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  • : Un jour, une œuvre
  • : Créé en 2006, ce blog rédigé par Valérie Beck autrefois consacré à la danse et à ma compagnie se diversifie davantage.
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 09:42

 

C’est tout à fait par hasard qu'il y a deux ans, j’ai découvert les Trois sœurs à la Comédie Française. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre et j’ai été conquise

 

Par le texte lui-même pour commencer ; simple, sobre, il nous plonge au sein de cette fratrie privée de leurs parents ; trois sœurs et un frère – comme chez les Bronté – qui vivent en Province et ne rêvent que de retourner à Moscou, depuis la mort de leur père, un an plus tôt. On ne sait pas très bien depuis quand la mère est morte, mais l’on suppose que cela fait longtemps, car la vieille nounou qui est là depuis trente ans fait partie de la famille.

Dans cette maison, les officiers de la garnison en place dans la petite ville, viennent souvent en visite, amenant avec eux gaité et chansons

Chacun essaie de trouver le bonheur dans une existence qui n’en donne pas. Personne n’est véritablement malheureux non plus ; non, juste une existence ordinaire dans une ville ordinaire.

 

 54739308.jpg Verchinine, - l'excellet Vuillermoz - le nouveau commandant de la batterie,  qui au détour d’une phrase fait comprendre qu’il a toujours vécu dans des petits meublés minables, aux côtés d’une épouse suicidaire, mais qu’il aime profondément ses « deux petites filles », est l’un des personnages les plus attachants. En dépit d’une vie qu’on suppose difficile, lui qui ne rêve « que d’une maison comme celle-là » alors qu’il va de garnison en garnison, ne se plaint jamais de son sort qu’il essaie  d’accepter. Il pense que  l'existence banale qu'il mène conduira peu à peu   l’humanité future au bonheur.

Dans le passé, ancien camarade du père des trois sœurs, on l’appelait le major amoureux. Rien qu’avec cette évocation, on imagine ce qu’a pu être sa jeunesse : pleine de promesses !

Mais cette époque est bien révolue… aujourd’hui, il trouve du bien-être à venir dans la maison des Prozorov,  auprès des sœurs raffinées – l’une d’elles parle quatre langues, l’autre joue du piano, la troisième enseigne et finira directrice.

Les sœurs sont persuadées qu’en retournant  à Moscou, leur vie prendra enfin son envol. Moscou, c’est aussi la ville de l’enfance, lorsque leurs parents vivaient encore.

Macha, - Elsa Lepoivre, parfaite en femme qui a perdu ses rêves - qui joue avec talent du piano, est mariée à un homme bon, mais qui l’ennuie. C’est le genre d’homme gentil - l'excellent Gilles David -qui veut surtout ne pas déplaire, ni à sa femme, ni à ses supérieurs au lycée ; il finit par couper sa moustache, car le proviseur l’a fait, alors que ce geste l’enlaidit. Olga, - Florence Viala - l’ainée,  enseigne, mais se sent toujours fatiguée, sans entrain ; elle se plaint de maux de tête, de surcharge de travail.    La cadette, Irina, - Georgia Scalliet qui incarne à la perfection l'insouciance qui se voile -  dont c’est la fête lors du début de la pièce,  pense qu’elle trouvera du plaisir en travaillant, en s’occupant. Pour elle, en ce matin de mai, un an après la mort de son père, tout semble possible, une promesse de bonheur flotte dans l’air,   sa vie est en fleur, comme le printemps au dehors.

Quant au frère, c’est un brillant étudiant en sciences et un talentueux violoniste. Tous les espoirs reposent sur lui. ( Stéphane Varupenne- en 2010 et 2011Guillaume Gallienne.)

On comprend que la maison de ces quatre enfants attire les officiers qui viennent y passer leurs après-midi de liberté et à  leurs soirées. On chante, on danse, on devise, on rit, on se chamaille gentiment.

Verchinine, le commandant,  philosophe sans cesse ; plus tard, « dans deux cents ou trois ans » lui-même sera oublié, mais sa vie et celles de ses contemporains auront permis à cette humanité future d’éclore.

 

Natacha, la fiancée du frère, accélérera l’étiolement des rêves de cette fratrie. ( Coraly Zahonero est parfaite en fiancée peu sûre d'elle au début de la pièce qui finit par régner en maître, parfaitement contente de sa vie)

 

Françon  offre à ce texte une mise en scène très sobre et belle tout à la fois, qui renforce le sentiment de chagrin  qui s'étend d'acte en acte sur toute la maisonnée hormis Natacha.

 

Le premier acte, le plus lumineux, offre deux espaces : un grand salon avec un piano, éclairé par une immense 54739353.jpgvéranda qui s’ouvre sur un printemps en fleurs et de grands bouleaux, « mes arbres préférés » dit Vernichine. Les arbres " n'ont pas encore de feuilles" fait remarquer l'une des soeurs.   Il y a des fleurs blanches à profusion, et lorsque le soir arrive, les domestiques allument de nombreuses bougies dans chaque coin de la pièce.

 

 

 

 


Dans le second acte, l’espace est le même, mais le piano qui trônait ne se voit presque plus.  La musique se tait peu à peu. La neige tombe par les fenêtres, à demi-masquées par de sombres rideaux. Il n’y a plus de lumière. Le salon comme la véranda semblent tristes. Les officiers arrivent, pour voir les Masques, mais Natacha les renvoie chez eux, alors qu’elle-même court rejoindre Protopopov, - un personnage qu’on ne voit pas – qui l’invite à faire un tour dans sa troïka et avec qui on comprend qu’elle a une liaison.


Dans le troisième acte, les trois sœurs sont réunies dans une seule chambre ; un incendie a éclaté. Le passé brûle – l’un des officiers a tout perdu dans les flammes. Le caractère de Natacha s’affirme, car elle veut congédier tous les domestiques inutiles, après avoir donné toutes les chambres des sœurs à ses propres enfants.  Le médecin militaire sombre dans un chagrin sans fond devant son incapacité à soigner, à être utile.  

Passé et présent se « télescopent » en cet espace qui est fermé, cloisonné. Tandis qu’en cette nuit d’incendie, la maison sert de refuge à ceux qui n’ont plus de toits – et qu’on ne voit pas – le drame se resserre dans la chambre.

Le frère, qui vit désormais reclus dans sa chambre avec son violon, vient trouver ses sœurs pour qu’elles lui disent ce qu’elles ont sur le cœur ; mais elles se cachent derrière leur paravent ; il déverse des flots de mensonges sur ses motivations, sa vie, jusqu’à ce qu’il avoue tout à coup qu’il a hypothéqué la maison, y compris la part de ses sœurs.

Le quatrième acte se passe à l’extérieur, devant la véranda. Les sœurs sont mises « dehors ». La garnison s’en va dans une autre ville ; c’est l’heure des adieux, mais des décisions aussi.

