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Shabastet

  • : Danse et... danses!!!
  • : Blog sur la danse en général et l'opéra de paris en particulier rédigé par Valérie Beck, administratrice du forum danses pluriel
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Noureev

 

Danser, telle la phalène sous la lune, le pinceau du calligraphe, ou l'atome dans l'infini 

                                              

marie-taglioni-in-zephire.jpg

28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 20:28

critique écrite sur le forum danser en français/ciritical dance
mis tel quel! bonne lecture!


Soirée du 5 juillet


Quelle belle soirée ce fut!
évidemment, pas la soirée idéale, où tous les rôles sont dansés comme on les rêve....
mais l'émotion était au rendez vous, alors, que demander de plus?

Juliette-Pujol a toutes les qualités pour devenir une GRANDE Juliette
pour une prise de rôle : bravo!

elle campe une Juliette juvénile et malicieuse au premier acte et forme avec sa nourrice, l'excellente Ghyslaine Reichert un duo plein de tendresse, de fraîcheur, de charme.
Sa virtuosité sert une danse pleine d'espièglerie, tourbillonnante, avec le côté bouillonnant de la jeunesse...
le couple qu'elle forme avec Benjamin Pech ne fonctionne malheureusement pas toujours, parce que ce danseur, a la très belle technique, n'a pas toujours su être Roméo : on le sent retenu, parfois, beaucoup de trac, je pense... il a tout pour être un magnifique Roméo, s'il arrive à s'abandonner totalement à son personnage.
Heureusement, L Pujol lui insufflait une énergie, une vitalité, une passion qui rendaient certaines scènes passionnées et vibrantes
Lorsqu'il était seul, ou avec ses compagnons, cela retombait un peu

Juliette Pujol m'a fait pleurer : surtout à partir du deuxième acte, dans les adieux, et puis bien sûr dans la terrible scène de la robe... sans parler du troisième acte où son réveil et sa mort ont été bouleversant
d'ailleurs, lorsqu'elle est revenue saluer, elle était encore dans son rôle
elle a énormement donnée... je pense qu'au fil des ans, sa Juliette va devenir exceptionnelle.

J'attendais bien évidemment E Thibaut : et bien, quelle présence, ce danseur! il eclipsait tout le monde! il était déchainé, ce mardi soir! il s'est amusé, et moi avec lui, de le voir sautiller en tous sens... a peine est il en scène qu'on ne voit plus que lui...! :D
quelle technique : agile comme un chat, facétieux, des élévations de sauts magnifiques, une grande virtuosité...
quand au personnage, je serai moins dure que Cathy et Jean Luc :wink:
certes, sa mort ne boulerverse pas, comme d'autres que j'ai pu voir, je ne sais pas pourquoi, on n'arrive pas à s'émouvoir, mais en revanche, le voir sautiller, s'amuser, faire des farces, courir les jupons, taquiner à tort et travers, était un bonheur pur... s'il a la chance de redanser ce rôle et de l'approfondir un peu, de lui donner plus de poids, il me convaincra tout à fait... :D
J'ai beaucoup aimé C Duquenne en Benvolio... on sent la aussi toute la fraicheur de la jeunesse, mais Benvolio est moins cervelle brûlée que que Mercutio... le tandem était très drôle...

J'ai adoré Celine Talon en Dame Capulet : après Laétitia, c'est elle qui m'a complètement emballée!!! c'est la première fois que je vois une dame Capulet de cette envergure : à la fois, elle tient son rang, noue des relations "bizarres" avec Tybalt, aime sa fille, mais ne se laisse pas mener par elle, conventions oblige, s'efface devant son mari, en impose à sa cour, et pourtant on la sent pleines de contradiction
je ne sais pas comment cette danseuse fait pour faire passer tout cela en une soirée, sans avoir necessairement besoin de " faire quelque chose"
Vraiment bravo! je me suis attachée et interessée à ce personnage qui d'habitude ne me fait ni chaud ni froid, et plein de choses m'ont été révélé à travers elle....

Evidemment, Romoli campaint un Tybalt idéal... très noir...

Revenons au ballet que j'ai vu de très nombreuses fois :
la scène du bal qui d'habitude me barbe, hormis les pas de deux des deux protagonistes ou leur solo, m'a profondément ébranlée : les robes et costumes rouge profond, l'énergie violente des groupes, la férocité des attitudes, la colère bouillonante; tout y était : jamais je ne l'avais encore vu danser comme cela; on n'avait pas l'impression d'un bal, mais d'une danse préparatoire à la guerre, comme dans certaines tribus!
c'était très intelligemment menée, et Céline Talon et W Romoli y étaient sans doute pour beaucoup
du coup, cette scène guerrière tendait un écrin idéal aux facéties des compagnons de Romeo et aussi au coup de foudre : le contraste n'en était que plus saisissant


l'ensemble du ballet était menée avec energie et conviction ce qui permettait d'accepter plus aisémment certaines longueur du ballet.
J'aime beaucoup tous les registres utilisés dans cette chorégraphie. C'est l'histoire d'une bataille, d'un grand amour... la violence ne cède pas le pas devant l'amour... et la crypte, toute noire, où Roméo tue Paris, se tue après une danse macabre avec Juliette ( re-formidalbe Pujol qui l'a encore m'a tiré les larmes!) où s'éveille puis meurt Juliette atteint des sommets dans l'intensité dramatique
Shakespeare est immense, Noureev ne s'en tire pas mal non plus :wink:
Facétie, amour, meurtre, fantômes, lyrisme ( exil de Romeo qui rêve, Rosaline...) poésie ( jardins la nuit, ville endormie) scène de rue, scène de bataille, séparation, tragédie.... bref, pendant deux heures trente, toute la comédie humaine passe devant nos yeux qui en redemande....

 

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 08:38

petite critique écrite sur le site critical dance, danser en français, reproduite telle quelle ici


J'ai donc vu la représentation d'hier, 27 mars, avec Abbagnato, Leriche, Averty, Bridard et Martinez , après avoir vu celle du 12 ( Dupont, Legris, Gillot, Leriche Martinez)
je ne peux pas dire que j'ai préféré l'une à l'autre, parce qu'elles étaient très différentes, mais servaient merveilleusement le ballet... c'est mon coup de foudre de l'année, ce ballet, et je me sens très touchée par l'univers de Neumeier... je ne peux que le remercier d'exister! :D et de créer :D
la version qui a été filmée était parfaite de force, de maîtrise, avec la présence magistrale des cinq étoiles au sommet de leur talent
celle d'hier était très vivante, très humaine, avec une lecture de la scénographie un peu différente; elle était plus inégale mais aussi parfois plus forte sur le plan du drame et de l'émotion

Les deux Aminta, Legris et Leriche sont tous deux au sommet de leur art, pour simplifier on pourrait dire que la danse de Legris est très  pure, celle de Leriche terriblement humaine

Les deux Sylvias étaient magnifiques aussi : celle de Aurélie Dupont toute douce, pleine d'enfance, de fraîcheur, d'innocence, et et de doute; soumise aussi à la puissante Diane ( MA GILLOT) le pas de deux des deux filles est d'ailleurs un moment fort, où se joue à la fois tendresse, domination, désir de plaire, peur de perdre... il est vraiment doué ce Neumeier pour mettre autant en peu de pas!
Celle d' Abbagnato est différente : moins soumise, mais tout aussi indécise...

