qui couvre tout....
Les costumes de Georgiadis recouverts de strass argentés évoquent parfaitement le miroitement du givre sous la lune d'hiver, quand  dans les nuits   glacées, mais claires,  les rayons lunaires argentent les paysages...
( hélas, ça ne se voit pas sur les écrans de télé, le miroitement des strass disparait)
La neige tombe à gros flocons.... s'élève alors  les voix flûtées des fils et des filles de Snegourotchka,  qui vibrent dans les rafales glacées du  vent  qui joue, danse, et emportent des tourbillons de neige...

C'est à ce moment qu'apparait le premier pas de deux entre le prince ( qui a les traits dans le rêve de clara de son oncle Drosselmeyer) et clara, jeune fille amoureuse...
clara-priince.JPG
Les pas de deux de casse noisette sont  les plus légers, les plus gracieux, les plus vifs que j'aie jamais vus!
Ils ont une couleur qui leur est propre. Comme les tourbillons de neige, ils emportent le prince et clara dans une danse en mouvement perpétuel, légère comme des flocons, où l'on ressent en tant que spectateur l'ivresse que procure les  sentiments amoureux : c'est frais, féérique,  poétique, plein d'une extase quasi printanière; les danseurs alternent les grandes arabesques, les sauts, les mouvements amples qui traduisent l'immensité de leurs sentiments, leur frénésie aussi,   avec des petits pas pleins de vie, raffinés, délicats et fragile comme le givre.
La partition livre des pages  aux grandes envolées lyriques, comme seuls les compositeurs russes savent en écrire sans crainte d'exprimer  leurs sentiments profonds. Tout est en accord.  Danseurs, spectateurs, musiciens, décors, tout le monde est emporté dans un même souffle qui, lorsque j'y pense, traduit complètement ce que je ressens le soir de Noel : tout est possible, tout est neuf, tout est magique, le monde est poésie et féérie ( ensuite, ce sentiment retombe plus ou moins!!!) Merci à Noureev d'avoir si bien su comprendre l'essence de la magie de Noël, lui, qui enfant, n'a connu que le froid, la misère et la faim...

Après ce pas de deux, défileront d'autres scènes : d'épouvantes, quand Clara voit horrifié son casse noisette, puis son oncle dévorés par les rats sous ses yeux, quand les grandes personnes viendront la tourmenter...
est ce la réminiscence de cette scène que raconte Noureev, lorsque son père l'avait emmené dans la forêt et l'y avait abondonné, ( en fait, il l'espionnait caché derrière un arbre)  pour voir s'il avait du courage, sachant que les loups n'étaient pas loin? Noureev évoquait cette scène avec beaucoup de haine, montrant par la la cruauté de certains adultes...
mais très vite, le prince a ses côtés lui montrera la poésie possible des choses : comme dans les contes de Hoffmann ou de Gautier, les figures de la tapisserie de sa chambre prendront vie
Là aussi, la vie de Noureev a servi de fil à la relecture de son Casse noisette. Il s'est toujours entouré d'oeuvres d'art, sa chambre en regorgeait, peut être lui aussi voyait il ses icônes russes s'animer dans sa chambre la nuit...

Puis viendront la grande valse des fleurs, magnifiquement interprétée ce soir là par l'opéra de Paris, et le sublime pas de deux final, plus grave, moins adolescent que le premier, mais d'une singulière et envoûtante beauté
La aussi, reparait le goût qu'avait Noureev pour le " grand siècle" de Louis XIV même si les costumes sont ici plus  "louis XV"... je ne peux m'empêcher de penser aussi à  Louis II de Bavière  qui avait ce même amour pour Louis XIV, d'où la galerie des glaces d'un de ses chateaux; les deux partagent la même démesure...belingard-Ould-Braham.JPG

La danseuse abandonne sa robe de petite fille ( ou plutôt la combinaison qu'elle avait dessous, puisque les rats la lui avaient arraché) pour revêtir un splendide tutu doré et un diadème qui rappelle les coiffes russes. Elle est parée de bijoux, elle devient femme, en quelques sortes, dans son rêve tout au moins... 

Je reviens une fois encore sur la beauté de la danse offerte par M Ganio et D Gilbert
Il y a eu de grands moments de grâce dans ce qu'ils ont offert au public
Des moments où la beauté est telle que l'âme en est saisie
Les yogi tantrique disent que si l'âme est " frappée" suffisamment fort dans la contemplation en un instant de la beauté, la libération peut arriver
bon, je suppose qu'au préalable, l'individu aura fait moult méditation
mais ceci pour dire à quel point ils tiennent en estime le pouvoir de la beauté esthétique sur l'être humain
ce qui est traduit par la notion de " rasa" en sanskrit
c'est vraiment à cette rasa que j'ai goûté ce soir là, en voyant ce casse noisette de Noureev
Depuis j'ai exhumé ma vieille cassette VHS avec Maurin, Hilaire... je reviendrai en parler bientôt!!!
Pour finir, une belle image de M Ould Braham et de J Bélingard

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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 21:49

compte rendu sur le forum danser en france de Cathy
les comptes rendus sont des instantanés que je partage avec d'autres forumeurs, je ne leur permets pas tout à fait la liberté de ton que je m'accorde ici!


Distribution : Ganio, Gilbert, soirée deu 25 décembreUn spectacle vraiment magique!