Et tandis que Natacha décide de couper " toute cette allée de chênes" un duel inattendu entre le soupirant d’Irina qui a quitté l’armée et un officier qui lui a toujours cherché querelle met fin de façon violente aux rêveries sans fondement des sœurs.

Elles qui, comme tous les autres personnages ont toujours plus ou moins cru que les choses se passeraient comme elles le souhaitaient, réalisent à ce moment-là qu’elles doivent prendre leur destin en main. « La musique est si gaie, dit Olga en écoutant la garnison s’éloigner ; il faut vivre ! » 

 

On se demande si elles trouveront la force, si elles auront l’énergie nécessaire pour faire le voyage à Moscou afin de bâtir la vie dont elles ont rêvé.

 

Le plus touchant dans cette pièce est cette dizaine de personnages sans rien de particulier, mais si humains ; le texte de Tchékov est d’une telle modernité qu’on le croirait écrit aujourd’hui. Les personnages font écho à une partie de nous-mêmes ; dans leur quête, leur rêve, leur espoir et leur résignation aussi. « Dieu ne l’a pas voulu » dit parfois l’un d’eux.

54739547.jpgCette résignation attriste, car il semble que quoiqu’ils décident ou fassent, le bonheur espéré ne viendra pas pour aucun des personnages qui aspire à quelque chose d’inaccessible.  Une sorte de paradis perdu, peut-être. Ce qui ne les empêche pas d’avoir des fou-rires, des moments de gaité, de chanter, de danser, au moins au premier acte. Les émotions surgissent, jaillissent spontanément. Et cette spontanéité est pleine de fraîcheur.

 

La Comédie Française offre pour la troisième saison cette pièce sensible, touchante, humaine avec des comédiens de grands talents.  Peut-être y retournerai-je avant la fin de cette reprise.

 

 

 

distribution :

 

Michel Favory : Feraponte

Eric Ruf : Vassili Saliony

Eric Génovèse : Touzenbach

Bruno Raffaelli : Tcheboutukine

Florence Viala : Olga

Coraly Zahonero : Natalia

Michel Vuillermoz : Verchinine

Stéphane Varupenne : Prozorov

Gilles David : Koulyguine

Gerogia Scalliet : Irina

Jérémy Lopez : Fedotik

Danièle Lebrun ; Anfissa

Benjamin Levernhe: Rode

 

 

photos sans but commercial

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 19:05

Comme le forum Danser en France a été fermé cet été de façon si impromptue que je n'ai pas eu le temps de récupérer les emails des membres réguliers, je profite de mon blog pour annoncer la création d'un nouveau forum, animé par Elisabeth, Cams anciens membres de Danser en France et  de moi même, qui s'intitule Danses pluriel

 

Sa vocation : être un endroit où échanger sur les danses, tous styles confondus

 

 

Grands amateurs que nous sommes de l'opéra de Paris, de son ballet et de ses danseurs exceptionnels, la saison de l'ONP se taillera sans doute la part du lion

 

mais je tiens vraiment à une ouverte sur " toutes les danses dans tous les coins de France"

 

Vous êtes les bienvenus sur cette nouvelle plate-forme qui est un tout nouveau né

 

Peu de choses encore, peu d'articles, mais la passion qui anime chacun des participants permet déjà des échanges fort sympathiques!

 

Alors rejoignez nous vite à cette adresse :  forum danses pluriel   

 

 

A très bientôt!!!!

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 08:25

 

 images.jpg

 Le Centre national du costume, qui a ouvert ses portes en juin 2006 à Moulins et qui est le premier au monde à conserver les costumes de trois grands centres – la Comédie Française, l’Opéra de Paris et la Bibliothèque de France, propose du 16 juin ou 31 décembre une exposition autour du ballet La Source.

 

 

Un ballet oublié


Cette oeuvre créée le 12 novembre 1866 sur une musique de Delibes et de Minkus – trottait depuis quelque temps déjà dans la tête de JG Bart ancien danseur étoile de l’opéra de Paris, lorsque B. Lefevre, la directrice de la danse,  lui donna l’occasion concrète d’en re-créer la chorégraphie, avec l'aide de  Marc Olivier Dupin qui a assuré la réalisation.

Il ne restait pas grand-chose du ballet de 1866 : quelques dessins, ou illustrations : JG Bart eut donc toute latitude pour donner vie à une création totalement originale.

 

Une oeuvre entre tradition et modernité

 

Autour  de lui s’est rapidement rassemblée une équipe de grands talents : tout d'abord, C Hervieu Léger pour le conseiller dans la dramaturgie, puis Éric Ruf pour les décors, et Christian Lacroix pour les costumes. Ce dernier a déjà travaillé à plusieurs reprises pour les théâtres et pour l’Opéra de Paris. Annie Deniau – l’auteure du magnifique livre sur N. Leriche – fut invitée à réaliser un reportage photos depuis la conception du ballet jusqu’à sa présentation sur la scène. La plupart de ses photos illustrent le catalogue de l’exposition.

C'est la première fois à l’opéra qu’un ballet du 19ème est créé  sans aucune référence à la chorégraphie originale. Pour tous les artistes, il s’agissait de présenter une œuvre d’aujourd'hui, mais en hommage au passé. Tradition et modernité devaient cohabiter dans la fluidité. JG Bart était tout désigné pour utiliser le langage classique qu’il connaît si bien et qu’il aime, en ajoutant des pas faussement empruntés à la danse de caractère comme c’était si souvent le cas dans les grands ballets du 19ème.

Sans doute est-ce la raison pour laquelle le résultat final est conforme aux espérances des créateurs. Eric Ruf , Christian Lacroix et JG Bart  ont su insuffler ce qu’il fallait de modernité à cette oeuvre collective pour l’inscrire dans le  21ème  tout en gardant une esthétique très proche de celles des ballets néo-classiques du 19ème. Par exemple, les cordages qui délimitent l’espace et évoquent la forêt, ont été inspiré à  Eric Ruf par ce qui restait du rideau de l’ ancien opéra qui a brûlé : la référence au passé est là, mais les décors sont résolument contemporains. À cette équipe artistique s’est ajoutée Dominique Brugières aux lumières, qui a réalisé un travail exceptionnel.

  Christian Lacroix a très souvent collaboré à des oeuvres théâtrales. Il est passé maître dans l'art de créer des costumes  colorés, gais, vivants, qui emportent  pour le spectateur dans un monde poétique, où l'oeil se délecte de la richesse de son imagination, toujours au service de l'histoire à raconter.


        Christian Lacroix réinvente l'orientalisme 


Christian Lacroix s’exprime ainsi :

« J’avais envie de donner l’impression que ces costumes, comme le ballet, avaient été sortis d’un long sommeil, dans les-Nymphes.JPGleur fraîcheur et leur mémoire, avec des aspects rustiques contrastant avec l’opulence des brocarts, des ornements, des bijoux »

 

Les Nymphes, vêtues de longs tutus romantiques aux jupes d’organza japonais - le tissu le plus léger du monde qui flotte autour d’elles au moindre mouvement, accentuant toute l’irréalité des personnages - sont coiffées de très délicates coiffures ornées de strass Swarowski. Un partenariat, mis en place depuis quelques années avec les ateliers Swarowski, spécialisés dans la création de cristaux, a resserré ses liens plus précisément sur cette œuvre.