A peine s'est on assis dans la salle que Endymion le bel endormi autrefois aimé de Diane se meut sur l'avant scène, yeux fermés, alors que l'orchestre n'est pas installé et que la lumière est dans la salle. Puis la lumière s'éteint; et des flèches fusent de la salle vers la scène : les Chasseresses, sur appel de cors joyeux et étincelants, investissent un peu la salle avant que le rideau  se lève; une porte s'ouvre dans le fond de la scène
là apparait Amour les yeux bandés, un arc à la main ( Excellentissime José Martinez) accompagné par des petits êtres facétieux en salopettes qui m'ont rappelé le Puck du Songe d'une nuit d'été; ils sont très drôles, bondissant, plein d'insouciance et prennent en photo Amour!
Et voilà la magie de Neumeier : superposer des univers irréls, magiques, malicieux, plein de jeunesse et d'espièglerie avec des univers humains où les plaisirs succèdent aux joies, où les doutes cèdent la place à l'incertitude, au regret, où les désirs s'ils sont comblés n'apportent pas forcément le bonheur, où le temps, maitre absolu, passe inexorablement...
autre détail très attachant : chaque personnage danse à différents moments du ballet un petit leit motiv de pas : ainsi amour a un jeu stylisé de bras, il tourne sa tête de façon saccadé dans différentes directions, et cet enchaînement de pas que le spectateur peut facilement identifier, ce leit motiv joue un rôle très fort dans la mémoire du spectateur . Il tisse un réseau d'émotions indépendants de ce qui se passe sur la scène et crée dans la mémoire un ballet parallèle qui suit son cours indépendamment de celui qui se déroule sous nos yeux...

Ces leits motiv, on les retrouve aussi dans la musique, notamment une jolie et nostalgique mélodie à la flûte qui joue un rôle fort dans le déroulement du ballet!

Puis arrivent les esprits de la fôret,aux gestes fluides et poétiques, tout de vert vertu. Leur doux pas de deux laissent bientôt à la place aux chasseresses qui surgissent guerrières, jeunes, belles,( vraiment très belles!) en short et gilet moulant, un arc à la main. Elles sont pleines de vie, de fougue,d'ardeur, de jeunesse; elles rivalisent de vitalité et de force entre elles; elles ont elles aussi leur petit leit motiv : saut de chat à l'italienne, battement de face pied flexe, jeu de hanche, et ces mouvements les accompagnent à chaque fois qu'elles viennent en scène pour affirmer leur appartenance à un clan : Sylvia l'utilisera plus d'une fois pour résister à Aminta, pour refuser l'invitation d'Amour, pour marquer sa fidélité à Diane... dansée par Karin Averty; elle m'a émue aux larmes lors de son pas de deux avec Endymion, lorsque après avoir fustigé du regard Sylvia qu'elle a surprise avec Aminta elle danse avec son ancien amour endormi.
Karin Averty campe une toute autre Diane que la sublime et très autoritaire Diane de MA Gillot : Karine, très féminine, est cependant entière, féroce, elle entend bien que ses charessesses lui obéissent et lui soient fidèles; c'est dans la force de son caractère que réside sa virilité; mais lorsqu'elle se rememore son amour pour Endymion qu'elle retrouve pour un pas de deux magique ( parfait Yann Bridard qui avait vraiment l'air de dormir sur scène, ses gestes semblaient rempli d'air; il surgit d'un autre monde, s'ouvre pendant quelques instants à celui de Diane avant de sombrer de nouveau dans un sommeil lourd, où plus rien du monde de Diane ne lui parvient) Diane devient une toute autre femme éperdue de regret, de chagrin de ce qu'elle a perdu; et cela, Averty le danse à la Perfection :D :D
le premier acte reste mon préféré parce qu'il mêle humour, amour, poésie, facétie, lyrisme, pas de deux, solos, et que tout cela s'enchaine d'une manière parfaite
le second acte, le bal, est plus brillant, mais si Sylvia découvre sa féminité, elle se perd aussi elle même:
le retour d'Aminta dans le bois de sa jeunesse est poignant, et Leriche n'est plus que douleur; il revoit Sylvia et le pas de deux qui suit est bouillant d'amour; il ne la laissera pas partir une seconde fois; elle aussi réalise qu'elle l'aime... mais sa vie est faite; un homme vient la chercher; et Aminta reste desespéré dans le bois vêtu de blanc, couleur de l'hiver, de la fin de la vie, tandis que les charessesses, immuables, éternelles continuent comme par le passé à hanter les bois, indifférentes au temps qui passe et aux amours humaines

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 20:35

 Critique du 16 mars 2005


Un ballet " hanté" 

J'avais vu Hurlevent il y a deux ans; j'étais affreusement mal placée et j'avais entr'aperçu le ballet entre les épaules carrés d'un géant, et la silhouette plus que rondelette de sa compagne, le tout de 3/4 et au troisième étage... bref! pas l'idéal; j'étais ressortie un peu hébétée, sans trop savoir pourquoi... et puis, tout à coup, le ballet s'était mis à me hanter! si si, je vous assure : hop, je voyais Joseph allumer et éteindre les feux, dans des décors gris, grèges, noirs, avec des effets de lumière comme lorsque la pluie et le soleil tourmentent les landes... je voyais les mortes amoureuses et leurs longs cheveux apparaître et disparaître, comme dans les tableaux des romantiques allemands, et puis tout à coup, sur un air de vièle, des paysans dansaient entre les corps tordus des arbres... je voyais Linton trembler de froid et de solitude, enfiler des gilets, des manteaux, des pardessus, des robes de chambre, sans réussir à réchauffer le vide de sa vie... tout cela, avec le vieil arbre griffu,tordu par le vent qui prenait vie dans mes nuits d'insomnie... et puis revenait sans cesse une impression de vent, de froid, de brutalité et de passion; 

   Hurlevent

c'est cela, Hurlevent; des scènes déjà très fortes par les décors, la lumière, les couleurs de terre, avec parfois des contrastes qui ne durent qu'un instant : un ciel bleu, qui cède tout de suite la place à un ciel d'orage, lourd de pluie et de froid Depuis, j'ai revu le film avec Merle Obéron et Laurence Olivier, et puis plus récemment le très hanté "les soeurs Brontë "de Téchiné... qui est finalement assez proche par certains côtés du ballet de Kader Belarbi...et beaucoup de choses, rétrospectivement dans le ballet se sont éclairées...notamment les différents mondes : monde de lumière des Linton, monde rude de Heathcliff, monde de la lande, monde de la terre animés par les silhouettes des paysans, monde des esprits, blancs et noirs... et puis ses mystérieux gardes du corps qui évoquent un peu les " choeurs grecs" dans les tragédies antiques et puis monde de l'enfance, des fleurs où réside l'espoir J'ai donc vue la représentation du 15 mars et je suis ressortie complètement déchaînée de passion de la salle, à un tel point que je n'ai pas dormi cette nuit!Vous savez, lorsque vous avez vraiment vu quelque chose que vous n'arrivez plus à quitter pendant des heures et des heures! 