 

en voyant ce spectacle, une foule de remarque me sont venus à l'esprit ( que je garderai pour moi pour ne pas vous barber!!! :mrgreen: )
le jeu des panneaux qui délimite la rue, puis le salon de reception, puis le grand salon qui laissera place au parc enchanté sous la neige, qui se transformera en salon 18ème... tout ce travail sur l'espace scénique est fantastique.On a limpression que l'espace se prolonge hors scène : l'escalier qui monte probablement aux chambres, la descente ornée d'anges qui mène dans un parc qu'on imagine immense et plein de souvenirs, les miroirs qui agrandissent la salle de bal; tout cela est dû à ce cher Georgiadis que je ne finis pas de regretter... tout est beau, mais sobre, et créée déjà l'illusion théâtrale

Le premier acte a été très vivant : il y a plus de mime que de danse, mais les enfants, les rats ( craquants) dominé par leur magnifique roi à l'immense cape rouge flamboyante comme une langue de feu, les petits hussards à cheval menés au combat par un héroïque casse noisette ou les courageux soldats de plomb, tous nous entrainent dans l'enfance, faite d'ombres et de lumières.

côté grandes personnes, on était gâté aussi : l'irresistible grand père de F Roque m'a tiré un fou rire véritable ( je l'avais déjà beaucoup aimé dans des rôles comme Sancho Pança) et Luisa ( Zupserreguy) et Fritz ( Axel Ibot) incarnaient bien leurs personnages : des enfants, garnement au besoin quand Fritz mène son équipage de petits chevaux armés de trompettes! d'ailleurs tout le remue ménage fait par les enfants que les parents essaient de contenir est très réaliste, car cela ressemblait assez à ce que j'ai vécu récemment à la veillée de Noël! :mrgreen:

Magnifique poupée soldat ( de qui? )...dans le trio des automates! je ne sais pas qui dansait les deux autres poupées non plus

En revanche, et c'est là où j'ai été déçue, à aucun moment je n'ai vu Clara : j'adore D Gilbert, mais je ne trouve pas qu'elle interprète vraiment une enfant; elle a trop de brio pour ce rôle de gamine émerveillée par un pantin le soir de Noel. Quand à M Ganio, lui, est un oncle un peu absent...

Leur pas de deux, en revanche, était sublime, si on met de côté les personnages qu'ils avaient à incarner; à telle point que je me suis retrouvée en larmes... ils dégageaient ensemble une émotion, une poésie, un romantisme aussi vraiment magnfique; il y avait de belles envolées dans leur danse, comme un grand souffle qui se propageaint jusqu'aux spectateurs; c'était lyrique, c'était pur, c'était beau!
j'adore la scène des flocons de neige; je me retrouve comme une môme un jour de neige! la musique la aussi m'emporte, et dès que la fausse neige tombe sur la scène et sur les magnifiques tutus recouverts de strass ! je suis littéralement saisie d'admiration
les deux flocons solistes ( Pagliero et Braham) n'allaient pas trop ensemble; elles ne faisaient pas les pas à la même vitesse et étaient décalés
là aussi un détail, car franchement, la neige, les tutus, les strass, les anges, les arbres nus, la musique de Tchaikowski et le corps de ballet : que demander de plus? c'était féérique à souhait et j'aurais voulu que la scène dure plus longtemps!!

le second acte a été enlevé avec brio
je ne voudrais pas quelle en prenne ombrage, mais j'ai cru voir Noella Pontois danser :shock: en la personne de Miteki Kudo. Sa pastorale nous a offert une danse d'une beauté, d'une délicatesse, d'une grâce et surtout d'une musicalité : elle n'en faisait pas " trop" et tout était musical, ciselé, sûr, gracieux; elle était ravissante avec sa perruque ( pourtant difficile à porter je trouve) et tous les mouvements étaient graciles, mais les pointes étaient sûres, solides et précises et les pas aussi!
d'ailleurs les trois danseurs étaient très harmonieux ( Verdussen et Bodet )

pour la danse arabe que j'adore, je me suis ennuyée malgré la présence de Karl, qui n'avait pas l'envoutante sensualité de la video, et la beauté de Pagliero; belle danseuse, beaux bras; pourquoi alors le tout manquait-il cruellement de ce quelque chose de mystérieux et d'oriental" que j'aime tant dans la captation de 2006? est ce l'absence de Romberg qui apporte ce petit quelque chose de plus?
en fait, c'est cela, ça ne faisait pas oriental du tout, mais c''était " joli" à regarder

la valse des fleurs a été parfaite!!! dans ce passage qui me parait d'habitude toujours un peu longuet, le corps de ballet m'a emportée par sa brillance, sa virtuosité; les ensemble,superbes, rendaient la chorégraphie parfaitement lisible de bout en bout, un autre grand moment magique! on voyait bien les figures compliquées au sol qu'aimait Noureev, ses pas difficiles qui font que tout tourne au " fouillis" si ça n'est pas rigoureusement mis en place; trois groupes dansaient parfois des choses différentes sans que la structure de l'ensemble ne s'effondre
c'était une vraie merveille!

Reste à parler du grand pas de deux finali
superbement danser par Gilbert et ses ports de bras magnifique, et par Ganio vraiment inspiré, romantique, lyrique et poétique... mis " hors contexte" ce pas de deux est touchant, émouvant. Ils étaient étonnament ensemble comme si le reflet de l'un animait l'autre
malgré tout, comme je l'écrivais plus haut, il ne s'inscrivait pas vraiment lui non plus dans l'histoire... un peu comme si les deux protagonistes ne parvenaient pas tout à fait à interpréter leurs personnages

bref, une soirée comme j'aimerais en voir souvent!!! un beau cadeau pour le jour de Noel
d'ailleurs, dans le public, tout le monde était aux anges....

je regrette vraiment d'avoir raté il y a deux ans la distribution Pujol/leriche....
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