Les odalisques, parées de pantalons et de tuniques taillés dans des saris anciens, côtoient des Caucasiens aux grands et somptueux manteaux. Leurs compagnes portent des robes colorées, composées de riches brocards, qui rappellent les vêtements traditionnels. Nous sommes au cœur du travail de Christian Lacroix qui réinvente l’orientalisme. Cette esthétique a soufflé sur les ballets du 19ème, influencés par la découverte des cultures « exotiques » parfois imaginaires, qu’ont décrites Hugo ou Nerval, qu’ont peintes Delacroix, Fromentin ou Gérôme,   ou qu’a mises en musique Félicien David. Ici, l’orientalisme est un peu russe, et son le coloris rappelle davantage un Borodine qu’un Delibes ou un Minkus. C’est ce qui rend l’œuvre particulièrement originale.

 

les-Odalisques.JPGPar ailleurs, C Lacroix s’inspire aussi d’une très riche iconographie qui sera en partie présentée au public de l’exposition, ainsi que des costumes ethniques prêtés par le musée du quai Branly. Une fois dessinés, les costumes ont ensuite été créés dans les différents ateliers de couture de l’opéra Garnier, répartis entre l’atelier du  « flou » - les jupes des tutus par exemple – l’atelier tailleur, pour les costumes plus masculins, l’atelier décoration pour les bijoux, les accessoires, les teintures, les patines,  et l’atelier modiste pour les coiffes, les chapeaux.  Tout est réalisé à la main, à l’opéra, comme dans les plus grandes maisons de couture. Il est amusant de savoir que des mannequins capables de prendre des positions de danseurs ont été spécialement créés pour réaliser ces costumes par Daniel Cendron, artiste plasticien spécialiste de la fabrication de faux corps.)

 

L’exposition est comme un grand voyage qui plonge le spectateur des ateliers jusqu’à la scène. Les maquettes des décors sont visibles elles aussi – Eric Ruf les a créés dans sa loge à la Comédie Française.

Elle est complétée par  des projections videos à l'auditorium, des ateliers de pratique, un centre de documentation où l'on peut trouver de nombreux ouvrages sur les costumes et leur histoire.

 

 

A lire prochainement  sur ce blog : La Source, de JG Bart : hommage ou  nostalgie?

 

 


 

 

 

Informations pratiques :

 

 CNCS :  Quartier Villars- Route de Montily - 03000 Moulins

TEl : O4 70 20 76 20

 

ou www.cncs.fr

 

 

les-Caucasiens.JPG

 

 

 

les-caucasiennes.JPG

 

 


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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 08:02

Enfin, j'ai pu les entendre en concert! Après les avoir ratés à leurs débuts en France à la Flèche d'Or, puis les avoir re-ratés au grand Rex, j'ai enfin pu entendre mon groupe préféré de cette décennie en live

J'attendais ce concert avec impatience

 

J'ai découvert ce groupe grâce à FIP!   Fip!!!! je fais pleins de découvertes en écoutant cette radio!

Un jour donc, au volant, je reçois une immense bouffée d'oxygène qui vient tout droit des montagnes; la musique est âpre, mystique, inspirée, et elle s'adresse tout de suite à l'âme

Les harmonies vocales sont sublimes; les lignes mélodiques tourbillonnent comme des flocons de neige

La rythmique est " brute", parfosi lourde, mais elle va bien avec les chansons; Il y a quelque chose de familier dans cette musique - de quand date t-elle? me demande-je. Difficile à dire, ça à l'air ancien et nouveau à la fois.

J'achète le disque, le fait écouter à mon compagnon qui me dit " tiens, ça sonne comme les beach boys à leurs début et aussi à Grosby, Still and Nash"

moi, je n'ai pas sa culture musicale, et ça ne m'évoque personne; ça m'évoque juste cette partie de la terre que je situe dans des montagnes, près du Canada, une musique de terroir en quelques sortes, mais habité par une dimension immense.

 

Pendant deux- trois ans, j'écoute le disque en boucle - un deuxième disque sort; je l'achète; le coup de foudre n'est pas auss immédiat que pour le premier; cette fois, il faut écouter, et encore écouter pour sentir le vent, la neige et les bois, pour entrer dans ce monde qui est moins accessible

 

Vient le jour du concert : c'est à Pleyel qui organise un petit festival

En première partie Les Villagers; le chanteur guitariste du groupe commence : c'est beau

ça l'est moins quand il est rejoint par son groupe; il perd finalement à être entouré; il est plus habité tout seul... du coup, la première partie parait interminable...

 

Puis enfin les Fleet : le concert commence, la musique me soulève hors de mon siège et me voilà  à planer, tel l'âme quand elle n'est pas encore incarnée; je n'ai jamais ressenti cela à aucun concert; bref, je flotte, je vole, je suis au sommet et je ressens des milliers de petites vibrations; c'est émotionnellement puissant, mais c'est même au delà : une musique de l'âme, oui, il n'y pas d'autres mots...

 

mais tout à coup, après la deuxième chanson,  quelqu'un hurle " c'est trop fort"

et là, je vois le visage du chanteur qui se fige et toutes les énergies spirituelles qui "crac badaboum", retombent lourdement sur scène. L'étincelle se brise en plein envol, et juste au début du concert

Le chanteur échange quelques mots; les gens qui " c'est trop fort",

le concert reprend; mais tout est saccagé

si la musique est toujours là, l'âme est partie

quelque chose a été brisé net dans son envol

 

ça me brise le coeur pendant plusieurs chansons; je guette : ça ne reprend pas;

 

Trop fort, la musique? c'est le comble à concert " pop rock"

en fait, la musique n'était pas trop forte, mais la sono mal réglée

Pleyel ne doit pas avoir habitude de régler les sono pour ce type de concert

 

j'avais le son qui m'arrivait plus fort dans l'oreille droite que gauche, et puis, il y avait comme des sortes de parasites; pas des larsens, non, mais quelque chose de déséquilibré; les instruments étaient mal réglés les uns par rapport aux autres...

 

cela moi, ça ne me gênait pas puisque les vibrations spirituelles, elles, étaient bien là

mystique comme je suis, je les sentais même entre la tête des musiciens et le plafond. Je m'en nourrissais de toute la fibre de mon être....

et je les ai vues " retomber" littérallement sur scène... ça m'a brisé le coeur!...