Les interprètes

Ce qui avait pris vie dans ma mémoire pendant deux ans s'est révélé hier dans une puissance dramatique magistrale: Nicolas Leriche ( vu deux jours auparavant en Amour! ) s'est révélé plus brutal que jamais, complètement fou d'amour pour Cathy, jaloux, méchant, habité par une violence hallucinante que traduit surtout sa gestuelle qui semble être dictée par ses sentiments intérieurs ( rien de décoratif, de surfait) et que ses sauts félins, d'une très haute élévation n'altèrent en rien; je veux dire que la beauté de ses sauts et de ses réceptions auraient pu adoucir le personnage ou lui donner une sensualité douce : pas du tout. Ils restent dans une énergie de hargne totale! Les sommets d'hier avec lui : la scène où par la vitre du salon, il voit Cathy : sans danser, il nous communique sa rage, sa souffrance, son sentiment de perte; la scène avec E Abbagnato : d'une puissance et d'une violence rare; j’ai cru qu'il allait la briser sur scène! Je n'avais jamais rien vu de tel, sauf dans Docteur Labus de Galotta et dans un tout autre registre de danse et puis l'incroyable scène finale: ses retrouvailles dans l'éternité avec SA Cathy.Il n'y avait plus un son dans la salle, les spectateurs retenaient leur souffle et leurs larmes... il n'y avait que le bruit du vent, obsédant et mystérieux, souffle d'un ailleurs... Hurlevent, et leur amour à l'image de la lande : aride, entier, violent, brut, sans concession possible... je reverrais longtemps ces scènes... Cathy-Gillot a atteint la perfection... toute gamine au début, se roulant dans les fleurs, puis dans la découverte d'une monde chic: la scène où elle se roule sur le canapé en chantonnant un langage d'onomatopée met mal à l'aise par son réalisme... ils sont tous là, les Linton, chic et figés, et elle Cathy, arrive dans leur salon, avec ses manières brutales, sa petite robe qui découvre ses jambes et ses pieds nus, ses cheveux en bataille... rencontre de deux mondes qui n'ont rien en commun; les Linton ont dansé ; ils ont l'air de pantins que rien n'anime et Cathy arrive... avec l'odeur de la lande, de la pluie, de la terre... Cette grande artiste opère une métamorphose totale en moins de deux heures : petite fille sauvage et insouciante, femme qui naît, qui découvre les plaisirs de porter de belles robes, de côtoyer des gens chics, d'être aimé d'un homme aux belles manières, d'avoir pour amie une femme douce ; puis femme qui souffre, femme qui se révolte, qui meurt... mais son amour est resté pour toujours dans la lande, et garde son parfum de bruyère... (on entend le thème du début à ce moment là, lorsque Heathcliff et Cathy se roulaient dans la lande, et c'est à pleurer!) Karl Paquette aussi a donné une consistance incroyable au pâle Edgar ; tout figé et un peu ridicule au début, débordant de bonnes et creuses manières, puis le personnage évolue, jusqu'à nous rendre palpable sa solitude et le vide de sa vie si lisse que Cathy n'a fait qu'effleurer Il danse d'abord comme un pantin bien élèvé : ronds de jambe et ports de bras figés, il a un habit vert, peut être en velours bien ajusté, et des bas bien tirés dans ses souliers ( rien a voir avec le pull et la pantalon " grunge" et les pieds nus d'Heathcliff)puis il perd peu à peu son assurance, ses manières, jusqu'à ce solo halluciné où il enfile habit sur habit : il m'a bouleversée tant il a donné à son personnage, donc aux spectateurs... aucun de ses habits ne recouvrira le vide qui l'entoure, ni ne réchauffera le froid qui le dévore... et Joseph est là, complice, spectateur ou simple témoin? Karl Paquette évolue beaucoup et bien cette saison...! Et puis, LA découverte de la soirée : Isabelle- E Abbagnato,( je l'avais vu dans Don Quichotte où je l'avais trouvée "jolie danseuse, agréable à regarder", sans plus) j'en ai encore les larmes aux yeux quand je revois son duo avec Heathcliff : tant de masochisme, de don de soi, d'amour désespéré, elle qu'on a vu danser chic dans son salon, avec sa jolie robe toute fluide, avec une vie toute aisée dans la lumière... tout à coup qui va se briser sur l'écueil qu'est Heathcliff; elle va se perdre dans un abîme sans fond... Heathcliff la traite avec une brutalité aussi énorme que dans ses affrontements avec Hindley Romoli : elle aussi quitte le langage de la danse " rond de jambe" pour une danse d'une expressivité " expressionniste" Le sommet intervient lorsqu'elle revient sur scène les pieds liés par une corde Je n'avais encore jamais vue E Abbagnato se mettre en danger sur scène de cette façon : elle donne tout; sa technique est complètement sûre, son sens dramatique vertigineux, sa métamorphose inoubliable... une artiste en état de grâce Quand au frère de Cathy ( Romoli) égal à lui même dans l'incarnation total d'un personnage vil et violent à la fois... au final, pathétique...on le voit errer, hargneux, escalader l'arbre tordu, se rouler dessous, il est souvent sur scène avec son mal de vivre, ses pas traînants, son dos qui se voûte 

Un chef d'oeuvre

Ce qu'il y a de fabuleux dans ce ballet, c'est la confrontation de tous ces mondes et des différents styles de danse qui en découlent C'est l'intelligence de Belarbi a avoir su rendre l'atmosphère du livre palpable avec ses passions : chaque tableau est entier, indépendant, tout en s'insérant parfaitement dans le tout du ballet : comme si au fil de la lecture, Belarbi avait visualisé très clairement les scènes auxquelles il tenait le plus C'est la beauté des décors et les contrastes de lumière La musique, si elle n'est pas d'une grande originalité sert bien l'oeuvre; elle joue aussi sur les ombres (cuivres, bois) et la lumière (cordes, harpe, flûte,) avec des réminiscences de thèmes bien dosés ( mais je plaignais les gens assis à l'orchestre côté tuba : ça a du être une horreur : pourquoi les cuivres sont ils aussi mauvais dans cet orchestre : ils jouent leurs notes en se foutant du reste de la partition!) Je n'ai pas parlé des deux enfants, ( Isoart et Zuspereggy) petits rôles et grande présence ni du sublissime Jean Marie Didière, très grande présence, gardien des secrets, des passions, et de Céline Talon, ... j'ai plus de mal à comprendre son rôle: est elle protectrice de Cathy? quoi d'autres? qui peut m'éclairer? Bref : j'en redemande!!!! bravo, une fois encore à tous les artistes!   