 

Comment renouer le fil quand vous êtes à l'étranger, que des gens braillent en français quelque chose que vous ne comprenez pas? cela fige un peu les choses, d'autant que l'on sent très nettement que les fleet viennent jouer de la musique, pas faire un show : ils ont leur chemise à carreaux; la disposition sur la scène des musiciens fait qu'ils sont tournés les uns vers les autres dans une sorte de rectangle;   et puis il n'y a pas d'éclairages rock : les lumières sont mises très bas sur la scène...

vraiment le minimum! je suis sûre que c'est voulu

 

pour eux, l'essentiel est la musique, pas eux....

 

que dire alors maintenant sur le concert?

 

Que si le chanteur est  bien 'âme du groupe il est entouré par des garçons aux voix et aux timbres qui se mêlent merveilleusement à la sienne; il y a une symbiose fabuleuse entre les voix

Le groupe ne cherche pas l'effet, mais à " être " sur scène

C'est profondément habité, humain, beau et vibrant

Dès qu'ils reviennent à Paris, j'y retourne. Depuis je n'écoute plus leur second album de la même façon; je l'aime tout autant que le premier...

 

Aujourd'hui, je sais pourquoi ils me touchent autant ; ils sont reliés!

 

Mon article sera à leur image; sans fioriture!


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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 20:08

Theophile_Gautier.jpgEn finissant d'écrire l'article, l'autre, jour, je me suis rendue compte que ma pensée n'avait pas été au bout de la réflexion qu'elle voulait tenir; qu'il manquait un élément; que le puzzle n'était pas complet

j'avais évoqué Noureev, Petitpa, les contes russes, Proust et Swann, Hitchcock... mais il manquait le principal, quelque chose qui m'était terriblement familier, mais sur lequel je n'arrivais plus à mettre ma pensée

et bien, j'ai eu la réponse la nuit

Ce film m'a remis en mémoire une nouvelle de Théophile Gautier, grand admirateur d'Hoffmann ( lequel Gautier s'est aussi interessé au ballet puisqu'il a écrit le livret de Giselle, ballet romantique et sublime et la Péri)

Cette nouvelle étrange est  très proche dans l'esprit de ce black Swan, puisque a aucun moment on ne sait si Onophrius est victime " du diable" ou bien s'il sombre dans la folie

Cette lente descente aux enfers, qui n'est pas dénuée d'humour - Gautier en est bourré-  met vraiment mise mal à l'aise, car l'on voit cet Onuphrius, plutôt sympathique, se morceler peu à peu, sombrer dans un marécage dont on ignore s'il est réel ou non...

En outre, le miroir joue un rôle capital dans la nouvelle...

Ah, ces chers auteurs romantiques! comme je les aime!!!

 

voici un résumé de cette nouvelle : ( source, Wikipédia)

 

Onuphrius est Jeune-France et romantique forcené. Les livres de légendes et de sorcellerie à la mode lui ont déjà faussé l'esprit; les contes d'Hoffmann achèvent de l'égarer. A-t-il flâné en allant voir sa maîtresse Jacintha ? Lorsqu'il lit l'heure tardive au cadran de l'église Saint-Paul, il imagine que l'esprit malin a poussé les aiguilles. S'est-il mis à peindre'? Il explique encore par la malignité du diable les menus incidents qui contrarient son travail. Joue-t-il aux dames? Il se figure qu'un doigt muni d'une griffe dérange l'ordonnance de ses pions. Son sommeil est troublé par des rêves cruels : il croit qu'on l'a enfermé vivant dans un cercueil, qu'on se dispose à le dépecer; il assiste au triomphe insolent d'un ami perfide qui lui a volé son dernier tableau, sa pièce de théâtre et sa maîtresse. Bientôt, il devient la victime des plus étranges hallucinations : un reflet sort de la glace où il se mirait et vient libérer ses idées bouillonnantes en lui faisant subir de force l'opération du trépan; puis, au cours d'une soirée, un dandy emprisonne dans une résille les vers de sa composition qu'il allait déclamer et lui enfourne dans la bouche, avec une spatule, une insipide mixture de poésie rococo; dans la rue, enfin, un carrosse lui passe sur le corps qui se brise en morceaux qui se ressoudent à quelque distance. La fièvre s'empare de lui et il sombre dans une folie incurable.

 

 

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 09:32

Black-Swan.jpgBlack Swan – Critique – Un très savant jeu de pistes

 

 

Tout a déjà été dit, écrit commenté sur ce film dont j’attendais la sortie depuis un an déjà ! Un an, c’est long : on guette les premières images, les premières vidéos, les premières informations… l’imagination a tout le temps de travailler

D’autant que ce titre, Black Swan, qui évoque le Cygne Noir et ses trente fouettés du Lac des cygnes ouvrait par lui-même la porte à un imaginaire fantastique. J’aime ce ballet, parce que j’aime les contes, j’aime l’infini beauté slave de la musique, j’aime le tragique, et j’ai longtemps été fascinée pour Louis II de Bavière…

 

Quand je lis de Martha Graham elle-même, qu’elle, la grande danseuse qui détestait le ballet, voulait se réincarner pour danser les 32 fouettés de ce rôle mythique !!!… voilà qui en dit long sur la fascination qu’exerce sur les danseuses ce personnage du cygne noir…

 

Qu’est ce que le cygne noir dans le ballet classique ?

L’ombre du cygne blanc, qui est une princesse victime d’un sortilège.

Le conte dit qu’un  prince découvre un jour une princesse cygne au bord d’un lac (notre inconscient) ; il  lui jure aussitôt un amour éternel afin de la libérer de l’emprise du  magicien – Rothbart –  mais celui-ci, rusé, crée alors son double, un cygne noir en tout point identique à la princesse -  pour piéger le Prince  en son château lors d’une fête pour ses 20 ans ; sa mère veut qu’il choisisse une femme parmi les princesses invitées ;  dès qu’il voit le Cygne noir entrer dans la salle de bal, le Prince croit reconnaître son cygne blanc et lui renouvelle son serment d’amour.

Alors le magicien lui révèle la supercherie. Le Prince part aussitôt à la recherche de son cher cygne blanc qui se tord de douleur au bord du lac mais il est trop tard : Rothbart soulève les vagues du Lac qui les emportent tous deux

C’est un conte russe : les Russes sont douées pour les histoires tragiques

 

Cette histoire de double est fascinant en elle-même.

Je relis d’ailleurs en ce moment Proust et je me dis : sacré Proust, tout comme Noureev, il a tout compris à cette histoire de double !

Si on lit «  un amour de Swan » à la lueur de ces explications, on comprend mieux pourquoi la femme qu’aime- ou croit aimer – Swan (encore un !) est double. Odette est son nom, et c’est aussi le prénom du cygne blanc dans le ballet. Ce n’est donc pas un hasard.

Tantôt il lui prête le doux visage  des Botticelli, tantôt, il en fait un être ricanant, pervers, qui se moque de lui avec Mr de Forcheville, cet être vulgaire et sans scrupule

C’est Swan lui-même qui modèle Odette en cygne blanc ou noir,  pour combler un vide dans sa vie : lettré, cultivé, fortuné, Swan est victime de l’ennui. Il a eu des femmes et des femmes, tant et plus. Il lui faut du piment. Odette, et son aigrette blanche sur la tête, arrive dans sa vie ; il n’en faudra pas plus pour que Swan s’empare de cette image et tour à tour la voit comme un ange de douceur ou un démon perfide. Sa vie ne connaît alors plus de repos, il en perd jusqu’à sa dignité,  mais à  la fin, comme «  dégrisé », il comprend qu’il a tout créée : Odette n’a été que comme un écran sur lequel il a projeté ses rêves d’amour, ses propres tortures mentales, ses moments – rares – de félicité.

Il est même amusant de voir que Odette va à Bayreuth écouter du Wagner – lien direct avec Louis II, et que tous deux se promènent souvent en calèche autour du Lac du bois de Boulogne

Intelligent, sensible Proust qui glisse ça et là des références à un ballet que de toutes évidences il aimait au point d’en avoir fait la colonne vertébrale invisible de cet amour de Swan !

 

Ce préambule un peu long parce que je trouve fascinant outre la dualité qui nous accompagne tous, et qui est si simplement symbolisé par le cygne blanc et noir du Lac des Cygnes,  de voir comment un conte peut alimenter l'imaginaire créatif d'un Noureev, d'un Proust, d'un Aronofsky...

Noureev, - et j’en ai parlé à propos du Lac des cygnes – avait si bien compris cela, qu’il s’était  éloigné du conte brut pour expliquer que tout cet imaginaire sortait uniquement de l’esprit du prince neurasthénique, sous l’emprise d’un tuteur malsain. Tout comme Louis II de Bavière, le prince Siegfried ne peut aimer une femme de chair et de sang ; il ne peut pas se marier ; il ne peut aimer qu’un être surnaturel qu’il l’emportera dans sa folie représenté par le Lac.

Le prince se meurt, a le spleen : lac, cygnes, pureté, amour éternel, tout sort de ses rêves. S’il meurt à la fin, c’est d’avoir refuser la réalité, et sa propre part d’ombre tout comme Louis II de Bavière, amoureux du chevalier au Cygne  - Lohengrin -   faisant ériger un immense château au bord du lac de Neueschwanstein : la pierre du cygne ; et qu’on retrouva noyé – assassinat, suicide ? – dans ce même Lac.black-swan-natalie-portman-nina.jpg

 

C’est donc avec un certain génie qu’Aronofsky explore toutes ces pistes : elles sont toutes là

Le désir de perfection de Nina, - comme pour Louis II, ou le Siegfried du ballet,  la mère maléfique – comme le tuteur de prince ou le confesseur de Louis II – son refus de sa part d’ombre, sa fascination pour elle, et sa folie.

Tout être qui refuse sa part d’ombre est voué à être dévorée par elle… d’une façon ou d’une autre…

Sur cette base que n’aurait pas reniée Jung, une histoire est crée : Nina va endosser pour la première fois un rôle de soliste et  des jalousies naissent au sein de la compagnie où elle danse ; elle va se sentir victime de la malveillance des autres et peu à peu sombrer.

 

Le génie d’Aronofsky est de reprendre tous ces éléments très  «  romantiques » et d’en faire une histoire moderne

Nina n’est pas de son temps ; quand on la voit avec son petit manteau rose dans le métro de New York, on a déjà peur pour elle ; on assistera tout au long du film à l’emprise que   « l’ombre refoulée d’elle-même »  - comme dirait Jung gagnera  peu à peu sur elle, jusqu’à sa mort, sur scène, en beau cygne blanc

 

Que dire de plus ? Ensuite tout est affaire de goût, et si dans l’ensemble j’ai été bouleversée par l’interprétation de Nathalie Portmann, j’ai un peu moins aimé une mise en scène  un peu « lourdaude » à certains passages du film, de même que j’ai trouvé grotesques la danseuse Beth ou le maître de ballet. Les traits sont appuyés au-delà du nécessaire…

Mais bon, le film est malgré tout si bien fait qu’on peut quand même goûter le reste.

Les passages que j’ai préférés ne sont pas ceux qui rappellent  en bien  moins réussis Psychose ou d’autres du même genre, mais des moments plus simples

Par exemple, lorsque  Nina, seule dans un grand Hall en marbre blanc, détaille une sculpture monumentale, inquiétante, qui représente une espèce d’ange ailé assez effrayant

 

Pendant les scènes de danse,  assez nombreuses – la caméra danse elle aussi et offre des perspectives jamais explorées ; on voit presque les choses comme si on dansait soi même. Le tourbillon brouille les choses, et on va même se percher sur l’épaule du partenaire de Nina pour voir les choses comme elle, - et chuter…

 

En outre, le personnage de Lily – rivale de Nina au sein de la compagnie – est magnifiquement exploité : tour à tour cajôleuse, amie, ennemie, on ne sait jamais si elle est vue à travers le regard de Nina, ou bien si elle joue ce rôle double elle aussi pour mieux destabiliser Nina. L’actrice la rend attachante car elle semble au fond sans calcul, mais en même temps, inquiétante car elle semble avoir plus «  d’un double fond »

Comme Nina qui se voit à l’infini dans les miroirs quand elle va essayer un costume, Lily présente un véritable kaléïdoscope d’elle-même sauf, qu’elle ne se perd pas en elle, comme Nina.black-swan-2.jpg

Les miroirs, très présent, sorte de petits «  lacs » disséminés ici et là sont exploités avec intelligence

Il y a celui en trois parties devant lequel s’entraine  Nina chez elle, ceux de la salle de bain, de sa chambre, de la salle de répétition, de la loge de Nina

Là aussi, petit clin d’œil au maître du suspend, Hitchcock et son magnifique Psycho

Voici un texte de  Lea Bendaly

« Dès son entrée dans la maison Lila est devenue sa projection(…) , et là elle a peur à première vue de ce qu’elle est devenue. Ensuite, rapidement elle se ressaisit et sa projection va maintenant, à partir de ce moment lui obéir. Mais voilà qu’Hitchcock choisit de la placer, dans ces deux plans consécutifs du miroir, entre deux miroirs, deux surfaces réfléchissantes. Elle est donc prise au piège. Même quand nous avons l’impression que sa projection va enfin lui obéir, voilà une autre qui apparaît à l’écran, une projection de son dos dans la glace à son insu. Elle ne peut pas voir cette projection, mais elle est là quand même. Donc alors qu’un premier dédoublement a cessé lorsqu’elle a vu sa projection, un autre s’est crée, mais du même type. L’esprit de la mère qui existe dans l’univers mental de Norman, s’est donc acharné à ce qu’il soit incarné par cette femme. »

 

Des citations, dès clins d’œil, tout comme Proust ou Noureev, Aronofsky en glisse des centaines dans son œuvre

J'ai la passion de ces êtres lettrés, cultivés,  dont les oeuvres fourmillent de références nombreuses et adroitement glissées de ça et de là, comme autant d’hommage à ceux qui les ont précédé, avec talent, avec génie

 

Black Swan, au-delà de ses imperfections, est une œuvre magistralement intelligente et belle à voir.