L'évocation de Giselle, chef d'oeuvre du ballet romantique


 on ne peut que penser à Gisèle en voyant Hurlevent : non pas une "copie" mais une réminiscence : monde de la terre, monde des esprits, amour trahi, mortes amoureuses-willis, garde du coprs qui rappellent les gardiens du cimetière, Hindley est un peu comme Hilarion,présence immense de la nature et rôle dans l'oeuvre,etc mais Hurlevent a un propos et une esthétique d'aujourd'hui; pour moi, c'est un très grand ballet : il s'insère dans une progression logique de la danse : il plonge ses racines au coeur de ballet romantique, exploite la technique contemporaine sans renoncer au langage classique; il traite un thème universel (une histoire d'amour) mais avec un visuel très personnel et contemporain : utilisation judicieuse de projection de diapo par exemple...

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 20:33

voici un long texte écrit pour critical dance, danser en français à l'issu d'une représentation de Hurlevent
a noter toute la différence de regard entre cette critique et la précédente sur la même oeuvre vue deux ans plus
tôt!


J'avais vu Hurlevent il y a deux ans; j'étais affreusement mal placée et j'avais entr'aperçu le ballet entre les épaules carrés d'un géant, et la silhouette plus que rondelette de sa compagne, le tout de 3/4 et au troisième étage... bref! pas l'idéal; j'étais ressortie un peu hébétée, sans trop savoir pourquoi... et puis, tout à coup, le ballet s'était mis à me hanter! si si, je vous assure : hop, je voyais Joseph allumer et éteindre les feux, dans des décors gris, grèges, noirs, avec des effets de lumière comme lorsque la pluie et le soleil tourmentent les landes... je voyais les mortes amoureuses et leurs longs cheveux apparaître et disparaître, comme dans les tableaux des romantiques allemands, et puis tout à coup, sur un air de vièle, des paysans dansaient entre les corps tordus des arbres... je voyais Linton trembler de froid et de solitude, enfiler des gilets, des manteaux, des pardessus, des robes de chambre, sans réussir à réchauffer le vide de sa vie... tout cela, avec le vieil arbre griffu,tordu par le vent qui prenait vie dans mes nuits d'insomnie... et puis revenait sans cesse une impression de vent, de froid, de brutalité et de passion; c'est cela, Hurlevent; des scènes déjà très fortes par les décors, la lumière, les couleurs de terre, avec parfois des contrastes qui ne durent qu'un instant : un ciel bleu, qui cède tout de suite la place à un ciel d'orage, lourd de pluie et de froid

Depuis, j'ai revu le film avec Merle Obéron et Laurence Olivier, et puis plus récemment le très hanté "les soeurs Brontë "de Téchiné... qui est finalement assez proche par certains côtés du ballet de Kader Belarbi...et beaucoup de choses, rétrospectivement dans le ballet se sont éclairées...notamment les différents mondes : monde de lumière des Linton, monde rude de Heathcliff, monde de la lande, monde de la terre animés par les silhouettes des paysans, monde des esprits, blancs et noirs... et puis ses mystérieux gardes du corps qui évoquent un peu les " choeurs grecs" dans les tragédies antiques
et puis monde de l'enfance, des fleurs où réside l'espoir

J'ai donc vue la représentation du 15 mars et je suis ressortie complètement déchaînée de passion de la salle, à un tel point que je n'ai pas dormi cette nuit!Vous savez, lorsque vous avez vraiment vu quelque chose que vous n'arrivez plus à quitter pendant des heures et des heures!

Ce qui avait pris vie dans ma mémoire pendant deux ans s'est révélé hier dans une puissance dramatique magistrale: Nicolas Leriche ( vu deux jours auparavant en Amour! ) s'est révélé plus brutal que jamais, complètement fou d'amour pour Cathy, ( M A GIllot)  jaloux, méchant, habité par une violence hallucinante que traduit surtout sa gestuelle qui semble être dictée par ses sentiments intérieurs ( rien de décoratif, de surfait) et que ses sauts félins, d'une très haute élévation n'altèrent en rien; je veux dire que la beauté de ses sauts et de ses réceptions auraient pu adoucir le personnage ou lui donner une sensualité douce : pas du tout. Ils restent dans une énergie de hargne totale!

Les sommets d'hier avec lui : la scène où par la vitre du salon, il voit Cathy : sans danser, il nous communique sa rage, sa souffrance, son sentiment de perte; la scène avec E Abbagnato : d'une puissance et d'une violence rare; j’ai cru qu'il allait la briser sur scène! Je n'avais jamais rien vu de tel, sauf dans Docteur Labus de Galotta et dans un tout autre registre de danse et puis l'incroyable scène finale: ses retrouvailles dans l'éternité avec SA Cathy.Il n'y avait plus un son dans la salle, les spectateurs retenaient leur souffle et leurs larmes... il n'y avait que le bruit du vent, obsédant et mystérieux, souffle d'un ailleurs... Hurlevent, et leur amour à l'image de la lande : aride, entier, violent, brut, sans concession possible...
je reverrais longtemps ces scènes...

Cathy-Gillot a atteint la perfection... toute gamine au début, se roulant dans les fleurs, puis dans la découverte d'une monde chic: la scène où elle se roule sur le canapé en chantonnant un langage d'onomatopée met mal à l'aise par son réalisme... ils sont tous là, les Linton, chic et figés, et elle Cathy, arrive dans leur salon, avec ses manières brutales, sa petite robe qui découvre ses jambes et ses pieds nus, ses cheveux en bataille... rencontre de deux mondes qui n'ont rien en commun; les Linton ont dansé ; ils ont l'air de pantins que rien n'anime et Cathy arrive... avec l'odeur de la lande, de la pluie, de la terre...

Cette grande artiste opère une métamorphose totale en moins de deux heures : petite fille sauvage et insouciante, femme qui naît, qui découvre les plaisirs de porter de belles robes, de côtoyer des gens chics, d'être aimé d'un homme aux belles manières, d'avoir pour amie une femme douce ; puis femme qui souffre, femme qui se révolte, qui meurt... mais son amour est resté pour toujours dans la lande, et garde son parfum de bruyère... (on entend le thème du début à ce moment là, lorsque Heathcliff et Cathy se roulaient dans la lande, et c'est à pleurer!)