 

valbeck 12 mars 2011

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 21:43

kate_bush_10.jpgPour changer un peu parlons musique!

J'ai une formation classique, mais très tôt j'ai été attirée par les "musiques du monde" C'est sans doute la raison qui m'a poussée après le piano et le violoncelle, après le chant classique, à m'initier à la darbouka, aux sagattes, au djembé... je me mettrais bien à la harpe celtique, mais je n'ai pas le temps...

j'ai poursuivi cette quête dans la danse, en suivant des cours de baratha, de flamenco, d'odissi, d'africaine, de flamenco, de jazz...

Mes spectacles amateurs sont traversés d'influence " world" aussi bien sur le plan de la danse que de la musique... ce n'est pas un hasard...

 

Quand dans les années 80, Peter Gabriel a créé son label " Real World" ( pour promouvoir des artistes du monde entier, projet qui a vu naître une quarantaine d'albums, lui a fait perdre beaucoup d'argent mais a permis à un grand nombre de découvrir des artistes totalement méconnus) j'ai été emballée!

 

J'ai écrit - et j'écris - encore des chansons

Par manque de talent, ou de rencontre, ou les deux, je n'ai jamais pu donner le jour à ces oeuvres que j'avais en tête qui auraient plongé leur racine dans la musique orientale, asiatique, celtique, ou autre, mais sans renoncer pour autant à la qualité musicale...

 

D'autres l'ont fait pour moi avec un talent exceptionnel!!!! elles ont écrit, joué, chanté, crée la musique dont je rêvais!!!

Je les range aux côtés des " grands compositeurs" que j'ai joués au conversatoire tant la qualité musicale est là!

 

Je vous les présente

 

toriamos.gifTout d'abord, il y a Kate Bush, un vieil amour musical de plus de trente quatre ans - depuis 1978 pour être exacte

elle ne sort quasiment plus d'album, mais ceux qu'elles a écrits sont immortels

sa voix, ses mélodies, les arrangements, et les influences rock mais aussi irlandaises ou autres, font de son univers musical l'un des plus original, l'un des plus extravagant!

De son incroyable " Wuthering heigh" à " Hello earth" en passant par Kashka from Bagdad, Delius, Violin, Sat in your lap, ou get out my house pour ne citer que ceux là - il faudrait en rajouter tant, comme le Jig of life- toutes ces chansons expriment une créativité musicale, un univers extraordinaire et jamais ni égalé, ni même imité ( même de fort loin) Sa voix couvre une tessiture impressionnante, ses musiques vont du rock déjanté à la chanson toute simple comme Army dreamer; d'autres plongent leur racine dans les traditionnels irlandais - jig of life, - d'autres sont expérimentales - bref... Bush a exploré tant et plus, ne s'est jamais reposée sur "l'acquis"... on comprend que David Gilmoor l'ait pris sous son aile. Et en plus, quel physique!!!!

 

 

Ensuite, Tori Amos

Un autre genre de zébulon dans le monde de la musique

j'écoute en boucle son 1000 océans, son China, ou encore la chanson échevelée qu'elle a écrite sur " le vaisseau fantôme"

Comme Kate, elle joue de piano! une créativité impressionnante; je l'ai vu sur scène, avec ses deux claviers, sa voix à la fois fragile mais maîtrisée, son charisme, sa présence, sa musicalité... un concert inoubliable....

 

A leur côté, la magnifique Loorena Mckennit, qui joue elle aussi du piano, mais aussi de la harpe celtique, de loorena.jpgl'accordéon... Canadienne d'origine, elle explore un univers celte, bourré d'autres influences musicales

Elle a l'art de vous embarquer dans une longue ballade d'une dizaine de minutes, sans que votre attention ne retombe comme " the lady of shalot" par exemple et tant d'autres

Elle mêle des airs venus d'ailleurs, comme dans son ancien muse

Un magnifique dvd " nights of alhambra" est sorti : c'est à pleurer!

de l'aussi belle musique servie par une telle dame de coeur entouré par des musiciens " world" ... !!! de quoi exploser de jouissance esthétique!

 

Et enfin, ma quatrième dame de coeur est Lisa Gerrard

Univers à mi chemin de la wolrd music, de l'univers médieval

Lisa a une incroyable voix de mezzo, profonde, parfois caverneuse, parfois claire

ses mélodies sont envoutantes

ses mélopées lancinantes

On entre dans son univers et on perd tout repère

 

Je leur rends hommage ici à toutes les quatre ; Je leur ai emprunté beaucoup pour mes spectacles

Dans le prochain spectacle - espérons qu'il voit le jour, il est prêt dans ma tête!- , Lisa Gerrard sera beaucoup à l'honneur

 

Elles ne sont sans doute pas connues du " grand public" mais dans l'univers musical du XX et du XXI, elles sont pour moi des chanteuses, auteurs- compositeurs interprètes de génie....

 

Lisa-Gerrard-Bruce-Magilton-5401660.jpgC'est ma famille musicale, celle dans laquelle je me reconnais à 300 cent pour 100, celle qui me connaît mieux que moi même, celle qui connaît ma force, mes faiblesses, mes douceurs, mes violences, mon héroisme et ma spiritualité; je suis toute entière dans ces chansons ; c'est comme si elles étaient les résonnances de mon âme...  ma famille musicale me porte tous les jours, m'accompagne  à chaque instant. Elle est ma terre d'asile....

 

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 20:43

Andromaque à la comédie française

 

 

187485-andromaque-une-jpg_83601.jpgCe texte magnifique, où devoir et passions se heurtent et s’entrechoquent, est mis en scène d’une façon froide, mais poétique par Muriel Mayette.  Les tons pastel, à peine éclairés,  qui se déclinent en bleu clair, blanc-beige et gris légers donnent un côté surnaturel et lisse qui contraste avec  le drame qui se déroule  sous nos yeux. Même lorsque les grands rideaux blancs qui flottent au vent, s’ouvrent sur le fond bleu de la scène, évoquant la mer toute proche, la lumière n’apporte aucune joie, aucun éclat. Il est vrai :  par la mer vient le malheur et la guerre : hier à Troie, aujourd’hui en Épire.

Les costumes à l'antique, légers, s’envolent au moindre mouvement, comme si les personnages n’étaient que des ombres sans consistance. Sont-ils simplement les prisonniers des grandes colonnes blanches qui compartimentent l’espace, tels les barreaux d’une immense prison ?

Chaque vivant à son fantôme qui le suit pas à pas et  l’oblige à vivre une vie dont il ne veut pas : Achille hante Pyrrhus, Hector, Andromaque, et Agamemnon ne laisse pas Oreste en paix. Du fond de leur tombeau, les morts revendiquent, exigent que les promesses soient tenues, réclament des sacrifices malgré la guerre finie.  L’est-elle vraiment ?  

 

Il y a un magnifique film de B. Tavernier qui s’appelle « après la guerre » et qui montre qu’en 1920, même si elle est terminée, la guerre est encore là, tapie dans tous ces disparus que les vivants recherchent pour être en paix. Les morts dirigent encore les vivants! Ce titre conviendrait bien à Andromaque

 

 gpr_andromaque1011.jpgMais revenons à cette mise en scène : au milieu de cette tourmente, Pyrrhus, royal, brisé, mais qui décide, qui aime, et qui brave son propre peuple pour protéger Andromaque et son fils.  Il est né roi, il est fils de roi ; c’est le chef.  Magnifique Éric Ruf, tout pétri de majesté, d’autorité naturelle, et de désirs contradictoires. Je ne l’avais encore jamais vu sur scène ; déjà, à la TV, il me faisait forte impression, avec ce mélange de force, de douceur, de sensibilité et de virile féminité. Sur scène, il est sublime : il contraste avec le fragile Oreste, (Clément hervieu-léger)  tout en nerfs, dont le cœur sert de griffoir à l’odieuse Hermione. Léonie Simaga insuffle à ce personnage capricieux,   tout imbu de sa personne une humanité touchante. Par quelle magie ? Comment fait-elle pour rendre attachant cette princesse détestable qui manipule Oreste suivant son bon plaisir comme un enfant gâté, sa marionnette, qu’elle va jusqu’à disloquer ? On devrait la haïr ; on est épouvanté pour elle ;

De son côté, Andromaque - Cécile Brune –  se drape dans son destin de veuve et ne reste en vie que pour que son fils vive aussi. Quand on la voit arriver et qu’on comprend que c’est elle, Andromaque, on est déçue ; elle fait bien plus vieille que Pyrrhus, et sa voix conviendrait mieux semble-t-il à du théâtre de boulevard qu’à du Racine. Et pourtant, cette actrice dans certains passages du texte soulève en nous des torrents d’émotion

Je l’entends encore nous dire l’horreur de Troie, les cadavres de ses frères, le massacre de sa famille, la lueur de triomphe dans le regard des assaillants… tout à coup, Cécile Brune nous offre un véritable moment cinématographique où l’espace scénique disparaît au profit de notre propre espace mental et des ses représentations

Tout n’est pas génial dans son interprétation d’Andromaque, mais elle a des moments divins !

La clé de son personnage est dans ses souvenirs, dans cette vision d’épouvante qu’elle a vécue. Elle vit dans le passé et est morte pour le présent. Pleine de contradiction, elle souhaite tour à tour la mort de son fils, puis sa vie… tient la tête haute à Pyrrhus, se soumet – on la comprend ! – puis décide de mourir pour honorer sa fidélité  à Hector, son époux,  qu’elle a vu traîner derrière le char d’Achille – son beau père en quelques sortes !

Les rôles secondaires sont dans l’ensemble inspirés. Cléone a une diction parfois étrange, mais sait se montrer convaincante à d’autres ; Céphise est parfaite et Phénix aussi

 

Voici la liste complète :

 

·                          Cécile Brune: Andromaque, veuve d’Hector, captive de Pyrrhus

·                          Éric Ruf: Pyrrhus, fils d’Achille, roi d’Epire

·                          Céline Samie: Céphise, confidente d’Andromaque

·                          Léonie Simaga: Hermione, fille d’Hélène, accordée avec Pyrrhus

·                          Clément Hervieu-Léger: Oreste, fils d’Agamemnon

·                          Stéphane Varupenne: Pylade, ami d’Oreste

·                          Suliane Brahim: Cléone, confidente d’Hermione

·                          Aurélien Recoing: Phoenix, gouverneur d’Achille, et ensuite de Pyrrhus

Mise en scène de: Muriel Mayette
Assistante à la mise en scène: Josépha Micard
Scénographie et Lumières de: Yves Bernard
Assistant scénographe: Michel Rose
Costumes de: Virginie Merlin

 

Une soirée marquante, qui m’a permis de renouer avec la langue claire, simple et si magnifiquement maitrisée de Racine qui, décidément, décrivait les contradictions de l’âme humaine aussi bien que Freud… bien avant l’heure ! Son théâtre est humain, il est resté moderne.  Peut-être suis-je naïve, mais j’ai été tout étonnée de suivre aussi aisément l’embrouillamini des sentiments des uns et des autres, et de ne pas me perdre dans leur lignée ; tout semble clair, logique ; la mise en scène permet de ne pas se perdre en interrogation intérieure ; on comprend, on suit, on partage… et on se retrouve en empathie avec chacun des personnages… Oui, assurément, du grand art ! Bravo à la metteuse en scène et aux comédiens, Eric Ruf en tête !

 

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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 07:40

  Cette exposition qui se tient au grand palais jusqu'en juin est magnifiquement mise en valeur. Il y a peu de salles, peu d'oeuvres, ( à peine une centaine dont une trentaine de sculptures)  mais elles sont magnifiquement éclairées.

Ci dessus, Vishnou ananta, avec le capuchon aux sept nagas...

Ce qui est assez incroyable, c'est que je suis ressortie de l'exposition complètement sereine et emplie de beauté... je me suis sentie très apaisée dans les différentes salles,  où les sculptures sont magnifiquement mise en valeur, ce que ne peuvent rendre compte les meilleures photographies. Si les boudhas sont parfois hiératiques, les dieux et les déesses rayonnent de beauté, de raffinement, et de bijoux qui ont beaucoup inspirées les danseuses tribales!

Sans parler des tiares, magnifiques elles aussi...

 

 

C'est souvent ce déhanché que je demande à mes danseuse : rond, les pieds légèrement en ouverture... encore un nâga sur Ganesh!

Ces scuptures sont sorties des ateliers vers le  5ème siècle Après JC... pendant ce temps,   en Europe, Huns, Visigoths, Ostrogoths achevaient de mettre en pièce un Empire Romain complètement disloqué!

 La  forme en S de Ganesh et de la déesse  me rappelle celles des sculptures grecques de l'âge classique ( 4 siècle avant JC). Les beaux déhanchés d'Apollon par exemple, mais qui avait cependant moins de sensualité, de chair...

A présent, regardez ce Vishnou séduisant et féminin :

 

 

Il a un long serpent qui s'enroule à son cou et parent ses bras... il portent des colliers, une tiare, que les danseuses de l'opéra de paris lui emprunteraient bien ( et moi aussi) et il a le sourire de l'être fier, noble, raffiné..

Allez le voir, il est beaucoup plus beau en vrai!

Et puis pour finir, une petite danseuse, entrevue sur une fresque! Un coup de coeur personnel!