Karl Paquette aussi a donné une consistance incroyable au pâle Edgar ; tout figé et un peu ridicule au début, débordant de bonnes et creuses manières, puis le personnage évolue, jusqu'à nous rendre palpable sa solitude et le vide de sa vie si lisse que Cathy n'a fait qu'effleurer

Il danse d'abord comme un pantin bien élèvé : ronds de jambe et ports de bras figés, il a un habit vert, peut être en velours bien ajusté, et des bas bien tirés dans ses souliers ( rien a voir avec le pull et la pantalon " grunge" et les pieds nus d'Heathcliff)puis il perd peu à peu son assurance, ses manières, jusqu'à ce solo halluciné où il enfile habit sur habit : il m'a bouleversée tant il a donné à son personnage, donc aux spectateurs... aucun de ses habits ne recouvrira le vide qui l'entoure, ni ne réchauffera le froid qui le dévore... et Joseph est là, complice, spectateur ou simple témoin? Karl Paquette évolue beaucoup et bien cette saison...!

Et puis, LA découverte de la soirée : Isabelle- E Abbagnato,( je l'avais vue dans Don Quichotte où je l'avais trouvée "jolie danseuse, agréable à regarder", sans plus) j'en ai encore les larmes aux yeux quand je revois son duo avec Heathcliff : tant de masochisme, de don de soi, d'amour désespéré, elle qu'on a vu danser chic dans son salon, avec sa jolie robe toute fluide, avec une vie toute aisée dans la lumière... tout à coup qui va se briser sur l'écueil qu'est Heathcliff; elle va se perdre dans un abîme sans fond... Heathcliff la traite avec une brutalité aussi énorme que dans ses affrontements avec Hindley Romoli : elle aussi quitte le langage de la danse " rond de jambe" pour une danse d'une expressivité " expressionniste"
Le sommet intervient lorsqu'elle revient sur scène les pieds liés par une corde
Je n'avais encore jamais vue E Abbagnato se mettre en danger sur scène de cette façon : elle donne tout; sa technique est complètement sûre, son sens dramatique vertigineux, sa métamorphose inoubliable... une artiste en état de grâce
Quand au frère de Cathy ( Romoli) égal à lui même dans l'incarnation total d'un personnage vil et violent à la fois... au final, pathétique...on le voit errer, hargneux, escalader l'arbre tordu, se rouler dessous, il est souvent sur scène avec son mal de vivre, ses pas traînants, son dos qui se voûte


Ce qu'il y a de fabuleux dans ce ballet, c'est la confrontation de tous ces mondes et des différents styles de danse qui en découlent
C'est l'intelligence de Belarbi a avoir su rendre l'atmosphère du livre palpable avec ses passions : chaque tableau est entier, indépendant, tout en s'insérant parfaitement dans le tout du ballet : comme si au fil de la lecture, Belarbi avait visualisé très clairement les scènes auxquelles il tenait le plus
C'est la beauté des décors et les contrastes de lumière
La musique, si elle n'est pas d'une grande originalité sert bien l'oeuvre; elle joue aussi sur les ombres (cuivres, bois) et la lumière (cordes, harpe, flûte,) avec des réminiscences de thèmes bien dosés ( mais je plaignais les gens assis à l'orchestre côté tuba : ça a du être une horreur : pourquoi les cuivres sont ils aussi mauvais dans cet orchestre : ils jouent leurs notes en se foutant du reste de la partition!)

Je n'ai pas parlé des deux enfants, ( Isoart et Zuspereggy) petits rôles et grande présence ni du sublissime Jean Marie Didière, très grande présence, gardien des secrets, des passions, et de Céline Talon, ... j'ai plus de mal à comprendre son rôle: est elle protectrice de Cathy? quoi d'autres? qui peut m'éclairer?
Bref : j'en redemande!!!!
bravo, une fois encore à tous les artistes!

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 20:20
quelques annotations sur cette soirée écrites sur le forum critical dance, danser en français


soirée du 17 déc et que j'ai trouvé la soirée magnifique
O Zlozony était une pure merveille
j'avais vu le passeport, et là, dès le lever de rideau, le fond de la scène saupoudrée d'étoiles argentées sur fond noir sur laquelle se découpent trois silhouettes poétiques, m'a tout de suite happée
Cette oeuvre m'a considérablement émue, tant par la musique de Laurie Anderson que par les interprètes, incroyables de force, de poésie, de musicalité, de fluidité, chacun avec son style bien à lui, mais surtout, tous les trois en osmose
et tout à coup, j'ai su pourquoi j'aimais l'art : parce que j'y suis entraînée dans des contrées que je n'imaginais pas, parce que je voyage au delà de moi même, parce que je vais à la rencontre des autres, de leur monde... :)
Un grand bravo à N Leriche, M Legris, A Dupont ( qu'elle avait l'air à la fois immatérielle et terrestre!)
Et surtout un grand merci à eux trois pour m'avoir emporté aussi loin hier soir :p

 j'ai adoré Manuel Legris dans ce registre!Il bougeait comme un serpent; c'était très fluide, intensément poétique, sans que pour autant cela manque de force ou de puissance bien au contraire. Ce qui m'a surtout émue hier, c'est le niveau artistique de l'ensemble : les trois se sont données complètement
 
A noter que pendant un "passeport", la chorégraphe a expliqué son travail. T Brown s'appuie sur l'alphabet qu'elle a élaboré, mais pas uniquement;  elle en a construit plusieurs, et se sert aussi   des répétitions rythmiques et un tas d'autres choses; elle s'est laissé guidé par la technique classique en la moulant à son style, et c'est très beau!
c'est un peu comme un compositeur qui par exemple prend une série de sons pour construire son oeuvre ( période de Berg, Schoenberg)
leur oeuvre ne se limite par à cette série de sons, mais tout s'oriente à partir d'elle (c'est un travail très très complexe mais qui ne s'entend pas!)
j'avais  vu le passeport, où les danseurs nous montraient l'alphabet et  j'ai vu le résultat, et en fait on ne voit pas la structure de son travail, même si à plusieurs reprises on reconnait des lettres comme on reconnait la série du concerto pour violon de Berg, lorsqu'il la fait entendre en entier à certains moment clés de son concerto
T Brown a beaucoup de sensibilité, donc, ça n'est pas une recette mécanique
elle avait d'ailleurs dit au passeport en montrant l'alphabet, "cela, nous sommes d'accord, ce n'est pas de la chorégraphie"!
 

Dans la suite de Bach d Lancelot ( jouée ave beaucoup de fausses notes, ceux qui entendront Roland Pidoux auront plus de chance!) Kader Belarbi est toujours juste; il a une présence incroyablement humble, mais tout en occupant la grande scène de Garnier; il nous emporte avec lui dans cet univers sobre...
c'est formidable lorsqu'un artiste, par sa présence, la justesse de sa danse, donne autant sur scène, sans jamais ennuyer le spectateur, bien au contraire, en l'entrainant dans une sorte de voyage inattendu.

Pour Glacial decoy, j'ai vraiment adoré le silence du ballet; il n'y avait que quelques toux, les spectateurs étaient très concentrés :)  Les danseurs avaient l'air de s'amuser et de se jouer de toutes ces difficultés comme s'il n'y en avait pas!
tous étaient excellents
Ce qui est formidable, c'est que le mouvement existe aussi hors scène, on le devine, il va plus loin que l'espace scénique que le spectateur a sous les yeux; cela crée une dimension particulière pour l'oeuvre
Je salue particulièrement ( même si tous les autres étaient formidables) Wielfried Romoli, qui s'est totalement donné sur scène hier; un artiste à part entière
et puis Delphine Moussin, rayonnante, D. Gilbert, C Talon...Belingart, Romberg... enfin tous! :)

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 20:16

compte rendu pour critical dance, danser en français


Le lendemain de la soirée Brown-Lancelot, je voyais la Belle à Bastille avec Letestu et Bart dans les rôles titres.

J'ai été très déçue par l'Aurore de Letestu.
Je l'avais trouvée formidable dans Kitri, mais là, elle m'a déçue, comme elle m'avait déjà déçue dans Juliette, dans Raymonda.

Ce qui m'a le plus étonné, c'est qu'à aucun moment elle ne regarde son partenaire, elle danse seule, il n'y a rien entre eux d'un bout à l'autre; je me suis demandée si JG Bart lui tapait sur les nerfs, tant c'était flagrant.
son adage à la rose était laborieux, ces derniers équilibres tremblant et contractés,on avait l'impression qu'elle n'allait pas finir. elle avait sans cesse le cou dans les épaules, et malgré sa magnifique technique que j'admire au plus haut point, je n'ai pas aimé ses choix artistiques.
Sa vision du deuxième acte manque de charme et sa variation du troisième acte manque d'esprit
Pourtant, mis à part l'entrée difficile dans le ballet, elle s'est jouée de toutes les difficultés techniques du reste de l'oeuvre

J G Bart lui, a été un prince Désiré très crédible; sa technique est magnifique
je l'attendais dans la variation de la méditation, très belle, mais qui gagnera je pense en émotion au fil des années
Elle manque un peu de flammes dans la partie centrale, mais il s'est inténsément engagé en la dansant, et tout au long des actes, il s'est montré un Prince poétique

Ce que j'ai préféré, c'est le corps de ballet ; ce soir aussi, ils avaient l'air heureux de danser; ils se regardaient, et ça change tout
j'ai toujours adoré la compagnie Alvin Ailey pour cela, car els danseurs dansent les uns avec les autres, et pas les uns à côté des autres; et ce soir, c'était le cas; ils formaient une vraie troupe! c'était léger, frais, beau

J'ai beaucoup aimé la fée Carabosse de C Talon ( vue la veille de Forsythe!) Elle a plus d'un tour dans son sac et entend bien mener les choses comme elle l'entend!beaucoup de présence et d'expression; sa malice est cruelle!
Encore une mention par le diamant de Fanny Fiat!
du vif argent! des sauts de chats d'une légèreté! beaucoup d'esprit dans sa danse

Et puis encore un mot pour K Paquette D Moussin en oiseau bleue/ Florine
Il y a eu quelques ratés, mais alors ce n'était pas grave du tout!
ces deux là étaient complices, se cherchaient, se regardaient, se trouvaient
Leur danse était légère, enjouée, plein de grace
 Delphine  est bien meilleure qu'il y a cinq ans
Ses ports de bras ne sont plus scolaires,ni secs
Elle a laissé la minauderie de la dernière Belle pour une vraie poésie, une vraie grâce!
K Paquette n'est pas le plus belle oiseau bleu techniquement parlant, mais bizarement, il est l'oiseau bleu! Il donne à son personnage une part de mystère, d'espièglerie inattendue
ce tableau était très très poétique
Bref, une soirée pleine de jolies surprises, qui m'a appris que, décidément, peu importe les ratés techniques, les petites imperfections, à partir du moment où la danse est vivante, vécue de l'intérieur, donnée avec générosité

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 20:09

un petit compte rendu, un peu bâclé celui là, sur critical dance, danser en français!


soirée du 9 octobre 2004

une soirée inégale

Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur etudes , que j'ai vu dans l'interprétation de Laétitia Pujol, J G Bart, rétabli et M Ganio

Sans la présence de Laetitia Pujol, que, décidement, j'adore, j'aurais été un peu déçue, du moins par le rôle des deux solistes hommes
si J G Bart était en forme et techniquement impeccable, ce n'était pas tout à fait le cas de M Ganio, un peu imprecis dans ses receptions de tours en l'air et sauts; en revanche ses portées étaient aussi magnifiques que dans la Sylphide
J G Bart avait du brio et de la hargne aussi, car il a fait une entrée en scène en claquant très fort des doigts afin :D ainsi, L Pujol a t'elle été forcée de ralentir à plusieurs reprises ses tempi :D ) au cas où cette disparition lui serait trop insupportable (!!!! :eek: )


Véronique Doisneau :
Le problème avec cette oeuvre,  c'est qu'il ne se passe vraiment rien, et que le spectacle est dans la salle ( c'est voulu, me dira t'on)
dans les loges, les gens baillaient, parlaient, regardaient les petites particules de poussière qui dansaient dans la lumière des projecteurs, leurs voisins, renouaient des lacets, arrangeaient leurs cheveux; ah, de l'art spontané, un public actif, que c''était merveilleux!

ah, mon dieu, que j'aime l'art conceptuel ; le créateur ne fait plus rien, et c'est le public qui fait tout!!! car c'est lui qui donne le sens : la bonne blague, quand tout est creux et vide, comme une vieille coquille de noix; le concept reste lui aussi creux et vide!

glass piece ( Robbins)

Sans doute, l'ONP a t'elle programme cette oeuvre pour que l'on oublie pas après V Doisneau, que pour danser, il faut bouger!!!

  cette oeuvre   a fait remonter dans ma mémoire celle que j'avais vu en 1991 et que j'ai adorée
Les hommes ont composé un ensemble fabuleux!
je me suis rappelée alors que la première fois, je les avais trouvés un peu "mous", pas assez virils, mais là, il dégageait une energie très contagieuse et était magnifiquement ensemble

il y avait un danseur assez grand, avec des cheveux bruns coiffés en arrière, qui avait de vagues airs de Hervé Dirmann et qui flamboyait sur scène. Qui est ce?
Il y avait aussi Martin Chaix, toujours totalement investi dans ce qu'il fait, toujours cette danse très généreuse que j'adore
et puis Caroline Bance aussi, très bien!
La musique que j'adore ( c'est lui qui a composé celle de the hours) était on ne peut plus mal jouée, mais cela n'a pas empêché toute la troupe de donner le meilleur d'elle même!
Les deux solistes, Emilie Cozette ( qui gagne en aisance) et Yann Bridart ont composé un beau pas de deux, tout en subtilité
Merci à J Robbins, de nous rappeler que la danse, c'est la vie elle même!