 

 

 


 

 

Sans  entrer dans les détails, il y a quatre grands courants philosophiques en Inde  :

Le Shivaïsme ( Inde du Nord, depuis plusieurs millénaires avant JC)

Le Brahmanisme ou Hindouisme ( avec l'arrivée des Aryens et de leurs castes, environ 1500 ans av JC)

Le bouddhisme ( 600 ans Av JC)

Le Jaïnisme

L'exposition présente des oeuvres qui s'inscrivent surtout dans les courants brahmanique et  bouddhique

 


 

plus d'infos sur l'exposition du Grand Palais en cliquant sur ce lien

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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 20:54

 Je n'ai nulle intention d'écrire ici un article relatant la vie de T E Lawrence, appelé Lawrence d'Arabie, mais simplement de dire que je fais partie des êtres qui sont fascinés par cet homme hors norme...

 

Curieusement, lorsque je pense à Lawrence, c'est comme à un ami perdu... mais je ne suis sans doute pas la seule... il suffit d'écouter les frères Poivre d'Arvor l'évoquer longuement, lire les deux livres qu'ils lui ont consacré, comprendre tout l'amour qui les lit à Lawrence pour réaliser que ce dernier a de part le monde pleins d'amis inconnus, bien après sa mort...

 

Le film de David Lean en a fait un héros romantique aux magnifiques yeux bleus et l'a rendu terriblement populaire. Il  m'a bien sûr fait une très forte impression enfant... mais cela n'aurait sûrement pas suffi a laisser en moi cette trace indélébile, cette fascination pour un être qui a eu une vie passionnante, si le modèle n'était pas en lui même terriblement attachant... pourquoi si attachant? Est ce sa quête d'un absolu? le peu d'importance qu'il attachait aux honneurs? Son âme trop grande pour lui? Son goût de la réclusion à la fin de sa vie? Ses chagrins? Sa vie héroïque? Sa passion pour la culture arabe? Son érudition? Sa façon incroyable de brouiller les pistes en empruntant moult personnalité? Cette impertinence à demander à redevenir simple soldat dans la royal air force, lui qui était devenu général? Son mépris pour la hiérarchie militaire qu'il servit d'un ^coté et desservit de l'autre? Son amitié pour un jeune ânier du nom de Dahoum dont il fit de si belles photos? Ses talents photographiques? Ses écrits? Tout cela à la fois? Rien de cela?

Comment savoir!

Peut être est ce tout simplement ce sentiment de trahison qui l'a accompagné toute sa vie : il est Anglais et veut créer une nation arabe, qu'il promet aux Arabes, en sachant qu'il trahit sa nation, qui veut contrôler à la place des Turcs et des Allemands les territoires arabes, quand Lawrence les veut LIBRES...

Et cette tristesse sans fond, au traité de Versailles devant la signature d'accords tenus secrets, qui ne prend pas du tout en compte les territoires politiques, et trace les frontières aux cordeaux...

Beaucoup de problèmes d'aujourd'hui viendraient en partie de ses fameux accords français appelés "Sykès- Picot", signés en 1916...

Lawrence est comme un fantôme qui réclame la paix!

 

  Dahoum

 

Il  est mort dans l'anonymat et la réclusion... sans avoir trouvé la paix avec lui même, ni même le bonheur... et pourtant, en Syrie, ou en Iran, en Egypte, il a sans nul doute connu ses heures les plus heureuses...

Enfant d'une famille de cinq fils, bâtard, élevé dans la pure tradition anglaise, rien ne le prédestinait à devenir le levier, l'instrument de la révolte arabe, pendant la première guerre mondiale...

Il  réussit à féderer entre eux les chefs de différentes tribus bédouines qui se détestaient depuis si longtemps qu'on en avait oublier les causes, afin de chasser les Turcs des territoires arabes. Comme les Arabes, il rêva d'un territoire arabe, d'une nation arabe...

Et  pourtant, il  eut toujours, longtemps après, de retour en Angleterre, l'impression que sa vie avait été inutile, qu'il n'avait pas su lui donner un sens...

Lui, qui, féru d'archéologie parcourut en tous sens la Syrie et une partie de l'Iran par un été caniculaire pour faire des relevés, des plans, s'imprégner de la culture et de la langue arabe, lui qui finit par s'habiller et vivre comme un bédouin, supportant sans rechigner la faim, la chaleur, les privations... lui qui fut un chef sans jamais en revendiquer le titre, sachant offrir aux Arabes l'honneur que les Turcs leur avaient pris... lui qui fut l'ami de Faysal et qui à ses côtés se rendit au traité de Versailles, porte en lui, profondément, un rêve qui prit son envol, sans que cela ne suffit à le rendre heureux...

 

le chateau des Krak

 

C'est sa passion pour l'archéologie, pour Chateau Gaillard, chateau fort construit par Richard coeur de lion, qui le conduit en Syrie alors qu'il est encore étudiant... il tombera amoureux des lieux, de la langue, de la culture arabe, qu'il finira par parler parfaitement ainsi que de nombreux dialectes...

L'université anglaise l'enverra ensuite étudier le site de Karkemish, mais en fait, il fera déjà des relevés de cartes, utiles en ces temps troublés à la guerre qui lève : l'Allemagne, grande alliée des Turcs, les aide à construire une ligne de chemin de fer qui précisément passe par là... cette même ligne que Lawrence et ses Bédouins attaqueront à la dynamite inlassablement...

 

Bas relief trouvé à Karkemish

Et Lawrence, tout en fouillant les lieux, dresse des cartes, les envoie à l'état major... fait un relevé typographique on ne peut plus précis... l'air de rien, au nez des Allemands...

 


 

Le reste les livres   retracent sa vie, le film la montre... et pourtant, l'énigme reste entière, y compris sur sa mort... suicide, accident, assassinat?

 

 

 

Faysal, au premier plan au traité de Versailles

Lawrence, juste derrière à droite

 


 

Voilà plusieurs ouvrages qui m'accompagnent :

Le découverte Gallimard, bien illustré

 


 

Le magnifique ouvrage des frères Poivre d'Arvor, merveilleusement écrit, avec de très nombreuses photographies prises par Lawrence. Les deux frères ont hanté TOUS les lieux où s'était rendu Lawrence, ont dépouillé toutes les archives...

 


 

Les sept piliers de la sagesse, écrit par Lawrence lui même, qui avait perdu dans un train son premier manuscrit ( pas moins de 1000 pages ) et a tout réécrit ensuite en Angleterre... c'est un ouvrage étonnant, dense, étrange, envoûtant, où Lawrence brouille les pistes...

 


 

 

 

 

 

Les frères d'Arvor ont été tellement ébranlé par Lawrence qu'ils lui ont aussi consacré un roman, disparaitre... simplement émouvant...

( peut être à suivre?)

 


 

A lire aussi

 

ci joint la carte des accords Sykès Picot

Faysal et le traité de Versailles, compte rendu 

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