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 15:57
compte rendu de Don Quichotte à l'ONP Juin 2004 écrit sur le site critical dance ( danser en français); je livre cet article tel quel


soirée du 26 mai

Bon, c'est un peu tard! mais malheureusement, je n'ai pas pu écrire cette critique plus tôt!
J'ai bien évidemment lu celle de Cathy que je rejoints sur bien des points, mais il y a juste quelques petites choses que je voudrais ajouter

La soirée en elle même dégageait quelque chose de spécial, un bien être que j'ai rarement éprouvé à ce point ces dernières années, comme si tout le monde était en harmonie, comme si une sorte de paix, de joie était descendu ce soir là sur la scène. Le corps de ballet était PARFAIT!!! :)
Et tous les danseurs étaient uniques, eux mêmes en quelque sorte, ce qui faisait parfaitement oublier les petites fautes techniques qui passaient vraiment au second plan, comme le décalage entre les deux amies de Kitri; ce n'était pas grave...

J'ai trouvé Karl Paquette assez crispé au premier acte pour ses solos, mais tout de suite après ce premier acte, il s'est bien affirmé dans le rôle et il campe un Basilio très personnel, plaisant, avec une veine d'acteur comique insoupçonné jusqu'à présent!
Pour une prise de rôle, c'est un franc succès! bravo à lui! :D
C'est un partenaire extrêmement attentif, et il formait un couple très complice avec Eleonora Abbagnato ; et oui, ses portées! j'en ai eu le souffle coupé!!!
De tous les danseurs/ses de la soirée, c'est elle qui m'a le moins charmé par son style : à mon goût, trop de minauderies et pas assez de force; elle a des bras très déliés, une belle technique, une très jolie silhouette, des équilibres très sûr, mais j'ai une autre vision de Kitri.En revanche, si elle danse un jour Aurore, je courrai la voir!
En fait, je n'ai eu d'yeux toute la soirée que pour Dorothée Gilbert : j'ai eu l'impression d'assister aux débuts de Moniques loudières que j'avais vu dans ce même rôle en 1981, qui m'avait éblouie, (elle éclipsait presque ce soir là Noella Pontois qu'elle remplaça cette même année dans Kitri pendant une tournée d'été en Italie, Noella s'était blessée) et qui était nommée etoile six mois plus tard : la même sublime technique, la même espiéglerie, le même piquant, un style très pur et très juste, un jeu d'actrice très réussie. Elle danse a la fois avec une grande simplicité, une grande classe, et en même temps, elle va au bout de tous ses mouvements. Elle accapare tout l'espace de la scène à elle, je ne l'avais encore jamais vue danser, j'ai été emerveillée; j'avais l'impression de revoir Don Quichotte, période Noureev, lorsqu'elle dansait.
D'autant qu'elle revient danser dans l'acte des dryades aux côtés de de Myriam Ould Braham et de Mathilde Froustey qu'elle éclipsait tout naturellement.
L'autre danseuse que j'ai beaucoup aimée est Nathalie Riqué : elle habite bien son personnage, elle a beaucoup de présence, et sa danse "un peu aguicheuse" contraste merveilleusement avec celles des amies de Kitri; c'est une bonne actrice aussi, et le couple qu'elle formait avec Espada (Yann Saiz) était très plaisant à voir: Passion, quand tu nous tiens! semblaient-ils dire tous les deux, en prise avec leur séduction, et leur jeu dansé, parade amoureuse colorée! :D
et puis Isabelle Ciaravola : magnifique dryade! les jetés à la seconde (? quels noms cela porte-til?) étaient suspendus en l'air, comme si elle était une plume; quand à la série de développé seconde...
Décidement, cette scène des dryades reste pour moi un grand moment dans l'univers du ballet classique: j'adore sa magie, son côté slave; c'est très habile de la part de Petitpas, de mettre en avant cette beauté irréelle de danseuses en tutus, qui évoluent dans un monde onirique, au milieu de toute cette fougue latine
Autre mention, les torréadors : je les trouve d'habitude toujours un peu ridicules, mais là! chapeau! ils m'ont convaincue!
Pour le reste, j'ai regretté le Don Quichotte de Jean Marie Didière, mais le sancho pança de Fabien Roques était très très drôle!

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 15:20
voici tel quel le compte rendu sur cette soirée donnée en 2004, écrit sur le site critical dance, danser en français; je le livre tel quel


représentation du 23 avril

Noces Nijinska
Je découvre pour la première fois ce ballet qui m'a énormément plu : j'ai beaucoup aimé la façon magistrale qu'a Nijinska pour sculpter l'espace; c'est vraiment une avant gardiste. Noces est l'une de mes partitions préférées et j'ai vraiment été fascinée d'un bout à l'autre par toutes ces figures qui se dessinent sur le sol; j'avais l'impression d'assister à une sorte de contrepoint dansé; c'est surtout le quatrième tableau qui est le plus réussi : lorsque toute la Noce est réunie, et que les principaux intéressés, assis à l'arrière scène, comme dans une niche, assistent, immobiles, à ce qui se passe  réellement sur scène.
Le style de Nijinska m'a rappelé par certains aspects celui de Martha Graham ( celui de steps in the street par exemple: pas de virtuosité, pas, de mouvements "décoratifs", une grammaire chorégraphique très stylisée,des costumes qui effacent l'individu au profit d'une vision de "groupe" ou chaque identité non définie compose quelque chose de vivant; mais en revanche, pas de solistes non plus et rien non plus sur le plan émotionnel comme sait le faire Graham.)
La langue est bien le français et j'ai compris dont viennent les doutes : les mêmes syllabes sont souvent répétées, ou en tous cas les mots s'assemblent pour leurs affinités sonores au détriment du sens. Musicalement, c'était très très bien chanté et joué dans l'ensemble, les quatre pianos et les percussionnistes jubilaient!
Bref, j'ai vraiment été ravie de voir ce ballet, mais un petit bémol : très déçue du rôle très réduit des deux protagonistes,car je n'ai pas vu Karin Averty depuis longtemps, et dans ce ballet, hélas, elle n'a pas vraiment la possibilité de déployer tout son talent!

Suivait donc Sacre de Paul Taylor : j'ai peu accroché à l'univers de cette relecture du Sacre, et j'ai été très gênée par la réduction pour piano à quatre mains: car la partition en "pâlit " beaucoup! :D
Cependant, quelques scènes m'ont vraiment plu : mention spéciale pour Ghislaine Reichert en maîtresse, qui a une présence électrique sur scène, beaucoup de charisme et une vivacité extraordinaire; pour Severine Westermann en souffre douleur, qui, elle aussi a beaucoup de charisme!
Pour ceux qui ne connaissent pas du tout l'intrigue, ( ce qui était mon cas avant de lire le programme) il s'agit d'une répétion de danse court circuitée par tous un tas d'évènement inattendus : kidnapping, poursuite, mauvais garçons et policiers... un humour décalé, un peu à la B. Keaton!
Les scènes entrent l'escroc et le souffre douleur ainsi que les solos de la maîtresse sont celles qui m'ont paru les plus réussies

En ce qui concerne Septième lune , rien de bien formidable : une histoire simple, inspirée d'un Nô mais qui aurait pu être inspirée par tout autre chose; une femme abandonnée par celui qu'elle aime s'enferme dans la solitude; une chorégraphie banale, où s'enchaînent solo, pas de deux, groupes, le tout en noir et blanc sur une scène blanche avec quelques élèments noirs : cercle d'une horloge peinte sur la scène, même cercle qui se déploie au dessus de la scène
Mais rien à voir avec la magie des chorégraphies de Kylian : Stéphanie Romberg était étincelante dans Stepping Stone, là Bombana ne lui donne pas l'occasion d'exprimer tout son potentiel artistique; même chose pour Agnes Letestu et José Martinez qui paraissent ternes parce que la chorégraphie l'est; les passages qui m'ont le plus plu sont les passages de groupe ( huit garçons, huit filles) mais on ne retrouve rien de l'intensité qu'on peut retrouver chez un Béjart ou un Kyllian, ou même un E Lock, lorsqu'ils utilisent le langage classique;
Bref, j'ai passé une bonne soirée malgré tout, car j'ai pu voir et découvrir des danseurs que je ne connaissais pas, et Noces, à lui seul, m'a enchantée.
Mais il manquait un quatrième ballet, avec plus d'éclats, ou de feu, pour que la soirée soit équilibrée et ne laissent pas cette drôle d'impression d'inachevée...


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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 15:16
Voici tel qu'il a été écrit en 2004 sur le site critical dance, danser en français, un compte rendu de la soirée à l'ONP


représentation du 27 mars Belarbi Gillot
Bon, d'accord, j'ai toujours beaucoup aimé Carolyn Carlson; j'ai toujours aimé la fluidité de ses mouvements, la symbiose avec la musique, la vitalité, le sens du théâtre; même lorsque certains spectacles m'ont ennuyée, ( l'un de ses derniers solos au théâtre de la ville, mais j'ai oublié le nom) il y a toujours quelque chose malgré tout qui m'a touchée et qui m'a accompagnée longtemps

signes est un ballet vivant; sept tableaux qui m'ont un peu rappelé le film " hero" que j'ai beaucoup aimé
Pour chaque tableau, un climat, une libre interprétation de la couleur, au point que le corps du danseur s'efface parfois derrière le mouvement lui même
On est presque dans le domaine de la calligraphie ou le signe disparait derrière l'énergie captée par celui qui le peint, oui c'est cela, il reste l'énergie, qui se module à chaque fois de manière différente; ou bien la perception directe du mouvement reste seule visible

Chaque tableau m'a marqué mais il me reste surtout aujourd'hui des sensations, des images dont s'est emparé mon imaginaire propre : signe commence sobrement, derrière un rideau où est peint un sourire : première signe, dit le programme.
 
Dès que le rideau transparent et peint se lève, des couleurs éclatantes, vives, pastels, sombres, froides ou chaudes naîtront tour à tour
Le tableau en rouge, accompagnée par des glissando de guitare m'a évoqué le texas, la chaleur, l'infini, presque l'immobilité
Celui intitulé Loire du matin est plein de fraicheur ( j'adore les trois silhouettes, assises sur un pont, qui agitent leurs jambes)plein d'abandon : on sent l'été, les journées libres de toute contrainte avec la promesse que tout est possible, l'insouciance...
Dans un autre tableau, c'est le rouge et noir qui dominent, avec des sortes de roches qui sortent de la scène comme des dents gigantesques et menaçantes; les garçons en longs pantalons larges et haut moulant, rayés de rouge, évoquent à la fois des samourais de science fiction et ces drôles de petits insectes, "les gendarmes"
Inoubliable aussi, celui où trois danseuses en robe moulante et longue traine, mi queue de sirène, mi robe de princesse, évoluent avec de magnifiques mouvements de bras, comme si elles étaient dans l'eau, tandis que d'autres danseuses, chacune dans une couleur différentes, animent de leur mouvement en volutes le devant d'une toile posée sur la scène
L'avant dernier tableau où les hommes et les femmes sont moulées dans des robes ou des jupes qui collent à leur geste et portent des coiffes mi couronnes de roi, mi "mitre" crée une sorte de danse étrange, d'où l'humour n'est pas absent
Nikolais est là, quelque part, c'est sûr!
Et les rondes incessantes du dernier tableau en blanc et noir m'a rappelé la danse universelle des atomes
longs manteaux noirs ou blancs, rayés de noir ou de blanc, sauf pour les deux solistes, en noir et blanc; les silhouettes tournent, forment des rondes, disparaissent, s'associent, se séparent, se réunissent, redeviennent isolées, puis tout recommence
Dans l'ensemble, les danseurs étaient tous très en harmonie.
J'ai parlé hier de Martin Chaix : terriblement à l'aise dans ce langage, il était léger, incisif, avec beaucoup de présence; la précision de sa danse le disputait à sa grande vitalité, doublée d'une grande poésie dans les mouvements
Yann Saiz et Amélie Lamoureux ont dansé deux duos et ils étaient tout les deux impressionnants de fluidité et de force. Amélie avait la mouvance d'un grand serpent : très impressionnant et visuellement très beau; Yann était très très présent, avec une intensité très grande dans sa danse
Quand à Kader Belarbi : c'était une perfection!!! et en plus, il n'avait l'air de faire aucun effort : on aurait dit qu'il inventait les pas en s'amusant au fur et à mesure de la musique, de son imagination
J'ai trouvé MA G plus en retrait, mais très sensuelle, et très sobre : avec l'air d'être là sans être là; tout à coup elle apparaissait, presque irréelle; on oubliait sa corporéité, ce contraste avec Kader était très beau.Et puis tout à coup, on voyait ses bras merveilleux, ses longues jambes qui apparaissaient, elle retrouvait un corps, et tout changeait.
La musique en elle même ne m'a ni plu, ni déplu; elle coule facilement, elle sert bien la danse et les mouvements, elle n'est pas désagréable à entendre, mais seule, je ne l'écouterai pas.
Voilà,
j'ai passé un moment de poésie pure.Inoubliable!

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